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Tillemont, Empereurs, t. V. p

2. Orose (Hist., vir, 43; Migne P. L., t. XXXI, p. 1171) dit que les Goths entrèrent en Espagne l'an 1168 de la fondation de Rome qui correspond à l'année 414 de notre ère. Prosper Tiro [Cliron., n» 1236; M. G., A. A., t. IX, p. 467) met leur entrée en Espagne en 41o. Idace [Chron., n» 60; M. G., A. A., t. XI, p. 19) en fait mention à Tannée 416, sans dire qu'elle eut lieu en cette année-là, ce qui ne se peut, puisque Ataulphe fut tué à Barcelone en 415 (Prosper Tiro, Chron., n" 1257 ; M. G., A. A., t. IX, p. 467).

3. Olympiodoro (C. S. H. B., p. 450) ; — Orose, Hist., vu, 43 (Migne, /'. L., t. XXXi, p. 1172).

4. Ce qui donne lieu de croire à un accord de ce genre, c'est que dès le commencement de l'année 411, c'est-à-dire presque aussitôt après la mort d'Alaric, Ilonorius s'engagea dans une entreprise importante au delà des Alpes où il fit passer une armée, sous les ordres de Constance, auquel il avait associé dans le commandement un général nommé Ulphilas (Olympiodore: C. S. H. B., p. 453; — Sozomène, Hist. eccles., ix. 13 : Migne, P. G., t. LXVII, p. 1621 ; — Prosper Tiro, Chron., n» 1243, a. 411,: M. G., A. A., t. IX, p. 466; —Idace, Chron., n» 50, «.411; M. G., A. A., t. XI, p. 18). Honorius diminuait ainsi les forces qu'il eût pu opposer aux Goths, il semble donc qu'il était assuré de n'avoir plus rien à craindre de leur part. Pourtant les Goths n'étaient ni détruits, ni dispersés, et ils étaient commandés par un chef non moins redoutable qu'Alaric. « Ataulphe, dit .lordanès,

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il passa en 412, les usurpateurs qui y a\aieut pris la poiu'pre. Il est vrai que, sollicit('' pai' Attalc car ci- fantôme d'empereur, tour à tour éle\('' et a])aissô par Alaric, n'avait pas quitté le camp des Goths, il se montra un moment disposé à se déclarer pour Jovinus qui avait été proclamé Auguste en 411 \ mais il ('tnit dans les habitudes des barbares dv rendre leurs scr-

n'était i)as de très grande taille, mais il était remarquable par les belles proportions de son corps, par la beauté de son visage, et il ne Tétait pas moins par les qualités de son esprit que par ses avantages physiques » {Getica, xxxi : édit. Mommsen, M. G., A. A., t. V, p. 99). Sous ce nouveau roi, les Goths demeurèrent en Italie pendant plus d'un an, ils n"en sortirent qu'en 412 (Gassiodore. Cliron., n» 1188, a. 412; édit. Mommsen, M. (>., A. A., t. XI, p. 155; — Prosper Tiro, Chvon., n» 1246, a. 412: M. G., A. A., t. IX, p. 466). Pour qu'Honorius cessât tout à coup de se préoccuper d'eu.x, au point de se séparer d'une ])artie de ses troupes, il fallait bien qu'un pacte eût mis fin à leur hostilité.

