‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 26 sur 146 · TRE · texte numérisé non relu

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L’accroissement de la population surpasse toute idée. En 4737, cet État renfermait 50,291 habitants. D’après le-recensement de 1800, l'État portait la population à 586,000 habitants; elle est aujourd’hui de 3,090,022. Les émigrations de la Nouvelle-Angleterre y ont contribué. Dans la partie maritime, il y a encore des habitants d’origine hollandaise, mais il ne reste que peu d’Indiens, Les débris des cinq nations qui formaient autrefois la ligue iroquoise habitent la partie occidentale de l'État de New-York. Les Onéidas, les Onondagas et les Senekas résident près des lacs dont ils portent le nom. Il n’y a peut-être même plus aucun représentant de la puissante tribu des Mohawks. On porte le nombre des Indiens à 3,000.

On se fera une idée de l’industrieuse activité qui règne dans cet État florissant, lorsqu'on saura que dans les derniers temps on y comptait 306 usines et forges, 8,507 moulins, dont 338 à farine; 4,750 broyeurs, 16,356 àscieries et 63 à huile, 43 verreries, 77 papeteries, 4,229 distilleries, 2,105 fabriques de potasse, 1,213 manufactures de tissus de laine et 417 de coton. Le nombre des écoles élémentaires entretenues par l’État était, en 1840, de 40,593 avec 302,367 écoliers, et celui des écoles secondaires de 505 avec 34,715 élèves.

Le gouvernement réside à Albany. C’est une ville de 56,026 âmes, aux rues larges et bien alignées, mais dont le sol est inégal. A l’exception du Capitole, il n’y a pas de bâtiments qui aient l’aspect monumental : celuici produit un assez bel effet par sa situation sur une éminence que termine une fort belle rue appelée State-Street : ce monument sert à la fois au sénat, à la chambre représentative, aux cours de justice, à la société des aris et à celle d'agriculture ; il renferme une assez belle bibliothèque. Albany est située sur la rive droite de l’Hudson, à 600 kilomètres de Washington, et 233 de New-York. C’est un des arsenaux de l’Union. Elle fait un commerce important avec l’intérieur ; son port, qui peut recevoir des navires d’un moyen tonnage, communique par des canaux au lac Champlain et au Saint-Laurent, au Mississippi et au lac Érié. E!'c st reliée à Boston par un chemin de fer de 320 kilomètres, et à New-York par un service régulier de bateaux à vapeur. Albany:est, après Jamestown.en Virginie, la ville la plus ancienne de l’Union. elle doit son: origine au fort Orange, construit par les Hollandais en 4614, et a: été érigée en ville en 1686. C’est à la navigation entre Albany et New-York qu’a.été employé le

premier bateau à vapeur fonctionnant pour un service public: le Vorth-

River, construit par Fulton en 1807, faisait le trajet en 36 heures; aujourd’hui il se fait en 44 heures.

Bien qu’Albany s’agrandisse rapidement, elle n’effacera pas de sitôt New-York, qui est certainement la ville la plus commerçante et l’une des plus peuplées de toute l’Amérique. Cette grande cité est située dans l’île de Manhattan, et près de l'embouchure de l’Hudson.

Sa population qui, en 4699 était 6,000 habitants, était en 4790 de 33,131 âmes; en 4820, de 123,706 ; aujourd’hui elle dépasse 517,000 habitants.

Si les anciens quartiers de New-York sont composés de rues étroites et tortueuses, les nouveaux ne renferment que des rues larges, droites et bien 1 alignées. La plus belle et la plus commerçante, appelée Broadway (Rue- î | Large), la traverse sur une longueur de plus d’une lieue et sur une lar- * geur de 25 mètres. L’élégance des maisons, la richesse et la variété des magasins, la largeur des trottoirs, la foule toujours active qui l’anime, font de cette rue une des promenades les plus intéressantes.

