MARLBOROUGH
Mais pourquoi cet acharnement contre la plus noble des professions, contre celle sous l'abri de laquelle les autres peuvent s'exercer eu paix?
LJCHTENSTEIN.
Comme ils sont très-ignorants dans l'art de la guerre, ils croient rendre cet art méprisable eu le déprimant; mais, comme je vous l'ai dit, ils décrient généralement toutes les sciences, et ils élèvent la seule géométrie sur ces débris, pour anéantir toute gloire étrangère et la concentrer uniquement sur leurs personnes.
MARLBORODGH.
Mais nous n'avons méprisé ni la philosophie, ni la géométrie, ni les belles-lettres, et nous nous sommes contentés d'avoir du mérite dans notre genre.
EUGÈNE
J'ai plus fait. A Vienne , j'ai protégé tous les savants, et je les ai distingués lors même que personne n'en faisoit aucun cas.
LICHTENSTEIN
Je le crois bien, c'est que vous étiez de grands hommes, et ces soidisant philosophes ne sont que des polissons, dont la vanité voudrait jouer un rôle : cela n'empêche pas que les injures si souvent répétées ne fassent du tort à la mémoire des grands hommes, on croit que raisonner hardiment de travers , c'est être philosophe , et qu'avancer des paradoxes, c'est emporter la palme. Combien n'ai-je pas entendu, par de ridicules propos , condamner vos plus belles actions et vous traiter d'hommes qui avoient usurpé une réputation dans un siècle d'ignorance qui manquoit de vrais appréciateurs du mérite !
MARLBOROICH.
Notre siècle, un siècle d'ignorance! ah! je n'y tiens plus.
LICHTENSTEIN
Le siècle présent est celui des philosophes.
( OEuvres de Frédéric H. j
NOTE XXXII, page 67.