Pline le Jeune, Epist., IV
virtuie me involvo ^ Vous avés beau à désirer à vous cacher et ensevelir,
en despit de vous je vous arracherai du tombeau et vous feray revivre
dans les escritz que je barbouille, qui sont les célèbres arrestz de nostre
Parlement, où vous serés tiré en divers lieus d'un craion d'honeur. Si je
suis tant soit peu secouru,- ce sera un ouvrage qui ne craindra uy la rouille
ni le temps. Ce sera le vrai gibié des aprantis qui formillent dans noz
palais. Mais, mon Dieu, ne me ressouviens-je pas du tort que vous m'avés
fait d'entrer en doute du service que je vous ay voué et conservé de si
longue main ? Je voudrois avoir beu dans la fontaine d'oubli pour ne
m'en ressouvenir jamais. Le foudre de Jupiter m'acable, si je y ay pensé.
J'ay tort de vous en refreschir la mémoire, et ne m'avise pas que, cepan-
dant que je me plains de vous à vous mesme, je suis arrivé à la quatrième
page. J'aurois de quoi vous entretenir des affaires de la Cour, mais ce
sont choses qui ne s'envoyent pas par lettres d'eschange. Aussi croy-je
que ma lettre vous trouvera en chemin ou sur le point de vostre despart
pour vous trouver à ceste grande journée de la Sainct Martin qui est la
26*^ de vostre régne 2. Je n'adjousterai non plus si n'est l'asseurance que
je vous supplie prandre de moi comme de vostre très .humble et fidelle
serviteur.
Du marquisat, ce v novembre 1596.
De R.CMOND.