‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 2 sur 322 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

taigne, de nous ouvrir son sein! 0 Dieu! quels abus, quels mécomptes nous trouverions en notre pauvre science 1 !

Les anciens législateurs, d'accord sur ce point comme sur beaucoup d'autres avec les principes de la religion chrétienne, s'opposoient aux philosophes 2 et combloient d'honneurs les artistes3. Ces prétendues persécutions du christianisme contre les sciences doivent donc être aussi reprochées aux anciens, à qui toutefois nous reconnoissons tant de sagesse. L'an de Rome 591, le sénat rendit un décret pour bannir les philosophes de la ville, et six ans après , Caton se hâta de faire renvoyer Carnéade, ambassadeur des Athéniens, « de peur, disoit-il, que la jeunesse, en prenant du goût pour les subtilités des Grecs, ne perdît la simplicité des mœurs antiques. » Si le système de Copernic fut méconnu de la cour de Rome, n'éprouva- 1- il pas un pareil sort chez les Grecs ? « Aristarchus, dit Plutarque, estimoit que les Grecs dévoient mettre en justice Gléanthe le Samien et le condamner de blasphème encontre les dieux, comme remuant le foyer du monde ; d'autant que cest homme taschant à sauver les apparences supposoit que le ciel demeuroit immobile et que c'estoit la terre qui se mouvoit par le cercle oblique du zodiaque, tournant à l'entour de son aixieu 4. »

Encore est-il vrai que Rome moderne se montra plus sage, puisque le même tribunal ecclésiastique qui condamna d'abord le système de Copernic permit six ans après de l'enseigner comme hypothèse5. D'ailleurs pouvoit-on attendre plus de lumières astronomiques d'un prêtre romain que de Tycho- Brahé, qui continuoit à nier le mouvement de la terre? Enfin un pape Grégoire, réformateur du calendrier, un moine Bacon, peut-être inventeur du télescope, un cardinal Cuza, un prêtre

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