‹ Geoffroy Tory, peintre et graveur, premier imprimeur royalChapitre 16 sur 141 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Biographie. ii

nogramme fort curieux, figuré avec les lettres C, I, V, S, ainsi disposées :

ce qui permet de lire civis dans tous les sens. On voit déjà percer ici le goût de Tory pour les chiffres et devises, goût auquel il donna plus tard carrière dans son Champ fleury.

Ici se place un grand événement dans la vie de Geofroy Tory. Il devint père, le 26 août i5i2, d'une fille qui reçut le nom d'Agnès. J'ignore l'époque de son mariage, mais il datait au moins de i5 1 1 . Un document bien postérieur, dont nous aurons occasion de parler plus loin, nous apprend que la mère de son enfant s'appelait Perrette le Hullin. Il y a lieu de croire qu'elle était de Bourges, comme lui, car le nom de Hullin y était commun alors.

Peu de temps après la naissance d'Agnès , peut-être même à l'ouverture des classes en i5i2, Toiy entra au collège de Bourgogne comme régent ou professeur de philosophie. Ses cours, qui durèrent plusieurs années, furent fréquentés par un grand nombre d'auditeurs , si l'on s'en rapporte à une épitaphe poétique faite à sa louange, et pu-

12 Première Partie.

hliée par la Caille > . Tory semble parler lui-même de ce professorat dans son Champ fleury^, mais je n'en ai pu trouver aucun monument, ce qui tient sans doute à la nouvelle direction qu'il donna alors à ses facultés, et qui exigea de lui un certain temps de préparation.

Voici ce qui arriva : Tory, dont l'activité était trèsgrande, ne se restreignant pas à son professorat 3, se mit à apprendre le dessin (probablement sous la direction de Jean Perreal, dont j'aurai occasion de reparler), puis la gravure , pour laquelle il avait un goût particulier. Cet apprentissage ^ joint à sa chaire, car Tory menait de front l'art et la philosophie, comme le dit l'épitaphe citée plus haut {philo sophiam simulque artem exercuit typographicarn4) , l'absorba complètement pendant trois ou quatre ans; mais au bout de ce temps, peu satisfait de ses essais de peinture et de gravure, ou trop ardent pour se contenter d'un demi-résultat, il résolut d'aller étudier les formes antiques en Italie même, dont il avait conservé un si bon souvenir, qu'il en parle à chaque instant. En conséquence, il abandonna sa chaire, et se mit en route de nouveau. C'est dans ce voyage

Page 1