‹ Geoffroy Tory, peintre et graveur, premier imprimeur royalChapitre 2 sur 141 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

Ainsi elle relégua toutes les notes au bas des pages, en les distinguant par des renvois, au lieu de les placer autour du texte, comme cela s'était fait jusque-là, au prix d'un travail immense, sans profit pour le lecteur; elle renonça aussi à Tusage des capitales ' rouges, qui, doublant la besogne, rendaient les livres si chers, et remplaça ces capitales par des lettres y7ez/r/e5, tout aussi distinctes, mais composées et tirées cwec le texte. Ce genre d'ornement,, si favorable à Tart, se développa rapidement, et s'étendit bientôt des lettres aux sujets, qui s'introduisirent en plus grand nombre dans les livres. Sous l'impulsion générale de la Renaissance, la gravure se transforma : au lieu de ces bois grossiers, dans le genre dit criblé, où le fond était noir et le dessin taillé en blanc comme à l'emporte-pièce, on vit paraître la gravure en relief, telle que nous l'avons aujourd'hui, perfectionnée, mais identique déforme. Une révolution analogue s'opéra dans les caractères : les lettres

I. Ce nom, qu'on emploie aujourd'hui abusivement dans la typographie pour désigner toutes les majuscules, n'était jadis donné qu'aux lettres initiales des chapitres. C'est dans ce sens que Schoiffer disait, en 14 çy , que son Psautier était « venustatecapitaliumdistinctus; «c'est dans ce sens encore que Cheviliier a écrit, àa^nsV Origine de l'Imprimerie de Paris, p. 32, que les livres des premiers imprimeurs de Paris n'avaient point de capitales , les initiales des chapitres ayant été laissées en blanc pour être faites par les enlumineurs. M. Crapelet, prenant ce mot dans le sens actuel, en a conclu à toit que les livres de Gering et de ses associés étaient sans majuscules; et il attribue par suite l'introduction des lettres romaines à Paris à Josse Bade, au seizième siècle, ce qui est tout à fait inexact.

Page 1