QUATRIÈME PARTIE
de fusil, quelque voix lamentable et solitaire, et surtout le bourdonnement de la cloche d'alaima ou le son de l'horloge qui frappoit tranquillement l'heure écoulée?
Mais dans une société bien ordonnée, le bruit du tocsin, rappelant une idée de secours, frappoit l'âme de pitié et de terreur, et faisoit couler ainsi les deux sources des sensations tragiques.
Tels sont à peu près les sentiments que faisoient naître les sonneries de nos temples; sentiments d'autant plus beaux qu'il s'y mêloit un souvenir du ciel. Si les cloches eussent été attachées à tout autre monument qu'à des églises, elles auroient perdu leur sympathie morale avec nos cœurs. C'étoit Dieu même qui commandoit à l'ange des victoires de lancer les volées qui publioient nos triomphes, ou à l'ange de la mort de sonser le départ de lame qui venoit de remonter à lui. Ainsi, par mille voix secrètes une société chrétienne correspondoit avec la Divinité, et ses institutions alloient se perdre mystérieusement à la source de tout mystère.
Laissons donc les cloches rassembler les fidèles, car la voix de l'homme n'est pas assez pure pour convoquer au pied des autels le repentir, l'innocence et le malheur. Chez les sauvages de l'Amérique, lorsque des suppliants se présentent a la porte d'une cabane, c'est l'enfant du lieu qui introduit ces infortunés au foyer de son père : si les cloches nous étoient interdites, il faudroit choisir un enfant pour nous appeler à la maison du Seigneur.