LOUIS, duc d'Orléans, qui suit
(') Registres de Noire-Dame de Versailles. — Gazelle, 1725, p. 596 et 607. — Sépulture : Abbave rople de Saint-Denis; le cœur, au Val-de-Gràce (il est aujourd'hui à la cba'pelle de Saint-Louis, à Dreux); les entrailles, à Saint-Cloud.
(*) Dangcau. — Mercure galant, février 1692, p. 317-330. — Registres de Notre-Dame de Versailles.
(») Voy. p. 96. — Sépulture : Église de la Madeleine de Tresnel ; le cœur, au Val-de-Grilce.
(*) On lit dans les Mémoires de Saint-Simon de curieux détails sur le mariage du duc de Chartres et sur la colère de Madame, qui donna , dit-il. un soufflet à son fils. Il nous parait utile de publier ici le passage des Mémoires inédits du marquis de Sourches relatif à ce mariage. ■ Janvier 1692. Le 11, le Roi déclara le mariage du duc de Chartres avec Mademoiselle de Blois, et cette affaire, que le Roi souhaitoit depuis longtemps, fut conclue lorsqu'on y pensoit le moins, le Roi l'ayant proposée au duc de Chartres en présence de Monsieur et de Madame, et ce jeune prince n'ayant pas , selon les apparences, eu la force de le refuser en face, car on croyoit que Monsieur ne souhaitoit pas ce mariage, mais que par politique il ne vouloit pas s'opposer directement à la volonté du Roi ; pour Madame, elle avoit déclaré nettement plusieurs fois qu'elle ne vouloit pas ce mariage; elle l'avoit même empêché très-longtemps, mais voyant qu'elle altiroit l'indignation du Roi, elle avoit pris le parti, aussi bien que Monsieur, de dire que si le duc de Chartres y consentait, elle y consentirait aussi, étant convenus avec lui qu'il n'y consenliroit pas, car ils aimoient mieux tous trois faire un autre mariage qui avoit été proposé, c'est-à-dire avec la princesse douairière de Conty. Après de si belles résolutions, ils se croyoient assurés de ne point faire un mariage qu'ils appréhendoient ; mais la princesse de Conty ne voulut jamais consentir à épouser le duc de Chartres, ce qu'elle auroit pu faire facilement, et le Roi, profitant de cette difficulté, proposa la chose pour Mademoiselle de Rlois, comme on vient de le dire, et la lit réussir. On ne peut pas s'imaginer quel fut le désespoir de Madame; il étoit si grand, qu'elle ne songea pas même à le cacher, et il y eut des gens qui dirent qu'il avoit été jusqu'à la pousser à maltraiter son fils. » Le manuscrit porte en note, sur la marge et d'une autre écriture : « On disoit qu'elle lui avoit donné un soufflet. » — Ces on-dit diffèrent notablement des affirmations positives de Saint-Simon. (Mém. mss. du marquis de Sourches, copie conservée aux archives du château du Daiupierre.)
BRANCHE D'ORLÉANS
2. IV... d'Orléans, Mademoiselle de Valois née à Marly le 17 décembre 1695 (*) ; morte à Paris, au Palais-Royal, le 17 octobre 1694 ( 5 ).
5. Marle-Louise-Élisabeth d'Orléans , appelée d'abord Mademoiselle de Chartres (*), puis Mademoiselle en 1698, après le mariage d'Elisabeth-Charlotte d'Orléans avec le duc de Lorraine ( 5 ) ; née à Versailles le 20 août 1695( 6 ) ; baptisée le 29 juillet 1696 en la chapelle du château de Saint- Cloud, tenue par le roi de France et la reine d'Angleterre ( 7 ) ; moi te au château de la Muette, dans le bois de Boulogne, le 21 juillet 1719 ( 8 ); mariée à Versailles, le 6 juillet 1710 ( fl ), à Charles de France, duc de Berry, fils du Grand Dauphin; veuve le 4 mai 1714 ( ln ).
