‹ Geoffroy de MalvynChapitre 150 sur 155 · Pline le Jeune, Epist., IV · texte numérisé non relu

Pline le Jeune, Epist., IV

virtuie me involvo ^ Vous avés beau à désirer à vous cacher et ensevelir,

en despit de vous je vous arracherai du tombeau et vous feray revivre

dans les escritz que je barbouille, qui sont les célèbres arrestz de nostre

Parlement, où vous serés tiré en divers lieus d'un craion d'honeur. Si je

suis tant soit peu secouru,- ce sera un ouvrage qui ne craindra uy la rouille

ni le temps. Ce sera le vrai gibié des aprantis qui formillent dans noz

palais. Mais, mon Dieu, ne me ressouviens-je pas du tort que vous m'avés

fait d'entrer en doute du service que je vous ay voué et conservé de si

longue main ? Je voudrois avoir beu dans la fontaine d'oubli pour ne

m'en ressouvenir jamais. Le foudre de Jupiter m'acable, si je y ay pensé.

J'ay tort de vous en refreschir la mémoire, et ne m'avise pas que, cepan-

dant que je me plains de vous à vous mesme, je suis arrivé à la quatrième

page. J'aurois de quoi vous entretenir des affaires de la Cour, mais ce

sont choses qui ne s'envoyent pas par lettres d'eschange. Aussi croy-je

que ma lettre vous trouvera en chemin ou sur le point de vostre despart

pour vous trouver à ceste grande journée de la Sainct Martin qui est la

26*^ de vostre régne 2. Je n'adjousterai non plus si n'est l'asseurance que

je vous supplie prandre de moi comme de vostre très .humble et fidelle

serviteur.

Du marquisat, ce v novembre 1596.

De R.CMOND.

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