‹ Geneviève;Chapitre 3 sur 23 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ADRIEN. ,

Et vous, monsieur, trop génèrent;

Aussi, vous faites à vous deux Une excellente maison de finance :

(Montrant Adrien.) Voici la recette,

(Montrant son père.) Et voici la dépense!

Oui, c'est la recelte et la dépense,

CLÉRAM30IIG.

En outre, il n'y a pas dans Marseille de négociant plus intelligent et plus habile!., c'est moi qui l'ai formé! et quand je pense que c'est toi qui me l'as recommandé, il y a bientôt quinze ans ! (Se retournant vers Adrien.) Car c'est elle !..

Geneviève, voulant empêcher son père de parler.

Il le sait bien , mon père.

CLÉRAMBOURG

C'est égal ! cette histoire-là me fait toujours plaisir et à lui aussi ! d'ailleurs si je ne répétais pas de temps en temps mes histoires... je les oublierais ; et je me vois encore sur la grande route, en -chaise de poste en tête à tête avec Geneviève qui avait alors quatre ans, car depuis la mort de ma femme, je ne la quittais plus. Je dormais, tout en la tenant sur mes genoux où elle mangeait des cerises, quand un pauvre orphelin qui mourait de faim, un petit mendiant... tout déguenillé... c'était toi !

Geneviève, voulant l'interrompre.

Mon pèro !

CLÉRAMBOURG-

Vint lui tendre la main en suivant la voiture, Voilà Geneviève qui lui jette son panier de cerises, qui se met à crier pour me réveiller ; et bon gré, malgré, il fallut obéir à son caprice , faire montera côté de nous le petit mendiant: c'était son idée, sa volonté ! elle en avait déjà !

Et déjà, mon père, vous aviez l'habitude d'y céder.

ADRIEN

Ce que vous n'ajoutez pas , Monsieur, et ce que l'orphelin n'oubliera jamais , c'est que depuis ce jour vous ne l'avez plus abandonné, qu'il a été élevé par vous, comme l'enfant de la maison... clérambourg, avec'impatiehpe.

Cest bon ! c'est bon ! ça ne tient plus à l'histoire de la grande route... (Interrompant un nouveau geste d'Adrien.) Et puis on te demande au bureau et à la caisse... tiens... à toi tous ces papiers. (Lui donnant ceux qu'il lient à la main.) Il y a là deux ou trois affaires difficiles et embrouillées en diable 1

ADRIEN

Merci, Monsieur !

GENEVIÈVE, à Adrien qui fait quelques pas pour sortir.

Air : de Robin ou de Giselle.

Voulez-vous bien dire que de mon père Le déjeûner ici soit apporté.

CLÉRA51B0RG.

Un poulet froid!

Non, le docteur sévère, Pour le matin, vous a prescrit le thé.

CLÉRAMBOURG

Toujours du thé !

Recette souveraine.

CLÉRAMBOURG

Au diable soit la Faculté !

Son ordonnance...

Est en tout point la mienne.

CLÉRAMBOURG

Alors, morbleu ! qu'on nous serve du thé ! ENSEMBLE.

CLÉRAMBOURG

Ah ! c'est vraiment un pouvoir arbitraire, Mais qui, pour ça, n'est pas moins respecté ; Et vous voyez , qu'avec plaisir son père, Fait en tout point ici sa volonté !

ADRIEN

Quel précepteur et charmant et sévère ! Pouvoir aimable autant que respecté !

Heureux ainsi, qui peut comme son père, Faire en tout point ici sa volonté. .

Oui, c'est ainsi que j'entends l'arbitraire ! Que sur le champ, on nous serve le thé! Et c'est très bien que mon excellent père, Fasse en tout point, ici, ma volonté. [Adrien sort.)

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