4. Louise-Adélaïde d'Orléans, appelée d'abord Mademoiselle de Chartres, puis, après la naissance de sa sœur,
(«) Pour les noms des filles du Régent, voy. les Lettres de la Palatine, I, 202, édit. Charpentier.
(*) Gazette, 1693, p. 450. — Dangeau.
( 5 ) Gazette, 1694, p. 516. — Dangeau. — Sépulture : Au Val-de-GnJce.
(*) Ou trouve, de 1695 à 1718, trois filles du Régent qui ont porté successivement le nom de Mademoiselle de Chartres. La première, Marie-Louise-Élisabeth, née en 1695, porte ce nom jusqu'au mariage d'Élisabelli-Charlotte d'Orléans, appelée Mademoiselle (13 octobre 1698), époque à laquelle on donne à Marie-Louise- Élisabeth le tilrc de Mademoiselle, devenu vacant. — La seconde, Louise-Adélaïde, née le 13 août 1698, prend le nom de Mademoiselle de Chartres, qui devient vacant deux mois après sa naissance, et le porte jusqu'en 1716, époque à laquelle elle reçoit le nom de Mademoiselle d'Orléans — Le nom de Mademoiselle de Chartres passe alors à la troisième, Louise-Diane, née en 1716.
(*) Quand le mariage de Mademoiselle sera fait, la fille aînée de M. de Chartres s'appellera Mademoiselle, et celle qui vient de naître, Mademoiselle de Chartres. (Dangeau, 16 août 1698.)
(•) Gazette, 1695, p. 107. — Dangeau. — Registres de la paroisse de Saint- Cloud (déposés au greffe du tribunal civil de Versailles).
O Gazette, 1696, p. 371. — Registres de la paroisse de Saint-Cloud.
(•) « Vendredi 21. Madame la duchesse de Berry mourut, un peu après minuit.» (Dangeau, XVIII, 81.)— La Gazette (1719, p. 360) et Moréri disent qu'elle mourut dans la nuit du 20 au 21. — La Palatine (11, 135) dit qu'elle mourut à quatre heures du matin. — Sépulture: Abbaye royale de Saint-Denis; le cœur, au Valde-Grâce.
(•) Gazette, 1710, p. 336. — Dangeau. — Registres de Notre-Dame de Versailles.
( ,c ) La duchesse de Berry épousa en secret le comte de liions (Arraand-Auguste- Antoine-Sicaire d'Aydie), cadet de la maison d'Aydic et neveu du duc de l.auzun, mort à Paris le 26 mars 1741, dans la quarante-huitième année de son âge. (Voy. Saint-Simon, XVII, 182; Luynes, 111, 550; Buvat, I, 376 et 383; la Palatine, Ù, 153 et 175; Mém. de Maurepas, I, 125; Gazette, 1741, p. 156.)
Louise-Diane d'Orléans, en 1716, Mademoiselle (V Orléans ou Mademoiselle tout court ( l ) ; religieuse à l'abbaye royale de Chelles, sous le nom de sœur Sainte-Bathilde, le 50 mars 1717-25 août 1718 («); abbesse de Chelles, sous le nom de Madame d'Orléans, le 14 septembre 1719 ( 5 ); elle fit sa démission le 5 octobre 1754 (*). — Née à Versailles le 13 août 1698 ( s ); baptisée en la chapelle du château de Saint-Cloud le 26 août 1698, tenue par le Dauphin et la duchesse de Bourgogne morte dans la nuit du 19 au 20 février 1745 f), dans la retraite, à Paris, au couvent des Bénédictines de la Madeleine de Tresnel , dans l'église duquel elle fut inhumée ( 8 ).
