‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 186 sur 322 · Sainte-Palaye, loc. cit., et la note · texte numérisé non relu

Sainte-Palaye, loc. cit., et la note

une différence essentielle entre des héros chastes et des guerriers qui ne parlent que d'amour, n'est pas une chose qui doive arrêter; car ce vœu n'étoit pas général dans les ordres militaires chrétiens. Les chevaliers de Saint-Jacques-de-PÉpée, en Espagne, pouvoient se marier1, et dans l'ordre de Malte on n'est obligé de renoncer au lien conjugal qu'en passant aux dignités de Tordre ou en entrant en jouissance de ses bénéfices.

D'après l'abbé Giustiniani, ou sur le témoignage plus certain, mais moins agréable, du frère Hélyot, on trouve trente ordres religieux militaires : neuf sous la règle de Saint-Basile, quatorze sous celle de Saint-Augustin et sept attachés à l'institut de Saint-Benoît. Nous ne parlerons que des principaux, à savoir : les Hospitaliers ou chevaliers de Malte en Orient, les Teutoniques à l'occident et au nord , et les chevaliers de Calatraya ( en y comprenant ceux d'Alcantara et de Saint-Jacques-de-1'Épée ) au midi de l'Europe.

Si les historiens sont exacts, on peut compter encore plus de vingt-huit autres ordres militaires qui, n'étant point soumis à des règles particulières, ne sont considérés que comme d'illustres confréries religieuses : tels sont ces chevaliers du Lion, du Croissant, du Dragon, de l'Aigle-Blanche, du Lys, du Fer-d'Or, et ces chevalières de la Hache, dont les noms rappellent les Roland, les Roger, les Renaud, les Clorinde, les Bradamante, et les prodiges de la Table ronde.

Quelques marchands d'Amalfi , dans le royaume de Naples, obtiennent de Romensor, calife d'Egypte, te permission de bâtir une église latine à Jérusalem; ils y ajoutent un hôpital pour y recevoir les étrangers et les pèlerins : Gérard de Provence les gouverne. Les croisades commencent. Godefroi de Bouillon arrive, il donne quelques terres aux nouveaux Hospitaliers. Boyant-Roger succède à Gérard, Raymond-Dupuy à Roger. Dupuy prend le titre de grand maître, divise les Hospitaliers en chevaliers, pour assurer les chemins aux pèlerins et pour combattre les infidèles; en chapelains, consacrés au service des autels, et en frères servants, qui dévoient aussi prendre les armes.

1. Fleury, HisU ecclés., t. XV, liv. lxxii, p. 406, édit. 1719, in-4«.

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