‹ Genevieve de Brabant melodrame en quatre actesChapitre 34 sur 63 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

LE DUC, VANDER, OLIVIER, et li Bicxüxi Fin

au fond.

VARDBR.

Monseigneur!... où est monseigneur? il faut que je parle â monseigneur !

olivier, /’ arrêtant.

C’est impossible, maître Vander.

le doc.

Vander!... qu’il approche.

Sur un ligne du duc, Olivier et le deuxième page lorlenl par la droite.

TARDER

Oh! merci, merci, monseigneur!

le doc.

Si je n’ai pas refusé de t’entendre, c’est par respect pour ton âge ; mais si tu viens ici solliciter ma pitié pour... elle... épargne-toi de vaios efforts, épargne-moi tes plaintes, tes larmes... et reiire-toi.

VARDER.

Monseigneur., je vais vous parler de Geneviève, et vous m’entendrez... Je viens vous dire : Elle est innocente, et vous m’entendrez; non pas par pitié pour mes cheveux blancs, mais parce que je le veux , monseigneur, et qu’aujourd’hui vous ne pouvez rien me refuser.

le duc.

A toi!

VANDER

Oui, monseigneur, à moi! Vander n’a pas tou-

Jours été vieux èt faible; il y a dix années, Vander était encore un bon et brave soldat ; il servait sous la bannière du duc votre père, à cette fameuse bataille d’Ypres, où vous faisiez, vous, vos premières armes... vous étiex bien jeune alors, et en (rainé par un noble mais imprudent epurage, vous vous étiez engagé seul dans les rangs ennemis ; votre cheval percé de coups vous avait renversé, vous alliez périr, quand un homme accourut qui vous fit un rempart de son corps et donna le temps à vos hommes d'armes d'arriver jusqu'à vous ; â ce soldat vous avez serré la main et vous avez donné votre anneau , en lui disant : En échange de cet anneau, tout ce que tu me demanderas... Vous n'avez jamais revu ni l'homme ni l'anneau; et pourtant l'homme existe encoro.

LS DUC

Et cet homme?

VAIIDER.

C'est moi.

LS duc.

Et mon anneau ?

VAS DSR.

Le voilà.

LS DUC

Et pourquoi ne l'as-tu pas rapporté plus tôt?

TARDER

/ A quoi bon? je n'étais plus assez jeune pour être ambitieux; et la récompense de ce que j’avais fait, je la trouvais dans le récit de vos exploits, de vos brillans faits d’armes I Je ne croyais pas qu'un jour viendrait où je serais forcé de vous rappeler cetto promesse faite sur un champ de bataille : En échange de cet anneau , tout ce que lu me demanderas... Vous me l’avezdit, monseigneur.

LB DUC

Et tu viens mo demander la grâce do Geneviève.

vahder.

Sa grâce?... non, monseigneur, car elle n'est pas coupable.

LS DSC.

Qu'as-tu dit?

VANDIR.

La vérité... Oui, mon seigneur, je garantis l’innocence de Geneviève sur ma vie, sur mon honneur!... mais songez donc que c’est presque mon enfant, que je ne l’ai jamais quittée... elle n’a jamais eu un secret pour son vieux père... scs larmes, c'est dans mon sein qu'elle venait les répandre... Obi elle vous aime, monseigneur; elle vous aime de cet amour qui éloigne jusqu’à la pensée d’une trahison. Non, ce n'est pas sa grâce que jo demande, c’est sa réhabilitation... sa réhabilitation pleine et entière.

lb duc.

Mon vieil ami , ai tu savais avec quelle douce joie jo t'entends protester de l'innocence do Geneviève... il y a D, dans mon cœur, un écho do ta

voix quand tu la défends... et cette autre voix me crie aussi que cet ange de candeur et de vertu n*a pu déchoir et se flétrir à ce point ; comme loi, Vander, je doute du témoignage de mes yeux. Main accusée devant tous, il faut qu'elle «e justifie devant tous. Il faut, pour qu’elle relève le front , une éclatante justification. Comme tu le disais toi-même , ce n'est pas une grâce qu'on doit à la duchesse de Brabant, c’est justice.

VANDER

Et qui la défendra devant scs juges?

LE DUC

Toi.

VAKDF.R.

Moi?... ohl monseigneur, il faut être chevalier pour porter la parole en cour de justice, et je no suis qu'un pauvre vassal.

Page 1