5. Charlotte- tglaé d'Orléans, appelée d'abord Mademoiselle de Valois, puis Mademoiselle en 1718, après que sa sœur eut fait profession à Chelles; née à Paris le 22 octobre 1 700 ( 9 ) ; baptisée en la chapelle du château de Versailles le 5 juillet 1710, tenue par le duc de Berry et Marie-Louise- Klisabeth d'Orléans, appelée Mademoiselle ( 10 ); morte à Paris, au palais du Luxembourg, le 19 janvier 1761 ("); mariée, par procuration à Paris, en la chapelle des Tuileries, le 1*2 février 1720, et en personne à Modène le 21 juin 1720 ("), à François-Marie d'Esté, prince héréditaire, puis
(') Dangeau, XVI, 407.
(«) Gazette, 1717. p. 179; 1718, p. 407. - Lettres de la Palatine, 1, M'. -État de la France, 1737, t. II, p. 388.
( 5 ) Gazette, 1719, p. 468; la Palatine, II, 154; Dangeau, IT1U, 125. — Moréri se trompe en disant le 24 septembre.
(*) Moréri.
j 8 ) Gazette, 1698, p. 396. — Dangeau. — Registres de la paroisse de Saint-Cloud.
(•) Registres de la paroisse de Saint-Cloud. — la Gazette (1698, p. 420) dit à tort le 27 août, et l'appelle ù tort Marie-Adélaïde. — Le P. Anselme dit aussi à tort le 27.
( 7 ) Gazette, 1743, p. 96. - Luyncs, IV, 415. {•) Gazette, 1743, p. 121.
(•) Gazette, 1700, p. 548. — Dangeau. — Le registre des baptêmes de Notre- Dame de Versailles dit qu'elle est née à Versailles.
( ,0 ) Registres de Notre-Dame de Versailles. — La Gazette (1710, p. 324) dit à tort que Mademoiselle de Valois fut baptisée à Paris, et Dangeau nous apprend que c'est Madame la diu-besse d'Orléans qui voulut qu'on lui donnât le nom d'Aglaé.
(••) Gazette, 1761, p. 47. — Sépulture : Au Val-de-Grûce.
(") Dangeau. Gazette, 1720, p. 54, 321 cl 345. État de la France, 1737, t. II, p. 388.
BRANCHE D'ORLÉANS. 135
duc de Modène le 26 octobre 1757 ; né le 2 juillet 1698, mort en 1780 ('). — Appelée, après son retour en France, Madame de Modène ou Madame la duchesse de Modène.
6. Lonlse-Élisabeth d'Orléans, appelée d'abord Mademoiselle de Montpensier, puis Mademoiselle en 1720, après le mariage de la précédente (*) ; née à Versailles le 1 1 décembre 1709 ( 3 ); baptisée à Paris, en la chapelle du Palais- Royal le 22 octobre 1721 , tenue par Madame et le duc de Chartres ( 4 ) ; morte à Paris, au palais du Luxembourg, le 16 juin 1742 ( 5 ); mariée à Lerma, le 20 janvier 1722 ( 6 ), à Don Louis-Philippe de Bourbon, fils de Philippe V, roi d'Espagne, alors prince des Asturies, et depuis roi d'Espagne, sous le nom de Louis I er , le 15 janvier 1724; veuve le 31 août 1724. — Revenue en France le 23 mai 1725( 7 ), et appelée la Heine seconde douairière d'Espagne, tant que vécut Marie-Anne de Neubourg, veuve de Charles II, roi d'Espagne, appelée la Reine première douairière d'Espagne ; née le 28 octobre 1 C67 ; mariée, par procuration à Neubourg le 28 août 1689, et en personne à Yalladolid le 4 mai 1690; morte à Guadalaxara le 16 juillet 1740 (*).— Après la mort de la Reine première douairière d'Espagne, Louise-Elisabeth d'Orléans est appelée la Heine douairière d'Espagne.
7. Philippe-Élisabeth d'Orléans, Mademoiselle de Beaujolais, née à Versailles le 18 décembre 1714 ( 9 ) ; baptisée
(*) Pendant l'occupation du duché de Modène par l'armée française, en 1754, le prince héréditaire de Modène se retira à Pans et y prit le nom de marquit de San-Felice. (Barbier, II, 529.)