A la rue Bowery commence un chemin de fer, qui la parcourt jusqu’au cs dehors de la ville, et se termine à Harlem, éloignée de New-York de 7 milles 4/2. Les rails y sont fixés dans la terre ; mais comme ils ont peu de saillie, les voitures ordinaires peuvent les croiser. Les wagons sont traînés ie par deux chevaux et transportent plus de 30 personnes, avec une vitesse de 6 à 40 milles à l’heure. 14

Les édifices publics de cette grande cité l’emportent en beauté sur la F3 plupart de ceux des autres villes des États-Unis; lAé/el-de-ville est le plus 4 magnifique de tous ; il est en partie bâti en marbre, mais le couronnement de ce palais est en bois peint. Si la prison d'État est vaste, la maison de charité la surpasse encore en étendue : la façade de son principal corps de logis a 4105 mètres de longueur. Le New-York Exchange est un autre bâtiment remarquable : c’est là que sont établis les bureaux de la poste et le cercle littéraire des commerçants. On compte à New-York 79 églises, dont 15 appartiennent aux épiscopaliens, 4# aux presbytériens, 40 aux réformés, 43 aux méthodistes, 10 aux anabaptistes, 2 à la confession d’Augsbourg, et 2 aux catholiques qui y ont un évêque. Parmi les édifices destinés au culte, les plus vastes et les plus élégants sont le temple de la Trinité et le temple de Saint-Paul. Le plus beau bâtiment est Federal-hall, où, le 30 avril 1789, Washington et le congrès jurèrent de maintenir la constitution générale de l’Union. Nous n’essaierons pas d’énumérer les établissements de bienfaisance et d'instruction renfermés dans New-York ; parmi les premiers se fontremarquer la maison pénitentiaire, l'hospice des fous et celui

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New-York est le siége de la Compagnie américaine des fourrures. L'industrie de cette grande cité est très-variée ; elle s’étend sur tous les objets de consommation en usage dans une grande cité, et nous ferons grâce au lecteur de la fastidieuse énumération de ses fabriques et de ses usines, Son commerce en a depuis longtemps fait la première ville du Nouveau-Monde et la seconde de l’univers. Elle doit cet avantage à son admirable position comme entrepôt ; ses relations s’étendent à l’intérieur au moyen du grand canal de l’Érié, de ses embranchements avec toutes les villes des États de l’ouest de l’Union qu’elle approvisionne de marchandises étrangères, tandis que les produits surabondants des mêmes Etats sont exportés à la Nouvelle-Orléans. Son port est vaste et sûr; il est accessible aux plus gros bâtiments ; sa marine marchande ne jauge pas moins de 430,301 tonneaux (en 1840), c’est-à-dire qu’elle égale les 4/5 de celle de la France entière (580,079 tonneaux en 1840); la valeur des importations est de plus de 500 millions, et celle de ses exportations de plus de 470 millions; son port reçoit annuellement plus de 2,000 navires de toutes les parties du monde; c’est le principal point de débarquement des émigrants aux États- Unis; il en reçoit près de 120,000 dont la plupart sont d’origine ailemande. On a calculé que la population allemande des Etats-Unis dépassait aujourd’hui # millions d'individus. Le port de New-York est défendu par le fort Columbus, le Château de Guillaume (Castle Williams) le fort Lafayette et le fort Richmond.

New-York a été fondée par les Hollandais sous le nomde New-Amsterdam en 1621 ; elletomba au pouvoir des Anglais en 4664; envain les Hollandais Ja reprirent-ils en 4673; l’année suivante elle fut de nouveau occupée par les premiers. C’est à New-York que siégea le premier congrès américain sous l'empire de la constitution de 4789.

C’est à Brooklyn, vis à vis New-York dont elle semble être un faubourg, à l'extrémité de Long-Island qu'est situé l'arsenal maritime de New-York et ses chantiers de construction. La population de cette ville est de 96,850 habitants; elle est florissante par son industrie et son commerce. 4 Les riches habitants de New-York ont leurs maisons de campagne dans L

l'île Manhattan et dans Zong-Island (l'île Longue), qui n’en est séparée que par un canal d’un quart de lieue de largeur. Cette île, de 40 lieues de long ;

et de 4 à 8de large, est divisée en frois comtés, dont Jamaïca, Brooklyn et Sag-Harbour sont les villss principales, Rochester, ville de 36,561 âmes, sur le Genessée, qui est üarré par plusieurs chutes d’eau , dont une a 34 mètres de hauteur , doit son importance et son accroissement rapide à sa situation au bord du grand canaï Erié, qui traverse cette rivière.

