‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 120 sur 146 · SES VILLES · texte numérisé non relu

SES VILLES

ourou. . : 98:

Sinnamary 974 [racoubo. : un

Mana. . . : 922

AMÉRIQUE. — ARCIHIPEL COLOMBIEN,

Fin de Ja Description de l'Amérique, — Description particulière de l'Archipel Colombien ou des grandes et petites Antilles.

Entre les deux continents de l'Amérique dont nous venons d’achever la description, s'étend en arc de cercle une ehaîne d’iles à laquelle on a donné le nom insignifiant d’Anfilles 1, et le nom inexact d’Indes occidentales, mais que la raison et la reconnaissance doivent nommer l'Archipel Colombien. 1'extrémité méridionale de cet archipel se rattache au cap Paria, dans l'Amérique méridionale, tandis que son extrémité septentriopale se lie à la Floride par les îles Bahama, et que la pointe occidentale de Cuba correspond en quelque sorte à la partie la plus avancée de l’Yucatan. Ainsi les Antilles tiennent doublement au continent de l'Amérique sep : tentrionale.

On divise ces iles en grandes et peliles Antilles. Les grandes sont: Cuba, la Jamaique, Sainl-Domingue et Porlo-Rico.

Les Anglais, les Français, les Espagnols donnent des sens très différents aux termes d'iles du Vent et d’iles sous le Vent. L’acception de ce terme de marine dépend de la position du navire et de la route qu’on se propose de suivre.

L’étendue de mer qui se trouve entre les Antilles, l'Amérique méridionale et les côtes de Mosquitos, de Costa-Rica et de Darien, s’appelle aujourd’hui mer des Caraïbes. Cette mer, une desplus fréquentées du globe, nous présente plusieurs phénomènes dignes d’attention. Le premier est ce mouvement des eaux connu sous le nom de courant du golfe (gulfstream). On doit le considérer comme l'effet du mouvement doux, mais universel, de toute la masse des eaux de l'Océan, portées par le grand courant équatorial de l’est à l’ouest, et poussées à travers les ouvertures de la chaîne des petites Antilles contre le continent américain. Ce mouvement uniforme n’empêche pas les eaux de l'Océan, depuis les îles Canaries jusqu’à l'embou-

1 C’est le nom de l'île imaginaire d’Antilia, appliqué aux découvertes de Colomb. Voyez notre Histoire de la Géographie, vol. I de ce Précis.

En RENE TRS Poe « nat Et SE ui z

chure del'Orénoque, d'être d’une si parfaite tranquillité, qu’un eanot pourrait sans danger traverser cet espace, auquel les Espagnols sut donné le surnom de mer des Dames. Pour être tranquille, ce mouvement n’en est pas moins fort ; il accélère la marche des navires qui vaguent des Canaries à l'Amérique méridionale; il rend presque impossible la traversée en ligne directe de Cartagena à Cumana, ou de Trinidad à Cayenne. Le nouveau continent, à partir de l’isthme de Panama jusqu’à la partie septentrionale du Mexique, forme une digue qui arrèle le mouvement de Ja mer vers l’occident, Depuis Veragua, le courant est forcé de changer sa direction pour suivre celle du nord, et de se plier à toutes les sinuosilés des côtes de Costa- Rica, de Mosquitos, de Campèche et de Tabasco. Les eaux qui entrent dans le golfe du Mexique par l'ouverture qui se irouve entre l’Yucatan et l’île de Cuba, après avoir éprouvé un grand remous partiel entre la Vera-Cruz ct la Louisiane, retourneit dans l'Océan par le canal de Bahama; elles y forment ce que les marins appellent proprement le coureat du golfe, qui est comme un torrent d’eaux chaudes, sortant du golfe de la Floride avec une grande vitesse, et s'éloignant insensiblement de la côte de l'Amérique septentrionale, en suivant une direction diagonale, Lorsque les navires venant d'Europe et destinés pour cette côte ne sont pas sûrs de la longitude où ils se trouvent, ils peuvent s'orienter dès qu'ils ont atteint le courant du golfe, dont la position a été exactement déterminée par Franklin, Williams et ’ownall, Depuis lo #1° parallèle, ce long courant d’eaux chaudes se dirige vers l’est, en diminuant peu à peu de température et de vitesse, et en augmentant de largeur. Avant d'arriver aux plus occidentales des Açores, il se partage en deux bras, dont, au moins à certaines époques de l’année, l’un se porte sur l'Islande et la Norvége, et l’autre sur les îles Canaries et les côtes ouest de l’Afrique. Ce remous de l'océan Atlantique explique pourquoi, malgré les vents alizés, des troncs de cedrella odorala sont poussés des côtes d’Amérique sur celles de Ténériffe, Dans le voisinage du banc de Terre-Neuve, }a température du courant du golfe qui charrie avec une grande rapidité les eaux chaudes des parallèles moins élevés, dans des lalitudes plus septentrionales, est, selon les expériences de M, de Humboldt, de 3 à 4 degrés centigrades plus élevée que celle des eaux voisines qui en forment pour ainsi dire les rives, et dont le mouvement est compuralivement nul.

La tranquillité habituelle de la mer des Caraïbes est, de temps à autre, troublée par des ouragans et des coups de vent qui, se propageant à travers les étroites ouvertures de la chaîne des Antilles, prennent une extrème

ot pourlonné le à est pas naries à en ligne nouveau nlrionale ers l'ocion pour de Costarent dans et l'ile de Cruz ct la es y fore, qui est avec une ‘ique sepes venant ude où ils | du golfe, illiams el se dirige el en augnres, il se nnée, l’un aries et les que pournt poussés lu banc de avec une ns des lali- Humboldt, oisines qui mparalive-

ps à autre, nt àtravers 1e extrême

AMÉRIQUE, — ARCIHIPEL COLOMBIEN. 547

intensité, En lemps ordinaire, les eaux sont si transparentes qu'on dis-

tingue les coraux et les poissons à 60 brasses de profondeur; le vaisseau semble planer dans l’air; une sorte de vertige saisit le voyageur, dont l'œil plonge à travers le fluide cristallin au milieu des jardins sous-marins où des coquillages et des poissons dorés brillent parmi des touffes de fucus et des bosquets d'algues marines.

Le canal entre l'Yucatan et l'ile de Cuba présente de deux côtés le phénomène des sources d’eau douce jaillissant au sein de l'onde amère. Nous avons déjà décrit celle de la côte d’Yucatan ; les autres sont vis-à-vis, sur la côte occidentale de Cul. au sud-ouest du port de Batabano, dans |» baie de Xagua, envi 3 milles marins de la terre; elles jailliss avee tant de force, « le ces lieux fameux est dangereux pour les petites embarcatio ies lames très-hautes qui se croisent en clapotant. Les navires couers viennent quelquefois y prendre, au milieu de la mer, une provision d’eau douce, Plus on puise profondément, plus l’eau a de douceur. On y tue souvent des lamantins, animal qui ne se tient pas habituellement dans l’eau salée.

Toutes les iles un peu considérables de cet archipel renferment de hautes montagnes ; les plus élevées se trouvent dans la partie occidentale deSain!- Domingüe, dans l’est de Cuba et dans le nord de la Jamaïque, précisément aux endroits où ces grandes iles se rapprochent le plus, La direction de ces montagnes, en la considérant en gros, parait bien être du nord-ouest au sud-est; mais en examinant attentivement les meilleures cartes de chaque î'e, on découvre dans la plupart un point central d’où les rivières descendent, et où les diverses branches de montagnes paraissent se réunir comme dans un noyau. Dans quelques îles, comme à la Guadeloupe, ce noyau renferme des volcans ; il parait plus généralement formé de granit dans les petitesiles, et de roches calcaires dans les grandes. Mais la géologie des Antilles n’a pas encore été observée dans la vue d’en saisir l’ensemble. On a remarqué avec raison que, dans les petites Antilles, les plaines les plus étendues se tronvent sur la côte méridionale, Mais ce fait cesse d’avoir lieu dans les îles Vierges et dans les grandes Antilles. Le seul trait d uniformité se trouve dans les escarpements brusques qui, dans Ja plupart des iles, séparent les terres hautes des terres basses; ils sout surtout frappants à Saint-Domingue, où on les appelle mornes.

Les rochers de corail ou de madrépores sont aussi communs que les pierres ponces, et des recherches plus attentives prouveront peut être que cette substance & joué un rôle aussi important dans la formation de cet

5 DST Sédiluee vire Coiepés : à Res 2

NE ES ee Mae EEE Bad QUE

Lire mi

‘4 il ï 14:

si

Ÿ.N Vo Y à © ?> Ÿ N v, Y À VAA4 4 D V2 a > 6” EX 6? > Se = AS 6 3333 3 + dau Ë 5p of -| A |. FE 5 — =) s . à à à & >‘ N = S À > À GE » ”” Ÿ NS S SE \ # | AS N Q # eu À n © ten O

archipel, qu’elle en a joué dans celle des archipels du Grand-Océan. L'île de Cuba et les îles Bahama sont environnées d'immenses labyrinthes de rochers qui s’élèvent au niveau des flots, et qui se couvrent de palmiers; ce sont exactement les iles basses de l’océan Oriental.

Toutes les Antilles sont à peu près soumises au même climat. Dans la sécheresse, qui dure ordinairement depuis le commencement de janvier jusqu’à la fin de mai, la chaleur du jour serait insupportable si des brises de mer ne s’élevaient à mesure que le soleil prend de la force. Les pluies, qui caractérisent la saison de l’été, tombent par torrents ; ce sont de véritables déluges ; les rivières s’enflent en un moment ; tout le plat pays est submergé. L'air, fortement imprégné d’humidité, couvre de rouille tous les métaux susceptibles de s’oxyder. L’humidité souvent continue sous un ciel enflammé, qui fait en quelque sorte vivre les habitants dans un bain de vapeurs, ne contribue pas peu à rendre le séjour, dans la partie basse de cesîles, désagréable, malsain, et même dangereux pour un Européen. Le relâchement successif des fibres trouble et interrompt l’activité des fonc-, tions vitales, et produit à la longue une atonie générale.

Le défaut habituel d'électricité paraît contribuer à faire disparaître ces teintes animées qui distinguent l’'Européen. Les miasmes répandus par des eaux de mer stagnantes et des vases croupissantes deviennent, surtout pour les hommes des pays froids, les germes de la terrible fièvre jaune. La nature aindiqué un moyen de salut, c’est de chercher un air plus frais sur les flancs des montagnes. La zone chaude, où les flèvres putrides menacent notre existence, s'étend depuis le bord de la mer jusqu’au niveau de 400 mètres; là commence la zone tempérée, où le thermomètre centigrade ne marque plus que 149 à 23 degrés en plein midi, où nos plantes potagères réussissent le mieux, et où abondele quinquina-pitou (chinchona caribea). Cette zone se termine à 800 mètres plus haut, où le thermomètre s’arrête à 17 degrés; les brouillards, élevés des parties basses, s'accumulent sur les montagnes, et la pluie devient habituelle. C’est la zone froide des Antilles. .

Il ne s’est pas trouvé d’autres mammifères sauvages que ceux de la plus petite taille, tels que la chauve-souris fer-de-lance, le rat volant ou my-0ptère (myosleris daubentonii), le kinkajou (polos caudivolvulus), le rat-piloris (mus pilorides) ; les lézards, les scorpions, les serpents sout très-communs; mais parmi les petites Antilles, la Martinique et Sainte-Lucie sont les seules qui renferment de véritables vipères et des scorpions venimeux. Le scorpion existe à Porto-Rico, et probablement dans tsuies les grandes

an. L'île thes de almiers ;

Dans la > janvier 8 brises s pluies, de véripays est e tousles s un ciel

bain de tie basse uropéen.

desfonc- |

raître ces s par des , Surtout jaune. La s frais sur menacent niveau de centigrade potagères , caribea).

s'arrête à nulent sur froide des

de la plus ou my-0p- , le rat-pittrès-com- Lucie sont venimeux.

es grandes

Antilles. Le vorace caïman habite les eaux dormantes, et quelquefois les nègres mêmes ne peuvent se soustraire à sa dent meurtrière. Les tortues les plus délicates se prennent sur les plages voisines de la Jamaïque. Les perroquets et les colibris embellissent les forêts ; les viseaux aquatiques, en troupes innombrables, animent les rivages. On admire l’oiseau-mouche, qu’on appelle aussi oiseau-murmure, à cause du bourdonnement produit par le mouvement continuel de ses ailes; on le voit lancer son bec efflé dans les fleurs parfumées des orangers et des limoniers, pour en exprimer un instant le suc et l'essence; ailleurs, à le voir suspendu dans les airs au-dessus des campérhes en fleurs, on le croirait enivré des parfums qui s’en exhalent; puis on le voit tout-à-coup disparaître avec la rapidité de l'éclair, pour revenir, peu de moments après, savourer de nouveau ces délicieuses odeurs, et déployer dans toutes ses courses un plumage magnifique où brillent les plus riches nuances de pourpreet d’or, d’azur et d’émeraude.

