SCENE VIII
LE BARON DE HESD1N, LE SIRE D’OUDENARDE, LE SIBE DE QUIÉVRA1N, LE CHEVALIER D’ASSAS, LE SIRE DE NANTAI , LE CHEVA- LIER DE QUESNOl, au fond, prés de leurs */<?tjcs ; LE DUC, est sur ion trône , VANDER , à sa gauche , LES DEUX PAGES à chaque côlt ! du tribunal , JACOB, près de l'entrée de ta galerie.
LE DUC
Prenez place, messeigneurs!... ( Les chevaliers se placent dans leurs stalles, et Olivier apporte le livre d'Évangiles , qu'il place sur un petit guéridon qui est devant le sire de Quièvrain , président du tribunal. ) Nobles chevaliers, chers compagnons d’armes , ce n’est plus le secours de votre épée que je réclame aujourd'hui de vous; je vous demande l’appui de votre raison et de votre équité. Le crime que vous êtes appelés à punir vous a été révélé par mon justicier. Les coupables vous sont connus, je les litre à votre tribunal. J’aurais pu , comme seigneur et maître de ce duché, juger et punir sans appel ; mais je ne l’ai pas voulu. Cc qu’il me faut, ce que je demande, ce n'est pas vengeance, c'est justice; seulement, nobles chevaliers, n'oubliez pas que l'une des personnes traduites devant cette cour a fait long-
MAGASIN THEATRAL
temps mon bonheur et ma joie; qu'hier encore, tout le monde la devait croire la plus pure comme la plus belle des femmes ; songez enfin qu'il faut des preuves irrécusables pour entacher d'infamie un front qui porte une couronne.