C’est à l’ouverture de ce canal que Rochester doit sa population toute nouvelle et son existence. [l y a vingt ans, on comptait à peine dix maisons là où se trouve aujourd’hui une cité commergçante, créée comme par enchantement,

A 15 lieues de New-York, Wes{-Point , sur la rive droite de l’'Hudson, est un bourg célèbre par l’école militaire qui y est établie. Les élèves, au nombre d'environ 250, v restent quatre années. Ils étudient la stratégie et le code militaire ; lesmathématiques etla philosophie naturelle ; la rhétorique, la morale, la politique et la langue française ; la chimie, la physique, la minéralogie et la géologie ; le dessin, l’escrime, l’art de l’ingénieur et de l’'artilleur , et la pyrotechnie.

Parmi les communes ou fowns que renferme l'Etat, on remarque Plattsburg ou Plattsbourg sur le lac Champlain , à moitié chemin entre Québec et New-York: Saratoga , connue par le désastre de l’armée de Burgoyne et par ses sources incrustantes. Les forts de Crown-Pointet de Ticonderoÿa sur le lac Champlain, ceux d’Oswego et de Niagara sur le lac Ontario ne sont pas d’une grande force. |

Troy, sur le bord de l’Hudson , à 41 kilomètres d'Albany, tient un rang considérable par sa fabrique d'armes, ses toileries et son commerce ; elle a 22,000 habitants, mais ce qui lui donne une grande importance, c’est qu’elle est le quartier général de la division militaire orientale des États de l’Union qui comprend dans son ressort ceux qui seraient à l’est d’une ligne tirée du fond du lac (lac Supérieur } au cap Sable (Floride). Dans ses environs Wafervliet , ville de 42,000 âmes, possède un des arsenaux généraux de l’Union. Hudson, sur le fleuve de ce nom, se distingue par sa situation pittoresque ct ses eaux salubres.

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Ulique ou Utica, sur la rive droite du Mohawk et sur le canal Erié, renferme une douzaine d'églises dont quelques-unes sont construites avec tlégance, une académie, une cour de justice, trois banques et plusieurs manufactures. Sa population est de 47,240 habitants. Ses principales rues sont plus larges qu’à Philadelphie; ses maisons sont belles et peintes en couleurs claires. Entre les diverses habitations, il y a ordinairement un petit jardin d'un côté et un passage de l’autre : ce qui, joint à leur propreté, offre un joli coup d’æil. On publie dans cette ville trois ou quatre journaux hebdomadaires. A 173 kilomètres au nord-ouest, sur le lac Erié, Rome, viile de 6 à 8,009 ânes renferme un des arsenaux de l’Union. Syracuse, à l’ouest d'Utique sur l'Oswego, est une ville commerçante de 22,235 habitants; elle est liée par un service de bateaux à vapeur avec Zfaca, petite ville industrieuse située sur i:x beau lac.

Buffalo ou Buffaloe, située à l'endroit où le Niagara sort du lac Erié, est jolie et possède de beaux hôtels garnis et un théâtre. Sa position à l'entrée du canal de New-York la rend l’entrepôt du commerce avec les Etats occidentaux de l’Union. Sa population est de 49,863 habitants. Newburgh est intéressante parses manufactures et son importante brasserie; Poughkeepsie commune de 9,000 habitants, possède des chantiers de construction et 3 imprimeries qui livrent chacune un journal par semaine. Génessée est une jolie petite ville de 6,000 habitants, qui possède trois écoles communales, outre celle du dimanche. Aubrun, ville belle et d’un commerce important, renferme une prison remarquable par sa belle tenue et par le nombre des condamnés qui y sont renfermés, et qui s’élève quelquefois à plus de 4,000. Suchkets-Harbour , sur le lac Ontario , est importante par son commerce et par ses chantiers militaires et marchands. Enfin Caldwell est un bourg remarquable par sa charmante position sur le lac Gcorge; il est devenu depuis quelques années, le rendez-vous à la mode du beau monde des Etats voisins.

