‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 152 sur 203 · ESS · texte numérisé non relu

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canal. Au centre d'la, le village de Xillarow ou de Bowmore, bâti sur un plan régulier, renferme 4,000 habitants. Jura présente un nombre considérable de duns ou de forts ruinés. Entre sa pointe septentrionale ct la petite île de Scarba s'ouvre le fameux gouffre de Breacan ou de Corrys vracken, appelé ainsi du nom d’un prince danois qui y périt. Les îles de Colonsay et d’Oronsay ne sont séparées que par un étroit canal qui reste à sec à la marée basse. Parmi les ruines de plusieurs chapelles, on remarque, dans la première, celles du prieuré de l’abbaye de Citeaux, l’un des plus beaux monuments religieux qu’aient possédé les Hébrides. Au nor, l’île de Mull présente les cimes vaporeuses de ses montagnes, au-dessus desquelles s’élève majestueusement le Ben-More. Elle renferme 9 à 10,000 habitants. La paroisse de Torosay comprend Tobermorey, le seul village un peu remarquable de l’ile. A l’ouest de celle-ci, on voit plusieurs autresiles dont nous citerons les plus remarquables. Zona ou simplement Z, que l’on nomme aussi Z-colm-kill ou J-coluw-kill, c’est-à-dire Ile de la cellule de Columban, doit ce nom à saint Columban, qui, au sixième siècle, quitta l'Irlande pour convertir au christianisme les habitants d’Iona. Il y fonda un monastère qui devint célèbre dans la suite, et dont lcs ruines, ainsi que l’église, attestent l'antique splendeur. Quarante-huit rois d'Écosse, quatre d'Irlande, huit de Norwège, et un roi de France, ont été inhumés dans le cimetière qui en dépendait. S/affa, formée de prismes basaltiques, est célèbre par la caverne appelée grolle de Fingal, au fond de laquelle vont se briser les flots de la mer. Elle est inhabitée. Try ou Tirée renferme 4,000 habitants. Coll est moitié moins peuplée. Dans la presqu'île de Cantyre, Campbellown, qui en 1700 n’était qu’un misérable village appelé Ceann-Loch, est aujourd’hui une ville de 40,€ nes, qui possède un port, des distilleries, des fabriques de cotonnade., ct qui tire de la pêche du hareng des bénéfices considérables. Le chef-lieu du comté, Inverary, bourg peu important, situé sur le borû du lac Fine, possède quelques manufactures, mais dans un état languissant. Quatre cents bateaux employés à la pêche fournissent annuellement 20,000 barils de poisson, qui se vendent environ 650,000 francs. Le port d’Inverary est près de l'embouchure de l’Ary, qui dans ses environs forme plusieurs belles cascades.

Au nord des comtés de Perth et d’Argyle s’étond celui d’Inverness, le plus vaste de toute l'Écosse, le pays qui renferme les plus hautes monta gnes de la Grande-Bretagne, et celui dont les aspects ct le paysage ont le pius de majesté. Inverness est sa ville la plus importante. Elle est grande,

belle; et vers la mer, où elle occupe le fond du golfe de Murray, elle est défendue par un fort que construisit Cromwell. Le Ness, dontelle tire son nom, la divise en deux parties : la plus ancienne, bâtie sur la rive droite, est forméc de constructions dont la couleur noirâtre et le style antique contrastent avec les quartiers modernes qui s’élèvent sur l’autre bord. De beaux édifices, parmi lesquels on distingue le palais de justice, d’architeclure gothique, etle bâtiment dela noblesse; une académie où l’on compte 300 élèves ; un collége, un théâtre, un cabinet de physique et deux bibliothèques ; des sociétés d’horticulture et d'agriculture ; d’autres pour la supression de la mendicité, pour le soulagement des sourds-muets, pour l’éducation des pauvres montagnards, pour la distribution gratuite des bibles; enfin une caisse d’épargne, ne peuvent que donner une haute idée des lumières de ses habitants. L'industrie n’y est pas moins active que la bienfaisance. Inverness est le point central de tout le commerce de l'Écosse septentrionale. Sa populatian est de 46,000 âmes.

Les îles de Skye, de Cannay ou Canna, de Rum ct dEigg dépendent du comté d’Inverness. La population de la première est de 22,000 habitants. Elle comprend huit paroisses, dont les deux principales sont Sfrath et Portrée.

