‹ GenséricChapitre 168 sur 266 · Sid. Apoll., Ep., II, 1 (P.L., p. 472; —M. G., p · texte numérisé non relu

Sid. Apoll., Ep., II, 1 (P.L., p. 472; —M. G., p

Ces impudentes extorsions n'étaient pas les seuls crimes de cet étrange fonctionnaire. Il avait repris auprès des Visigoths les menées dont Arvandus s'était précédemment rendu coupable. Il n'avait d'affection et de bienveillance que pour les barbares. Insultant les Romains et exaltant les Goths, dit Sidoine Apollinaire, il foulait aux pieds les lois de Tbéodose et leur préférait les lois de Théoderic\ Tantôt à Atura"'^, tantôt à Toulouse ^ il se rendait fréquemment auprès d'Euric, dont il fa\-orisait les intrigues et que, suivant l'exemple d'Ar- ^■andus, il encourageait à se rendre maître des provinces de la Gaule ''. Ses rapines et sa tyrannie avaient réduit toute la noblesse, ajoute Sidoine Apollinaire, à ^alternati^■e d'abandonner le pays ou d'entrer dans le clergé, si, comme on le croyait, il n'y avait point de secours à attendre de l'empereur Anthemius^ De ces derniers mots il est aisé de conclure que Sei'onatus agissait auprès d'Euric dans l'intérêt et sans doute par ordre de Récimer. Récimer se montrait en effet de nouveau ouvertement bostile à l'empereur, et il était à

1. Sid. ApoU. Ep., II, 1 {P. L.. t. LYIII, pp. 472-473; — M. (,'., A. A., f. Vlll, p. 22). Sidoine Apollinaire oppose les lois de Tiiéodose aux lois de Théoderic à cause de la similitude des noms et de l'effet qu'il en veut tirer, mais ce fut Euric, et non Théoderic, qui codifia les lois des Yisigoths, comme nous l'apprend l'histoire d'Isidore (Isidore, //w/. Gothorum; édit Mommsen,ili. G., A. .1.. t. XI, p. 281). Cf. G. Yver, Euric, roi des Visif/of lis ; Éludes histor. du moyen âf/e dédiées k Gahr. }^\onod (189C), pp. 11-46: — A. Esmein, Nouveaux fragments de l'édit d'Euric; Nouv. Revue liislor. du droit (1889), XIII. pp. 428 435 ; — Paul Yiollet; Revue histor. (1891), XLV, p. 40o ; — Emile Stocquart, Aperçu de l'évolution juridique du mariage, Espagne-, Code d'Euric, pp. 185-192. Bru.xelles et Paris,

2. Sid. ApoU. Ep., u, 1 {V. L., t. LYIII, p. 471 et note d ; — M. G., A. A., t. YIII, p. 21). Atura ou civitas Aturensium (Aire).

3. Sid. Apoll. Ep., V, 13 (/'. L., t. LYIII, p. 543: — .V. G., A. A., I. YIII,

4. Sid. Apoll., Ep., V, 13: vii, 7 (P. L.. t. LVllI. i)p. 543, 573 : — M. G., A. A., t. YIII, pp. 86 et UU-lUi.

5. Sid. Ai)oll.. Ep.. II. 1 (/'. L.. I. LYIII, p. 473: — ."J. G., A. A., I. Vlll.

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(•raiii(li'C(|irAnlhcmuis ne fût nVliiit à ne pou\oii' penser (ju'à sa propre conservation ' .

L'Empire eut pourtant encore assez de puissance pour punir les crimes de Seronatus. Ce misérable, que les habitants de l'Auvergne eurent le courage de livrer à la rigueurdes lois, fnt condamné et exécuté ^, comme le fut également le patrice Romanus qui, soit qu'il eût formé une conspiratiijn séparée, soit qu'il eût lié partie avec Récimer, fut convaincu en 470 d'avoir tenté d'usurper l'Empire ^ La guerre civile n'éclata point assez tôt pour leur assui'er l'impunité ; mais le supplice de Seronatus n'empêcha pas les maux cpi'il avait aidé à préparer,

Euric, poussé à la guerre par les exhortations et les présents de Genséric, sollicité par Récimer, rompit la paix avec l'Empire. En l'année 471 probablement '*, il entra en cam-

•1. Tillemont. Antlœme, art. vu et viii ; Empereurs, t. VI, p. 352 et 353. Tillemont croit que le peu d'espoir qu'on avait d'être secouru par Anthemius semble marquer l'année 471 [Empereurs, t. YI, p. 352). Si on accepte cette date qui semble en effet probable, il faut nécessairement mettre en 472, ou dans l'été de 471 au i)lus tôt, l'entrée en campagne des Visigoths, car le fait que Seronatus incitait Euric à envahir les territoires romains indique dune façon certaine que le roi des Goths n'avait pas encore rompu la paix. D'ailleurs, Sidoine dit en propres termes, dans la même lettre, que Seronatus venait de se rendre à Atura où il était allé trouver Euric; celui-ci n'était donc pas encore en campagne. Si, comme le fait Tillemont (p. 353), on met en 470 le commencement de la guerre entreprise par Euric, il faut de toute nécessité mettre en cette même année, avant l'entrée en campagne des Visigoths, les menées de Seronatus, qui prouveraient dans ce cas qu'à aucun moment, même à l'époque de sa réconciliation avec Anthemius, Récimer n'avait interrompu ses intrigues, et qu'après la condamnation d'Arvandus, il n'avait pas cessé un instant de les continuer par l'intermédiaire d'autres agents.

2. Sid. Apoll., Ep.. vu, 7 [V. L.,t. LVHI, p. 573; — M. G., A. A.; t. \IU, p. 111).

3. Cassiodore, Chron., n» 1289, a. 470 (M. G., A. A., t. XI, p. 158). Ce Romanus est peut-être le même personnage qui, en 448 ou 449, lit partie de l'ambassade envoyée par Valentinien III auprès d'Attila, comme on l'a vu précédemment. {Tillemont, Empereurs, t. VI, p. 352). On ne connaît point les faits qui amenèrent sa condamnation, dont on ne trouve la mention que dans la Chronique de Cassiodore.

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