(*) Buvat, Journal de la Régence, II, 29.
(*) Gazette, 1709. p. 613. — Dangeaii.
(*) Gazette, 1721, p. 532. — Le P. Anselme.
( B ) Gazette, 1742, p. 286. — Luynes. — Sépulture: A Saint-Sulpice.
(•) Gazette, 1722, p. 78. — Le contrat fut signé à Paris, aux Tuileries, le 16 novembre 1721 (Gazette, 1721, p. 578). — Le mariage ne fut consommé que le 18 août 1723, à l'Escurial. (État de la France, 1737, t. II, p. 389.)
(') Elle quitta le Buen-Retiro, sa résidence, pour retourner en France, le 15 mars 1725. (Gazette, 1725, p. 159 et 280.)
(•) Gazette, 1740, p. 385.
(•) Dangeau. — Registres de Notre-Dame de Versailles.
136 BRANCHE D'ORLÉANS
à Paris, en la chapelle du Palais-Royal, le 20 novembre 1 722 , tenue, au nom du roi et de la reine d'Espagne, par le duc et la duchesse d'Orléans (') ; morte à Bagnolet le 21 mai 1734 (»); accordée, le 26 novembre 1722 ( 5 ), à l'infant d'Espagne Don Carlos ; partie de Paris le 1 er décembre 1 722 et arrivée à Madrid le 16 février 1725; renvoyée en France sans avoir été mariée, elle quitte Madrid le 20 mars 1725 et rentre en France avec sa sœur, la Reine seconde douairière d'Espagne, le 25 mai 1725 (*).
8. Loalse-Diane d'Orléans, Mademoiselle de Chartres, née à Paris le 26 juin 1716 ( 5 ) ; baptisée en la chapelle du château de Versailles le 19 janvier 1752, tenue par le Roi et la princesse de Conty troisième douairière (•) ; morte à Issy le 26 septembre 1756 ( 7 ); mariée à Versailles, le 22 janvier 1752 ( 8 ), à Louis-François de Bourbon, prince de Conty. — Appelée la princesse de Conty, et par quelques-uns la princesse de Conty la jeune ( 9 ).
Enfants naturels ( l0 ).
a. Une tille née vers 1688 de la petite Léonore, fille du concierge du garde-meuble du Palais-Royal, mariée à M. deCharencey, fils d'un conseiller à Rioml").
(«) Gazette, 1722, p. 048. — Le I». Anselme
(») Gazette, 1754, p. 26.".— Barbier, II, 461. — Sépulture: Au Val-dc-Grâcc.
(») Gazette, 1722, p. 719. et Moréri. Quelques-uns disent à tort le 26. Les articles du mariage furent arrêtés le 25 entre le cardinal Dubois, le garde des sceaux et • l'ambassadeur d'Espagne; mais ils ne furent signés parle Roi et les princes de la maison royale que le lendemain 26, à Versailles {Gazette. 1722, p. 719). — Depuis ce traite, on appela quelquefois Mademoiselle de Beaujolais la princes»e Caroline, parce qu'elle était destim-e à l'infant Don Carlos. (Barbier, II, 241, édition Charpentier.)
(*) Gazette, 1725, p. 174 et 280. - Moréri.
(») Begistres de Notre-Dame de Versailles et Dangeau. — Quelques-uns disent par erreur le 27 août.
(•) Gazette, 1732, p. 46. — Registres de Notre-Dame de Versailles.
0 Gazette, 1756, p. 468. — Sépulture : f glise de Saint-André des Arcs ; le cœur, au Val-de-Grâce.
(■) Gazette, 1732, p. 47. — Registres de Notre-Dame de Versailles.
(•) Luynes, I, 65.
( ,0 ) Voy. sur les enfants naturels du Régent les Lettre» de la Palatine, 1, 259,
('•) Mém. de Maurepas, I, 106.
