‹ Géographie botanique raisonnée; ou, Exposition des faits principaux et des lois concernant la distribution géographique des plantes de l'epoque actuelle;Chapitre 73 sur 146 · I. EN CONSIDÉRANT LES GENRES · texte numérisé non relu

I. EN CONSIDÉRANT LES GENRES

Les genres d'une famille ont chacun leur habitation propre dans telle ou telle partie de l'habitation générale de l'ensemble. Ces habitations des genres sont éloignées ou rapprochées, contiguës ou séparées, ce qui détermine des modes particuliers de diffusion pour chaque famille.

Quelques familles ont la majorité de leurs genres groupés sur un seul continent ou sur deux, et quelques genres épars sur les autres. Ainsi plusieurs genres de Myrsinéacées (Prodr., VII!) sont propres a l'Asie méridionale, à l'Amérique méridionale, aux îles Canaries ou aux îles Mascareinhes; mais on n'en connaît aucun jusqu'à présent qui soit spécial au continent africain, ou à la Nouvelle-Hollande, quoique des espèces appartenant à la famille s'y trouvent ça et la, et même quelquefois avec une certaine fréquence. Dans les Malpighiacées (Adr. Jussieu, Monogr.) où les genres sont plus spéciaux à chaque continent, il y en a 36 du nouveau monde (principalement du Brésil) et seulement h de l'ancien monde, l'Australie comprise. Les Lohéliaeées ont 5 genres sur 10 propres aux îles Sandwich, où cependant le nombre des espèces est loin d'offrir une proportion aussi grande à l'égard des Phanérogames. Les Campanulacées ont 24 genres dans le Prodromua (vol. VII, part, h), dont 3 seulement existent en Amérique, tout en offrant la majorité de leurs espèces ailleurs, 1 seul est représenté à la Nouvelle-Hollande, 8 existent au Cap ou aux îles Mascareinhes (dont 7 propres à cette région), 1 1 sont dans le midi de l'Europe, aux Canaries ou dans le pourtour de la mer Méditerranée (dont 7 propres à cette région), les autres sont épars; ainsi il y a trois régions où les genres de cette famille sont groupés, sans cependant faire défaut ailleurs. Dans l'immense famille des Composées, l'Amérique méridionale, la Nouvelle-Hollande, le Cap, offrent évidemment des agglomérations considérables de genres, relativement à l'Asie et à l'Kurope.

Quelques familles ont la grande majorité de leurs genres dans un continent et quelques genres épars ailleurs. Un des cas les plus curieux est celui des Loasécs, famille essentiellement américaine, ayant 11 genres propres à l'Amérique, et qui aurait un genre au Cap, si le genre Fis?enia, Dr. (Cnidone, K. Mey.) doit bien lui être rapporté (Walp., Rrp., ]\y p, 228). On

peut mentionner aussi les Épacridées, qui ont une multitude de genres à la Nouvelle-Hollande et un seul (Lebetanlhus, Endl., ou Prionotes, Hook.) à l'extrémité australe de l'Amérique (Cl. Gay, Fl. CAi7.,IV,p. 301); les Myoporacées (Alph. DC, Prodr., XI), qui offrent 11 genres à la Nouvelle-Hollande (dont quelques espèces excentriques dans les Iles du grand Océan, entre Maurice et les Sandwich;, puis un seul genre, le Bonlia, en Amérique. A peine oserai-je citer les Sélaginées, dont les genres certains sont tous au Cap, et auxquelles on rapporte le genre Gymnandra, de Sibérie. Les caractères connus amènent à celte conclusion; mais le port est si différent que je doute encore de l'affinité. En général, les cas de cette nature sont rares, ou ils concernent des genres dont la place dans l'ordre naturel est douteuse.

Les familles dont les genres sont dispersés uniformément ne sont pas très communes peut-être; mais dans l'elat actuel de la science, on ne peut guère s'en assurer convenablement. Parmi les grandes familles, les Mélaslomacées, les Orchidées, les Labiées, les Apocynées, paraissent être dans ce cas. On est plus frappé de la diffusion quand une famille offre deux genres seulement, situés à de grandes distances, et surtout quand ces genres ont à peu près le même nombre d'espèces, comme les Calycanthées, dont un genre est dans le nord de l'Amérique et l'autre au Japon; les Napoléonées, qui ont un genre sur la côte de Guinée et un au Brésil.

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