L'espèce de péninsule qui forme le New-Jersey commence au nord par des montagnes extrêmement riches en minerai de fer et de zinc ; plus bas, des collines agréablement variées étalent leurs vergers et leurs pâturages ; l'extrémité méridionale n’offre qu’une plaine couverte d’une immense forêt depins, et dont le sol marécageux et sablonneux renfermeen grande quantité de la mine de fer limoneuse. De nombreuses rivières y font mouvoir toutes sortes d'usines etde moulins. La cascade du Passaïc est pittoresque, la rivière tombe en une seule nappe de 22 mètres de haut. Cette province ne renferme aucune grande ville. Trenton en est la capitale. Sa population

n’est que de 6,000 âmes ; elle est sur la Delaware ; Washington remporta sur les Anglais , le 26 décembre 1776, une victoire célèbre sous ses murs. Le port de Newark, situé vis-à-vis de la ville de New-York, est le seul endroit d’où l’on ait tenté des expéditions maritimes; c’est aussi la seule ville dont ia population ‘dépasse 38,585 âmes. Elle est renommée pour ses fabriques de souliers, ses carrosses et son cidre , qui ressemble beaucoup au vin de Champagne. La baie de Rarilan offre un excellent por. Parmi les habitants du New-lersey, distingués par leur bravoure et leur constance dans la guerre de la liberté , quelques-uns descendent des Hoïlandais, qui avaient compris le Jersey oriental avec le New-York sous le nor: de Novum Belgium ; il y a aussi des descendants: des Suédais qui, établis sur la Dela- Ware, avaient essayé de fonder une Nouvelle-Suède. L'une et l’autre de ces faibles colonies ont été absorbées dans le grand nombre d'Anglais , principalement quakers, qui vinrent ici chercher la libertétroligiense, En 4664, sous le règne de Charles 1°", la colonie devenue angiaise prit le nu: de New-Jerse’; eu l'honneur de sir George Carterey qui avait vaillamment défendu l’île de Jersey contre le long-parlement ; après avoir formé sa constitution en 1776, i: adhéra à l’Union en 4787 ; sa population est d’environ 488,570 habitants ; il est divisé en 44 comtés.

Les autres villes que l’on peut «encore citer sont Paterson, peuplée de 41,329 âmes, près de la cascade du Passaïc; New-Brunswick, importante par son commerce, par son collége et par son séminaire théologique des réformés hollandais; Perth-Amboy, remarquable par son port, l’un des plus importants de l’Union, et Princeton, qui renferme le célèbre collége de New-Jersey.

La Pensylvanie, ou mieux Pennsylvanie, qui ne le cède à aucun des États-Unis pour la richesse du sol, pour l’abondance et la variété des productions, forme la transition entre la zone froide et la zone chaude de l'Amérique septentrionale; il ne faut pas en conclure qu’elle jouit d’un climat tempéré ; c’est l'humidité de l'Angleterre au printemps, et la sécheresse de l’Afriqueen été ; quelques jours d’automne rappellent le doux ciei de l’Italie, mais les hivers ramènent les frimas de la Sibérie. Il n’y a que des constitutions robustes qui résistent à ces changements de température. Outre les grandes rivières de Delaware, de Susquehannah et d’Ohio, un nombre considérable d’eaux courantes répandent partout la fertilité, ali. mentent des moulins et des canaux d'irrigation, ou embellissent le pays par de romantiques cascades. Les Ohio-Pyles, ou la chute de la rivière Youghiogeny, est une des plusremarquables. Les montagnes Bleues parais-

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sent ‘avoir porté dans cette province le nom indigène de Kiflatinny. La farine de froment, de qualité excellente; du chanvre, des érables à sucre, des riches mines de charbon, sont les productions les plus importantes. La race pennsylvanienne se distingue par son activité, ses bonnes mœurs et son courage. Plus éclairée que les habitants de New-York, plus tolérante que ceux de la Nouvelte-Angleterre, elle n’est pas corrompue par l'esprit exclusif du commerce, elle dédaigne les préjugés qui accompagnent dans les États du midi l'existence d’une classe d'esclaves. La constitution démocratique est appuyée par de bonnes institutions municipales; la tolérance religieuse re connaît d’autres bornes que celles de la morale universelle et de cette conscience du genrehumain qui repousse l’athéisme. Un tiers de la population est composé de quakers et d’Anglais épiscopaliens; ils habitent Philadelphie et les comtés de Chester, de Bucks et de Montgomery. Les Irlandais, pour la plupart presbytériens, habitent les contrées de l’ouest et du nord; comme ils sont en général originaires du nord de l'Irlande, peuplé par des Ecossais, on les appelle quelquefois Ecossais-Irlandais. Les Allemands, pour la plupart originaires de la Souabe et du Palatinat, forment une population d’environ 400,000 individus, et demeurent principalement dans les comtés de Lancastre, d’York, de Dauphin et de Northampton , ou sur les premières rampes des montagnes Bleues, où les noms de Berlin, Manheim, Strasbourg, Heidelberg et autres rappellent le souvenir de l'Allemagne. La Pennsylvanie doit son nom au quaker Guillaume Penn, fondateur de Philadelphie. Établi par les Anglais en 4682, cet État forma sa constitution en 4776, et adhéra à l’Union en 4787. Sa population qui, en 4790 était de 430,000 âmes, est aujourd’hui de 2,314,681 habitants; cet État est partagé en 54 comtés.

