CHAPITRE DE JÉSUS-CHRIST ET DE SA VIE
a A moins qu'il ne plaise à Dieu de vous envoyer quelqu'un pom vous instruire de sa part, n'espérez pas de réussir jamais dans le dessein de réformer les mœurs des hommes. »
(Platon, Apologie de Socrate.)
Le même philosophe, après avoir prouvé que la piété est la chose du monde la plus désirable, ajoute : Mais qui sera en état de l'enseigner, si Dieu ne lui sert de guide? (Dialogue intitulé Épinomis.)
(Note de l'Éditeur.)
NOTE XLVIII, Page 144.
Lisez, dans la seconde partie du Discours sur l'Histoire universelle, l'admirable morceau sur Jésus-Christ et sa Doctrine.
{Note de l'Éditeur,)
NOTE XLIX, page 146.
Le docteur Robertson a rendu justice à Voltaire, en disant que cet homme universel n'a pas été un historien aussi infidèle qu'on le pense généralement. Nous croyons, comme lui, que Voltaire n'a pas toujours cité faux; mais il est certain qu'il a beaucoup omis, car nous n'oserions dire beaucoup ignoré. Il a donné de plus aux passages originaux un tour particulier, pour leur faire dire toute autre chose qu'ils ne disent en effet. C'est le moyen d'être tout à la fois exact et merveilleusement infidèle. Dans ses deux admirables histoires de Louis XIV et de Charles XII, Voltaire n'a pas eu besoin d'avoir recours à ce moyen ; mais dans son Histoire générale, qui n'est qu'une longue injure au christianisme, il s'est cru permis d'employer toutes sortes d'armes contre l'ennemi. Tantôt il nie formellement, tantôt il affirme d'un ton positif; ensuite il mutile et défigure les faits. Il avance sans hésiter qu'il n'y eut aucune hiérarchie pendant près de cent ans parmi les chrétiens. Il ne donne aucun garant de cette étrange assertion; il se contente de dire : 77 est reconnu, Von rit aujourd'hui.
Selon cet auteur, on n'a sur la succession de saint Pierre que la liste frauduleuse d'un livre apocryphe, intitulé le Pontificat de
Damase1. Or, il nous reste un traité de saint Irénée sur les hérésies, où le Père de l'Église gallicane donne en entier la succession des papes, depuis les apôtres2. Il en compte douze jusqu'à son temps. On place l'année de la naissance de saint Irénée environ cent vingt ans après Jésus-Christ. Il avoit été disciple de Papias et de saint Polycarpe, eux-mêmes disciples de saint Jean l'Évangéliste. Il étoit donc témoin presque oculaire des premiers papes. Il nomme saint Lin après saint Pierre, et nous apprend que c'est de ce même Lin que parle saint Paul dans son épître à Timothée 3. Comment Voltaire ou ceux qui l'aidoient dans son travail n'ont-ils pas craint (s'ils n'ont pas ignoré) cette foudroyante autorité? Si l'on en croit VEssai sur les Mœurs, on n'auroit jamais entendu parler de Lin : et voilà que ce premier successeur du chef de l'Église est nommé par les apôtres eux-mêmes!
NCTE L, page 146.