Les magnifiques végétaux que nousavons admirés dans les autres parties du globe situées entre les tropiques égalent ici en taille, en beauté, leurs frères du continent. Le bananier, qui, d’abord faible, cherche l’appui d’un arbre voisin, forme à lui seul, dañs le cours des années, un bocage; le tronc creusé du cotonnier sauvage ! fournit un canot capable de contenir 100 hommes; une feuille du palmier à éventail suffit pour garantir huit personnes du soleil ou de la pluie; le chou-palmiste balance sa tête verdoyante sur une colonne quelquefois haute de 75 mètres. Des rangées d’arbres de Compêche ? et du Brésil entourent les plantations. Le caroubier joint au bienfait de ses fruits celui de son épais ombrage. L’écorce fibreuse du . grand cecropia fournit de solides cordages. L’élégant tamerinier, précieux par ses cosses acides, le bois de fer, le cèdre, et une espèce de cordia, désignée dans les îles anglaises sous le nom d’orsieau d’Espagne, sont trèsestimés pour les ouvrages de charpente solidesetdurables. Rien nesurpasse l'utilité de l’arbre à roue 3 dans la construction des moulins. Les orangers, les citronniers, les figuiers, les grenadiers, à l’entour des habitations, remplissent l’air d’un parfum exquis, ou offrent leurs fruits délicieux. La pomme, la pêche, le raisin, et généralement tous les meilleurs fruits de l’Europe, ne mûrissent que dans les parties montagneuses, tandis que les plaines, où rien ne moûère le feu du soleil, se parent de productions indigènes, telles que le cachou 4, la sapote 5, la sapotille6, la poire d'avocat ?, la

1 Bombax ceiba. — ? Hæmatoæylum campechianum — 3 Laurus chloroxæylon. — * Anacardium occidentale, — ® Achras mammosa. —$ Achras sapotilla, —7 Laurus persea.

mammée !, avec plusieurs fruits des Indes orientales, comme la pomme de rose 2, la goyave 5, la mangue 4, etquelques espèces despondiaset d’ananas,

Dans l'émail des vastes savanes on distingue le serpidium de Virginie, l’ocymum americanum, le cleome à cinq feuilles, le furnera pumicea, Le long des côteaux, la modeste sensitive se cache sous le ;,azon, entre les sida, les dianthea, les ruelia, ombragés par l’élégant troène d'Amérique, ou par des acacias de toute espèce, notamment l’acacia de Farnèze, intéressant par la délicatesse de ses feuilles et le parfum de ses petites feuilles jaunes , disposées en boucles. Sur le penchant des mornes déserts, divers cactiers présentent leurs troncs difformes, hérissés de faisceaux d’épines, tandis que les grands raisiniers $ décorent les rochers voisins de la mer.

Dans les bois, les nombreuses familles des lianes ®, dont les branches sarmenteuses s’entrelacent au haut des arbres, forment des dômes de fleurs et des galeries de verdure.

Parmi les autres végétaux, les plus curieux’ sont les fougères arborescentes : elles sont ici, comme dans toutela zonetorride, des plantes vivaces, qui acquièrent un gr°nd accroissement. Le polypodium arboreum, en particulier, pousse un tronc élevé de plus 6 mètres, et couronné de larges feuilles dentelées qui lui donnent exactement l’air et le port d’un palmier. La médecine réclame encore le gaïac ou lignum vilæ, la winlera-cannella et la chinchona caribea.

L’élévation du centre de ces iles, la diversité des expositions, la grande différence du climat des montagnes d'avec celui des côtes, et la nature du terrain, tout concourt à jeier dans la végétation u”° ‘ariété infinie aussi agréable qu’utile.

La plupart des productious commerciales qui font aujourd’hui la richesse des Antilles proviennent de végétaux naturalisés etentretenus par la culture. Cependant on trouve la vanille sauvage äans les bois de la Jamaïque et de Saint-Domingue; l’aloès, cultivé à la Barbade, croît spontanément sur le sol pierreux de Cuba, des Lucayes et de plusieurs autres îles. Le bia orellana, d’où l’on tire le rocou, estcommunici comme dans tous les pays chauds de l’Amérique. Le piment est non-seulement indigène, mais il refuse de se multiplier sous la main de la culture. Le myrlus-pimenta affectionne particulièrementles flancs des montagnes qui regardent la mer; il y forme des bocages où l’on jouit d’une promenade d’autant plus commode qu'aucun arbuste ni arbrisseau ne croit sous son délicieux ombrage.

1 Mammæa americana. — ? Eugenia jambos. — 3 Psidium pyriferum. — 4 Volkameria aculeuta.—5Cocolobauvifera —SConvolvulus dolichos, grenadilla, raiana, bignonia, etc.

me de nanas.

rginie, ra, Le tre les rique, , intéfeuilles divers pines, er.

anches e fleurs

rboresivaces, n parti- ) larges Jalmier.

annella

grande ture du ie aussi

richesse culture.

que et de t sur le Le bixa les pays

mais il pimenia tla mer; ommode

olkameria ? onia, etc .

L’igname et la patate, également indigènes, forment le principal aliment des nègres. L'Afrique a fait présent aux Indes occidentales du manioc et de l’arbrisseau à pois d’Angola. Mais les cultures qui subviennent au luxe et aux fabriques de l’Europe absorbent toute l’attention d’un planteur des Antilles ; et sans les immenses fournitures en blé qui arrivent du Canada et des Etats-Unis d'Amérique, la disette affligerait très-souvent ces magnifiques contrées.

La grande marchandise d'étape des Indes occidentales est le sucre. Il paraît difficile de ne pas croire à l’existence d’une canne à sucre indigène en Amérique, mais on prétend que l’espèce cultivée y fut apportée soit de l'Inde, soit de la côte d'Afrique. On assure que la canne à sucre fut lransplantée, en 4606, des Canaries à Saint-Domingue par un certain Aguillar, habitant de la Conception-de-la-Vega, et que le premier moulin à sucre futconstruit par un chirurgien de Saint-Domingue, appelé Vellosa. Mais ce fait ne prouverait qu’une importation locale, sans décider le fond de la question. Depuis une vingtaine d’années, la canne d'Otaiti est généralement introduite dans les Autiiles; elle fournit un suc plus abondant que la canne ordinaire ou créole. Un champ de cannes, au mois de

. novembre, époque de leur floraison, offre un des coups d’œil les plus ravis-

sants que la plume puisse décrire ou le pinceau imiter. La hauteur des tiges, qui varie depuis 4 mètre à 2 mètres 50 et plus, caractérise fortement la différence de sol ou de culture. Au moment de la maturité, le champ déploie un vaste tapis d’or que les rayons du soleil viennent nuancer par de larges bandes du plus beau pourpre. Le sommet des tiges est d’un vert noirâtre ; mais à mesure qu’elles se sèchent, soit de maturité ou par l'effet des grandes chaleurs, la couleur change et devient celle d’un jaune roux; des feuilles larges et étroites pendent du haut des tiges, et semblent s’écarter pour laisser jaillir une baguette argentée : la longueur de cette baguette varie de 50 centimètres à 2 mètres, et sur son sommet flotte mollement un panache blanc, dont les houppes sont terminées par une frange délicate du lilas le plus tendre. Une plantation de cannes en feu offre, au contraire, les horreurs les plus pittoresques qui puissent s'offrir à l’imagination d’un peintre ou d’un poëte. Il n’y a pas d'incendie aussi alarmant, il n’y a pas de flammes aussi rapides: on ne saurait se figurer la vélocité et la furie avec lesquelles ce feu dévore et se propage. Dès qu’on s’aperçoil que le feu est à une plantation, on frappe à coups redoublés sur les coquilles d'appel; les échosretentissent et renvoientle bruit au loin; l'alarme serépand dansles établissements limitrophes. Letintamarredeces coquilles,

l'agitation des nègres au milieu des feux, leurs pantomimes expressives, leurs travaux, l’impatience bruyante ettumultueuse des blancs, les groupes de chevaux et de mulets qui passent dans le fond du tableau, le mouvement, le désordre et la confusion qui règnent partout, les tourbillons de fumée, la marche rapide des flammes, le pétillement, le craquement des cannes qui se consument, tout cela forme un ensemble de scènes horribles et sublimes à la fois.

L'arbrisseau qui nous fournit le coton trouve souvent dans ces îles le terrain sec et pierreux qu’il aime; mais la récolte, qui demande un temps sec, n’est pas assez assurée. Le cafer originaire de l’Arabie-Heureuse, en fut long-temps une propriété enviée. Les grains, trop vieux, n’ayant jamais voulu lever en d’autres pays, on transporta le plant même à Batavia ; ensuite, par multiplication, à Amsterdam et à Surinam, à Paris et à la Martinique. Tantôt cet arbre récompense les soins du cultivateur dès la troisième année, et tantôt seulement à la cinquième ou sixième * quelquefois il ne produit pas une livre de café, et d’autres fois il en donne jusqu’à 3 ou #4. En quelques endroits, il ne dure que 12 ou 45 ans; et en d’autres, 25 à 30.

Ce tableau général des Antilles devrait être suivi d’une discussion sur les indigènes exterminés par les Européens. Les Caribes, Caraïbes ou Caraïbises s’étendaient-ils au delà des Antilles? Les tribus populeuses de Saint-Domingue et de Cuba, différentes des Caribes, étaient-elles de la race qui habitait la Floride ou de celle d’Yucatan? L'espace nous défend d'examiner ces questions, sur lesquelles d’ailleurs nous ne pouvons proposer aucune opinion certaine.

Commençons notre topographie par la plus grande et la plus occidentale de ces îles. Cuba, que l’on pourrait à juste titre surnommer la reine des Anlilles, longue de 263 lieues, sur une largeur qui varie de 40 à 40, approche en étendue de la Grande-Bretagne. Sa population était en 1850 de 898,752 habitants, 425,767 blancs et 472,985 de couleur, parmi lesquels on comptait 323,759 esclaves. La population flottante de l'île s'élevait à 40,000 âmes, et l’émigration annuelle peut être représentée par un chiffre approximatif de #,734 habitants. On a remarqué que la population de cette belle île avait augmenté depuis 4790 de 29 pour 4 00 par chaque période décennale.

Une chaîne de montagnes traverse l’île de l’est à l’ouest ; mais les terres près de la mer sont en général basses et inondées dans les saisons pluvieuses. Cette superbe ile passe pour avoir le mcilleur sol de toutes les Antilles; son

sives, pupes nent, imée, annes es et

iles le temps se, en

jamais tavia ; et à la dès la elqueusqu'à autres,

jon sur ibes ou uses de es de la s défend )ns pro-

identale ‘eine des en 1850 , parmi de l'ile ontée par | populair chaque

les terres uvieuses.

illes; son

AMERIQUE, — ARCHIPEL COLOMBIEN. b53

climat est choud et sec, mais plus tempéré que celui de Saint Domingue, grâce aux pluies et aux vents du nord et de l’est qui le rafraichissent, Il faut en excepter quelques vallées exposées au midi et brülées par la réverbération des rochers. Les anciens historiens vantent l'or fin de cette ile, et une tradition affirme que les canons da fort £!-Morro, qui défend Santiago, ont été faits du cuivre indigène. Une mine, exploitte de nos jours aux environs de Santiago de Cuba, a fourni du platine, de l'aimant, des malachites soycuses ct des cristaux de roche couleur de topaze. Dans la juridiction de la Havane on a découvert une mine de fer de très-bonne qualité, On y trouve beaucoup d’eaux chaudes minérales. Ses salines sont abondantes. Mais les richesses actuelles de l’ile sont ses excellentes et nombreuses sucreries, qui produisent de 47 à 48 millions d’arrobes ! d’un sucre trèsfin; ses plantations de café qui en produisent annuellement 1,470,740 arrobas. Elle abonde encore en manioc, maïs, anis, ou pastel, coton, cacao, et en taac préférable à tout autre de l'Amérique. Cette dernière production a été, en 1848, de 168,094 charges estimées 25 millions de francs. On y voit tous les arbres et végétaux des Antilles, particulièrement le beau palmier royal. L'ile fournit aux chantiers de l'Espagne de magnifiques bois de construction. Depuis un demi-siècle les abeilles y ont été introduites par des émigrés de la Floride; maintenant on en exporte une quantité considérable de la plus belle cire blanche. Parmi les fruits, l'ananas est singulièrement renommé, On ne trouve dans toute cette île aucun animal venimeux ni féroce. Les premiers habitants étaient pacifiques, timides, et pe connaissaient pas l’abominable coutume de manger de la chair humaine; ils détestaient le vol, la luxure; aujourd’hui les colons sont les p'us industrieux et les plus actifs des îles espagnoles. Les femmes y sont vives et affables; celles des classes inférieures se couvrent très-peu, les dames mêmes, dans l’intérieur de leurs maisons, ne sont vêlues que de gazes légères. Dans les campagnes, l'hospitalité des habitants force le voyageur à s’asseoir à la table de la maison, où il y a toujours des places réservées pour les passants.

