‹ GenséricChapitre 262 sur 266 · Audollent, Carthar/e romaine, p · texte numérisé non relu

Audollent, Carthar/e romaine, p

.0. Procope, De belle vandal.. i, 20 [C. S. H. B., p. 394).

t liage, et plus tard depuis le traité de 442 jusqu'à la prise de Rome. Mais à rintéi'ieur les populations conquises jouirent d'une sécurité qu'elles n'avaient point connue dans les derniers temps du régime impérial. La terreur qu'inspirait Genséric les délivra des incursions des Maures, mit, on Ta vu, un frein à la cupidité des fonctionnaires, et suffît à rétablir l'ordre public jadis si profondément troublé. Après l'établissement du royaume vandale, il n'est plus Cjuestion ni de luttes religieuses, ni de \'iolences commises par les circoncellions. D'autre part, les Vandales avaient importé d'énormes quantités d'or et d'argent, provenant de leurs courses sur les rivages de l'Empire et du sac de Rome. Ces richesses demeurèrent en grande partie improductives, car, après la victoire de Bélisaire, elles se retrouvèrent presque toutes en nature, dit Procope, dans le camp des barbares, et retombèrent aux mains des Byzantins ^ Mais si l'on se rappelle l'existence somptueuse des Vandales et leur soif de plaisirs, il ne paraît pas douteux qu'une large part de leur butin fut employée en dépenses propres à favoriser le développement des industries de luxe. Certes, le règne de Genséric ne fut point l'âge d'or, l'âge de la justice idéale, de l'ordre parfait, de toutes les prospérités, mais l'Afrique, j)réservée du fléau des invasions et des guerres civiles, fut peut-être, en ce temps de ruines et de carnages, la moins malheureuse des provinces de l'ancien monde romain. Sous ce rapport le long règne du premier roi des Vandales fut bienfaisant. 11 ne le fut point assez pour concilier raffection des po])ulations romaines et indigènes à un gouvernement C|ui n'eut |)i)inl lliabilelé de transfoi-mer la conquête en un régime national.

(jenséric fut riniliateur (bi sysIT'iiic pohli(|iic (\\iv (pielques ami(''es plus tard 'rh(''odoric allail ])rati(|ii('r en Italie. 11 g<»u-

1. Procope, De bello vandal.. ii, 3 (C- .S. //. B., p. 4:23).

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verna de la même façon, suivant les niènies pi-incipes, avec. le même but unique de maintenir dans l'obéissance les peuples que ses victoires lui avaient soumis. Il n'a manqué pour lui assurer une gloire égale à celle du roi des Goths que les éloges littéraires qui ont fait paraître Théodoric si gi-and aux yeux de la postérité et les circonstances qui l'ont amené à commencer son règne par d'habiles ménagements. Quand les Gotlis s'(''ta])lirent en Italie, leur clief put aiïecter d'y venir avec l'assentiment de l'empereur. N'ayant rien à craindre de l'Empire et disposant de forces considérables, il n'avait à redouter aucune opposition, dans un pays dès longtemps ravagé, exténué, incapa])le de résistance. Il put espérer faire illusion à ses nouveaux sujets au point de leur persuader, par un svstème de modération et de f)ienveillance, que c'était toujours l'Empire romain qui les gouvernait \ L'Eglise était alors en opposition avec l'Orient et la coui- de Byzance. Les circonstances lui imposaient une neutralité presque bienveillante à l'égard du conquérant qui put sans danger faire montre de tolérance. 11 se procura ainsi parmi les Italiens et les membres du haut clergé des panégyristes et des serviteursdévoués. Quand son règne se termina par la violence et la persécution, il y avait longtemps que ses panégyristes lui avaient prodigué ces louanges dont lécho s'est reproduit jusqu'à nous.

Genséric au contraire, conquérant l'Atriciue par sa victoire sur les armées impériales et obligé pour s'y maintenir de continuer la guerre contre l'Empire, eut dès l'aboi'd et sans cesse à redouter dans ses Etats l'hostilité de l'Eglise et des éléments de la population attachés à l'unité romaine. Il usa pour les réduire des mêmes procédés auxquels Théodoric eut recours

i. Cassiodore, Variœ, III, xvi et xvu (édit. Mommsen, M. G.. A. A., t. XII, pp. 87, 88). Cf. U Occident à l'époque byzanline, Golhs el Vandales, ch. m, pp. 7:2 et siiiv.

à la fin de son l'ègne, et plus heui*eux que celui-ci, après iwolr réduit ses ennemis à limpuissanee, il laissa à ses successeurs un royaume paisible qui paraissait solidement établi. Seuls les Romains et les catholiques savaient écrire ; ils nous ont transmis l'expression de leurs justes ressentiments, et la postéi-ité, jugeant pai- leurs écrits, n"a \u en Genséric qu'une sorte de pirate. Suivant un mot attribué à Louis XM, les Vandales ne fiu'cnt pas aussi vandales qu'on l'a dit, mais ils n'en demeuivi-ent pas moins des barbares ne concevant que la ruse et la \'iolence et incapables de comprendre le milieu où le succès de leurs armes les avait placés, de discerner la nécessité, pour rendre leur puissance durable, d'une transformation politique et sociale.

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