Le comté d'Inverness comprend encore la plus grande partie du groupe des Zébrides proprement dites, c’est-à-dire de celles qui sont séparées de la Grande-Bretagne par le détroit appelé Winsk ou Minch, et que l’on distingue en Pelil-Minch au sud, et Grand-Minch au nord. Non-seulement les îles de l'Évèque (Bishop's-islands), composées de Mingalay, de Pabba et de Bernera, mais encore Watersay, Burra, Eriskay, South-Uist, Benbecula, North-Uist, et la partie méridionale de Lewis, font partie de ce même comté. Les 75,000 habitants des Hébrides appartiennent à la même race que les montagnards écossais : ils parlent le même langage, portent les mêmes habits et observent ies mêmes coutumes ; mais ils sont encore plus arriérés en civilisation. Les bêtes à cornes, les moutons el le poisson constituent leurs seuls objets de commerce.

Les ramifications septentrionales des monts Grampians forment la vallée du Déveron, qui, à son embouchure dans la mer du Nord, arrose la petite ville de Banff, chef-licu d’un comié, et l’une des plus agréables cités de l'Écosse septentrionale. Cullen, à 17 kilomètres à l’ouest de la précédente, est mal bâlic ; mais on la reconstruit à quelque distance, sur la côle qui domine la baie de Cullen, où l'on a déjà creusé un port. Elle possède des fabriques de toiles; la pèche y est fort active.

Le Spey sépare ce comté de celui d’ÆElgin. Les côtes de ce dernier ont souvent été ravagées par la mer, qui depuis longtemps y forme des dunes dont les sables, en s'étendant graduellement, ont ruiné plusieurs paroisses, changé le cours de la rapide rivière du Findhorn, ét nécessité l’abandon de la ville d’£lgin, qui a été reconstruite à #4 kilomètres plus au nord. L'ancienne cathédrale de cette ville, mal bâtie, est aujourd’hui en ruine, Près de Forres, qui s’élève au fond d’une petite baie du golfe de Murray, on remarque un obélisque couvert d'anciennes sculptures, et que l’on croit avoir été érigé en mémoire d’une défaite des Danois par Malcolm IE, au commencement du onzième siècle.

Nairn, dans le golfe de Murray, est une petite ville assez propre, qui, malgré sa faible importance, a le titre de chef-lieu de comté; la cité de Cromarty, qui n’est pas beaucoup plus considérable, jouit de la même prépondérance politique : placée à l'entrée d’une baie profonde, elle possède un port sûr et vaste, quelques manufactures de toiles, et cependant elle fait peu de commerce.

Tain, au fond du golfe de Dornoch, est sans importance comme sans industrie ; lecomtéde Ross, dont elle est le chef-lieu, n’offre au nord et à l’ouest que des terrains incultes ; les montagnes qui le hérissent présentent à perte de vue des sommets bizarrement déchirés, dont quelques-uns restent toujours couverts de neige, et des roches amoncelées sans ordre. Fortrose, dans l’île Noire (Black-Island), sur la côte occidentale du golfe de Murray, ne renferme que 700 habitants, et cependant possède une académie. En 1444, clle fut formée de la réunion de Rosemarkie et de Chanonry, petites villes dont la seconde était le siége d’un évêché. Les restes de la cathédrale servent de prison et de cour de justice. Dingwall,

dans une plaine à l'extrémité de la baie de Cromarty, n’a que 2,000 habilants, mais paraît avoir été plus considérable. Son petit port fait un commerce avantageux. La plus grande partie de l’île de Lewis, la plus septentrionale des Hébrides, appartient au comté de Ross. On y voit sur la côte orientale la ville de S{ornoway, dans la baie de ce nom, avec un bon port très-fréquenté et une population de 5,000 âmes. Au nord-ouest de celle-ci, sur la côte opposée, Barvas compte 3,000 habitants. La population de l’ile est d’environ 46,000 individus.

ville Dornoch, sur la côte orientale, au fond d’un golfe auquel on donne son nom : jadis elle était la résid£nce d’un évêque, mais elle devient de jour en jour moins importante. En suivant la côte nous trouverous Clyne,

Le Sutherland, situé au nord du comté de Ross, a pour principale

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mode. A 8 kilomètres de ce village on voit Lo!h, paroisse de la même population, Dans la partie occidentale du comté, la petite ville d'Assynt donne son nom à un golfe ; et près des côtes septentrionales on remarque dans {es environs de la paroisse de Durness plusieurs cvernes dont l’une est renommée pour un écho qui répète plusieurs syllabes, et les ruines d’unc tour appelée Dun-Dornadilla ; enfin, près de la paroisse de Tongue, peuplée de 1,800 habitants, on voit un vieux bâtiment que l'on regarde comme un temple des druides.

