GENEVIÈVE, LE DUC
A ce moment un homme parait en bant des rochers; il est pile, dans le plus grand détordre, et semble avoir à
peine la force de se soutenir ; une de tes mains presse convulsivement sa poitrine; il va tomber sur une pierre h peu de distance de Geneviève.
le ne c, après un moment de silence, tire deson sein un voile , le regarde et dit en sanglotant :
Mortel... elle est morte! je le savais bien, moi.
Geneviève, se relevant.
Ah ! je ne suis plus seule... Ciel ! c’est lui !... lui! ( Courant au duc.) Notre-Dame a entendu ma voix... Monseigneur, pardonnez-moi de vivre encore, après avoir été déshonorée par un arrêt infamant; oubliez un moment votre haine, votre mépris pour Geneviève, et laissez-la vous sauver. le dcc, ù lui-méme.
Cette femme n’a-t-clle pas nommé Geneviève?
Eh quoi, pas de colère, point de malédiction?... Oh ! monseigneur, savez-vous donc enfin 1a vérité?... Monseigneur... ( Elle s'arrête et regarde avec effroi le duc, qui est froid et immobile.) Mon Dieu, quel égarement dans ses yeux I... il n’y a dans son regard ni pitié nicolère;ce regard s’arrête à peine sur moi... Henri ! llenri! ne me reconnaissez-vous plus?... c’est moi... moi, Geneviève !
LE DOC
Tu es bien cruelle, toi, de me parler de Geneviève... viens-tu m’appeler meurtrier, bourreau?... sais-tu déjà qu’elle est morte.
Morte, Geneviève?
LE DOC
Oui, mortel... le démon qui tourmentait mes nuits me l’avait annoncé dans mes rêves... je don* tais encore, tout-à-l’heure il m’a pris par la main, il m’a séparé de mes amis, et m’a conduit au bord du grand précipice.
Ah I le malheureux!
LE DOC
Là il m’a montré en souriant les lambeaux d’une robe, et ce voile... ce voile que j’ai là, et qui me brûle le cœur... puis il m’a montré au fond de l’abtme le cadavre de Geneviève I *
Quel affreux déliret
le doc.
Tu as raison, femme, je suis son meurtrier, je suis son bourreau.
1 Oh! ce malheur me manquait!.... Henri I.. ..
I reviens à toi Geneviève respire encore; elle
: vit pour t’aimer, pour te défendre.... Rappelle ! ta raison.... Geneviève est près de toi, elle te [ presse sur son cœur, elle couvre de ses baisers cette main qui l’a chassée. . . Henril... 11 ne m’entend * pas. Mon Dieu, mon Dieu, dût-il en me reconnaissant me maudire, me chasser, ab 1 rendez-lui sa raison! Henri, tu me tueras après, siDieu le veut, mais reconnais-moi, Henri, reconnais-moi! le doc.
Je vais te conduire au bord du précipice, tu U verras, viens!
MAGASIN THEATRAL
ClMVfftVE.
Arrête^ monseigneur, il y a là des assassins qui vous cherchent et vous attendent.
* LE DOC
Ohl n'essaie pas de me retenir... Tiens, le démon des nuits a saisi ma main comme tout-âl’heure, il m'entraîne.
GENEVIÈVE, passant lieront Ini.
Ah ! tu n'iras pas, ou tu me fouleras & tes pieds, n doc, s’arrêtant.
C’est sa voix... oui, c’est la voix de Geneviève, elle aussi m’appelle.
Geneviève, saisissant sa main.
Oui, oui, elle t'appelle, mais de ce fêté, cntends-tu bien?... de ce côté, car Geneviève est au château.
LE DOC
Au château... on l’y a donc transportée?
Oui.
LE DOC
Car elle est morte, je l'ai tuée I
Eh bien, ne voulez-vous pas la voir une dernière fois avant que le tombeau se reforme sur elle?
LE DEC
Oui, hâtons-nous, car ils m'enlèveraient cette dernière cousolation ;mais je ne sais plus qu'un seul chemin, celui qui mène au précipice... femme, conduit-moi au château, si tu veux que j’y arrive.
Il tombe sur une roche.
Moi, mon Dieu, ils me chasseront encore uno fois... oh! n’importe, j'irai, je le sauverai... Venec, venez.