BRANCHE D'ORLÉANS. 157
b. Charles de Saist-Albin, bâtard d'Orléans, appelé Y abbé de Saint- Albin et Yabbi d'Orléans; né le 5 avril 1698, de la Florence, danseuse de l'Opéra (*) ; légitimé en juillet 1706 (*); abbé de Saint-Oucn, évêque de Laon en 1722, puis archevêque de Cambrai en 1723; mort à Paris le 9 mail 764 (*).
c. Jean-I'h h irrv: ( 4 ), bâtard d'Orléans, dit le chevalier d'Orléans, grand prieur de France le 28 septembre 1719, général des galères, abbé d'Ilauvillers, grand d'Espagne de première classe ( 5 ); né à Paris en 1702, de mademoiselle de Séry, comtesse d'Argenton ( a ) ; légitimé en juillet 1706(7) ; mort à Paris le 16 juin 1748 (*).
(•) Il fut baptisé à Saint-Eustache comme fils du sieur Coche, premier valet de chambre du duc d'Orléans, et de madame Corhc. (Mathieu Marais, III, 56; Barbier, I, 302; Mém. de Maurepas, I, 108.)
(•) Enregistré au Parlement le 26 juillet. — Communiqué par M. Parent de Rosan. — La Palatine (il, 179 et 231) dit cependant, le 2 novembre 1719, qu'il n'est pas reconnu.
( 5 ) Hardy (Journal manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale) dit : « Mercredi, 9 mai 1761, vers les onze heures du soir, mourut Ch. de Saint-Albin, à soixante-six ans, inhumé le vendredi sous le chœur de Saint-Sulpice. a (Communiqué par M. Parent de Rosan.) — La (, mette, 1764, p. 512, dit aussi que l'archevêque de Cambrai mourut à Paris le 9 mai. — Cependant le registre de Saint- Sulpice donne le 10 mai pour date de la mort dudil archevêque. (Communiqué par M. le comte de Chaslellux.)
(*) Selon d'autres : François-Jean-Paul.
(•) Gazelle, 1723, p. 138.
(•) Morte le 4 mars 1748, à soixante-quatre ans. (Registres de Sainte-Marie du Temple, à Paris.) — Communiqué par M. Parent de Ro»an.
( 7 ) Enregistré au Parlement le 27 septembre 1706. — Voy. sur le chevalier d'Orléans Vf: tut de la France, 1737, t. II, p. 389.
( a ) Cit ut te ; 17 18, p. 308); Journal manuscrit des archives du château de Bampierre ; Registres de Sainte-Marie du Temple, à Paris. — Le chevalier d'Orléans était le père â'Amable-Angélique de Villars, née le 18 mars 1723, de Amahlc-Gahriclle de Noailles, mariée à Honoré-Armand, une de Villars, fils du maréchal. Mademoiselle de Villars épousa , le 4 février 1741 (Luynes, V, 320) Gui-Félix Pignalelli, comte d'Egmont, après la mort duquel, sans postérité, le 5 juillet 1753 (Luynes, Mil, 4), elle prit le voile le 18 mars 17.51 (Luynes, XIII, 203), au couvent du Calvaire, à Paris. Madame Buhaussct raconte dans ses Mémoires (p. 199, édit. Baudouin) l'histoire suivante qu'elle tenait de madame de Pompadour : « Le dernier comte d'Egmont avoit épousé la fille du duc de Villars, mais la duchesse n'avoit jamais habité avec son mari, et la comtesse d'Egmont est Mlle du chevalier d'Orléans. A la mort de son mari, belle, jeune, aimable et héritière d'une immense fortune, elle étoit l'objet des vœux de to t ce qu'il y avoit de plus distingué à la Cour. Le directeur de la mèredela comtesse d'Egmont entra un jour chez elle et lui demanda un entretien particulier; alors il lui révéla qu'elle étoit le fruit d'un adultère, dont sa mère faisoit depuis vingt-cinq ans pénitence. ■ Elle ne pouvoit, dit « le directeur, s'opposer à votre premier mariage dont elle a gémi ; Bicu n'a pas « permis que vous ayez eu des enfants; mais si vous vous remariez, vous courez, « madame, le hasard de faire passer dans une famille étrangère des biens immenses • qui ne vous appartiennent pas et qui sont le produit du crime. » Madame d'Egmont écouta ce détail avec terreur. Sa mère entra au même instant, fondant en larmes, et demanda à genoux à sa fille de s'opposer à sa damnation éternelle.
