‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 103 sur 203 · CE PET PRES CE EEE · texte numérisé non relu

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ans. Eu cflet, cu sait quo les pronuits de l'agriculture s'élèvent à 5 milliards 300 millions de francs; si donc on estime que ces produits soicn' le dixième du capital, celui-ci doit être estimé à 53 milliards, Les produits de l'industrie s’‘levant à près de 2 milliards, on pourrait ovaluer à environ 49 milliards !e capital industriel. Un recensement géatral des portes ct fenêtres, fuit en 4834, a prouvé qu'il existait à celto yoque, en France, 6,642,400 maisons, non compris les établissements réservés à l’industrie; les loyers de ces habitations ont été estimés à 385 millions de francs, Cette évaluation est certainement fort au-dessous de la vérité, puisqu'elle ne donne pour terme moyen que 57 francs par maison; cependant, en la prenant pour base de leur valeur réelle, clle porterait l'estimation de celles-ci et de tous les étubiissements industriels à plus de 10 milliards. Le capital que possède la France s'élèverait donc à environ 90 milliards, sans compter les capitaux employés duns les voics de communication, dans les voitures qui parcourent les roules, les wagons qui se croisent sur les chemins de fer, les bateaux qui naviguent sur les canaux, et les ravires employés por le commerce cl la pêche maritime. Ce chiffre serait encore augmenté considérablement, si l’on y ajoulait les capitaux que roprésentent les constructions de nos ports militaires ct de commerce, ie nos bâtiments de guerre, de nos forteresses et de nos arscnaux.

Parmi les administrations qui dépendent du ministère des finances, on remarque celle de l'enregistrement ct des domaines, dui est chargée d’élablir et d'atrministrer les propriétés de l'État, ctc.; l'administration des douancs; l'aiœinistration des contributions indirectes (droits sur les boissons, les cartes à jouer, le sucre indigène, clc.); l'administration des postes; l'administration des forêts; l'administration des contributions directes (impôts foncier, personnel); la commission des monnaies.

La Banque de France cst un élublissement très important, fondé par actions, qui a le privilége d'émettre des billets à vue au porteur, et qui escompte les eliels de commerce, fait des avances sur des cflets publics français et sur des lingots d'or et d'argent, Son siége est à Paris; elle a des succursales dans les j rincijales villes commerçantes des départements.

La Caisse d'amortissement est destinée à racheter les rentes de la dette publique, au moyen de dotativris anuuclles et du revenu des rentes achetées par elle; la Caisse des dépôts et consignalions, qui ne forme avce celle-là qu’une même administration, ect destinée à recevoir les dépèts, soit obligatoires, soit volontaires, à faire le service des fonds de retraile des

employés de l’État, etc.

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Enfin, les personnes sages et laborieuses trouvent, dans les caisses d'épargne, au nombre de plus de 500, les moyens de se créer par l'éconsüle une ressource pour l'avenir, On reçoit les sommes les plus fuibles ; elles sont remboursables à volonté, et elles portent un léger intérêt,

La cour des comptes juge et vérifie les comptes des services publics.

Les revenus de l'État s'élevent à environ 4 milliard 800 millions de francs, et les dépenses offrent à peu près lo même chiffre ; mais les travaux extraordinaires ct diverses autres causes font dépasser aux dépenses totales la somme des recettes, et contribuent à former ce qu’on appelle le déficit, Ce découvert oblige l'État à des emprunts, et ces emprunts ont porté la dette publique, dans ces es années, à 6 milliards de francs, En 1852, on évaluait les dép: 231,829 francs, et les recettes à 1.379,554,809 francs. En lépenses étaient évaluées à 4,516,820,459 francs, et les rec à 1,520,639,572 francs. La dette publique s'élevait pour cette même année à 5,315,637,360 francs, sans compter 600 millions de francs de dette flottante.

Sous le rapport militaire, la France est partagée en 2j divisions militaires, comprenant chacune plusieurs départements, qui forment les subdivisions. Dans chaque subdivision militaire, un général de division commande ct dirige les troupes qui s’y trouvent; il a sous ses ordres des généraux de brigade qui commandent les subdivisions. Dans chaque division il y a aussi un intendant-général militaire, qui est chargé de toute l'administration militaire, et qui a sous ses ordres les sous-intendants établis dans les subdivisions.

La police intérieure cst faite par 25 lègions de gendarmerie, dont les compagnies occupent chacune un département. Paris et les grandes villes

ont une garde particulière.