Le Cailhness est séparé du Sutherland par une petite chaîne de montagnes ; il est baigné à l'orient par la mer du Nord, et s'étend jusqu'à la pointe la plus septentrionale de l'Écosse. De ses c'aq villes, Thurso, dans la baie de Dunnet, compte au plus 1,700 habitants, fabrique beaucoup ile toiles et possède un petit port fréquenté pour la pêche el le cabotage ; Wick, sur la côte opposée dans la mer du Nord, ne subsiste que de la pêche du hareng et de la morue ; moins peuplée encore que la précédente, elle a le rang de bourg royai ou chef-lieu, Au nord, sur la côte du détroit de Pentland, se trouve la paroisse de Canisbay, peuplée de 2,200 habitants ; trois vieilles tours y couronnent un rocher entouré par la mer. La paroisse de Dunnet donne son nom à la baie au fond de laquelle elle est située, Au milieu du comté on voit, près du village de Bower, les restes d’un antique édifice qui élait environné de six à sept enceintes de pierres d’une grande dimension; et dans la paroisse d’Æalkirk, un grand nombre de ruines d'anciens châteaux et de fortifications.

Le comté le plus septentrional de l'Écosse est celui des Orcades ou Orkney : il comprend ces îles et celles de Shetland. Les Orcades sont au nombre de trente : Pomona ou Mainland, Hoy, South-Ronaldsay, Burray et Walls, Shapinskay, Eday, Westray, Stronsay, Sanday, North- Ronaldsay, sont les plus importantes. Leur population totale est de 35,000 âmes. Connues des anciens, elles ont été pour eux un sujet d’erreurs et de fables. Suivant Qssian, elles formaient un puissant royaume, ce qui peut donner la mesure de la puissance des petits rois d'Écosse de son temps. Les habitants des Orcades parlent anglais, mais avec l’accent désagréable de l'Écosse; ils se divisent en trois classes : les scigneurs, propriétaires de presque toutes les terres ; les marchands et artisans, les fermiers et les laboureurs, qui forment les quatre cinquièmes de la population. Les classes riches sont polies et hospitalières ; les classes pauvres

sont naturellement très-superstitieuses. Ce peuple, habitué à escalader VUL. 18

les rochers avec légèreté, à naviguer dans des parages hérissés d’écueils, fournit d’excellents matelots à la marine anglaise. Son commerce d’exportalion, que l’on estime à un million de francs, et qui se fait presque exclusivement avec la Grande-Bretagne, consiste en bœufs, en porcs, en poisson salé, en beurre et en suif. Îl se procure en échange de ces objets le combustible et les métaux qui lui manquent, les vins, le tabac, des tissus et de la quincaillerie. L'une des plus importantes branches d'industrie de ces îles est l’extraction du sel des plantes marines: 3,000 individus y sont employés; les autres sont la fabrication de gros draps, de bas, de couvertures de laine, et celle des toiles de lin.

Kirkwall, dans l'ile de Pomona, est le chef-lieu de tout le comté ; c’est une ville de 3,500 habitants, petite et sale, dans laquelle on remarque cependant quelques constructions modernes, et la cathédrale, bel édifice gothique, fondée, ainsi que la ville, en 4138, par Rognwald, comte de Norwège. On y voit les ruines d’une vieille forteresse et d’un ancien palais des comtes des Orcades. Son port, précédé d’une rade commode et sûre, est défendu par une forteresse construite sous Eromwell.