138 BRANCHE D'ORLÉANS
d. Phiuppe-Angélique de Froissy, née vers 1702 (*), de la Desmares (*), célèbre tragédienne ( 3 ) ; morte le 15 octobre 1785 [*] ; mariée, le 12 septembre 1718 ( 5 ), à Henri-François, comte de Ségur, lieutenant-général des armées du Roi, mort le 19 juin 1751, dans la soixante-troisième année de son âge ( 6 ).
III. LOUIS d'Orléans, duc d'Orléans, de Valois, de Chartres, de Nemours, de Montpensier, etc., premier prince du sang et premier pair de France ; appelé d'abord le duc de Chartres, et, après la mort de son père, le duc d'Orléans ( 7 ).
Madame d'Egmont tûchoit do rassurer sa mère et elle-même, et lui dit : « Que « faire? • Le directeur lui répondit: « Vous consacrer entièrement à Dieu et « effaci r ainsi le péché de votre mère. » La comtesse, qui étoit tout effrayée, promit ce qu'on exigeoil, ei forma le projet d'entrer aux Carmélites. J'en fus instruite, ajoute madame de Pompadour, et je parlai au Roi de la barbarie que la duchesse et le directeur exerçoieut sur cette malheureuse femme ; mais on ne savoit comment l'empêcher. Le Iloi, plein de hontê, engagea la Heine à lui offrir une place de dame du palais, fit parler fort adroitement à la duchesse par ses amis, pour qu'elle détourait sa fille d'entrer aux Carmélites. Tout fut inutile, et la malheureuse victime fut sacrifiée. »
(') Lettres de la Palatine, I, 259. Suivant la Palatine, cette fille avait quatorze ans en 1716.
(*) Quelques-uns disent que mademoiselle de Froissy était tille de la Florence ; c'est une erreur. « (l'est ù la Dt-smares qu'il faut restituer mademoiselle de Froissy, dit madame du Prat ; je le tiens de l'abbé du Prat, des Barbançon, des Ségur eux-mêmes, de tout ce qui fait autorité pour moi... Lorsque les Ségur étoient dans leurs épanchements, ils ne faisoient aucun mystère de la généalogie de mademoiselle de Froissy et la déclaroienl fort gaiement nièce de la Champmèlé... Dans l'orgueil de son origine et dans l'honneur plus vrai de son nom, la comtesse de Ségur prit et montra du dédain pour sa mère. A peine, d'ailleurs, la connoissoit-elle et l'avoit-elle embrassée. Elle ne la saluoit pas, elle la coudoyoit sans façon et sans gêne. Celle-ci n'en retint pas son indignation, et, un jour qu'elle avoit été froissée et vexée plus que de coutume, c'étoit ù l'Opéra, je crois, elle punit la comtesse d'un coup d'éventail sur les doigts, en ajoutant ces mots : « Voulez-vous m'accorder une audience? » Puis, l'entraînant dans une loge, elle lui dit à l'oreille, mais de façon à être entendue par M. de Nantouillet, dont le lils me l'a répété: « Souvenez-vous, madame de Ségur, que vous êtes ma fille, mais que vous n'êtes peut-être pas celle de Monsieur le Régent. » (Notes sur les tableaux vendus... de mon pauvre vieux château de la GoupUlère, p. 104. )
(*) Coche fut également son père putatif. (Mathieu Marais, III, 36.) — Elle ne fut ni avouée, ni reconnue (Lettres de la Palatine, II, 178 et 542), bien que madame du ll-at dise dans ses Mémoires (Soles sur les tableaux vendus... de mon pauvre vieux château de la GoupUlère, p. 104), qu'elle fut reconnue en 1722, le même jour que l'abbé de Saint-Albin. C'est une erreur.
