Traite de la Gravure sur bois, t. I, p
2. Ce livre est in-40, mais l'exiguïté du format et l'encartenient le font ressembler à un in-S» .
i68 Deuxième Partie.
voit de marque à Woeiriot se voit à plusieurs endroits des cadres de ce livre. »
L'exemplaire de ces Heures que possède M. de Rothschild offre une particularité curieuse : il est enrichi d'une grande planche non signée, imprimée sur une demi-feuille dans le sens oblong, représentant le Triomphe delà Vierge Marie, qui semble imité du Triomphe d'Apollon, du Champ fleury. On y voit la Vierge sur un char traîné par des licornes; derrière ce char, sont les Dames captives ; autour du char, Prudence^ Tempérance, Justice et Force; devant les licornes. Espérance ^Foy, Charité; et plus en avant, les neuf Muses, les sept Arts libéraux, les Ancelles de la Vierge. Dans le fond , on aperçoit le Palais Virginal, le Palais de Jessé et le Temple d'honneur. Au bas est une explication en vers français, dont voici le début :
Les antiques Césars triomphèrent par gloire, Mais par humilité (ainsi le faut il croire) La noble Vierge va triomphante en bon heur Du palais virginal jusquau temple dhonneur.
Je n'ai vu cette gravure que dans un autre exemplaire de l'édition de ces Heures donnée en 1542 par Olivier Mallard (et dont nous parlerons dans la 3« partie); mais je ne doute pas qu'elle ne se trouvât primitivement dans tous les exemplaires de l'édition de 1 5 3 1 , peut-être même dans celle de 1524-25. Ce qui a nui à sa conservation, c'est sa disposition en forme d'atlas. Quoi qu'il en soit, cette pièce non signée est dans le style de Tory, et on ne peut contester qu'elle lui appartienne.
A une époque qu'il ne m'est pas possible de fixer exactement, mais qui n'est pas antérieure au mois de septembre
Bibliographie. 169
i53i, Tory imprima un autre livre dans le tormat in-8°, avec des encadrements composés de plantes, d'animaux, d*insectes, d'oiseaux, etc., comme dans les Heures in-4° de 1527, mais d'un dessin plus petit, naturellement. Je n'ai pas vu ce livre, mais son existence m'est démontrée par la publication d'un livre d'Heures, faite postérieurement par Olivier Mallard , avec les mêmes cadres et vignettes. Je ne puis dire certainement ni le titre ni la date de l'impression du livre de Tory; mais l'époque de la gravure est facile à déterminer d'une manière approximative, grâce à certains ornements du livre de Mallard. Ainsi nous y retrouvons, comme dans les Heures de 1527, l'F couronné et la salamandre de François I^'", l'L couronné et l'écu mi-parti (France et Savoie) de sa mère, morte en septembre i53i, et un écu en blanc qui rappelle le veuvage du roi, et prouve par conséquent que ces bois ont été dessinés avant le mois de juillet 1 5 3o. Quant à l'attribution que je fais de ces bois à Tory, elle ressort pour moi de la forme des cadres, copiés sur les Heures de 1527. Au reste, il y a mis un cachet tout particulier : c'est l'écu des armes de Bourges (trois moutons, placés deux et un, et portant collier) qu'on voit figurer de temps à autre au bas des pages, à côté des insignes de François I^'' et de sa mère. J'ignore, ai-je dit, le titre du livre auquel Tory a fait servir ces bois pour la première fois; cependant il me semble qu'on peut conclure de l'emploi qu'en fit Olivier Mallard lui-même en 1541 que ce fut un livre d'Heures : Tory aura voulu donner une édition in-80 de ses Heures à la moderne de 1527, comme il avait donné, en 027, une édition in-80 de ses Heures à l'antique de 1524-25.
Au reste, ce livre est peut-être celui que décrit ainsi M. Brunet {Manuel, 5"= édit., t. V, col. 1660, n° 328): « Horœ in laudem beatissimae Virginis Mariai ad usum
I yO D E U X I È M E Pa R T I E .
Rpthomagensem. — Parisiis , ad insigne Vasis eftractJ. i536. » Petit in-8o, caractères romains, figures au trait.
On voit que le livre est dit imprimé à l'enseigne du Pot cassé, sans mention du nom de l'imprimeur; cela peut s'entendre de la veuve de Tory, qui publia de la même façon l'ouvrage de Macault, en i535.
Nous parlerons ailleurs du livre de Mallard , mais nous devons ici mentionner les gravures qui s'y trouvent, et qui figuraient sans doute dans celui de Tory.
On voit, dans l'édition donnée par Mallard en 1541, seize cadres différents, placés toujours au recto et au verso de chaque feuillet, et dix-neuf des gravures de l'édition in-i6 de 1529. Les deux qui manquent ici sont le n° i et le n° 21.