Théophanes, Chronorjr., a. 40i (C. i'. II. B
l'OLlTlQUE ET ALLIANCES DE GEXSERIG 161
le ^"elTa dans la suite, devint à Constantinople Tépouse d'Olybrius^
L'Ati'iqiie fut cemplie des innombrables captifs que Genséric y amena. Ces malheureux étaient donnés comme esclaves aux Vandales et aux Maures: les femmes étaient séparées de leurs mai-is, les enfants de leurs parents '. Les cruelles persécutions exercées par Genséric contre les catholiques étaient devenues moins rigoureuses, après la paix de 442 ; le culte catholique avait été toléré, on avait vu, le 25 octobre 454, un nouveau métropolitain monter sur le siège épiscopal de Cartilage et plusieur-s églises avaient été rouvertes dans cette ville ^ Déogratias, le nouvel évoque de Carthage, vendit les vases d'or et d'argent de son église poui' en consacrer le prix au rachat des captifs, dont il ne cessa de consoler et de secourir les infortunes. Le nomijre de ces malheureux était si grand qu"on ne sa\ait où les loger. Déogratias les recueillit dans deux des principales églises de Carthage transformées en refuges, la basilica Xovai^um et la basilica Fausti'*, où les fonts baptismaux et le siège épiscopal avaient été transportés, la basilique Restituta^ continuant à
1. rriscus, Exe. exhist. f/olh., 1Û(C'. S. H. B., pp. 218-219); — Procope, De bello vandal., I, 5 {G. S. H. B., p. 332).
2. Victor Vitensis, De persecid. vand.,i,8 [P. L., t. LVHI. p. 191).
3. Victor Vitensis, loc . cit. ; — Prosper Tiro, Chron . , Addilamenta af ricana. II, 3, 25 (édit.Mommsen, M. G., A. A , t. IX, p. 490).
4. La Basilica Faiisti était une vaste basilique où reposaient les corps d'un grand nombre de martyrs. Déogratias y avait été sacré en 454. Plusieurs conciles siégèrent dans le secretarium de cette église. (Auguste XnûoWcnX. Cartharje romaine, p. 315), La Basilica Novarum était également une vaste basilique. La situation de ces deux églises est incertaine (Auguste Audollent, Cartli. rom., p. 315).
5. « A un quart d'heure environ du rivage, dit M. Aug. Andollent, et à deux cent cinquante pas hors de l'enceinte, lorsqu'on se rend de Saint- Louis à Sidi Bon Said par le plus court chemin, le P. Delattre a mené à bien l'une de ses plus belles fouilles, celle de la basilique aujourd'hui célèbre sous le nom de Damons el Karita. » Grâce aux savants travaux du cardinal Lavigerie. du P. Delattre. de MM. Gagnât et Saladin, de M. Babelon, de M. labbé Pillet, de M. Allard et de M. Gsell. la basilique
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être occupée par les ariens. Les Roiiiains (rainés en caplix ilé durent à la charité de l'éveque le Carthag-e, non seulement la liberté et un abri, mais des distributions de vivres et des soins pour ceux d'entre eux qui, en grand nombre, étaient tombés malades à la suite des misères qu'ils avaient eu à supporter. Môme pendant la nuit, dit Thistorien de la persécution des Vandales, il poursuivait son œuvre de miséricorde, visitant les asiles qu'il avait ouverts, s'arrêtant auprès de chaque lit pour s'informer de l'état de chacun de ses liùtes. 11 se donnait ainsi tout entiei', sans souci de la fatigue, sans ménagements pour sa vieillesse. Les ariens, dont tant de \ei'tu enflannnait l'envie, tentèrent plus d'une fois de mettiv à mort ce saint lionnne et lui dressèrent souvent des embûches. Dieu le déli\Ta l)ientùt des serres de ces vautours, mais les captifs l'omains pleurèrent sa mort comme un nou\eau mallieiu': ils se sentirent en quelque sorte da^antage dans les mains des barbares, quand leur protecteur fut monté au ciel \
Après le sac de Rome, Genséric s'empai-a de la Tri])()litaine et des JMaurétanies. ^"ictor, évêquc de Vite, dit en effet qu'après la mort de Valent inien, Genséric se rendit maître, non seulement de l'Afrique tout entière, mais encore des principales îles, de la Sardaigne, de la Sicile, de la Corse, de Majorque, de M inorque et d'Ibiza'. 11 n'est point possible d'admettre que dans la courte période de moins de trois mois qui s'écoula depuis la mort de Valentinien jusqu'à la prise de Rome, Genséric ait eu le temps d'achever ces conquêtes, de rassembler, d'emljarquer son armée et d'en^■allir l'Italie. 11 est donc bien certain qu'il ne se i-endit maître de la
de Uamous el Karita peut-être identifiée avec la principale église de Cartilage dénommée basilica major, basilica Restituta ou basilica Perpetute (Aug. AudoUent, Carthcif/e romaine, pp. 172-176 ; — G. Dielil, l'Afrique byzantine, p. 391).