Les habitants des îles Shelland sont vigoureux, bien faits, mais un peu basanés ; ils ne sont pas moins hospitaliers que leurs voisins des Orcades, mais ils passent pour être plus hardis encore et plus laborieux. Ils se marient de très-bonne heure, et rien n’est plus rare chez eux qu’un célibataire. Les femmes sont blondes, ont le teint frais et coloré, et passent pour chasles et laborieuses. Dans ces îles, une petite hutte, une couverture, une vache, un pot à cuire les aliments, une bêche porr labourer la terre, quelques filets, sont le mobilier d’un ménage pourvu du nécessaire. Des tissus grossiers, des bas de laine, de la soude et le produit de la pêche, forment une exportation annuelle estimée à 875,000 fr. Les lois, les mœurs, le lanÿage et l’habillement des habitants, sont les mêmes que chez les Écossais. Leur nombre est d’environ 32,000.

Mainland, ou la Grande-Terre, est la plus considérable des Shetland, comme dans les Orcades, Pomona, qui porte la même dénomination; House, Burray, Noss, Whalsay, Skerries, Fellur, Fell, Unst, Bressay, Papa-Stour, Mickle-Rhoe, Little-Rhoe, Trondray, viennent ensuite avec Jes petites îles de Foula et de Fair, qui s’élèvent entre ce groupe et celui des Orcades. Toutes ces îles sont plus ou moins peuplées : Foula n’a pas 200 habitants. Les deux seules villes qu’elles renferment, Lerwick et Scalloway, sont sur les côtes du Maififand. La première est considérée comme la capitale : sa population n’est que de 2,500 habitants. C’est le siège

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de plusieurs tribunaux, Sa construction est fort irrégulière; cependant plusieurs des maisons sont grandes, bien construites et couvertes en ardoises. Elle donne son nom à une baic dans laquelle se réunissent un grand nombre de navires qui: se reudent à la pêche de la baleine et du hareng. A l'extrémité septentrionale de la ville se trouve le fort Charlotte qui renferme de belles casernes. Scalloway n’est pour ainsi dire qu’un village. Elle ne se compose que de quelques maisons éparses aux environs d’un château qui fut bâti en 4600, par un des comtes des Orcades.

On a fait diverses conjectures sur l'origine des habitants de ces îles, mais il est probable qu’ils sortirent de la Norwége. Au quinzième siècle, les rois norwégiens les conquirent et les rendirent tributaires. Leur ar-

chipel a été annexé à la couronne d'Écosse à la même époque que les Orcades.

Suite de la Description de l’Europe. — Description topographique des îles Britanniques. — Description de l'Irlande.

Placée sous un ciel brumeux et chargé de vapeurs, l'Irlande, dédaignée par la puissance romaine comme une terre envahie par les hivers et défendue par les tempêtes, reçut de César le nom d’Hibernia, qui exprime l’idée que s’en formaient les anciens. Son histoire est en’ :"cnnée de ténèbres et d’incertitudes ; Strabon peint ses habitants sous des: couleurs peu favorables.

Une colonie scythe arrivée par l'Espagne s’y serait établie cinq siè cles environ avant l’ère chrétienne, et aurait introduit la langue phénicienne et l’usage des lettres parmi les Celtes dont elle était peuplée. Cette sorte de civilisation ne s'accorde guère avec ce qu’en rapporte Strabon, qui vivait sous Auguste. Dans les traditions nationales de l'Irlande, un peuple appelé Bolg (Fir-Bolg), venu du voisinage du Rhin, aurait conquis la partie méridionale de l’Irlande, où il se serait établi. Ce nom de Bolg parait annoncer une colonie de Belges-Kymri. On ne possède donc que des données fort incertaines sur l’histoire primitive de cette île, Ussc-

rius prétend que le christianisme y fut introduit peu de temps après la mort de son divin fondateur; mais on croit avec plus de raison qu'il ne s’y répandit que dans le cinquième siècle, d’abord par les soins de Pallade, envoyé par le pape Célestin, et peu de temps après par ceux de saint Patrick ou Patrice, qui en fut le premier évêque. Le gaélic, ou l'ancien idiome celtique, y fut toujours la langue dominante : nous avons vu que deux de ses dialectes se sont conservés en Écosse; le troisième, appelé erse, trish ou erinach, est celui du peuple irlandais : c’est dans cet idiome que les habitants donnent encore le nom d'Érin à leur île.

