‹ GenséricChapitre 160 sur 266 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

recourii* aux armes, de consentir à des démarches pour éviter une rupture ^ Leurs instances firent réfléchir Récimer. Il comprit que se montrer inflexilDle, c'était exaspérer contre lui la population tout entière. Il avait d'ailleurs intérêt à ne pas précipiter les choses. Il ne pouvait être certain de la victoire, tant que dans les Gaules l'armée romaine ne serait pas aux prises avec lesGoths, et les sollicitations de Genséric n'avaient point encore déterminé Euric à enti*er en campagne. Il promit donc de se prêter à un accord. « Mais, ajouta-t-il, cherchant apparemment une défaite, qui acceptera la lourde tâche d'une pareille négociation? Qui pourra ramener un Galate (Mnporté, étant donné surtout que ce Galate est empereur ? Les prières ne font qu'exciter davantage celui dont la colère n'est pas réfrénée par un sentiment naturel de modération*. )) Tous lui répondirent tout d'une voix : « Donnez seulement votre assentiment à la paix. Nous avons depuis peu comme pontife de la ville de Ticinum^ un personnage capable d'adoucir même les bêtes féroces. Telle est la dignité de sa vie qu'on ne peut le voir sans le vénérer et l'aimer. Xul ne peut l'ésister à lui offrir, comme un hommage, avant même d'en être prié, l'objet d'une démarche dont il s'est chargé '" ». Récimer se vit ainsi contraint d'accepter pour intermédiaire Epiphane, le grand évêque de Pavie. Les nobles de la Ligurie allèrent le trouver sans retard, le suppliant avec larmes d'entreprendre cette mission qui seule pouvait les sauver. Epiphane ne se fit point prier. II répondit ((ue, quelqu'incapal)lc (piil se jugeât d'une chose si difficile, il ne l'efuserait point à sa patrie le dévouement cjuil lui

■1. Enï\où.\ns,,VUa beali Epipliumi (P. L., t. LXni,p. 213, A : — M.G.,A. A., t. VII, p. 90, n» 53).

2. Ennodius, Vita heatiEpIphunu [P. L.. t. LXIII, p. 21j, B : — M. G., A. A. t. VII, p. 90, n" 33).

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