La Havane, capitale de toute l’île, est la résidence du capitaine-général gouverneur, d’un évêque, le chef-lieu du département occidental, et le siége d’un arsenal de la marine ; son port, le meilleur de l’Amérique, peut contenir 1,000 vaisseaux ; l’entrée er est fort étroite, mais bien défendue ; ses fortifications en ont fait une des plus fortes places du monde.

L'aspect de la ville est triste; ses rues sont élroites, tortueuses et sans

1 L’arroba ou arrobe équivaut à 11 kilog. 50.

pavés, dont les seuls édifices remarquables sont la cathédrale, qui renferme le tombeau de Christophe Colomb, la douane, l'hôtel des postes, le palais du gouverneur et la manufacture de tabacs, mais ses habitants passent pour les plus civilisés de toutes les anciennes colonies espagno'es de l’Amérique. Par ses nombreux établissements littéraires, et surtout par sa célèbre université, elle prend une place importante parmi les grandes cités du Nouveau-Monde. On y compte plusieurs sociétés littéraires et savantes, etenviron 450,000 habitants, en y comprenant ses faubourgs. Son commerce est très-important et en fait la seconde place du Nouveau-Monde après New-York. Une tête de chemin de fer la met en communication avec les principales villes de l’île *. Dans ses environs nous citerons Regla et Guanabacoa, petites villes de 7 à 8,000 âmes. Cette dernière possède des sources minérales et des bains.

Puerto-del-Principe, vers le milieu de l’île, siége d’un archevéché, est le chef-lieu du département du centre, et compte aujourd’hui près de 30,000 habitants, elle prend tous les jours de l’accroissement, elle est reliée à Muevitas, qui est son port, par un chemin de fer de 65 kilomètres. Santiago-de-Cuba, la capitale ecclésiastique de Pile, et le chef-lieu du département oriental, est bâtie sur la côte méridionale, au fond d’une belle baie, sur un port sùr et commode. Peuplée d'environ 25,000 âmes, elle fournit au commerce du sucre et du tabac très-renommés. La ville de Bayamo, la quatrième de l’île, compte 14,000 ânes. Matanzus, à 75 kilomètres à l’est de la Havanc, au fond d’une baie et dans la partie la plus fertile de l’île, est aujourd’hui la seconde place de commerce de Cuba; le chiffre de ses importations et de ses exportations atteint près de 20 millions de francs; elle a 45,000 habitants. Trinidad, sur la côte méridionale de l'île, ville de 42,000 âmes, possède un port fort commerçant. ÆHolquin et El-Cubra sont des bourgs importants par les mines de cuivre qu’on exploite dans leur voisinage. Le port de Cardenas, uni à la Havane et à Matanzas pur un double chemin de fer, prend depuis quelque temps une grande importance.

Au sud-est de la partie la plus occidentale de Cuba, nous devons mentionner l'ile de Pinos, nommé aussi Filipina-Nueva, c’est la plus grande des petites îles qui eniourent Cuba. Elle forme une juridiction de la capitainerie générale de la Havane; sa ville principale est Nueva-Gerona, dont le port est fréquenté.

Nous terminerons ce que nous avons à dire de l'ile de Cuba en disant que

1 En 1850 on comptait dans l’île de Cuba 482 kilomètres de chemins de fer.

enferme le palais passent e l’Améà célèbre cités du avantes, on comde après avec les set Guassède des

êché, est i près de , elle est lomètres.

icf-lieu du ‘une belle imes, elle a ville de à 75 kilotie la plus e Cuba; le 0 millions dionale de Holquin et on exploite \ Matanzas ne grande

vons menlus grande de la capirona, dont

1 disant que , de fer.

cette riche colonie forme, avec les Antilles espagnoles qui en dépendent, la capitainerie générale du gouvernement militaire de la Havane. Elle est divisée, au point de vue politique, en deux provinces : celle de la Havane, et celle de Santiago-de-Cuba; militairement elle est partagée en 3 départements et 25 juridictions. La valeur de sa production agricole annuelle est estimée à 325 millions de francs; le chiffre de ses exportations est de 450 millions, et celui de ses importations dépasse 170 millions de francs. Ces chiffres sont éloquents et justifient la convoitise intéressée des États-Unis, etles tentatives blâämables de ces derniers temps.

L'ile de la Jamaïque, par son étendue, est la troisième de l’Archipel. L'industrie anglaise l’a élevée au rang des plus florissantes ; toutefois elle n’égala jamais la fertile Saint-Domingue.

De l'est à l’ouest, elle a environ 58 lieues de longueur, et, au milieu, près de 20 de largeur, en diminuant vers les extrémités à peu près dans la forme d’un œuf. Une chaîne de montagnes escarpées, composées de rochers renversés les uns sur les autres par de fréquents tremblements de terre, la traverse dans toute sa longueur. Entre les roches nues à leur surface, s'élève une grande variété d'arbres superbes qui offrent l’aspect d’un printemps perpétuel, et à leur pied jaillit une quantité de ruisseaux clairs et limpides , dont les nombreuses cascades, bordées de verdure, forment, avec les hauteurs qui les environnent, le paysage le plus enchanteur. La grande chaîne de montagnes est appuyée par d’autres qui diminuent graducllement; les côteaux inférieurs sont parés de superbes cafiers, et, plus bas, les plus riches plantations de sucre s'étendent à perte de vue dans les plaines. Les savanes, dont le fond consiste en craie marneuse, portent un gazon épais et brillant, qui ranpelle les prairies d’Anglelerre. Ce qu’on appelle terre à briques est un mélange d’argile et de sable grisâtre; ce terrain est surtout propre à la culture de la canne à sucre. ‘ÿ1rs les montagnes près de Spanishtown, il y a des eaux thermales renommées ; dans les prairies se trouvent plusieurs sources de sel. Le plomb est jusqu’à présent le seul métal qu’on y ait encore découvert.

L’air de la partie basse de la Jamaïque est presque partout excessivement chaud et peu favorable à la constitution physique des Européens. Les brises de mer qui arrivent tous les matins le rendent plus supportable. Les mon- {agnes offrent au malade le salutaire bain d’un air frais et vif. Le sommet le plus élevé a 2,470 mètres au-dessus du niveau de l'Océan. Le sucre est la plus avantageuse production de cette ile. Autrefois on cultivait beaucoup de cacao. Depuis une quinzaine d'années, les plantations de café ont été

fort étendues dans la Jamaïque, de manière que cetteile paraît actuellement produire plus des trois quarts du café et plus de la moitié du sucre que l'Angleterre tire de ses colonies. Les récoltes dans la Jamaïque sont plus certaines et plus égales que celles des îles du Vent et sous le Vent, puisque ces Îles sont plus sujettes aux accidents des sécheresses et des ouragans. Antigoa, par exemple, a produit dans quelques années près de 20,000 oxhofts de sucre, et dans d’autres moins de 4,000, La Jamaïque produit aussi du gingembre et du piment. L’acajou, dont on fait un si grand usage pour les meubles, y est de la meilleure qualité ; mais ce bois commence à s’'épuiser. Parmi les autres bois dont elle abonde, nous signalerons le savonnier, dont la graine a toutes les qualités du savon; le mangrove et l'olivier, dont les écorces sont très-utiles aux tanneurs ; le fustic et le bois rouge, employés dans la teinture; enfin le bois de campêche. L’indigo y était autrefois très-cultivé, et le cotonnier l’est encore, l'arbre à pain y a été transplanté d'Otaïti par l’illustre botaniste Joseph Banks. On y récolte une grande quantité de fruits de‘toutes les espèces connues dans les Antilles.

Port-Royal, autrefois la capitale de la Jamaïque, était située sur la pointe d’uncétroite langue de terre sablonneuse et aride, qui, vers la mer, formait partie de la jetée d’un superbe port capable de contenir mille gros vaisseaux, et si profond qu’il pouvait y charger et décharger avec la plus grande facilité. Les tremblements de 1erre et les ouragans l’ont en grande partie minée ; cependant elle renferme encore environ 10,000 habitants. Æings- {on, la principale ville de l’île, est composée de 2,000 maisons, dont plusieurs sont élégantos;-et, d'après le goût de cesîles et du continent voisin, d’un seul étage, avec des portiques. On y compte près de 20,000 habitants; son port est l’entrepôt du commerce de toute l'île. À quelque distance de Kingston, se trouve Sanfiago-de-la- Vega, aujourd'hui Spanishtown, l’ancienne capitale du temps des Espagnols, et encore aujourd’hui le siége du gouvernement, d’un évêché et des cours de justice; on y compte 6,000 habitants.

Tous les ports de la Jamaïque soni francs; les principaux sont, outre ceux que nous avons nommés: Port-Morand, Black-River, Savannah, sur la côte du sud; Lucea-Bay, Montego-Bay, Falmouth et Port-Maria, sur la côte septentrionale.

En 41787, il y avait dans l’île de la Jamaïque 23,000 blancs, 4,093 gens de couleur libres, et 256,000 esclaves; en sorte qu’il se trouvait au delà de 11 nègres sur un Européen, et à peu près 9 esclaves et demi sur une personne libre.

lement

re que nt plus puisque ragans.

20,000 produit d usage mence à brons le prove et tle bois ndigo y nyaété olte une Antilles.

la pointe , formait ros vaiss grande de partie . Kingsdont plunt voisin, 00 habique dis- Spanishjourd’hui y compte

nt, outre nnah, sur aria, SUT

,093 gens au delà de r une per-

La population est aujourd’hui de 380,000 habitants, dont environ 212,000 noirs émancipés; nous devons y ajouter quelques milliers d’engagés venus des Indes orientales pour suppléer au manque de bras qui a ét le premier résultat de l'émancipation des esclaves dans les Antilles.

La Jamaïque forme un gouvernement général colonial duquel dépendent les Lucayes, Balise et la colonie de Honduras, L'ile est divisée en trois comtés, et soumise à un gouvernement représentatif. Le pouvoir législatif se compose du gouverneur, d’un conseil de douze membres nommés par le roi, et d’une chambre de 45 représentants élus pour sept années par les propriétaires. Les trois principales villes, savoir: Kingston, Santiago, ou Spanishtown, et Port-Royal, y envoient trois membres; les autres paroisses chacune deux. Les dépenses et les revenus de la colonie montent habituellement à 2,500,000 fr. L’exportation et la culture ont diminué de 1806 à 1843 ; mais dans ces dernières années, et surtout depuis 4850, elles tendent à reprendre une marche progressive. On peut évaluer à 36 millions la valeur des marchandisesexpédiéesannuellementd’Angleterre à la Jamaïque; celte île est le grand entrepôt du commerce de l’Angleterre avec l'Amérique espagnole,

Haïti, que Christophe Colomb, en 1492, appela Æispantola, doit maintenant attirer notre attention.

