SCÈNE IV
MARGUERITE, GENEVIÈVE, lej P*ces au fond.
M ARGUER ITM .
Oh ! madame, vous le voyez, mon père ne désespère pas! Non, jamais des juges n’oseront condamner leur souveraine.
* Marguerite, Geneviève, Vander.
MAGASIN THEATRAL
«IRIVltVB.
Us me feront grâce de la vie, peut-être; mais mon honneur, ma réputation , penses -tu qu'ils sortent purs de cette terrible épreuve? Que puiije dire pour nja défense? tout ue m’accuse-l-il pas? Quelle preuve puis-je donner à mes juges de la calomnie infinie du comte de Ilainaull?
MARGUERITE
Vous direz toute la vérité, madame, vous direz que c'est à ma sollicitation que vous aviez accordé un asile au proscrit.
Mais pense donc, pauvre enfant, que je vous perdrais tous deux sans me sauver; car ce n'est pas Edgar, c’est le comte de Hainault qu’on a trouvé chez moi. Eh! puis-je expliquer la présence de cet homme, quand je ne puis me l’expliquer à moi-même. Pendant la nuit qui vient de s’écouler, n'avon»-nous pas, l’une et l’autre, cherché vainement à pénétrer ce mystère? Tu m’as juré que tu avais toi-méme conduit Edgar dans mon oratoire, et pourtant le comte de Hainault était seul dans cet oratoire.
ma noua nmt.
Il y a dans tout ceci quelque chose que je ne puis ni deviner ni comprendre; Edgar seul peut tout éclaircir, et Edgar doit être encore dans le château. Toutes les portes en sont restées fermées, les remparts activement surveillés, il n’a pu fuir; il aura cherché sans doute uu asile dans le parc. Toute cette nuit, préoccupée de votre faiblesse, de votre douleur, je n’ai pas songé à courir à la recherche d’Edgar : maintenant ce doit être mon unique pensée; je 1o retrouverai, madame, et il viendra vous justifier.
Mais il se perdra.
MinCUF.IlITE.
Oht j’aime bien mon Edgar, mais je n'aurais plus que du mépris pour lui s’il hésitait un in. stant à sacrifier sa vie pour racheter la vôtre. Espoir et courage, ma bonne maîtresse; que Dieu protège Edgar , mais qu'il vous sauve avant tout !
Elle lui baise la main et tort par la gauche.