‹ GenséricChapitre 45 sur 266 · S. Augustin, Ep. ccxx, 4 (P. L., t. .X.X.VllI. p · texte numérisé non relu

S. Augustin, Ep. ccxx, 4 (P. L., t. .X.X.VllI. p

j)ii^'iic. L;i ('((iidiiilc (le Ijoiiiriicc. sii popiiljirih''. ses a^'issemeiils, tout CJi lui ('hiit de iiiilurc à l'iiiiv crjuiKlrv (|u"il ne song-eât, coiniiie plus d'un de ses dev;uicier*s, ù se civer une sou\erainoté indépendante en AfVi(|ue.

On raconte (ju'Aëtius, (jui \o\ail en lui un ri\al. ivsdIiiI d'exciter, pour le perdi-e, la défiance de Phwidie'. 11 rej)r(''scnta à l'impéi-atrice que Boniface prenait une autorité absolue en Afrique et qu'il ^()ulait la spolier, elle et son fils, de cette j>ro\ince. Elle pouxait aisénient, ajouta-t-il, s'assurer do ses mauvais desseins. 11 suffisait de l'appeler â Rome; il ne consentirait jamais à y venir. Placidie, troublée par ces insinuations, ne manqua point de mande?- lionilace en Italie. Mais de son côté, Aëlius s'était hâté de le pré\"enii' secrètement que l'impératrice ne lui >oulait point de bien, qu'elle avait môme résolu de le perdi-e et de lui ùter la ^ie. La dou])le intrigue d'Aëtius eut un plein succès, (^uand Boniface reçut l'ordre de se rendre à la cour, il crut à un ])iège; il refusa d'obéir, et Placidie, le voyant prenche l'atlilude prédite par Aëtius, n'hésita plus à considérer celui-ci comme un fidèle sujet et le comte connue un i'el)elle qu'elle devait soumettre sans retai'd-. Ce récit de Pi'ocope n'est confii-mé par aucun auteur contemporain, mais im des princij)aux chi-oniqueurs de ce temps note qu'on (h'clara publiquement la guerre à Boniface parce (|u"il a\ait i*efusé de venir en Italie ^

Il est certain qu'en 427 une armée fut expéchée en Ah-i(pie sous les ordres de trois généi'aux, Ma\()rtius, Gallio et Sanox ou Sanoecis''. JNIavortius et Gallio ])éi'irent pai- la trahison de

1. Edw. A. Freeman. Aëtius and Bonifacius [English hisf. rev., II, (1887) l)p. 417-465).

2. Procope, De bello vandal., i, 3 (C. ^'. 11. 11., pp. 322-323).

3. Prosper Tiro, Chron., a. 427 [M. G., A. A., t. IX, p. 471).

4. Prosper Tiro. Chron., a. 427 [M. G., A. A., t. IX. p. 471). Mavortius fut sans doute l'aïeul de Calcina Mavortius Basilius Decius. consul en

Saiiox, dont Bonifacc so débarrassa ensuite en le tuante Boniface se trou^a ainsi nionientanénient délivré de tout danger, mais vers la tin de cette même année, ou plus exactement sans doute dans les premiers mois de l'année suivante, 428, une nouvelle armée fut envoyée contre lui, sous le commandement de Sigisvult, revêtu du titre de comte d'Afrique-. Ce général, dont l'armée était composée en partie au moins de Goths, se rendit maître de Cartilage et d'Hippone\ Boniface, ne disposant point de forces suffisantes pour soutenir la guerre, résolut d'appeler les ^"andales à son secours.

Ces barbares ravageaient, depuis plus de vingt ans, les j)rovirices occidentales de l'Empire. Joints à des troupes d'Alains, ils a\aient passé le Rhin le 31 décembre de l'année 406 et s'étaient jetés sur les Gaules'. Ils y avaient fait de terribles ra\ages. « Si l'océan avait inondé ce pays, dit

i86 (Gassiodore, Chron., n» 1314 : M. G., A. A., t. XI, p. 159) et préfet du prétoire sous Théodoric, antérieurement à l'époque où, vers 507 à oH suivant Mommsen, le roi des Goths lui accorda la concession des marais de Decemnovium pour les dessécher et les mettre en culture (Gassiodore, Variée, ii,33; il/. G., A. A.,[. XII, p. 63 ; — G. I. L., X, 0831, 6852; — Mommsen, Oslr/otische Sludien; Neues Arcliiv., t. XIV, p. 24i; — Edouard Guq, Additions à Borghesi, Prœfecli Pi'selorioltaliœ. G; Œuvres de Boi-r/hesi, t. X, pp. 632, 633).

