TROISIÈME PARTIE
lement les défauts et les beautés de son modèle. C'est le jugement de La Harpe, dont il faut toujours citer l'autorité en critique.
Parmi les Pères de l'Église grecque deux seuls sont trèsébquents, saint Chrysostome et saint Basile. Les homélies du premier sur la Mort et sur la Disgrâce d'Eutrope sont des chefs-d'œuvre1. La diction de saint Chrysostome est pure, mais laborieuse; il fatigue son style à la manière d'Isocrate : aussi Libanius lui destinoit-il sa chaire de rhétorique avant que le jeune orateur fût devenu chrétien.
Avec plus de simplicité, saint Basile a moins d'élévation que saint Chrysostome. Il se tient presque toujours dans le ton mystique et dans la paraphrase de l'Écriture2.
Saint Grégoire de Nazianze 3 , surnommé le Théologien , outre ses ouvrages en prose, nous a laissé quelques poèmes sur les mystères du christianisme.
« Il étoit toujours en sa solitude d'Arianze, dans son pays natal, dit Fleury : un jardin, une fontaine, des arbres qui lui donnoient du couvert, faisoient toutes ses délices. Il jeûnoit, il prioit avec abondance de larmes... Ces saintes poésies furent les occupations de saint Grégoire dans sa dernière retraite. Il y fait l'histoire de sa vie et de ses souffrances... 11 prie, il enseigne, il explique les mystères et donne des règles pour les mœurs... Il vouloit donner à ceux qui aiment la poésie et la musique des sujets utiles pour se divertir, et ne pas laisser aux païens l'avantage de croire qu'ils fussent les seuls qui pussent réussir dans les belles-lettres4. »
Enfin, celui qu'on appeloit le dernier des Pères avant que Bossuet eût paru, saint Bernard, joint à beaucoup d'esprit une grande doctrine. Il réussit surtout à peindre les mœurs, et il avoit reçu quelque chose du génie de Théopliraste et de La Bruyère.
« L'orgueilleux, dit-il, a le verbe haut et le silence boudeur,