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A mon Fils.
Quand je ne serai plus ! lorsqu’un sombre nuage Aura couvert mes yeux sur cette triste plage, Quand je serai tombé sous la faux de la mort, Quand mon dernier soupir aura fixé mon sort, Quand je serai cloué dans cette noire tombe
Où tout homme ici-bas, quand Dieu l’appelle [tombe !
Tu reliras, mon fils, tranquille et ‘sans émoi,
Ces lignes que ma main trace aujourd’hui pour [toi,
Sois fidèle au serment que tu fis au baptême, Il renferme les vœux de la sagesse même,
A l’ombre des replis de ce drapeau divin,
Ta course sera pure et ton trépas serein.
Garde le souvenir des jours de ton enfance, Tu sais combien j’aimais ta candide innocence, Conserve-la, mon fils, c’est le plus beau joyau Qu’on puisse retrouver aux portes du tombeau ! Offre à Dieu chaque jour nne fervante flamme, Il est ton Créateur, qu’il soit roi de ton âme:
Si quelquéfois tes pas deviennent chancelants, Ranime ton courage en ces mauvais moments,
Si tu veux que ton nom ne souille pas l’histoire, Tu dois vivre et mourir aux sentiers de la gloire. Celui qui conduit tout, qui nourrit les oiseaux, Ne manquera jamais de remède à tes maux.
Marche à pas assurés, malgré la nuit profonde
A l’homme qui va droit la vague n’est qu’une [onde.
Sois toujours honnête homme et brave citoyen, Voilà toute la loi ; tout le reste n’est rien.
Sur la terre, mon fils, tout est peine et misère, Et ce qui paraît beau n’est souvent que poussière. Tous les biens d’ici-bas pour moi sont inconnus, Je ne puis te léguer qne courage et vertus ® Conserve ce trésor jusqu’à ta dernière heure,
Tu le retrouveras dans la Sainte Demeure.
A. L, DESAULNIERS.
Trois-Rivières, Avril, 1867.