Au centre de l’île s'élève le Cibao, groupe de montagnes qui projette trois chaînes principales, dont la plus longue court vers l’est. Les montagnes, en grande partie susceptibles de culture à leur sommet, produisent une variété d’expositions et de climats souvent diamétralement opposés à de très-petites distances. Très-sain sur les hauteurs, le climat des plaines énerve promptement les Européens, et les maladies meurtrières qu’il fait naître rendent une attaque de l’île extrêmement périlleuse!. A l’est et au sud de l’île, on ne connaît ni printemps ni automne. La saison des orages qu’on appelle hiver, y dure depuis le mois d’avril jusqu’en novembre. Dans le nord, l'hiver commence en août et finit au mois d’avril. Le sol, générament peu profond, et en partie seulement formé d'une mince couche de terre végétale qui s'étend sur un lit d'argile, üe tuf et de sable, offre néanmoins de grandes modifications qui le rendent propre à toutes les cultures?.

1 Moreau de Saint-Méry : Description de la partie francaise de Saint-Domingue, t. 1, pag. 529.

2 On peut consulter un livre spécial sur la géographie de Haïti, qui renferme de curieux documents : Géographie de l’île de Haïti, précédée du précis et de la date des événements les plus importants de son histoire, par B. Ardouin. Port-au-Prince, 1832.

On a voulu rejeter les recits des anciens auteurs qui indiquent , dans les montagnes de Saint-Domingue, des mines d'or, d'argent, de cuivre, d'étain, de fer et d'aimant, du cristal de roche, du soufre, du charbon de terre, du marbre, du jaspe, du porphyre de la plus grande beauté. Un minéralogiste espagnol, D. Niéëto, vérifla de nos jours l'existence de ces richesses métalliques, qui pourraient encore, en partie, être exploitées avec profit, Herrera ditque les minesde la Vega et de Buenaventura produisaient annuellement 460,000 marcs d'or. Ce fut dans la dernière qu’on trouva un morceau de ce métal de 200 onces pesant. Au commencement de ce siècle même les nègres-marrons de Giraba exportaient une grande quantité d'or en poudre.

Hispaniola fut une conquête importante pour les Espagnols par l’abondance de l'or que l’on trouvait dans ses terrains d’alluvions ; ils obligeaient les indigènes à leur fournir tout ce qu’ils pouvaient recucillir de ce métal, L'établissement que les vainqueurs fondèrent, sous le nom de San/o- Domingo, dans la partie méridionale de l’île , fut l’origine du noi de Suint… Domingue qu’elle reçut dans la suite. Nous ne rappellerons pas les barbares traitements infligés aux Caraibes par leurs vainqueurs, ni comment les vaincus, forcés à se révoller contre les Espagnols, furent entièrement détruits par ceux-ci. Restés paisibles possesseurs d’une île déserte, les Espagnols, au commencement du seizième siècle, la repeuplèrent d'esclaves arrachés au sol africain, I était réservé à ceux-ci de venger un jour ceux qui les avaient précédés sur cette terre, devenue un séjour de misère et de larmes depuis l’arrivée des Européens. La vengeance fut terrible; mais les Français, qui, dans le courant du dix-septième siècle, avaient fondé une colonie à Saint-Domingue , en furent les victimes, aussi bien que les Espagnols. Les premières scènes de révolte commencèrent en 1791. Enhardis par quelques succès, ils proclamèrent leur indépendance. Attaqués par les Anglais, qui cherchaient à s'emparer de l'ile, les insurgés les repoussèrent et mirent à leur tête Toussaint Louverture, un de leurs chefs, qui établit dans l’île un gouvernement républicain. Les Français tentèrent , en 4802, de recouvrer Saint-Domingue; mais, malgré quelques succès ct la capture de Toussaint Louverture, ils furent obligés d’évacuer l'ile, Dessalines, son lieutenant, lui succéda ; il se proclama empereur sous le nom de Jacques 1°", et mourut assassiné en 1808. Après sa mort, Haïti se divisa en deux États distincts; l’un anarchiqueet composé de la province française du nord, eut pour souverain Christophe, qui prit le nom de Henri 1°r autre lieutenant de Toussaint Louverture ; l’autre républicain, au sud, eut pour

t, dans cuivre, arbon de n minéichesscs bc profit, annuclun morce siècle ntité d'or

r l’abonbligeaient ce métal, eo Sanlode Saints barbares ment les tièrement serte, les ent d’eser un jour de misère ible; mais ient fondé en que les )t. Enhartaqués par es repouschefs, qui itèrent , en uccès ct la ile. Dessas le nom de ti se divisa e française ri {er autre 1, eul pour

président Pétion. Christophe périt misérablement, et Boyer qui avait succédé à Pétion comme président de la République du Sud, réunit momentanément toute l'ile en un seul État, que la France recannut en 1846, moyennant l'obligation d’une indemnité de 450 millions payable par annuiyés aux anciens colons. Les successeurs de Boyer n’eurent pas sn sagesse; de funestes rivalités éclatèrent; elles ensanglantèrent l'ile , et la division en résulta, Aujourd’hui l’île d'Haïti est divisée en deux États de gouvernement et d'étendue bien différents ; la partie française qui est la moins étendue , forme depuis 4849 l'empire de Haïti, et le général Soulouque, au profit duquel s’est faite la dernière révolution, a pris le nom de Faustin 4er. L'ancienne partie espagnole, située à l’est de la précédente, a conservé le gouvernement républicain, et constitué la République Dominicaine. Tel est l’état actuel de cette ile dont les révolutions politiques ne paraissent pas encore êlre terminées.

Dans l’état d'incertitude où ces changements de chaque jour laissent le géographe, nous nous contenterons du rapide exposé qui va suivre,

La République Dominicaine occupe toute la partie orientale de l'ile ; elle a une superficie d'environ 2,300 lieues géographiques carrées ; sa population était en 4851, de 200,000 âmes ; les hommes de couleur y sont en majorité sur les noirs ; elle est administrée par un président élu pour # ans, secondé par un conseil de cinq membres et un tribunal quien compte quinze. L'armée est de 6 à 7,000 hommes bien aguerris, et les côtes sont gardées par 7 ou 8 bâtiments inférieurs.

Sanlo-Domingo, capitale de l’ancienne colonie espagnole, est aujourd’hui la capitale de cette petite république, le siége du gouvernement et d’un archevéché ; elle renfermait autrefois 25,000 habitants, on ne lui en donne plus que 12,000. On la considère comme la plus ancienne ville européenne d'Amérique: Barthélemy Colomb la bâtit en 1496, sur la rive gauche de l'Ozama, et lui donna le nom de Nouvelle-Isabelle. Elle est entourée de remparts flanqués de bastions; ses rues sont larges et droites, et ses maisons bâties dansle goût espagnol. Son port est large et profond. Ses édifices les plus remarquables sont: la cathédrale, bâtie dans le style gothique, et dans laquelle les cendres de Christophe Colomb restèrent déposées jusqu’en 1795 ; l'arsenal dans lequel on conserve encore une ancre du célèbre navigateur; enfin l’ancien palais du gouvernement.

Cette ville était magnifique, riche et populeuse sous Charles-Quint. Bien qu'elle ait prodigieusement perdu de sa splendeur, elle sera toujours célèbre pour avoir été le lieu où les conquérants du Mexique, du Pérou et du

Chili formèrent leurs vastes projets, et trouvèrent les moyens de les exécuter.

Santiago-de-los-Cavalleros ou Saint-Yague et la Vega sont les deux principales villes de l’intéricur, où souvent le voyageur peut errer pendant des journées entières au milieu de prairies superbes sans rencontrer d’autres traces de population que les cabanes des gardiens de croupeaux. Ces deux villes sont aujourd’hui presque sans importance, bien que la première soit regardée comme une des plus salubres des Antilles. Près de la Vega se trouvent, au milieu des turêts, les ruines de la Conceplion-de-la- Vega, qui fut la ville la plus florissante de l’île jusqu'en 4564, qu’elle fut ruinée par un tremblement de terre et abandonnée par ses habitants. Couronnées par de magnifiques forêts, les hauteurs, dans cette partie de l’île présentent souvent des laves noirâtres, ou peut-être des basaltes réduits en petits fragments. La baie de Samana , défendue par plusieurs ilots et rochers, offre le plus beau por de l’île; mais les bords de ce vaste bassin ont acquis une réputation d'insalubrité. L’Youna, qui se jette dans cette baie, peut être rendue navigable pendant l’espace de 20 lieues.

La petite ville de Samana , située sur cette baie, a pris depuis peu quelqu’importance commerciale. Saint-Chrislophe, à peu de distance de Santo- Domingo, est devenue depuis peu d'années la principale place forte de l’île. Ses environs sont couverts de belles plantations. Jiquey est célèbre par sa chapelle de Notre-Dame ct par les nombreux pèlerins qu’elle attire des diverses parties de l'ile.

L'Empire de Haïti comprenant l’ouest de l’‘le, est formé par l’ancienne parlie française; sa superficie est de 1,600 lieues géographiques carrées, dont les sept dixièmes sont couverts de montagnes etde forêts; sa popul!ation peut être évaluée à 700,000 habitants, parmi lesquels le sexe féminin domine, ici ce sont les noirs qui forment la majorité de la population ; les hommes de couleur y sont en petit nombre et mal vus.

La capitale de i’empire d'Haïtiest le Port-au Prince (Port-Républicain). Elle est sur un terrain bas et marécageux, au fond du golfe de la Gonaive, dans la partie occidentale de l’île. Le palais du gouvernement sur la place d’Armes, est le seul édifice remarquable de cette ville. Ses rues ne sont point pavées, mais elles sont larges et bien alignées. Ce qui lui donne une grande importance, c’est l’activité de son commerce : on évalue à plus de 2 millions de francs les droits qu'on perçoit dans son port sur les 200 navires de toutes les nations qui y entrent annuellement, età près du double les droits de sortie. Sa population a doublé depuis l'émancipation d'Haïti : elle s'élève aujourd’hui à 30,000 individus.

cuter.

y deux

endant

autres

3 deux re soit Jega se Vega, ruinée onnées présenn petits ochers, | acquis e, peut

u quele Santode l’île.

e par sa tire des

ncienne carrées, populaféminin tion ; les

blicain).

onaive, : la place ne sont pnne une plus de les 200 Au double d’'Haili :

Le Cap-Français, jadis la florissante capitale de cette belle colonie, s’appela d’abord Guarico et Cabo-Santo, puis Cap-Henri, du nom du nègre Christophe, qui s’était proclamé roi d'Haïti, sous le. nom de Henri ker. Chef d’une armée bien disciplinée et d’une population résolue à ne jamais se soumettre aux blancs, cet Africain imitait le cérémonial, le luxe et la splendeur des cours européennes. fl cherchait à attirer des officiers blancs par une solde libérale, et il commerçait avec les Américains, les Anglais ct les Danois. Son royaume se terminait aux plaines, aujourd’hui désertes , qu’arrose l'Arlibonile, rivière considérable, Müis la tyrannie la plus sanguinaire déshonorait les grandes qualités de ce chef; une révolte de ses soldats ayant renversé son pouvoir, il se donna la mort de sa propre main,

Cette ville porte aujourd’hui le nom de Cap-Haïlien. Avant l’émancipation d'Haïti, sa population était de 12,000 âmes ; ses habitants sont encore au nombre de 8 à 10,000; mais elle n’est plus aussi commerçante que orsqu’elle était le chef-lieu de la colonie française, bien que son port soit un des plus sürs et des plus commodes de l'ile. Ses fortifications, jadis importantes, sabelle église de Notre-Dame, etla plupartde ses monuments, sont fort mal entretenus.

Un peu au nord-ouest de cette ville et sur la côte est la petite ile de la Tortue, peuplée d'environ 5,000 habitants, et célèbre pour avoir autrefois servi de retraite aux boucaniers et aux flibustiers. C’est dans cette petite ile que fut aussi formé le premier des établissements français à Saint- Domingue.

La ville des Cayes, capitale éphémère de l'Etat, fondé par le général Rigaud, renfermait 15,000 habitants lorsqu'elle faisait partie de la colonie française; c’est encore la seconde place de commerce de la république ; mais uu terrible ouragan la détruisit entièrement le 12 août 1831. Saënt- Louis, malgré la beauté de son port, ne fait plus qu'un faible commerce; mais Jérémie, grâce à la fertilité de ses environs, a conservé sa population de 3 à 4,000 âmes.

