EDGAR , MARGUERITE
Mai 0 n.rtU surldc ta chapelle avec Edgar tpii la suit. EDGAR.
Encore un momeot , Blargucriie, le jour cootntcnro à peine.
MARGUERITE
Edgar, soyez prudent ; j'ai entendu résonner sur les rciuparls les pus des homme# d'armes ; >i . vous larde/ encore, le» rayon» du soleil éclaire* ront la roule secréle cl potillcuse que vous avez prise pour arriver jusqu'à moi , lu» sentinelle* i vous apercevront, et si voit* ôies arrêté ..
•Toutes les indications ton' prîtes du parlerez i Facteur le premier inscrit lirai la gauche! quanJ il turrienl «m changement, il est indopié au bas de la pa»c.
2 MAGASIN THEATRAL
EDGAR
La mort m'attend... oui, je sais l'arrêt qu'a porté contre moi l'assemblée de Bruges; je sais que la politique ferait un devoir à mon frère d'exécuter la sentence... Indigné du sort obscur auquel m’avait condamné ma naissance, j’ai pensé que rilluslrc sang des ducs de Brabant qui coule dans mes veines avait dû ennoblir le sang de ma mère, pauvre fille du peuple qui avait eu foi dans l’amour et les sermens de son seigneur et maître ; j'ai demandé , les armes à la main, ma part do l'héritage de mon père ; mais la fortune a trahi mon courage., vainqueur, j’eusse été failcomte, j'eusse régné avec mon frère , car je ne voulais que la moitié de sa puissance; vaincu, j'ai été déclaré sujet rebelle, et je no suis plus qu’Edgar le bâtard, Edgar le proscrit... je n'ai plus rien, rien que ton amour, 6 ma chère Marguerite, et cet amour, tout mon espoir, tout mon bien , me faitencore supporter la vie... Avant d’aller attendre des jours meilleurs sur un sol étranger, j’ai voulu te revoir, j'ai voulu t'entendre me dire encore : Mon Edgar, toujours à loi, jamais qu’à toi I
m ircurritb.
Et ce serment do n’étre pas à un autre, je te l’ai fait dans l’antique chapelle de ce château , je le l’ai fait devant l'imago de madame Marie, qui bénira notre amour, car elle sait que cet amour est resté pur. Mais, par pitié, par grâce, Edgar, ne différez pas davantage... partez, partez...
EDGAR
Un dernier regard, un dernier baiser... songe que cet adieu est peut-être éternel.
MARGUERITE
Oh! ne dis pas cela, mon Edgar, ne dis pas cela... viens, je vais t'aider à descendre dans le premier fossé...
Elle va au fond.
EDGAR
Quelques pierres que le temps a descellées, les débris des chaînes d'un pont-levis brisé, rendent ma fuite moins dangereuse, et je vais...
Il remonte le théâtre.
M IRCUERITE.
Attends!
EDGAR
Pourquoi?
MARGUERITE
Tu as trop lardé... il y a du monde dans le fossé.
edgar, regardant.
En effet.
MARGUERITE
Ce sont des ouvriers appelés, sans doute, pour réparer ces vieilles murailles; mon père est avec eux, impossible de fuir de ce côté.
EDGAR
Il le faut pourtant.
MARGUERITE
Impossible, te dis-je, ils te tueraient. Attends!
mon Dieu, mon Dieu, iuspirez-moi! .. là, lâ dans rette tourelle... (elle passe à la droite d' Edgar) elle est abandonnée, personne n'y entre... Edgar, mon üien-aimé, tu attendras là sans bruit, la fin du jour. Marguerite veillera sur toi, Marguerite te sautera. Oh I ne me refuse pas, car si lu meurs, Marguerite aussi mourra.
EDGAR
Je m’abandonne à toi.
MARGUERITE
Viens, et que Notre-Dame Marie nous protège !
Elle le fait entrer dans la tourelle et y cnlre avec In».