Jordanès dit, il est vrai. qu'Ataulphe revint sur Rome, rasant, à la manière des animaux nuisibles, tout ce qui était resté debout, qu'il dépouilla l'Italie non seulement de ses richesses privées, mais encore de ses richesses publiques, l'empereur Honorius étant dans l'impossibilité de lui résister [Getica, xxxi : M. G., A. A., t. V, p. 99). Mais les auteurs contemporains et originaux ne marquent point ce que fit Ataulphe jusqu'à son entrée dans les Gaules en 412, et ils ne parlent point de ces ravages dont ils n'auraient pas omis de faire mention, si l'Italie avait eu réellement à les souffrir. Jordanès n'est ni un auteur contemporain, ni un auteur original, et son seul témoignage ne peut inspirer confiance. Son œuvre n'est qu'un abrégé de l'histoire des Goths que Gassiodore avait composée et qui n'est pas parvenue jusqu'à nous (Variarum prœfalio ; èàM. Mommsen, M. G., A. A., t. XII, p. 4, lig. 28. « Duodecim libris Gothorum historiam condidisti »). Jordanès nous apprend lui-même, dans une épitre dédicatoire. qu'il a fait ce résumé de mémoire, sans avoir en sa possession l'histoire de Gassiodore (Jordanès, Ad Castalium prœfalio ; M. G., A. A., t. V, pp. o3-54). Une œuvre composée de la sorte ne peut être consultée qu'avec réserve et l'assertion de Jordanès se trouve contredite par un auteur d'une tout autre importance. « Ataulphe, dit Olympiodore (C. S. H. B., p. 454, lig. 16). fut assez résolument partisan de la paix avec l'Empire. G'était le bruit commun, ajoute-t-il, et un bruit bien fondé, comme la suite le fit voir, qu'il avait un vrai désir de combattre pour l'empereur Honorius et d'employer les forces des Goths à la défense de la république romaine. » Si Atanlphe n'a point continué à ravager l'Italie et s'il a pu vivre pendant plus d'un an dans une contrée déjà dévastée où Alaric n'avait plus trouvé de quoi subsister, c'est évidemment qu'il avait conclu un traité avec Honorius et que des subsistances étaient fournies à son armée, comme à. un corj)S de troupes à la solde de l'Empire.

1. Grégoire de Tours, Historia Franconim, u, 9 (édit. Arndl, M. G., in-4", Scriptores rerinn vierovinf/icanim, t, I, p. 76) ; — Chronica yallica, n° 68, a. 411 (édit. Mommsen, M. G., A. A., t. IX, p. Go4) : — Idace, Chron.. n» iil : — Marcellinus comes, Chron.. a. 412 (M. G., A. A., t. XI, i)p. 18 et 71).

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vices au plus offrant, sans se faire scrupule de j-unipre leurs engagements antérieurs.

L'accord tenté entre Ataulphe et Jovinus ne se réalisa pas. Ataulphe en fut détourné par Dai-danus, préfet du prétoire des Gaules '. Jovinus lui-même, en associant à la dignité impériale son frère Sébastien, malgré l'opposition du roi des Goths, acheva de se le rendre hostile"-. Ataulphe, irrité de cette promotion, se retourna vers Honorius. Il offrit de lui rendre^ sa sœur Placidie, captive depuis la première prise de Rome par Alaric, et de combattre les usurpateurs, à conditi(^n d'être assuré de subsistances et sans doute d'une solde pour son armée, avec un établissement dans les provinces de l'Empire. Honorius accepta ses offres, et les Goths se mirent en campagne'.

En 413, Sébastien fut vaincu et amené à Xarbonne où il fut mis à mort. Jovinus s'était retiré dans Vienne. Il v fut assiégé et, réduit à se rendre à Ataulphe, fut, lui aussi, traîné à Xarbonne où il fut livré à Dardanus qui le tua de sa main'. Mais Honorius n'ayant pas accompli les promesses faites aux Goths, Ataulphe refusa de rendre Placidie et, dans le courant de Tautomne de cette même année 413, il s'empara de Xarbonne et peut-être aussi de Toulouse". Ce fut à cette époque qu'il assiégea en vain Marseille* défendue par Boniface. Enfin

1. « Industria viri strenui, qui solus tyranno non cessit, Dardani, Atavulphus. qui post Alaricum Gothis imperitabat, a societate Jovini avertitur a : Chi'onica (jallica, n" 69, a. 411 (.V. G.. A. A , t. IX, p. 6.j4).

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