‹ GenséricChapitre 126 sur 266 · Ibid. (p. 136, lig · texte numérisé non relu

Ibid. (p. 136, lig

remis au patricc Récimer, et le Sénat ayant été assemblé, il fut, sur l'ordre de l'empereur, eondamné à mort sans débats et sans a^-oir été entendu. Ramené dans sa prison, il vit en songe saint Lupicinus qui lui indiquait le moyen de se sauver, en descellant une pierre de la muraille, ce qu'il lit sans peine dès son réveil. Il se réfugia dans l'asile de la basilique de Saint-Pierre où il passa toute la journée sans manger. Le lendemain, comme saint Lupicinus le lui avait promis pendant la nuit dans une seconde apparition, une dame lui donna par charité, sans savoir qui il était, de quoi acheter du pain dans une boutique voisine. Cependant son évasion causait de vives inquiétudes; on craignait qu'il ne se retirât chez les barbares et ne cherchât à se venger. On en vint à regretter de l'avoir condamné avec trop de précipitation, à désirer la révision de son procès. Les convei-sations de gens (jui se promenaient autour de Saint-Pierre lui apprirent ce re^ irement en sa faveur ; il se fit connaître et, à la grande satisfaction de l'empereur et du patrice Récimer, il offrit de prouver son innocence. 11 comparut devant l'empereur, qui le déclara absous de l'accusation portée contre lui et le renvoya dans les Gaules \

Cette anecdote concorde avec les faits historiques et ex- |)lique l'inimitié per-sonnelle entre Agrippinus et yEgidius, qui nous est attestée par la chronique d'Idace '. Ce fut sans doute inmiédiatement après la mort de Majorien qu'^-Egidius accusa Agrippinus, peut-être afin de se débarrasser de lui parce ([u'il chei'chait en effet à détourner les Goths de faire cause commune avec le maître de la milice p(jur venger le meurtre^

1. Ac(a mnctoruin. 21 mars; marlii t. III. pp. 2G6-:207, ir* 8-10; — Tillomont, Empereurs, t. VI, pp. 3:27-328; — Mémoires, t. XVI, p. 150; — Pagi. a. 46t, VII.

2. « Agrippinus Gallus cornes et civis .Egidio comiti viro insigni ininiicus )) (Idace, Chron., n» 217; — Isidore, Hist. Gotli., 33; M. G., A. A.. t. XI, p. 33 et p. 280).

de Ic'Uf allié, (k'ilr hypothèse expliquerait ce qui pai'ait peu compréhensible dans le récit du l)iugraphe de saint Lupicinus, l'intrigue ourdie par ^gidius contre son lieutenant et le renvoi de celui-ci dans les Gaules après qu'il eût prouvé son innocence. Quoi qu'il en soit, il est certain que Récimer l'opposa à ^Egidius et le nomma comte des Gaules \ c'est-àdire évidemment comte et maître de la milice des Gaules -, en remplacement d'^Egidius. Celui-ci, se voyant destitué, n'hésita plus à prendre les armes contre le nouvel empereur.

Le soi't de l'Empire dépendait désormais de Théoderic. Si les Visigoths se liguaient avec ^gidius, celui-ci devenait maître de la Gaule, et aucun obstacle ne l'empêchait plus de descendi-e en Italie à la tète dune puissante armée; si au contraire ils se déclaraient pour Récimer, la guerre se trouvait localisée dans la Gaule ^ Pour obtenir le concours de Théoderic, Agrippinus lui céda Narbonne\ 11 y a lieu de croire que cette cession fut consentie au nom et par ordre de Récimer et de Sévère, car ils devaient se procurer à tout prix l'intervention du roi des Goths, qui seul pouAait les sauver d'une ruine certaine ^ Une lettre du pape saint Hilaire, adressée en 463 à Leontius, évoque d'Arles, dans laquelle Gundiac, roi des Burgondes, est qualifié maître de la milice, peut donner à penser que Récimer s'était ménagé également une alliance avec ce chef barbare ®.

De son côté, ^Egidius se ligua avec les Saxons établis à cette époque près de Bayeux, dans la région formant actuellement la ])asse Normandie à laquelle ils avaient donné le nom

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