‹ Génie du christianisme: et Défense du génie du christianisme: avec notes et éclaircissementsChapitre 92 sur 322 · LA FETE-DIEU · texte numérisé non relu

LA FETE-DIEU

Il n'en est pas des fêtes chrétiennes comme des cérémonies du paganisme : on n'y traîne pas en triomphe un bœuf-dieu, un bouc sacré : on n'est pas obligé, sous peine d'être mis en prison, d'adorer un chat ou un crocodile, ou de se rouler ivre dans les rues en commettant toutes sortes d'abominations pour Vénus, Flore ou Bacchus : dans nos solennités, tout est essentiellement moral. Si l'Église en a seulement banni les danses 2, c'est qu'elle sait combien de passions se cachent sous ce plaisir en apparence innocent. Le Dieu des chrétiens ne demande que les élans du cœur et les mouvements égaux d'une àu.e qui règle le paisible concert des vertus. Et quelle est, par exemple, la solennité païenne qu'on peut opposer à .la fête où nous célébrons le nom du Seigneur 3?

Aussitôt que l'aurore a annoncé la fête du ftoi du monde, les maisons se couvrent de tapisseries de laine et de soie, les rues se jonchent de fleurs, et les cloches appellent au temple la troupe des fidèles. Le signal est donné : tout s'ébranle, et la pompe commence à défiler.

1. Le /oit?' des Morts, par M, de Fontanes. la Harpe a dit que ce sont là vingt des plus beaux vers de la langue françoise; nous ajouterons qu'ils peignent avec la dernière exactitude le sacrifice chrétien. Voyez la note XL1, à la fin du volume.

2. Elles sont cependant en usage dans quelques pays, comme dans l'Amérique méridionale, parce que parmi les sauvages chrétiens il règne encore une grande innocence.

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