L'armée française, sur le pied de paix, est d'environ 400,000 hommes ; elle peut facilement être portée à 700,000 hommes en temps de guerre. Elle se compose de l'état-major, de l’intendance, de 400 régiments d’infan-

terie et de 20 bataillons de chasseurs à pied, servant d'infanterie légère ;

de 54 régiments de cavalerie, de 20 régiments d'artillerie, de 3 régiments du génie; de 25 légions de gendarmerie. Les troures d'Afrique se composent de 3 régiments de zouaves, de # régiments de chasseurs d’Afrique, de 3 régiments de spahis, de la légion étrangère, et de différents corps indigènes à nolre solde.

A cet effectif, nous devons ajouter environ 20,000 hommes de troupes

impériules, créées par un décret du 4er mai 4854. Celle garde comprend VILL 51

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un régiment des guides, un régiment de cuirassiers, une compagnie du gépie, un régiment d'artillerie, deux régiments de voltigeurs, deux régiments de grenadiers, un bataillon de chasseurs à pied et un régiment de gendarmes.

Dans un moment de danger, la France pourrait mettre sur pied, en outre d'une armée active de 800,000 hommes, plus de 3,500,000 hommes de garde nationale, dont près d’un miliion serait susceptible d’être mobilisé.

ll y a en France huit arsenaux d'artillerie; ils sont établis dans les places suivantes : Auxonne, Douai, Grenoble, La Fère, Metz, Rennes, Strasbourg et Toulouse ; deux entrepôts de salpêtre: à Avignon et Châlonssur-Marne ; trois fonderies : à Douai, Strasbourg et Toulouse. Ces fonderies peuvent fournir annuellement 450 à 500 bouches à feu de différents calibres. La France possède aussi pour les travaux d'armement six forges établies à Besançon, Metz, Mézières, Nevers, Rennes et Toulouse; cinq manufactures d'armes, à Châtellerault, Klingenthal, Mutzig, Saint-Etienne ét Tulle; onze poudrières à Angoulême, le Bouchet, Esquerdes, Metz, Pont-de-Buys, Le Ripault, Saint-Chamans, Saint-Médard, Saint-Ponce, Toulouse et Vouges, qui peuvent confectionner annuellement 41,500,000 à 2 millions de kilogrammes de poudre; sept ruffineries de salpètre, à Bordeaux, Lille, Marseille, Nanci, Paris et Le Ripault.

Il existé à la disposition du ministère de la guerre, sans compter l’armement de la garde nationale, 44,000 bouches à feu, et 4 million 500,000 fusils. :

En cas d’invasion de la part de l'étranger, la France ne possède peutêtre point assez de places fortes pour défendre avec succès son territoire. Une grande ligne de frontières qui s’étend du port d'Antibes à Givet sur

la Meuse, présente quelques points vulnérables. Depuis Antibes jusqu’à:

Pisère, nos frontières sont parfaitement couvertes par quelques forteresses et surtout par la difficulté de traverser les Alpes. Briançon est regardé comme imprenable ; on a doublé l’enceinte de Grenoble; sous la direction

du général Haxo, on en a fait une grande place de guerre ; mais la Savoie

offre à l'ennemi le rassage des Aipes et un poste avancé sur la France. H serait donc indispensable, comme l’a dit un publiciste, d'établir un fort dans l’Oysans, pour rester maitre de la nouvelle route de Grenoble à Briançon, et un autre poste sur la rive gauche de PlIsère, en face du fort Barreau, pour empêcher l’ennemi de déboucher sur Grenoble par Ja route de Goncelin; enfin il faudrait se rendre maître du passage des Échelles, par un autre fort placé non loin du Pont-de-Beauvoisin, et

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commander ainsi la route de Chambéry à Lyon. Depuis que cetie dernière ville a été fortifiée, une bonne garnison et 60,000 gardes nationaux que l'on peut facilement y réunir, ajoutcront aux forces de la France l'équivalent d’une armée de 200,000 hommes.

La rive gauche du Rhône, défendue par Grenoble, serait tout-à-fait garantie par les forts que nous venons d'indiquer; mais la rive droite du fleuve n’est pas suffisamment défendue par les deux postes fortifiés des Fort-l’Ecluse et de Pierre-Châtel : il serait donc utile d'établir une place de guerre de second ordre, et quelques forts pour garder les routes et les passages depuis le pays de Gex jusqu’à Besançon.

C’est à partir du Rhin jusqu’au Givet que commence le côté faible de nos frontières, surtout depuis que nous avons été forcés de céder Landau à la Bavière et Sarrelouis à la Prusse, et que les traités de 4815 nous ont obligés de démolir Huningue. Bien que l’on eût, depuis longtemps, considérablement augmenté les fortifications de Béfort, il était encore utile de fortifler Chaumont et Langres, ainsi que le gouvernement l'a fait dans ces dernicrs temps.