La constitution impériale d'Haïti offre l’amalgame le plus extravagant, de droit divin, de droit constitutionnel et de droit républicain. Il n’est pas de peuple qui n’ait plus de droits politiques et civils, les citoyens Haïtiens n’ont rien à désirer de ce côté; mais, c’est à la condition de ne pas en revendiquer l'exercice. Lepaysest divisé en provinces, arrondissements, paroisses et sectionsrurales, administrés militairement par des généraux, des colonels ou des capitaines. L'armée est de 30,000 hommes sur les cadres, mais

la plupart ne sont pas même équipés. L’état-major fort nombreux est hors Ve 7)

de toute proportion avec l’armée : la marine militaire est nulle. Le budget impérial est alimenté par les droits d'importation , d'exportation et l’impôt des patentes. Enfin, le déficit est énorme; tel est le tableau moral et politique que nous offre aujourd'hui cet empire éphémère.

Située à l’est de la précédente, l’île de Porto-Rico ou Puerto-Rico oftre la continuation de la grande chaîne des Antilles. Elle fut reconnue en 1493 par Christophe-Colomb. C’est la plus belle des colonies espagnoles. Comme l’archipel dont elle fait partie, elle brille par le luxe de sa végétation, par la variété de ses campagnes, par l'éclat de ses fleurs, par l'abondance de ses produits. Elle est divisée de l’est à l’ouest, comme la Jamaïque, par une chaîne de montagnes de 900 à 4,300 mètres de hauteur couvertes de forêts. Le Layvonito domine la partie orientale, et le Lopello celle du sud. Il y a de vastes savanes dans l'intérieur et sur la côte septentrionale. Les montagnes de l’intérieur, ornées de cascades pittoresques, renferment des vallées très-salubres; mais dans les plaines basses de la partie septen. trionale, l’air est malsain dans quelques localités et pendant la saison pluvieuse ; car le nord de l’île est humide et sujet à ces pluies périodiques; qui caractérisent le climat des Antilles, et quelquefois aussi à leurs terribles ouragans. Le sol de cette partie est ondulé et couvert de pâturages ; toutes les cultures y prospèrent, etles nombreuses rivières qui l’arrosent nc voient jamais leur lit desséché. Dans le sud au contraire les pluies sont rares ; l’eau cependant s’y trouve à 50 ou 60 centimètres de la surface du sol. Aussi la canne à sucre, malgré la sécheresse de l’air, y croît-elle abondamment; les plus grandes plantations se trouvent même dans la partie méridionale. L’or, dont l’abondance avait premièrement engagé les Espaguols à s’y établir, est devenu rare à Porto-Rico; mais elle possède aujourd’hui des richesses plus réelles, car elle produit de bon bois de construction, du gingembre, du sucre, du café, du coton, de la casse, du tabac, du riz, du maïs, des citrons, des oranges, etc. Cet@ fraicheur, cette humidité, sources de la fertilité de Porto-Rico, elle les doit aux forêts qui occupent encore la plus grande partie de sa superficie. Ces forêts attirent la pluie et en empêchent l’évaporation. Une des lois de la colonie exige que pour un arbre coupé, trois autres soient plantés à sa place.

Porto-Rico renferme un grand nombre d’animaux domestiques; ses mules sont très estimées : on les recherche dans la plupart des autres Antilles.

On n’a point à redouter dans cette île la multitude d’insectes et de reptiles qui sont le fléau des terres tropicales. En un mot Porto-Rico est la plus saine de toutes les Antilles : ce qui le prouve, c’est que la mortalité

Æ budget et l'impôt l etpoli-

Rico offre

onnue en

pagnoles.

égétation,

bondance

amaiquo,

couvertes

) celle du

ntrionale.

enferment ie septen:

la saison riodiques; rs terribles res ; toutes t nevoient sont rares ; ice du sol.

elle abonis la partie les Espade aujour- > construccasse, du fraicheur, | aux forêts Ces forêts la colonie sa place.

s; ses mules es Antilles.

la mortalité

n'y est pas 8 grande que dans nos contrées européennes. On évalue la superficie de rile à 530 lieues géographiques carrées et sa population à 380,000, âmes parmi lesquelles il y a environ 50,000 esclaves.

Saint-Jean de Porto-Rico, la capitale, est bâtie sur une petite île de la côte septentrionale, jointe à la grande terre par une chaussée, et formant un excellent port. Une enceinte bastionnée et une forteresse la placent au rang des principales places fortes des Antilles, sa population est de 30,000 âmes. Ses fortifications sont considérables et bien entretenues. Arecife et Guayama sont des bourgs importants par leur population. Ponce, au sud de l’ile, estimportante par ses plantations; elle a 15,000 âmes; Mayaguez qui en renferme 18,000, fait un commerce assez considérable avec les iles voisines. L’Aguadilla, avec un port ouvert, dans la partie du nord-ouest, remarquable par sa salubrité : San-Germano, ville considérable, peuplée de 32,000 âmes des plus anciennes familles de l’île; les baies de Guanica et de Guyanilla, situées sur la côte sud, et très-propres à de grands établissements ; Faæxardo, bourg très-agréable sur la côte orientale : voilà les points principaux que l’espace nous permet d’indiquer.

Porto-Rico forme une capitainerie générale de laquelle dépendent les pelites iles qui l’environnent; le gouvernement est confié au capitaine général, gouverneur civi! et militaire, assisté d’un conseil. L’ileest divisée en 7 départements, il y a à Porto-Rico un évêché et une audience royale, la force militaire se compose de 10,000 hommes de troupes et de 46,000 hommes de milice; les revenus de l'ile sont annuellement d’environ & millions de francs.

À 5 lieues du cap Pinero, la pointe orientale de l'ile de Porto-Rico, on aperçoit les hauteurs verdoyantes et bien boisées de l'ile de Biéquen ou Boriquem, inhabitée, mais réclamée par l'Espagne, ainsi que les iles Colubra ou Serpent, Kraben ou Crabe, et celles du Grand et du Petit- Passage, qui toutes font partie du groupe des Vierges.

Nous ferons précéder la description des petites Antilles de celle des fles Bahama ou de Lucayes. Elles s’étendentdans le sud-est de la Floride, dont elles sont séparées par un courant de mer large et rapide, qu’on appelle golfe de Floride, ou nouveau canal de Bahama. Le vieux canal de Bahama les sépare de l'île de Cuba. Il ÿ en a 500, dont quelques-unes ne sont que des rochers ; mais il y en a particulièrement 12 grandes et fertiles, dont le sol ne diffère en rien de celui de la Caroline. La population ne s’élève qu’à 20 ou 25,000 individus, dont 11,000 nègres. Les principales sont la

Providence, où est la capitale, la Grande Bahama, presque déserte malgré son étendue; Cat Island, qui n’est autre que l’île de Guanahani, dans laquelle l’immortel Colomb débarqua dans la nuit du 44 octobre 1492, et à laquelle il donna le nom de San-Salvador; le groupe d’Acklin, où se trouve Piltstown ; Inagua qui renferme d'importantes salines; Eleuthera et Abaco.

On exporte de ces îles du coton, de l’indigo et du tamarin, beaucoup de fruits, surtout des citrons, des oranges, des ananas, des bananes, de l’écaille de tortue, de l’ambre gris, du bois d’acajou, de campêche et de Fernambouc. En temps de guerre, les habitants gagnent considérablement par le nombre des prises qu’on y amène, et, dans tous les temps, par les naufrages qui sont fréquents dans ce labyrinthe de bancs et de rochers.

Ces iles, qui appartiennent aux Anglais, dépendent du gouvernement

général de la Jamaique, et sont administrées par un lieutenant-gouverneur. d Elles ont un gouvernement particulier organisé d’après les formes repré- s sentalives : ainsi le gouverneur est chargé au nom du roi d'Angleterre du l pouvoir exécutif ; le pouvoir législatif est confié à une chambre haute com-- r posée de 12 membres, et à une chambre basse de 26 députés des districts. Nassau, dans l’île de la Providence, est la résidence du gouverneur. C’est e une jolie petite ville d’environ 7,000 âmes, florissante par son commerce. Les îles Lucayes reçoivent chaque année de l'Angleterre pour 2 à 3 millions de marchandises, eten exportent pour 4 million et demi.

Lesîles Turques et lesiles Caïques, au débouquementde Saint-Domingue, sont aussi occupées par les Anglais, et même fortifiées. Elles dépendent des Lucayes. Ces îles forment deux groupes, peuplés chacun de 4,000 à 4,200 habitants.

Anegada, Virgin-Gorda et Tortola, sont les principales îles que les Anglais possèdent dans le petit archipel des Vierges, à l'est de Porto-Rico. Le sot y est peu fertile; mais le commerce interlope est d’une grande importance. Ces îles, dont la population ne dépasse guère 20,000 âmes, n’ont de valeur que par le commerce de contrebande avec Porto-Rico.

Les Danois ne sont entrés dans la carrière du commerce qu’après les Espagnols, les Français, les Anglais et les Hollandais. Ainsi ils ont trouvé le Nouveau-Monde déjà partagé entre les autres puissances : ils n’ont pu obtenir qu'avec beaucoup de difficultés quelques petites portions de ce r'che butin ; mais ils n’ont rien négligé pour donner à ces faibles posses-

rPs ee ee ee, ee ee om fn = pn

es

En

1 Cayos en espagnol; Kays et Keys en anglais, c’est-à-dire Rochers.

algré dans

et à ouve a et

coup s, de et de ement ar les ement rneur.

reprérre du

com-stricts.

. C’est merce.

nillions

ingue, endent

que les 0-Rico.

grande ) âmes, CO.

près les ttrouvé ont pu s de ce posses-

sions toute la valeur dont elles pouvaient être susceptibles. Aussi les Indes occidentales ne renferment aucune portion de terre, à l'exception de la Barbade et d’Antigoa, qui soit mieux cultivée et proportionnellement plus productive que l’île danoise de Sainte-Croix. Elle offre également le modèle d’une excellente administration. L’ile de Sain{-Thomas est plutôt un poste de commerce. La surface de ces îles et des îlots qui en dépendent n’est que de 36 à 40 lieues carrées. La population est d'environ 1,000 âmes par lieue carrée (39,614 en février 1 850), et le revenu nef, versé dans les caisses du gouvernement, est de 400,000 rixdalers (400,000 francs). Le sucre de Sainte-Croix tient, pour la finesse et la blancheur, un des premiers rangs; le rhum égale celui de la Jamaïque. Chrislianstadt, ville de 5,000 âmes ; près de la pointe orientale de l’île, en est le chef-lieu. Elle est bien bâtie, mais son port est d’un accès difficile. L'ile de Sainte-Croix a été achetée de la France pour 460,000 rixdalers (720,000 fr.); aujourd’hui il y a plusieurs plantations qui se vendent deux fois plus. Saint-Thomas a un excellent port, capable de contenir 100 vaisseaux de ligne. De vastes magasins reçoivent ici journellement les marchandises de l’Europe ou des États-Unis. La petite île de Saint-Jean a le sol et le climat très-bons, mais la culture y est encore peu avancée. Il y a une bonne rade, que plusieurs auteurs ont qualifiée de port.

L'ile anglaise de l’Anguille (Anguilla) est toute plate. Ses habitants, peu nombreux, s’occupent de l'éducation du bétail et de la culture des champs, qui donnent du tabac excellent.

Saint-Martin renferme moins de terrain que sa dimension ne parait en indiquer, parce que les côtes sont coupées de baies et d’étangs. L’inté- ” rieur est montagneux , le sol léger, picrreux, et exposé à des sécheresses fréquentes. Un marais salant donne un profit annuel qu’on estime à 500,000 francs. Les habitants, au nombre de 7,000, sont presque tous d’origine anglaise. La France possède une moitié de l’île, et la Hollande l'autre : la première a la partie septentrionale, Marigot en est le cheflieu, c’est une petite ville de près de 3,000 âmes; et la seconde la partie méridionale.

Gustave IIT ayant remarqué combien d’avantages commerciaux le Danemark tirerait de ces îles, voulut procurer à la Suède une possession dans les Indes occidentales. En conséquence , il obtint de la France, en 1784, l’île de Saint-Barthélemy, située entre les îles anglaises de Saint-Christophe et de l’Anguille, et l’île hollandaise de Saint-Eustache. Cette position facilite le commerce interlope. Le sol, quoique montagneux, manque abso-

lument d’eau. Le coton y réussit très-bien. On en exporte aussi de la casse, du tamarin et du bois de sassafras. La végétation est en général beaucoup plus riche et beaucoup plus variée que ne semblerait le permettre fa grande sécheresse du sol. Cette ile est battue par des coups de vent très-violents. Elle a 45,000 habitants. Gustdvia, chef-lieu et unique ville de l’île, est bâtie sur le port dit le Carénage, qui, à la vérité, n’admet pas de navires lirant plus de 3 mètres d’eau, mais qui en peut contenir une centaine à la fois. On porte à 10,000 le nombre de ses habitants.

