octobre
2. A l'exemple de ce qui s'était fait dans le Psalterium Quincuplex, publié peu de temps avant par Henri Estienne , Tory proposait d'écrire avec cédille l'avantdernier e delà troisième personne pluriel du parfait des verbes de la troisième con-
88 Deuxième Partie.
et absolulam scripturam libenter sum imitatus et insecutus. Invenies etiam ipsumein aliquibus dictionibus, similiter in genitivis et dativis singularibus, nominativis etvocativis pluralibus primae declinationisnonnunquani, more quorumdam , pro ae diphtongo poni , sed rarius. Insuper ha;c consulte scripsi mistum per s, et non per x, nam misceo facit miscui in prseterito, unde et mistum analogice, intellego, toties, quoties, litus, opidum , lilera , tralatum, aliquando , et id genus alia, secundum opQo-jpv.-fiot.iJ.. id est rectam scripturam, observanda. TVRCAM etiam in prima declinatione, quod multi in secunda proferunt, scripsi. MichaelTarchaniota Marulus Constantinopolitanus ad Carolum regem Franciae plausibiliter autlior est mihi. Eius sunt haec verba :
Invicte magni rex Caroli genus,
Quem tôt virorum, tôt superum pias
jugaison [emere, contendere, etc.), pour la distinguer de l'infinitif. De nos jours on a adopté \'e circonflexe {ê) ; mais les lettres accentuées n'existaient pas encore du temps de Tory, et il cherchait à utiliser, dans l'intérêt de la mesure , le seul signe distinctif que possédât la typographie, l'f à cédille, qu'elle employait généralement alors pour 1'^, à l'imitation des manuscrits du moyen âge. Tory proposait encore d'écrire par un j-, et non par un x, certains mots, comme mixtum , « car, dit-il, misceo fait miscui au prétérit ; donc, par analogie, il faut mistum. »
Je ne relèverai pas quelques autres observations du même genre faites par Tory dans ce même avis au lecteur ; je dirai seulement que toutes prouvent son érudition , et rétorquent péremptoirement l'étrange assertion d'un certain abbé Joly, qui , dans un gros livre in-folio intitulé : Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle, et publié en 1740, dit que Tory était assez ignorant (p. 765), sans iter aucun fait à l'appui de son opinion.
Dans le Menagiana (p. 84 du tome IV de l'édition de 1729, in-12) , on reproche, à la vérité, à Tory d'avoir forgé des mots latins, à l'exemple de l'auteur du Songe du Poliphile ; mais ceci est moins grave, et n'est pas une preuve d'ignorance; au contraire , cela prouve l'abus de la science. Geofroy Tory , dit l'auteur, charmé du siyle du Poliphile , a composé sept épitaphes remplies de mots très dignes d'y figurer, « tels que : murmuriltare , insatianter, liilaranter, pederaptim, velocipediter, tegrimoniosius, avicipes, conspergitare, venustulentissus, vinulentibibulus , apneumaticus , collifrangibulum , qu'il a donnés pour antiques, et que, sur sa foi , le bonhomme Catherinot, dans l'épitaphe de ce Tory, n'a pas manqué de garantir tels. » Voyez ce que dit Catherinot du livre des Epitaphes de Tory, p. 68.
Bibliographie. 89
Sortes iacentis vindicemque lusticiae fideique poscunt ; Quem mesta tellus Ausonis hinc vocat, Illinc solutis Grecia crinibus , Et quicquid immanis profanât TVRCA Asiae, Syriaeque pinguis, et cetera.
Qaod etiam plureis parteis, omneis monteis, accusativos in eis protuli, grammatice quidem et latine, authore Prisciano, lib. 7, cap. de accusativis pluribus tertias declinationis, facere visus suin. Ea est pulchra ad accusativum a nominative discriminandum diferentiam, et qua mille sunt usi authores, de quibus multis Salustium, Vergilium et Plautum hic testes habere sat erit. Salustius, quiquidem primo etiam verbo est usus, sic ait in Catilinario bello : « Omneis homines qui sese, etc. » Vergilius in primo Eneidos : « Hic fessas non vincula naveis Ulla tenant... » Plaut. in Aulularia : « Quid est.^^ quid ridetis novi omneis, scio fures hic esse compiureis. « Hoc iubens annotare volui, ut (bone lector) non tantum dicendi puritatem intellegas, sed et tanquam digitos inter et legendum et dicendum pura verba festiviter in promptu habeas et dicas. Vale.
CIVIS
On lit après Terrata, folio i52 : « Impressa est haec Asiœ et Europœ quani elegantissima historia per Henricum Stephanum , impressorem diligentissimum , Parrhisiis, e regione scholae decretorum, sumptibus eiusdem Henrici et loannis Hongonti ', VI idus octobris anno Domini M.D.IX. 2»
I. C'est ainsi qu'il faut lire, et non pas Hongoti, comme l'a fait par erreur M. Renouard Ann. des Est., j*" édit., p. 6 , 2* col., no 3, et p. 276) , n'ayant pas pris garde au trait placé sur l'o de la deuxième syllabe de ce mot. Du reste , c'est la seule mention qui soit faite de ce Jean Hongont, et on ne sait rien de lui, sinon qu'il fut l'associé de Henri (It) Estienne pour la publication de cette édition de la Cosmographie de Pie II , autrement dit yEneas Sylvius, publiée par Tory. Ce livre est à la Bibliothèque Mazarine, recueil coté 16,150, in-40.