1. Prosper Tiro, Chron., w 1294, a. 427 ; (M. G., A. A.,[. IX, pp. 471-

2. Ibid. SigisvuR fut consul en 437. Son nom était Sigisvult (Marcellinus comes, Chron., a. 437; — Gassiodore, Chron., n» 1228; M. G., A. A., t. XI, pp. 79, 156) ou Segisvult (Prosper Tiro, Chron., \\° 1325; — Consularia conslantinopolilana, a. 437; M. G., A. A., t. IX, pp. 475 et 246: — Pallu de Lessert, Fastes des prov. afric, t. II, p. 283, note 2, pp. 286- 289). La Chronica gallica, par une erreur évidente, met en 424 l'envoi de Sigisvult en Afrique [Chron. gallica, n» 96 ; M. G., A. A., t. IX, p. 658).

3. S. Augustin, Contra Maximinum arianonim episcopum libri duo (P. L., t. XLII, p. 743 et pp. 777 et suiv.),

4. Gassiodore, Chron., n» 1177 (.V. G., A. A., t. XI, p. 154) ; — Jordanès, Gelica, cap. x-\xi [M. G., A. A., t. V, p. 100) ; — Prosper Tiro, Chron., n" 1230, a, 406, et Additamenta ad Prosp. codicis llauniensis (édit. Mommsen, M. G., A. A., t. IX, p. 463 et p. 299i.

l'auteur (lu i)()("'in(' sur la lM'0\'i(l(Mîcc, il ii'v aurait pas t'ait de si horribles dégâts. On nous a })ris nos bestiaux et nos moissons, on a détruit nos vignes et nos oliviei's, nos maisons, dans les campagnes, ont été ruinées par l'eau et par le l'eu; le peu (pii nous reste demeui'e désert et abandonné, et ce n'est ([ue le moindre de nos maux. Depuis dix ans, les Goths et les Vandales font de nous une horrible boucher-ie. Les châteaux bâtis sur les plus hautes montagnes, les villes environnées di' rivières n'ont pu garantir leurs habitants de la l'ui'eur de ces baj'bares, et on a été partout exposé aux dernières extrémités ^ »

« Des nations innombrables et d'une féj'ocité inou'ie ont en\ahi les Gaules entières, s'écrie saint Jérôme. Tout l'espace compris entre les Alpes et les Pyrénées, toute la contrée située entre l'Océan et le Rhin, les Ouades, les Vandales, les Sarmates, les Alains, les Gépides, les Hérules, les Saxons, les Burgondes, les Alamans et les Pannoniens, oh malheureux pays ! l'ont affreusement dévasté. Maguntiacum ", noble cité jadis, a été prise et ruinée de fond en comble, et des milliers d'hommes ont été massacrés dans l'Eglise; la cité des Vangiones^ a été détruite après un long siège; la ville puissante des Rémes, Ambiani, Attrebatse, Morini, Tornacus, Xemetae, Argentoratus ' ont vu leurs habitants emmenés en Germanie. L'Acjuitaine et la Novempopulanie, la province lyonnaise et La .\arl30naise, tout, excepté quelques xilles, tout a été saccagé. Les cités que l'ennemi menace au dehors, la famine les ravage au dedans. Je ne puis sans verser des pleurs, nommer Tou-

1. Cavmende ProvklenLla divina, vers 26-56 (Migne, P. L., t. LI, pp. 617- 618). Ce poème semble n'être pas de Prosper d'Aquitaine auquel il a été attribué. Cf. Migne, P. L. , t. LI, p. 615 ; — Gaston Boissier, La fin du paganis7ne, liv. V, chap. iv, t. Il, p. 403.

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