Les Hollandais considèrent leurs îles comme des entrepôts de commerce, ct surtout de contrebande avec les sujets des autres puissances ; c’est dans la Guyane qu'ils avaient concentré tous leurs établissements de culture.

L'île Saint-Euslache, qui n’a que 2 lieucs de long et { de large, est formée de deux montagnes qui laissent entre elles un vallon très-resserré. Le sommet oriental présente un ancien cratère de volcan environné de picrre ponce pesante et de roches de gneiss; mais il n’y a point de lave. Quoique l’île manque de rivières et de sources, on y cultive du tabac et un peu de sucre, On assure que le nombre des habitants monte à 15,000.

La valeur du produit de cetteile s'élève annuellement à 600,000 francs. La petite ville de Saint-Eustache, son chef-lieu, est assez bien bâtie, et renferme de grands magasins pour son commerce. Elle renferme 5 à 6,000 âmes.

Saba, rocher voisin de Saint-Eustache, a # lieues de circonférence, et est environné d’une mer basse qui ne permet qu’aux chaloupes d’en approcher. Après avoir débarqué sur la plage, il faut gravir le rocher par un chemin très-raide et environné de précipices. Au sommet s'étend une agréable vallée où des pluics fréquentes font croître des plantes d’un goût exquis , des choux très-gros et de bon indigo. Un air pur y entretient la santé, et les femmes conservent cette fraîcheur de teint qu’on désire et qu'on cherche en vain dans îïes autres Antilles. Des maisons simples et élégantes offrent aulant de temples au bonheur domestique. Les habitants, au nombre de 2,000, fabriquent des souliers et des bas de coton, dont la vente, avec le produit de leur indigo, fournit à leurs modiques dépenses.

Ici la chaîne des Antilles devient double : la Barboude et l’Anligoa en forment le chaînon oriental. Anfigue, ou Antigoa, a une forme circulaire, et près de 7 lieues d’étendue en tous sens. Cette île, que l’on regardait autrefois comme inutile, est maintonant l’une des plus importantes, et

sse, oup inde nts.

, est vires à la

er ce, dans re.

, est serré.

né de lave.

tabac ponte à

cs. La t ren- 6,000

ice, et appropar un id une in goût tient la ésire et s et élés habicoton, odiques

ligoa en culaire, egardait

contient 56,000 habitants, dont les neuf-dixièmes sont noirs. Son port, appelé English-Harbour, est le chantier le plus sûr et le plus propre au radoub de la marine royale dans ces mers. On y voit un bel arsenal de marine. Saint-Jean, ou Saint-John, la résidence ordinaire du gouverneur des îles anglaises, dites sous le Vent (Leewards Island), est le port qui fait le plus de commerce, Sa population est de 46,000 âmes. Les productions consistent en anis, sucre, gingembre et tabac.

La Barboude abonde en bestiaux, chevreuils, porcs et fruits; les noix de cocos sont très-recherchées. Elle produit aussi du coton, du poivre, du tabac, de l’anis, du gingembre, des cannes à sucre.

Passons au chaînon occidental ou intérieur. L'île de Saint-Christophe, outre le coton, le gingembre et les fruits des tropiques, produit beaucoup de sucre; son sol, formé d’une marne cendreuse, est singulièrement favorable à la canne. Elle porte chez les Anglais 18 nom populaire de Sasint- Kitts, et compte 23,000 habitants. La petite ville de Basse-Terre, qui peut avoir 5 à 6,000 âmes, est la résidence du gouverneur. Sandy-point est un poste militairement important.

Les deux petiles îles de Nevis et de Montserrat, situées entre Saint- Christophe, et la Guadeloupe, ont le sol léger, sablonneux, mais extrémement fertile en coton, tabac et sucre. Elles appartiennent, comme les trois précédentes, à l'Angleterre, et possèdent ensemble plus de 17,000 habitants.

La Guadeloupe est divisée en deux parties par un bras de mer très-étroit, l'une de ces parties prend spécialement le nom de Guadeloupe, c’est celle que l’on désigne quelquefois encore sous le nom de Basse-Terre ; l’autre, celui de Grande-Terre. Le petit détroit qui coupe ainsi l’île en deux, connu des marins sous le nom de Rivière Salée, n’est accessible qu’à des embarcations calant un mètre et demi d’eau. Son utilité est grande toutefois pour le transport des denrées des quartiers qui ‘’avoisinent.

A l’ouest de la Rivière Salée, la Guadeloupe proprement dite se présente, avec ses chaînes de montagnes volcaniques, parmi lesquelles la Soufrière vomit souvent de la fumée et des étincelles des flancs de son cratère couvert de soufre. La pente de ces montagnes s’adoucil généralement et se termine de manière à laisser entre leur base et le rivage de la mer, des étendues de terre plus ou moins considérables. C’est dans cette espèce de ceinture et sur les flancs praticables des mornes, que sont établies lescultures et les habitations. La végétation y est d’une extrême richesse, les palmiers, jes bananiers, les lianes, les goyaviers en font les éléments les plus importants.

La seconde moitié de l'ile, la Grande-Terre, siluée à l’est de la Rivière Salée, ne présente au contraire, par un singulier contraste delanature, qu’une vaste plaine, dont le sols’élève à peinede quelques mètres au-dessur; du niveau de la mer. La circonférence totale des deux parties de l’île est d'environ 70 lieues.

La Grande-Terre est longue de 14 lieues et large de 6 ; l’autre, la Guadeloupe proprement dite, a 15 lieues de long sur 7 de large, sa partie la moins élevée se nomme la Basse-Terre, et la partie montagneuse est nommée Ja Cabeslerre. La petite île de Déstrade, à l’est; celle de Marie- Galande, au sud-est, et le groupe dit des Saintes, au sud, dépendent de la Guadeloupe, et font partie du gouvernement de ce nom. La surface en est évaluée, au total, à 204,085 hectares ou 40 licues carrées, et la population, à 431,000 âmes dont 14 à 12,000 blancs, 15 à 20,000 gens de couleur et le reste noirs.

Dans les enclos des habitations on voit le citronnier sauvage, l'arbre qui produit le galbanum (Callopyllum palaba), et le campéchier, quelquefois la poincillade, l’erythrina-corallodendrum, et le volkameria épineux. La canne à sucre vient très-haute et très-forte, mais d’une substance quelfois trop aqueuse. Le café de l’île est moins estimé que celui de la Marti. nique. Les abeilles y sont noires; elles font un miel très-liquide et de couleur purpurine.

La ville de Basse-Terre, peuplée de 42,400, a des rues régulières et ornées de divers jolis bâtiments. Des promenades, des haies, des jardins, des fontaines jaillissantes, contribuent à l’embellir. Le fort qui la défend pourrait même en Europe passer pour une bonne forteresse : il domine une rade auverte, la ville n’ayant point d’autre port. Poinle-à-Pitre est le chef-lieu de la Grande-Terre, et le siége d’un tribunal de première instance. Quelques marais du voisinage nuisent à la salubrité de cette place, qui d’ailleurs est bien bâtie et régulière. Son port est spacieux, et l’un des meilleurs de l'Amérique, elle a été presque détruite en 1843 par un affreux

tremblement de terre. On estime sa population à environ 12,000 âmes, Ses environs offrent les plus grandes plantations de café de toute la colonie, Le Moule, chef-lieu de canton, a pris un rapide accroissement et compte aujourd’hui 4,200 habitants, ses vastes plantations de cannes à sucre lui assurent la première place sous ce rapport dans la colonie,

La Désirade produit d’excellent coton. Cette ile, longue de 4 lieues et large de 2, est formée d’un groupe de mornes et de montagnes qui d’un

côté sont taillées à pic et de l’autre s’abaissent insensiblement jusqu'à la

él

ière ure, SSU' b est

adee la e est arieit de ce en popuns de

re qui quefois x. Lu quel- Martie etde

ères et ardins, défend domine re est le istance.

ce, qui l’un des | affreux 0 âmes.

colonie, tuompte sucre lui

lieues et qui d’un asqu'à la

mer. Elles portent partout l'empreinte des feux souterrains, Il y a des parties boisées et d’autres qui sont couvertes de belles et riches prairies. Le nombre de ses habitants est d’environ 48,000.

À Marie.Galante ou Marie-Galande on cultive, sur un sol montueux, une bonne quantité de sucre et de café. Cette île est, après la Martinique et la Guadeloupe, la plus importante des Antilles françaises; sa longueur est de 4 lieues et sa largeur de 3 et demie. Elle est en grande partie bordée de hautes fulaises, au pied desquelles règnent des brisants et des gouffres. Vers le sud-ouest seulement la côte est plate, mais la mer est traversée par un banc de récifs : aussi Marie-Galante est elle dépourvue de ports. Son sol montagneux, boisé, peu abondant en sources, mais généralement fertile, est cultivé avec soin. Elle reçut de Christophe Colomb, lorsqu'il y débarqua en 4493, le nom du navire qu’il montait. Le Grand-Bourg, sa principale paroisse, se compose d’une dizaine de rues bien percées, de trois places et d’une assez belle église. Cette résidence du commandant, et siége d'un tribunal de première instance, renferme environ 2,500 habitants. Cette petite ville a réparé les désastres de l'incendie qui en consuma la plus grande partie le 47 mai 4838.

A l’ouest de cette île et à 2 lieues et demi au sud de la Guadeloupe, on remarque le petit groupe des Saintes qui appartient aussi à la France, et qui, composé de plusieurs îles, n’occupe que 2 lieues de longueur sur 1 de largeur. Les cinq principales sont : au nord, l’Zlet et Cabril ; au sud, le Grand Ilet et La Coche ; à l’ouest, la Terre-d’en-bas et à l’est la Terred’en-haut. Elles renferment peu de terres propres à la cullure; plus de la moitié de leur superficieest en friche,en bois et en savanes; le reste est cultivé en café et en coton. La Terre-d’en-haut est la plus grande et la moins stérile, bien qu’il n’y ait qu’une petite source qui tarit dans les grandes sécheresses ; c’est là que sont aussi les principaux établissements civils et militaires. La population de tout ce groupe est d'environ 1,300 âmes, parmi laquelle on compte 500 blancs, 430 individus de couleur et 670 noirs. Ces îles sont importantes par les mouillages qu'elles offrent. Elles furent découvertes le 4 novembre 1493 par Colomb, qui leur donna le nom de Los Santos à cause de la fête de la Toussaint qui venait d’avoir lieu,

La Dominique, située entre la Guadeloupe et la Martinique, dont elle gêne beaucoup les communications en temps de guerre, est la plus élevée et la plus accidentée des petites Antilles; son sol est maigre, et plus propre à la culture du café qu’à celle du sucre : il y a néanmoins plu- V. 72

sieurs ruisseaux de fort bonne eau, où l’on pêche d’excellent poisson, et les coteaux d'où ils descendent produisent les plus beaux arbres des Indes occidentales. Il y a aussi une mine de soufre. Selon quelques auteurs, on y trouve des scorpions venimeux, des serpents et des couleuvres d’une grandeur énorme. Elle produit du maïs, un peu de coton , de l'anis, du cacao, du tabac, des perdrix, pigeons, poulets et porcs. Roseau ou Char.lestown, ville de 6,000 âmes, est la résidence du gouverneur. La bate du Prince-Rupert, près de Portsmouth, est une des plus grandes des Antilles, La Dominique appartient aux Anglais, et fait partie du gouvernement des iles du Vent; elle est administrée par un licutenant-gouverneur, un conseil législatif et une assemblée représentative. Les revenus de cette ile sont d'environ 180,000 francs et ses dépenses de 160,000. Sa population est de 6,000 blancs et mulètres, et de 14,000 noirs, en tout 20,000.

Avant les guerres de 1750 et de 1756, la Martinique était la principale île française ; là s’accumulaient toutes les marchandises de l’Europe et des Indes : 150 vaisseaux allaient et venaient dans ses ports; eile étendait son commerce direct à la Louisiane et au Canada. Mais la perte de ces colonies et la prospérité croissante de Saint-Domingue ont placé la Martinique à un rang moins brillant, quoique toujours très-éminent.