(*) Sépulture : A Saint-Eustache.
(•) Moréri. — l e Dictionnaire de la noblesse dit le 17. — Dangeau annonce ce mariage le 11 septembre 1718.
(•) Gazette, 1751, p. 312.
C) Par décision dn Roi du 23 décembre 1723. (Gazette, p. 644.)
BRANCHE D'ORLÈAHS.
Né au château de Versailles le 4 août 1 705 (*). Baptisé en la chapelle du château de Versailles le 3 juillet 1710, tenu par le duc de Bourgogne et Madame, duchesse douairière d'Orléans
Mort le 4 février 1752 ( 5 ), à Paris, en l'abbaye de Sainte- Geneviève, où il s'était retiré depuis 1750 (*). Marié, par contrat du 14 juin 1721, par procureur à Rastadt le 18 juin 1724, et en personne à Sarry ( 5 ) le 15 juillet 1724 ( 6 )< à Auguste-Marie-Jeanne, princesse de Bade, tille de Louis-Guillaume, margrave de Bade-Baden, généralissime des troupes de l'Empire, et de Françoise-Sybille-Auguste de Saxe-Lawembourg ; née le 10 novembre 1 704 ; morte le 8 août 1726 à Paris, au Palais-Royal ( 7 ).
ENFANTS NÉS DE CE MARIAGE
\ . LOUIS-PHILIPPE I e % duc d'Orléans, qui suit.
2. Louise-Marie ( 8 ) d'Orléans, Mademoiselle d'Orléans, née à Paris le 5 août 1726 ( 9 ) ; morte à Saint-Cloud le 14 mai 1728 H.
IV. LOUIS-PHILIPPE I er d'Orléans, duc d'Orléans, de Valois, de Chartres, de Nemours et de Montpensier, comte de Vermandois et de Soissons, premier prince du sang ; appelé d'abord le duc de Chartres, puis le duc d'Orléans. Né à Versailles le 12 mai 1725 C 1 ).
(') Gazette, 1703, p. 386. — Dangeau. — Registres de Notre-Dame de Versailles.
(*) Registres de Notre-Dame de Versailles. — La Gazette (1710, p. 324) dit à tort que le duc de Chartres fut baptisé à Paris. ( s ) Gazette, 1752, p. 71.
(*) Sépulture : Au Val-dc-Crâcc.
(■) Maison de campagne de féréque de Châlons.
( fl ) Gazette, 1724, p. 344 et 380. — État de la France, 1737, t. II, p. 391. ( 7 ) Gazette, 1726, p. 384. — Sépulture : le corps et le co ur au Val-dc-Grâce. (■) La Gazette. l'État de la France, 1737, t. II, p. 384, et Moréri, disent : Louise-Madeleine.
(•) Gazette, 1726, p. 384.
O Gazette, 1728, p. 252. - Sépulture: Au Val-de-GrÛce.
I") Gazette, 1725, p. 240. — Registres de Notre-Dame de Versailles.
140 BRANCHE D'ORLÉANS
Baptisé en la chapelle du château de Versailles le 2 juin 1732, tenu par le Roi et la Reine (»).
Mort au château de Sainte-Assise en Brie le 1 8 novembre 1785 (»).
Marié à Versailles, en la chapelle du château, le 17 décembre 1745( 5 ), à Louise-Henriette de Bourbon, Mademoiselle de Gonty, lille de Louis-Armand II, prince de Conty; née à Paris le 20 juin 1726 ; morte à Paris, au Palais-Royal, le 9 février 1759 ( 4 ). — Appelée d'abord la duchesse de Chartrès, puis la duchesse d'Orléans ( 5 ).
ENFANTS NÉS DE CE MARIAGE