LE COMTE, STEVEN
LE COMTE
Voici la clairière que j’ai indiquée à Robert , mon écuyer , et la chapelle do Notre-Dame- des- Scpi-Douleurs doit se trouver. . . ( llaperçoit Steven .) Ah!... c’est toi ?
STEVEN
Si vous oc vous attendiez pas à me trouver sur votre route monsieur le comto , je no comptais guère vous rencontrer sur la mienne... Comment! déjà rétabli !
LE COMTE
Complètement, mon ami, grâce aux bons soins do votre vieille mère.
A la bonne heure ; mais vous êtes bien imprudent de vous promener comme ça dans les environs du château .
LE COMTE
Peut-être; j’avais besoin de cet exercice pour rappeler mes forces ; je les sens revenues : c’est te dire, mon brave garçon, que jo n'ai plus besoin de tes services, ni même de la protection; je me tirerai maintenant do tout ceci seul et comme jclcpourrai. En conséquence, nous pouvons nous dire adieu et continuer chacun notre chemin. steven , l'arrêtant.
Oh t un moment, monseigneur; nous no nous séparerons pas comme cela.
LE COMTE
Je comprends : tu as peur que ton obligé t'échappe, et tu ne veux pas avoir fait une bonne action pour rien... C’est juste: les bourreau! du duc m’ont pris tout l’or que j’avais sur moi; il faudra te contenter de ma signature... Voyons, je l’avais recommandé , l’autre jour, de m’apporter ce qu’il fallait pour écrire, y as-tu songé?
STEVEN
J’ai là une plume, du parchemin et de l’encre.
LE COMTE
A merveille, doune... et maintenant, mets au service que tu m’as rendu tel prix que tu voudras, je jure de te l’accorder. Allons, dicte; mais bâte-toi. STEVEN .
J’allais justement vous prier de me faire une petite reconnaissance.
LE COMTE
Voyons, finissons-en.
Je ne demande pas mieux... écrivez donc, monseigneur : « Je reconnais que je suis un grand scélérat. *
LE COMTE
Hein ?
STEVEN
n Je reconnais que j’ai menti comme un païen. »
LE COMTE
Misérable I
steven, continuant.
« Enfin , jo reconnais et jo déclare que dame
MAGASIN THEATRAL
Geneviève eu innocente...» Allons, allons, il Xaut écrire et signer ça , monseigneur.
LL COMTE
Arrière, manant 1
Il veut «orlir*.
steve*, tirant son épée et tui barrant le passage.
J’en suis fâché, monseigneur; mais lu signeras...
LE COMTE
Jamais 1
STKV1N.
Alors, je vais te remettre dans l'état où je t'ai pris, et nous serons quittes.
LE COMTE
Malheureux, oseras-tu me frapper, moi qui suis sans armes?
STEVEM.
Ob 1 je ne suis pas chevalier , et je vous tuerai sans plus de façons qu'un loup enragé... Monseigneur... comte... tu ne veux pas écrire... eh bien t recommande ton amc au diable, car certes Dieu n’en voudrait pas.
Le comte, î demi renversé par Stevcn, va recevoir le coup
d’épée que celui-ci lui destine , quand tout-V-coup pa-
raitienl Robert et quelque* homme* «t'armes du Hai-
naull.qui viennent de la gauche.