Cette île, qui est à 25 lieues au sud de la Guadeloupe, a une circonférence de 40 à 50 lieues, elle présente une superficie de 38 lieucs carrées ; un tiers de l’ile est en plaines, le reste en montagnes très-escarpées, hérissées de rochers; les pics culminants sont la montagne Pelée qui a 1,350 mètres et le piton du Carbet, qui en a 4,207, cette dernière montagne calcaire a la forme conique et pointue : elle porte assez souvent une couronne de nuages, et la pluie qui ruisselle sur ses flancs en rend l’ascension difficile. La plupart des montagnes sont couronnées par des forêts presque impénétrables, où lefromagier gigantesque entre-croiseses branches avec le balala, le courbaril avec le figuier sauvage. En dehorsde ces forêts, la végétation de l’île n’est pas moins riche, ni moins variée : les palmiers élancés, les bananiers aux fruits savoureux, les lianes grimpantes, les goyaviers aux feuilles d’un vert sombre, s’offrent tour à tour auprès des habitations créoles. Le sol déchiré par les éruptions de cinq ou six volcans éteints aujourd’hui, se montre tantôt découpé de mornes, de pitons et de vallées, tantôt arrosé par plus de 60 rivières, dont les cours servent de moteurs à de nombreux moulins à sucre; cinq de ces rivières sont même navigables pour de petits bâtiments.

La Martinique est donc mieux arrosée que la Guadeloupe, elle est moins

joi

bon, ct Indes rs, on d’une is, du Charaie du ntilles.

ent des conseil ile sont tion est ).

incipale be et des étendait » de ces a Marti-

irconfé-

carrées ;

scarpées,

ée qui a

ère mon-

vent une | l’ascendes forêts branches es forêts, palmiers intes, les uprès des x volcans tons et de servent de ont même

est moins

sujelte aux ouragans ; ses productions sont les mêmes, et consistent principalement en sucre d’abord, puis en café et en quelque peu de soton et de cacao, Le chiffre de la population sédentaire était, en 1850, de 120,357 habitants, dont environ 9,000 blancs, 37,000 hommes de couleur, et le reste noirs. Si on y ajoute la population flottante, évaluée à 2,937, on aura pour population totale 123,551.

Cette île a plusieurs ports et baies commodes : on distingue surtout le cul-de-sac Royal. Sur cette baie est bâti le Fort-Royal, avec la ville de même nom. Celle-ci renferme 12,000 habitants ; clle est en grande partie bâtie en bois, mais les maisons sont très-propres. C'est le chef-lieu de la colonie, et le siége d’une cour royale et d'un tribunal de première instance. Ses principaux édifices sont l’église paroissiale, l'hôtel du gouvernement, les magasins de la marine, l'arsenal et les hôpitaux. Des fontaines nouvellement construites répandent dans les rues une agréable fraicheur. Son port, d’ailleurs bon et sur, a moins d’étendue que celui de Pointe-à-Pitre dans la Guadeloupe, mais il est défendu par de bonnes fortifications. La ville de Saint-Pierre, avec une rade, est une des places les plus commerçantes de toutes les petites Antilles. Ses 66 rues, toutes pavées, bien éclairées la nuit, et arrosées par des ruisseaux abondants qui tempèrent la chaleur du jour, sont garnies de belles maisons. On lui donne 24,000 habitants sans y comprendre la garnison. Ce qu’elle possède de plus remarquable est le jardin botanique fondé en 1803 pour y naturaliser les plantes des Indes.

Lamentin, est une petite ville d'environ 10,000 habitants, dont le territoire est occupé par d'importantes sucreries. Rivière-Pilole, possède dans ses environs les plus riches plantations de café de toute l'île, c'est un bourg de 4,000 âmes. Le Pécheur, chef-lieu de canton de 6,000 habitants, doit à son port, qui est très-fréquenté, la troisième place parmi les cités commerçantes de l’île.

L'île, aujourd’hui anglaise, de Sainte-Lucie, a été longtemps un sujet de querelle entre l'Angleterre et la France. Le sol y est excellent : les montagnes qui en occupent la partie orientale, ou la Cabeslerre, paraissent avoir été volcanisées. La Soufrière est le cratère écroulé d’un volcan éteint, près duquel s’élancent deux pitons semblables à des obélisques verdoyants. L'air de l’île est extrêmement chaud et malsain; les reptiles venimeux y abondent. Les cultures consistent en sucre et en coton. On y trouve du bois de construction. Sa superficie est d’environ 7 à 8 lieues carrées, et sa population ne s’élève pas au delà de 20,000 âmes. Elle dépend du gouvernement général des îles du Vent et sous le Vent.

Le Cardnage, dans la partie du nord-ouest de l'ile, est un bon port où 32 vaisseaux de ligne peuvent se mettre à l'abri. On en sort avec tous les vents, mais on ne peut y entrer que vaisseau par vaisseau. C’est un des séjours les plus dangereux pour la santé des Européens. Cette ville, que les Anglais nomment Port-Castries, renferme 5 à 6,000 habitants, Sainte Lucie est administrée par un lieutenant-gouverneur et un conseil colonial, elle est divisée en 9 paroisses. Ses principales productions sont le sucre, le rhum et le café, Lo chiffre de ses importations et de ses exportations atteint annuellement #4 à 5 millions de francs.

L'ile Saint-Vincent, au sud de Sainte-Lucie, est extrêmement fertile, Le sol consiste en un terreau noir, sur une forte glaise très-convenable à la culture des cannes à sucre et de lindigo, qui y vient supérieurement bien. La côte orientale est peuplée d’une race mixte de Zambos, descendants de Caraïbes et de nègres fugitifs de la Barbade et des autres iles. On les appelle Caribes noirs. La superficie de cette ile est de 17 à 48 lieues carrées, et sa population est de 28,000 individus, dont les onze-douzièmes sont noirs. Le chef lieu se nomme Kingston. C’est une ville de 9 à 40,000 âmes. La canne à sucre est la principale culture de cette ile ; elle un importe annuellement en Angleterre 50 quintaux métriques. Saint-Vincent dépend du gouvernement général des îles du Vent; elle forme avec les Grenadines et quelques ilots voisins un gouvernement particulier administré par un lieutenant-gouverneur, un conseil de 12 membres et une assemblée coloniale de 19 députés,

Le gouvernement de Saint-Vincent comprend les petites iles de Béguia, de Pelile-Martinique et autres, dont quelques-unes sont peuplées par un petit nombre de familles peu aisées.

Les ilots nommés les Grenadines sont placés sur la même ligne et font aussi partie du même gouvernement. Cariacon en est le principal et le mieux cultivé. Ces îlots sont réunis par des récifs de roches calcaires formées par des polypiers, et qui, d’après la description d’un naturaliste instruit, paraissent exactement semblables aux rochers de corail de la mer du Sud.

Cette chaine d’ilots est terminée par la fertile ile anglaise de la Grenade, ou Grenada, longue de 10 lieues et large de 6, d’une superficie de 24 lieues carrées , et peuplée de 29,000 habitants, dont 23,000 sont noirs. Le sol es: extrêmement favorable à la culture du sucre, du café, du tabac et de l'indre. Li lac, sur le sominet d’une montagne au milieu de l'ile, lui fournit une multitude de rivières qui servent à la fois à l’orner et à la féconder. Il

nn em = = ” es

ort où pus les n des

», que vaine

plonial, sucre, tations

fertile.

nable à

irement

descen-

iles, On

8 lieues buzièmes

10,000 à importe t dépend enadines é par un lée colo=

e Béquia, es par un

ne et font ipal et le calcaires aturaliste | de la mer

Grenade, e 24 lieues rs. Le sol tabac et de Jui fournit éconder. I]

y a autour de l'ile plusieurs baies et ports, dont quelques-uns peuvent ètre fortifiés avec beaucoup d'avantage. Elle jouit en outre du bonheur de ne pas être sujette aux ouragans,

Cette île exporte toutles ans pour 23,000,000 de ses produits, George- Town, autrefois Fort-Royal, sa principale ville, peuplée de 8 à 9,000 âmes, possède un des meilleurs posts des Petites-Antilles. La Grenade dépend du gouvernement général des Îles du Vent, elle forme un ;ouvernement particulier administré comme les autres colomes anglaises Lun lieutenant - gouverneur, un conseil et une chambre de représentar . Découverte par Christophe Colomb, elle a cs codée à l'Angleterre par la France, qui la possédait, en 1763, au traité de Paris.

Ici finit la chaine des Antilles proprement dites. La Barbade, Tabago et la Trinité, toutes les trois anglaises , forment une chaîne particulière.

La Barbade, Barbada ou Barbadoes, longue de 7 ‘icueset large de 3 et demie, est la plus orientale des Antilles, Quand les A:glais y débarquèrent pour la première fois en 1625, ils la jugèrent la plus sauvage, la plus triste et la plus misérable qu’ils eussent encore vue, Il n’y avait aucune espèce de bétail ni de bête de proie, aucun fruit, aucur herbe, aucune racine propre à la nourriture de l’homme. Cependant les arbres ctaient si gros et d’un bois si dur, que les colons ne parvinrent qu'avec beaucoup de peine à défricher autant de terre qu’il en fallait pour leur subsistance. Par une persévérance invincible, ils firent en sorte d’y trouver de quoi vivre, et ils ne tardèrent pas à découvrir que le sol était favorable au coton et à l’indigo, et que le tabac, qui commençait alors à être en vogue en Angleterre, y venait assez bien. La population fit des progrès si rapides, que 25 ans après le premier établissement elle montait à plus de 50,000 blanes et 100,000 nègres ou Indiens esclaves. Cet état brillant a duré un demisiècle. La population actuelle est encore assez considérable pour une ile qui n’a que 21 à 22 lieues carrées en superficie, On l'estime à 120,000 habitants, dont les quatre cinquièmes sont noirs. Ses produits sont évalués à 25 ou 30,000,000 de francs. La capitale de l’île est Bridgelown, où réside le gouverneur, qui est en même temps gouverneur-général des (les du Vent et des les sous le Vent !. Ce gouverneur dirige les affaires de la colonie avec l'assistance d’un conseil législatif et d’une chambre des représentants.

1 Les anglais appellent îles du Vent ou Windward Islands, la partie de l'archipel des Camaibes comprise entre la Martinique et Tabago inclusivement, et îles sous le Vent, où Leeward Islands, tout le nord de cet archipel, depuis et y compris la Dominique.

Bridgetown est le port des Antilles le plus rapproché de l’ancien continent. Elle est regardée comme une des plus belles villes des Antilles ; on y compte 1,200 maisons. La baie de Carlisle, au fond de laquelle elle ést située, peut contenir 500 vaisseaux. Speightstown, surnommé le Pelil- Bristol, renferme 5,000 habitants qui la plupart se livrent au commerce. Charles- {own et Jamestown sont aussi deux petites villes importantes.

L'ile de Tabago, longue de 41 licues et large de # et demie, et d’une superficie d’erviron 24 lieues carrées, a l’avantage de n’être point sur la ligne du cour! ordinaire des ouragans. Elle est située au nord-est de celle de la Trinité, et, de même que celle-ci, elle a pour noyau des montagnes schis. tcuses dénuées de toute roche granitique, et qui semblent être une contipuation de la chaîne de Cumana , sur le continent de l'Amérique méridionale. Cette chaîne diffère entièrement de celle des Antilles. La position de Tabago devant le détroit qui sépare les Antilles de l'Amérique lui donne une grande importance en temps de guerre. Son sol riche et encore vierge est très-propre à la culture du sucre, et plus encore à celle du coton ; les figues et les goyaves y sont excellentes; tous les autres fruits des tropiques y réussissent. On assure que le cannellier et le vrai muscadier se trouvent dans cette îles il est plus certain que l’arbre à gomme-copal y croisse, ainsi que cinq sortes de poivre. Il y a plusieurs baies et havres, principalement sur les côtes nord et ouest. La population est, d’après les derniers rapports, de 46,000 individus, dont les neuf dixièmes sont noirs, Scarborough, sa principale ville, défendue par un fort, est peuplée de 2 à 3,000 âmes.

