TROISIEME PARTIE
les idées du vice et de la vertu sont renver-v \ et les lois les dIus inviolables de la société s'évanouissent, eUa discipline des Kiœurs périt, et le gouvernement des États et des empires n'a }lus de règle, et toute l'harmonie des corps politiques s'écroule ît le genre humain n'est plus qu'un assemblage d'insensés, de )arbares, de fourbes, de dénaturés, qui n'ont plus d'autres lois |uela force, plus d'autre frein que leurs passions et la crainte de 'autorité, plus d'autre lien que l'irréligion et l'indépendance, )lus d'autre Dieu qu'eux-mêmes : voilà le monde des impies; et ii ce plan de république vous plaît, formez, si vous le pouvez, ine société de ces hommes monstrueux : tout ce qui nous reste i vous dire, c'est que vous êtes dignes d'y occuper une place. »
Que l'on compare Cicéron à Massillon, Bossuet à Démosthène, ;t l'on trouvera toujours entre leur éloquence les différences que îous avons indiquées; dans les orateurs chrétiens, un ordre l'idées plus général, une connoissance du cœur humain plus >rofonde, une chaîne de raisonnements plus claire, enfin une éloquence religieuse et triste, ignorée de l'antiquité.
Massillon a fait quelques oraisons funèbres ; elles sont infé- •ieures à ses autres discours. Son Éloge de Louis XIV n'est •emarquable que par la première phrase : « Dieu seul est grand, nés frères! » C'est un beau mot que celui-là, prononcé en regariant le cerceuil de Louis le Grand l.