‹ Gens de merChapitre 1 sur 39 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

Un soir, dans quelque salon littéraire, tandis qu'un esthète du dernier cri vous entretenait de la couleur des lettres de Falphabet ou du parfum de certaines syllabes, vous avez vu se dresser soudain, auprès du piano, ce grand gas, blond comme les avoines mûres, aux yeux d"un bleu pâle comme l'Océan par le calme plat, aux membres robustes et gênés dans le costume étriqué du gentleman. Il a levé la tête comme pour observer la ligne d'horizon; il s'est campé sur ses jambes écartées, comme pour se garer du roulis, et d'une voix forte, où traîne l'accent de l'Ouest, avec le geste court et un peu maladroit de ses larges mains qu'on s'étonne de' ne pas trouver noires du goudron des haubans et durcies par le bois dur des avirons, il a — chantant ou récitant — évoqué devant vous toute la Bretagne et toute la marine.

Souvenez-vous — et convenez que c'était

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