L'île de la Trinidad, ou de la Trinité, est située entre celle de Tabago et le continent de l'Amérique espagnole, dont elle est séparée par le golfe de Paria et les deux détroits dela Bouche-du-Dragon, ou de la Bouche-du- Serpent. Elle a environ 35 lieues de longueur du sud-ouest au nord-est, et 22 de largeur dans le sens opposé. Sa forme en losange lui donne à peu près 96 lieues de circonférence et une superfcie de 320 lieues carrées. Elle avait été décriée comme malsaine ; Raynal a, le premier, réfuté cette erreur. Montagneuse vers le nord, elle n'offre, dans le centre et au midi, que des plaines et des collines. Elle abonde en palmiers et en cocotiers, qui y croissent sans être cultivés; elle produit du sucre, du café, de bon tabac, de l'indigo, du gingembre, de l’anis; de beaux fruits, tels que citrons et oranges, du maïs, du coton et du bois de cèdre. Ses produits annuels consistent en 200,000 quintaux de sucre, 45,000 de coton, 5,000 de café, 3,000 de cacao et 3,000 hectolitres de rhum. Sa population est estimée à 50,000 individus. Parmi plusieurs curiosités naturelles, elle renferme un

itinent.

compte située, Bristol, harles-

e superla ligne lle de la es schis.

e contiméridiosition de )nne une ierge est es figues piques y trouvent se, ainsi palement apports, ough , sa nes.

Tabago r le golfe uche-dud- est, et peu près Ile avait e erreur:

, que des i y croisabac, de itrons et uels conde café, estimée à erme un

lac, ou plutôt un grand marais rempli de bitume-asphalte. La surface de ce lac change souvent; les bords, les ilots s’y engloutissent d’un jour à l'autre.

Ce lac, élevé de 28 mètres au-dessus du niveau de la mer , a ordinairement plusd’une lieue de circonférence. Ou y remarque plusieurs trous de 2 à 3 mètres de profondeur , qui contiennent de l’eau qui n’a point du tout le goût du bitume et qui nourrit un grand nombre de petits poissons. A une lieue de la côte orientale de l’île, dans la baie de Mayaro, il existe dans la mer un gouffre d’où, au mois de mars , après une détonation semblable à celle du tonnerre, il sort une flamme et une fumée épaisse et noire qui se dissipe aussitôt; mais, quelques minutes après, on trouve sur le rivage des placards de bitume de 8 à 42 centimètres d'épaisseur sur 16 à 24 de largeur., Près d’une des lagunes si communes à la Trinidad, on remarque un monticule de terre argileuse, entouré d’un grand nombre de petits cènes de 30 à 50 centimètres de hauteur. « Les sommets de ces cônes sont tronqués « etouverts; ce sont autant de petits soupiraux qui exhalent un gaz d’odeur « d'hydrogène sulfuré. Sur la partie la plus élevée de ce monticule est un « cône d'environ un mètre et den,i de haut, percé du sommet à sa base « comme les autres. Celui-ci vomit continuellement une matière blanchâtre « qui a le goùt d’alun. » Près d’un marais de palétuviers, contigu au précédent , on voit un autre mamelon d'environ 27 mètres de diamètre et de 5 de hauteur. Il n’a pas autant de soupiraux que le monticule voisin, mais sa cime présente une cavité circulaire remplie d’un liquide bouillant qui a un goût d’alun. On y entend un bruitsourd el souterrain et la terre tremble sous les pas !.

La cour de Madrid ayant ouvert la Trinidad à tous ceux qui voulaient s’y établir , beaucoup de Français de la Grenade s’y réfugièrent. Par la paix signée en 1801 avec la France, l'Angleterre obtint cette ile importante par sa fertilité, son étendue, et plus encore par sa position, qui domine l’Orénoque et la fameuse Bouche-du-Dragon.

La principale ville est Spanishtown, autrefois Puerlo-Espana, en français Port-d'Espagne, et que les Anglais nomment aussi Port of Spain ; elle est située sur le golfe de Paria. D'abord bâtie en bois, mais détruite par un incendie en 1809, elle a été depuis reconstruite en pierres dont l’île abonde, et entourée de fortifications importantes; on y a aussi élevé un beau môle, Sa population est de 15,000 âmes.

1 Dauæion-Lavaysse : Voyage aux îles de Trinidad, de Tabago, de la Marguerite, etc., t.!, p. 23-32,

Sur la même partie de la côte est Saint-Joseph d'Oruna, l’ancienne ca;itale espagnole, peuplée encore de 5,000 âmes; elle est située au milieu d'une plaine bien cultivée, dans la partie nord-ouest de l’île. Le meilleur port est celui de Chasaramus ; on évalue la population à 30,000 individus.

La Trinidad, vu son étendue ct la prodigieuse fertilité de son sol, pourrait produire autant de sucre que toutes les îles du Vent réunics. Tabago donne relativement encore de plus grandes esptrances. Ces deux îles ont au surplus le précieux avantage d'être horsde la portée ordinaire des ouragans, et d’ofirir par conséquent un mouillage où les flottes ne sont point exposées à ces terribles coups de vent qui souvent les brisent dans les ports des îles situées plus au nord. La Trinité forme un gouvernement colonial particulier, administré par un lieutenant-gouverneur , qui relève du gouverneur général des îles du Vent et sous le Vent.

Nous avons déjà parlé de l'île Marguerite, dépendante de Caracas : il ne nous reste donc à décrire, parmi les îles situées sur la côte espagnole du continent, que les trois dont les Hollandais sont en possession. Curaçao en est la plus importante; elle a 20 lieues de longueur sur 4 à 5 de largeur, aride et dépendante des pluies pour avoir un peu d’eau, cette île semblait être condamnée à une stérilité perpétuelle. L’eau tirée d’un seul puits y est vendue au poids de l'or. L'industrie hollandaise y fait croître, dans un sol léger etrocailleux , du tabac et du sucre en quantité. Les salines donnent un produit considérable; mais c’est au commerce interlope, que l’île doit son état florissant, car la valeur de ses produits n’est évaluée qu’à 500,000 francs.

Willemstadt , la capitale, est l’une des plus jolies villes des Indes occidentales; les édifices publics ont ici plus d'élégance, les rues plus de propreté , les maisons particulières une distribution plus commode , et les magasins plus d’étendue que partout ailleurs. Le port protégé par le fort d'Amsterdam est spacieux et sûr; son entrée est étroite. La population de la. ville est de 8 à 9,000 âmes; celle de l’île se composait, en 1848, de 45,524 habitants, dont 40,045 blancs et 5,479 noirs esclaves.

Bonair et Aruba, petites îles voisines, sont employées à élever du bétail; elles ont environ 4,500 habitants, dont 1,200 esclaves.

L’archipel que nous venons de parcourir est un des principaux théâtres de l’industrie et du commerce des Européens. Les richesses que la Hollande, la France et l'Angleterre en ont tirées, ont plus contribué à la prospérité des métropoles que tout l'or, tout l'argent, tous les diamants du

eca;imilieu cilleur

indi-

, pour-

abago s ont au ragans, xposées des îles articuverneur

as :ilne vnole du Curaçao largeur; semblait lits y est ns un Sol donnent que l’île luée qu’à

des occis plus de de , et les ar le fort ulation de 1848, de

du bétail;

x théâtres Hollande, \ la prosmants du

continent américain. L’Angleterre seule continue à en retirer d'immenses bénéfices.

Terminons le tableau de l'archipel colombien par une esquisse des grands spectacles que la nature y développe.

Contemplons une matinée des Antilles dans la saison des fortes rosées , et, pour en jouir complétement , saisissons le moment où le soleil, paraissant avec tout son éclat dans un ciel pur et tranquille, dore deses premiers feux la cime des montagnes, les larges feuilles des bananiers et les touffes des orangers. Sous les réseaux de lumière qui les gazent avec délicatesse, tous les feuillages divers semblent tissus de la soie la plus fine etla plus transparente, les gouttes imperceptibles de rosée qu’ils cnt retenues ne sont plus qu’autant de perles que le soleil se plaît à colorer de mille nuances, et du centre de chaque groupe de feuilles étincelle l’insecte qui nage dans ces gouttes d'eau. Les prairies n’offrent pas un aspect moins ravissant ; toute la surface de la terre n’£st qu’une plaine de cristal et de diamant. Souvent, lorsque les rayons du soleil ont dissipé les brouillards qui couvraient le vaste miroir de l'Océan, une illusion d’optique vient en doubler les flotset les rivages. Tantôt l’on croit voir un énorme lit de sable là où s’étendait la mer , tantôt les canots éloignés semblent se perdre dans une vapeur embrasée, ou, soulevés au-dessus de l'Océan, ils flottent dans une mer aérienne en même temps qu’on voit leur ombre s’y réfléchir fidèlement. Ces effets de mirage sont fréquents dans les climats équatoriaux. La douce température dela matinée permet à l’ami de la nature d'admirer les riches paysages de cet archipel. Quelques montagnes nucs et renversées l’une sur l’autre dominent par leur élévation toute la scène inféricure. A leurs pieds se prolongent des montagnes plus basses, couvertes de forêts épaisses. Les collines forment le troisième gradin de cet amphithéâtre majestueux; depuis leurs sommets jusqu'aux bords de la mer, elles sont couvertes d’arbres et d’arbrisseaux de la plus noble et de la plus belle structure, A chaque pas ce sont des moulins, des plantations, des habitations qu’on voit percer à travers les branches, ou qu’on entrevoit ensevelis dans les ombres de la forêt. Les plaines offrent des tableaux également neufs et variés. Pour vous en former une idée, réunissez en pensée tous ces arbres etarbustes dont la magnifique végétation fait l’ornement de nos jardins botaniques; rassemblez les palmiers, les cocotiers, les plautaniers ; faites-en à plaisir mille groupes différents en y joignant le tamarinier , l’oranger et tel autre arbre dont les nuances et la hauteur leur soient proportionnées ; voyez jouer au milieu les touffes élégantes du bambou; peignez-vous, entre toutes leurs tiges, les variétés

Ye 73

bizarres de l’épine de Jérusalem, les riches buissons de l’oléandre et des roses d'Afrique, l’écarlate vive et brillante descordia ou sébestiers, les berceaux entretacés du jasmin et de la vigne de Grenade; les bouquets délicats du lilas, les feuilles soyeuses et argentées de la portlandia; ajoutez-y la magnificence variée des champs de cannes étalant la pourpre de leurs fleurs ou le vert émail de leurs feuilles ; les maisons des planteurs, les huttes des nègres, les magasins, les ateliers, la rade lointaine couverte d’une forêt de mâts. L’Océan même offre souvent ici, dans la matinée, un aspect rare partout ailleurs. Aucune brise n’en ride la surface ; elle est si étonnamment transparente, que vous oubliez presque que les rayons de vue y soient interceptés; vous distinguez les rochers et le sable à une profondeur immense; vous croyez pouvoir saisir les coraux et les mousses qui tapissent les premiers, et vous compteriez sans peine les mollusques et les testacés qui se reposent sur l’autre.

Mais quel trouble soudain agite cette foule d'oiseaux et de quadrupèdes qui, avec l’air du désespoir, cherchent des asiles? Ces sinistres pressentiments nous annoncent l’approche d’un ouragan. L’atmospn. : devient d’une pesanteur insupportable, le thermomètre s’élève extraordinairement, l'obscurité augmente de plus en plus, le vent tombe tout-à-fait, la nature entière paraît plongée dans le silence. Bientôt ce silence est interrompu par

les roulements sourds des tonnerres éloignés; la scène s’ouvre par une foule d’éclairs qui se multihlient successivement, les vents déchainés se font entendre, la mer leur répond par le mugissement de ses vagues; les bois, les forêts, les cannes , les plantaniers, les palmiers y joignent leurs murmures et leurs sifflements plaintifs. La pluie descend à flots, les torrents se précipitent avec fracas des montagnes et des collines , les rivières s'en flent par degrés , et bientôt les ondes accumulées débordent de leur lit et submergent les plaines. Bientôt ce n’est plus un combat de vents furieux, ce n'est plus la mer mugissante qui ébranle laterre; non c’est le désordre de tous les éléments qui se confondent et s’entre- létruisent. La flamme se mêle à l’onde, et l’équilibre de l'atmosphère, ce lien général dela nature, n'existe plus. Tout retourne à l’antique chaos. Quelles scènes n’éclairera pas le solcil du matin! Les arbres déracinés et les habitations renversées couvrent au loin toute la contrée. Le propriétaire s’égare en voulant chercher ce qui reste de ses champs, Partout gisent les cadavres des animaux domestiques pêle-mêle avec lesoiseaux des forêts. Les poissons eux-mêmes ont été arrachés de leurs humides retraites, et l’on recule d’effroi quand on les rencontre, loin de leurs demeures, meurtris en se froissant contre les débris,

CE

Page 1