Champ fleury, fol. 43 v
Iconographie. 339
et avaient été frappés de la perfection apportée par lui dans ce genre de gravures, qu'il avait complètement transformé. En effet, au lieu de ces grossières vignettes au fond noir, où le dessin ressortait en blanCj comme taillé à l'emportepièce, Tory avait introduit peu à peu dans ces bois toute la délicatesse des gravures italiennes. Les plus anciennes que nous connaissions de lui , celle par exemple qu'on peut voir plus loin, au titre de VAppendice, l'une des premières qu'il ait gravées pour Simon de Colines, est tout à fait dans le genre criblé, que lui avait transmis le moyen âge; mais il rejeta bientôt cette manière, et non-seulement adopta une nouvelle forme de gravure, mais changea les dispositions des dessins qu'on lui confiait. Ce fait est surtout remarquable si on compare la marque primitive des de Marnef {Marques typographiques de M. Silvestre, n° i5i) avec celle qui porte cette devise: Princlpium exfide, finis in charitate (Silvestre, 1043). Au lieu de ce grossier pélican nourrissant de ses entrailles ses petits plus grossiers encore, dans un nid placé sur un arbre dont les feuilles sont plus grosses que le tronc, nous avons, dans la gravure en question, une composition toute nouvelle, dont le dessin et la gravure sont irréprochables. En présence de semblables résultats, on ne doit pas être surpris de la prédilection des imprimeurs-libraires pour Tory; ils se firent un devoir d'employer un confrère qui poétisait leur profession : c'était pour eux une question de corps et de patriotisme tout à la fois.
Voilà pourquoi nous avons tant de marques typographiques signées de la croix de Lorraine. Nous allons mentionner ici toutes celles qui nous ont passé sous les yeux. Comme il était impossible de suivre l'ordre chronologique pour cette nomenclature, nous avons adopté l'ordre alphabétique.