Les richesses minérales de la Pennsylvanie sont considérables, surtout en fer, en houille et sel ; on évalue à 252,000 hectares l'étendue de son bassin houiller. On y compteplus de 250 hauts-fourneaux et 180 forges, occupant 45,000 ouvriers. Le commerce et l’industrie manufacturière sont très-actifs, ils s’exercent sur tous les produits que la main de l’homme sait transformer en objets de luxe et d'utilité; ils doivent leur rapide accroissement aux nombreuses voies de communication qu’offrent les canaux et les chemins de fer qui s’entre-croisent à chaque instant, et viennent former à Philadelphie et à Pittsbourg deux nœuds importants.

Le grand territoire de Pennsylvanie ne touche que par ses pointsextrêmes au lac Erié. Néanmoins sa principale ville, Philadelphie, située entre les rivières de Schuylkill et de Delaware, est une grande place de commerce.

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D’après les derniers recensements, la ville de Philadelphie contient 414,444 habitants avec ceux de ses faubourgs. Le plan en fut tracé en 1683 par Guillaume Penn. Cette ville est construite avec élégance; ses principales rues, pavées de cailloux et de briques sur les trottoirs, ont 35 mètres de largeur. C’est la première ville des États-Unis pour la variété, la richesse et la supériorité de ses manufactures. On peut affirmer qu’elle est la plus régulièrement belle, non-seulement des États-Unis, mais du monde entier. Ses rues qui se coupent toutes à angles droits, ses larges trottoirs toujours propres, l'élégance de ses maisons bâties en briques et décorées de beau marbre blanc, la richesse et le bon goût de ses monuments publics, offrent au premier abord un aspect séduisant, mais qui peut à Ja longue fatiguer l'œil par son excessive régularité. Elle s'étend sur une longueur d’environ 2 milles, depuis la rive droite de la Delaware jusqu’à la rive gauche du Schuylkill. Sa largeur est de plus de 4 mille. Le plus beau des édifices qui contribuent à l’embellir est celui de la Banque, considéré généralement comme le principal monument de l’Union : il est entièrement construit en marbre tiré des monts Alleghanys, et présente l’image assez exacte du Parthénon à Athènes. Le nouvel Hôlel des monnaies, le plus important établissement de ce genre aux États-Unis, est un des principaux ornements de Philadelphie.

Les établissements d'instruction y rivalisent par le nombre et la belle tenue avec ceux de bienfaisance. Nous citerons parmi les premiers le Musée de Peel, renfermant de belles collections d'histoire naturelle, l’Observaloire, le Jardin botanique de Bartram, la Bibliothèque de la ville, celle de l'Université, et celle de l'Académie des beaux-arts; la Société philosophique américaine, celle de médecine, celle d'agriculture, celle des sciences naturelles, la Société linnéenne, celle de géologie, celle qui a pour but l'encouragement des inventions utiles. La plupart de ces sociétés, et notamment celle de géologie, publient chaque année des mémoires.

L'Instilut de Franitin, créé par une société particulière et soutenu par des souscriptions, est destiné à encourager et à repandre le goût desarts et des sciences. Il possède une bibliothèque, un cabinet de minéralogie, une collection de modèles de machines, de ponts, etc. On y distribue des prix, et on y publie une feuille périodique fort intéressante qui a pour titre Journal de l'Institut de Franklin.

C’est à Philadelphie que se publient les ouvrages les plus importants de la librairie américaine.

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L'un des principaux établissements de Philadelphie est le pénrfentiaire, qui, depuis, a servi de modèle à ceux de nos vieilles capitales de l’Europe.