1. Victor Vitensis, De pevsecut. vanduL, i, 8 {P. L.. t. LVIH, p. l!)l-19i!).
2. Victor Vitensis, De persecuL vandul., i, 3 [P. L., t. LVIIl. p. 186).
Ti-i})ulitainc et des Maiiivtaiiies qu'après son retour en Afrique. On verra dans la suite de ce récit que les îles dont parle Victoi' d(^ Vite furent conquises plus tard.
La réti-0(M\ssion des Maurétanies à l'Empire en 442 avait eu pour conséquence dans ces provinces l'exécution des lois impériales contre les doualisteset contre les autres liéi'éti(jues. Us avaient ét('> contraints de se con\ertii', leur culte , rétabli pendant l'occupation des Vandales, avait été de nouveau interdit, leurs églises a\aient été livrées aux catholiques. Ces faits nous sont attestés par une épitre du pape saint Léon le (Irand et parles précieuses découvertes de Farchéologie africaine ^ En 440, saint l^éoii adresse aux évêques de la JNIaul'étanie Césarienne une épiti-e destinée à rétablir l'ordre et l'exacte observation des rèoles cauoni({ues dans les églises de cette province^. Il s'occupe notamment du cas de deux évoques récennnent couNcrtis, Douât, évèque de Salica, qui ('•lait novatien" et a^'ait fait retour à l'Eglise avec tout son peuple,
i. Stéphane Gsell, Fouilles de Bénian, p. 49: — Montnn. untiques de l'Algérie, t. II, pp. 17o-179.
±. S. Léon le Grand, Epinlola xii (Migne, P. L., t. LIV,p. 64-o cl noie a)
S. En l'an 2oI, un prêtre de Rome, nommé Novatianus, blâmant la prudente charité du pape saint Cornélius à l'égard de ceux qui avaient abandonné la foi durant la persécution de Dèce, prétendit qu'il fallait exhorter ces apostats à la pénitence, mais qu'on devait leur refuser l'absolution et ne leur laisser d'espoir qu"en la clémence de Dieu. Bientôt Novatianus luimême ou ses disciples en vinrent à soutenir que l'Église n'avait pas le pouvoir de remettre les péchés mortels. Ils formèrent une secte qui se répandit non seulement dans Home, où elle avait pris naissance, mais à Gonstantinople, en Asie, en Afrique et dans tout l'Occident, et qui fut condamnée par le concile de Nicée. Cette secte, que Constantin chercha en vain à ramener à l'unité, diminua progressivement, surtout en Occident. La lettre de saint Léon aux évè(}ues de la Maurélanie Césarienne prouve qu'elle subsistait encore en Afrique au milieu du v siècle. Comme les Novatiens prétendaient que toute l'Église était corrompue par la communion qu'elle accordait aux pécheurs pénitents, ils rebaptisaient ceux qu'ils attiraient à leur doctrine. Par cette pratique, ils se rapprochaient des donatistes, bien (ju'à tous autres égards ces deux sectes fussent très différentes. Cf. Tillemont, Les Xovaliens (Mémoires, t. III, p. 471, édit de Venise) et Donatistes; Art. XXXV [Mémoires, t. VI, p. <S3): — Paul Monceaux, Ilist. littéraire de l'Afrique chrét., t. II, pp. 'So et suiv.
et Maxinuis. un laïque iiTégulièremenl orduuiié évèquc. qui avait (Hé donatistc*. Le pape ne les dépouilla point de l'épiscopat, à condition que Donat lui adressât pai* éci'it une profession de foi dans laquelle, condamnant leri-eur de la doctrine de Novatianus, il confesserait la vérité catholique, et que Maximus eût réellement cessé d'être donatistev D'autiv part, l'inscription funéraire d'un éA eque catholique ^ , enterré devant la façade de la basilique donatiste d'Alamiliaria, prouve qu'après 442 les catholiques avaient été mis en possession de celte église'. Ils semblent avoir agi avec une grande modération, car ils laissèrent subsister le tombeau dv la martyre donatiste Robba, avec son inscription, pourtant outi'ageante à leur égai'd^
Quand, après le sac de Rome, les Vandales se furent rendus de nouveau maîtres des Maurétanies, les catholiques n'eurent plus à compter sur le secours de l'autorité publique, mais, soit que la population se fût détachée des schismatiques, soit cjue Genséric, n'a^-ant plus besoin de s'en faii-e des alliés, eût cessé de leur être favorable, les donatistes ne paraissent pas s'être remis en possession de leurs anciennes églises. A Bénian. dont les l'uines font i-evi\'i'e l'histoire de