‹ Geneviève;Chapitre 8 sur 23 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

adrien, entrant.

Ah! mademoiselle Geneviève.

Geneviève, se retournant C'est Adrien!... Qu'avez-vous donc? comme vous êtes pâle!

ADRIEN

Je crois bien!... si vous saviez... j'étais dans mon bureau qui touche au petit salon... et j'ai entendu votre père parler à voix haute... bien plus... il était en colère, et c'était si nouveau pour moi que j'ai écouté... j'ai peut-être eu tort.

Du tout... Il y a des moments... où c'est un devoir...

ADRIEN

N'est-ce pas? car il disait : Non, monsieur le Colonel... Donc, il se disputait avec un militaire...

Se disputer, lui!... à son âge!...

Adrien, avec impatience.

Eh non! c'est bien pis!... j'ai compris à leur conversation.., que le colonel de Sacy... autorisé par votre tante...

Geneviève, vivement.

C'est bien cela... justement ce que tout-à- 'heure.. achevez!...

ADRIEN

Eh! mon Dieu! dans quel trouble... je vous vois.

Peu importe!... achevez, de grâce!

- ADRIEN

Eh bien,», mademoiselle... le colonel venait d^=

mander à votre père... vous... vous-même... en mariage .!

Geneviève, vivement.

Plus de doute!... (avec inquiétude.) Et vous dites que mon père a refusé?

Adrien, l'observant avec émotion.

Non... mademoiselle... non, rassurez-vous! il n'a pas refusé... mais il a répondu avec une impatience... une aigreur qui étaient toutes naturelles : « Croyez-vous donc, monsieur le colonel, que « l'on marie ainsi sa fille... du jour au lendemain, « sans connaître son gendre, ses mœurs, son ca- « ractère.. » Ce qui est vrai... car enfin.,, il y a tant de colonels qui plaisent, qui séduisent parce qu'ils ont une épaulette...

Geneviève, vivement.

Il ne s'agit pas de cela... mais de mon père !.. Il s'est donc fâché... emporté ?

ADRIEN

Il a été encore trop bon... et moi, à sa place...

Je ne vous parle pas de vous, Adrien... mais de lui... comment cela s'est -il terminé?

ADRIEN

Ainsi donc s'est écrié le colonel, malgré madame de Sancerre votre sœur qui me connaît, m'estime et me protège... vous me refusez? — Je n'ai pas dit cela a répondu votre père avec une colère toujours croissante... mais je verrai... je m'informerai...je demande dutemps... beaucoup de temps.., il faut quc.je,-censultc ma fille.

Moi!..

Adrien, essayant de sourire.

Oui, Mademoiselle, c'est vous... et s'il n'y a pas d'autre obstacle...

C'esfcbten ! laissez-moi !

Ah' : Voici déjà l'aurore (Code noir.)

A vos ordres fidèle

Je vous laisse et m'en vas !

Adieu, mademoiselle,

Elle ne m'entend pas !

C'est à lui qu'elle pense; Elle est auprès de lui :

Allons plus d'espérance, Pour moi tout est fini !

ENSEMBLE. '

Geneviève, rêvant à part,

Oui, je dois avec zèle L'examiner, hélas !

A mon regatd fidèle Il «'échappera pas !

part.)

ADRIEN

A son ordre fidèle, Sans la troubler, hélas!

Je puis m' éloigner d'elle '.

Elle ne me voit pas.

(Adrien sort par le fond.)

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