La Maison de correction est un établissement qui mérite aussi d’être cité. Elle renferme environ 700 jeunes détenus des deux sexes.

Philadelphie fait un commerce considérable, grâce à ses deux ports, l’un sur la Schuylkill et l’autre sur la Delaware, et aux nombreux canaux qui la mettent en communication avec l’intérieur. Le port de la Schuylkill est un entrepôt général du charbon; celui de la Delaware est ouvert au cabotage maritime et au commerce étranger. Le tonnage des navires de Philadelphie est de 87,346 tonneaux. Son port reçoit annuellement 2,000 navires de cabotage ct 600 navires venant de l'étranger. C’est dans cette ville que fut tenu, en 1774, le premier congrès de l’Union, et que l’indépendance y fut proclamée. Elle a été jusqu’en 4800 la capitale des États-Unis.

Aux portes de Philadelphie, nous citerons le Water- Works, magnifique construction hydraulique qui fournit de l’eau à toute la ville. A la distance d’un mille de cette machine, on remarque le beau pont en bois de Market - Streel-Bridye, sur le Schuylkill : il est d’une seule arche de 412 mètres de diamètre. Plus loin on aperçoit un vaste édifice qu’il ne faut point passer sous silence : c’est l’astle des marins, édifice remarquable par le luxe de sa construction, et dans lequel le gouvernement fédéral a voulu montrer l’es-

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time qu’il fait des bons services de l'État, et prouver qu'il n'oublie pas la dette sacrée qu’il a contractée à leur égard.

Harrisbourg, sur la rive gauche du Susquehannah, ast, malgré son peu d'importance, la capitale de toute la Pennsylvanie. C’est une cité régulièrement bâtie, dans laquelle on ne remarque que le Capitole et l'hôtel de l'administration de l’État, Sa population s’élôve à peine à 40,000 âmes.

L'industricuse et florissante Piltsburg ou Pittsbourg, au confluent de l’Alleghany et de la Monongahela, qui forment l'Ohio, est une ville bien bâtie, mais dont les maisons noircies par la fumée de la houille lui donnent un aspect triste. On exploite dans ses environs des houillères importantes. Elle renferme un grand nombre d’usincs, dont plusieurs sont affectées à la fabrication des machines à vapeur, Ses fonderies de canons, ses clouteries, ses manufactures de tissus de laine et de coton, ses verreries, ses fabriques de poteries, de cordages et de potasse, lui ont valu le surnom de Birmingham américain. Elle doit l’activité de son commerce et de son industrie au canal qui unit l'Ohio à l’Atlantique par le Chesapeake. En 1840 on évaluait le produit annuel de ses hauts-fourneaux à 2,234,000 francs, et le produit de ses forges près de 22,000,000 de francs.

Au commencement de ce siècle, Pittsbourg n’était encore qu’un poste militaire; aujourd'hui se population, en y comprenant celle des quatre villages que lon peut considérer eomme appartenant à ses faubourgs, s'élève à plus de 55,000 âmes. Dans l'intérieur de la Pennsylvanie, nous remarquerons encore Lancaster, ville de 8 à 40,000 âmes, qui publie trois journaux anglai, et trois allemands, et qui a des fabriques considérables de chapeaux et de carabines; Birmingham, qui rivalise avec cette dernière et possède un arsenal remarquable; Carlisle, qui renferme l'excellent collége de Dickinson; Alleghanylown, remarquable par sa belle maison pénitentiaire; Fork, avec 5,000 habitants; Bethléem, chef-lieu des frères moraves, siége de leur évêque et de plusieurs colléges, fabriques et manufactures ; enfin, Ephrata ou Tunkerstown, résidence d’une autre secte religieuse très-austère, nommée les {untes ou dunkers.

L'agriculture fleurit dans le petit État de Delaware, qui a pour capitale Dover ou Douvres, petite ville de 410,000 habitants. Le commerce fait prospérer Wilmington, ville agréablement située sur la Bradwine et la Christiana ; elle est importante par ses nombreux moulins à farine et à poudre,

ses usines et ses fabriques, et est peuplée de 8 à 10,000 âmes. Presque tout

le terrain étant déjà mis en culture, le nombre des habitants de cet État ne s'accroît que lentement. Les rivages de la baie de: Delaware sont très-bas,

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