Haguenau, Strasbourg, Schelestadt, Neuf-Brisach, Weissembourg , Metz, Thionville, Verdun, Lille, Cambrai, Givet, Douai, Bergues, Condé, Maubeuge, Avesnes, Valenciennes, Rocroy, Charlemont, Sedan et Mezières, forment certainement une bonne ligne de défense du oôté de l'Allemagne; mais elle serait complétée si l’on fortiflait certains points intermédiaires, tels que la côte des Geniveux, près de Melz, la petite ville | de Clermont en Argonne, la côte de Bième et Sainte-Menehould. On a proposé aussi d’entourer Châlons-sur-Marne d’un rempart, d'établir un fort entre Epernay et Port-à-Rinson, pour couper la grande route, et commander le cours de la Marne; d’en établir un second à Château-Thierry, un troisième à La Ferté-sous-Jouarre, et le quatrième à Trilport, pour défendre le passage du pont.

La défense du sol français est assurée du côté de Espagne par Perpignan, Belle-Garde et Mont-Louis vers l’est, et par Bayonne et Saint-Jean- Pied-de-Port vers l’ouest.

Au point de vue maritime, la France se diviseen 6 préfectures maritimes se partageant l’étendue des côtes. Ces préfectures sont Cherbourg, sir la Manche, Brest, Lorient, Rochefort, sur l'Océan, et Toulon, sur la Méditerranée. Chaque préfecture maritime se subdivise en sous-arrondissements maritimes et quartiers d'inscription maritime. L’armée navale compte euviron 36,000 marins, recrutés parmi les marins de l'inscription

maritime. La marine de l’État comptait, en 4852, 211 bâtiments à voiles, dont 25 vaisseaux, 37 frégates et 30 corvelles, et 408 bâtiments à vapeur, dont # vaisseaux, 20 frégates et 27 corvetles. Il y avait à la même époque en construction #9 bâtiments à voiles et 7 à vapeur. Ce nombre a été considérablement accru de 1852 à 1854. Outre les marins des équipages, il existe trois régiments d'infanterie de marine, un régiment d'artillerie et un bataillon de gendarmerie maritime. Le cadredes officiers de marine de tout grade élaiten 4852 de 4,871, dont 2amiraux, 4 2 viceamiraux, 20 contre-amiraux et 440 copitainesde vaisseau.

La France entretient, pour protéger son pavillon et ses colonics, des stations navales dans les différentes mors du globe. Les principales stations maritimes sont, indépendamment de l’escadre de la Méditerranée réunie à Toulon; de l'Océan, réunie à Brest; de la Manche, réunie à Cherbourg ; celles du Levant, de l’Algérie, des Antilles et du golfe du Mexique, du Brésil ct de la Plata, de l'Océan pacifique et des côtes occidentales de l'Amérique, de la mer de Chine, des côtes occidentales d'Afrique, de Tcrre- Neuve, de l’île de la Réunion,

Les grands arsenaux de la Marine sont à Brest, Toulon, Rochefort, Lorient et Cherbourg. Les villes maritimes de Dunkerque, le Havre, Saint- Servan, Nantes, Bordeaux et Bayonne possèdent divers établissements ou arsenaux secondaires. Les machines à vapeur de la marine, les coques des bâtiments à vapeur en fer, sortent pour la plupart des atclicrs de la belle usine d’Indret. II y a des forges pour la marine à la Chaussade, dans la Nièvre et à Villeneuve, et des fonderics à Ruelle ( Charente), Nevers, Saint-Gervais (Isère), Mézières. Ces établissements fournissent la marine d’ancres, chaînes-cables, bouches à feu, projectiles, etc.

Telles sont les immenses ressources de t nature que possède la France; ce n’est donc pas sans raison que dej «s plusicurs siècles, elle morche à la tête de l’Euroge dans la civilisation, dans les lettres et dans les arts. Shakespeare l’appelait « { vérilable soldat de Dieut» Et plus tard, un autre illustre étranger, Grotius, ne la nomme:t-il pas « le plus beau royaume après celui du ciel. » Que ne doit-on pas espérer? que ne doit-on pas attendre d’un pays auquel les étrangers eux mêmes rendent cet éclatant témoignage d’admiration à la face du monde enticr ?

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STATISTIQUE GÉNÉRALE

Au 1° janvier 1851 la France était divisée en 6 départemems, 363 arrondissements, 9,847 cantons et 36 835 communes.

POPULATION

FINANCRS SUPERFICIE.

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