L'Irlande était au moyen âge partagée en cinq royaumes appelés l’Ulster, le Leinster, le Mealh, le Connaught et le Munster, subdivisés en plusieurs petites principautés ; le roi d'Angleterre, Henri IT, en fit la conquête au douzième siècle, Elle supportait avec peine le joug de l'étranger; aussi essaya-t-elle plus d’une fois de le secouer, mais ce fut en vain, et malgré plusieurs hardies tentatives, malgré les secours de la France qui compalissait à ses malheurs et tenta plus d’une fois de lui venir en aide, l'Irlande est restée annexée à l'empire britannique. Elle a, dans ces derniers temps, été en partie émancipée au point de vue politique; mais, quoi qu’on ait pu faire, c’est encore un pays malheureux, qui appelle l’attention sérieuse des hommes d’Etat de l'Angleterre. Les chiffres, plus éloquents en cela que tout ce que nous pourrions dire, accusent un décroissement sensible dans la population de l'Irlande. Sa population, qui en 4840 dépassait 8,000,000 d'habitants, n’est plus aujourd’hui que de 6,515,000 âmes ; et rien n’annonce une tendance à l’amélioration sociale de ce pauvre pays.

Le parlement qui, avant l'émancipation politique, s’assemblait à Dublin, était composé de 300 membres ; aujourd’hui les députés irlandais sont au nombre de 400, et 28 pairs siégent dans la chambre haute. Le lord-lieutenant ou vice-roi est nommé par la couronne, et depuis cette réunion l'Irlande est gouvernée par les mêmes lois que l'Angleterre.

L'Irlande est moins éclairée que l'Angleterre, et surtout que l'Écosse ; cependant on a beaucoup exagéré sa situation sous ce rapport. Ce qui la distingue principalement des autres pays, c’est le genre d'instruction qu’on y reçoit : la grande majorité du peuple, dirigée par un clergé catholique pauvre, peu instruit et rempli de préjugés, est entretenue dans une superstition afligeante, seul principe de l'ignorance qu’on lui reproche.

L'ile ne renferme qu’un seul établissement pour l’éducation ecclésias-

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EUROPE, — DESCIPTION DE L'MLANDE. 597

tique; c'est le collège royal de Suint-Patrick, à Maynooth, dirigé par les jésuites, et destiné à former des prêtres catholiques, La même petite ville possède aussi, pour les catholiques, un collège laique fondé par souscriptions en 1802, A Belfast et à Cork on a établi, depuis peu d'années, des colléges, mais ils ne sont institués que pour la classe riche; la classe pauvre a beaucoup d'améliorations à réclamer.

L'Irlande est divisée en quatre provinces ecclésiastiques ou archevêchés, dont les siéges sont Armagh, Dublin, Cashell, Tuum, et en 22 évéchés suffragants. L'archevèque de Dublin est primat de l'Irlande; celui d’Armagh porte aussi le titre de primat, mais il y joint celui de métropolitain de ce royaume; elle renferme, en outre, 33 doyennés et 34 archidiaconats, Les évêques anglicans sont nommés par le gouvernement et payés sur les revenus du grand sceau.

L'Irlande se distingua de bonne heure par son industrie; sans les troubles politiques, elle serait arrivée sous ce rapport au plus haut degré d'importance; c’est surtout dans la fabrication des tissus quelle acquit une grande supériorité, On yÿ fabrique aujourd’hui principalement des toiles et du fil, Le montant des exportations, dans cette branche d’industrie, est évalué à 78,000,000 de francs. Les manufactures de coton n’y ont pas atteint la même importance ; toutefois elles suivent depuis le siècle dernier une progression constante, et l’on estime à 2,300,000 kilogrammes le poids du coton qu'elles emploient. Depuis que les entraves qui ruinèrent ses fabriques de laine ont cessé d’exister, elle s’est adonnée à la fabrication des grosses étoffes; aujourd’hui elle en exporte 4,4#00,000 mètres; ses fabriques de soieries consomment annuellement 32,000 kilogrammes de matière première ; ses distilleries produisent plus de 450,000 hectolitres d’eau-de-vie. La fertilité de ses terres ct l’abondance de ses prairies lui permettent d’expédier chaque année en Angleterre 5,000,000 d’hectolitres de grains, 63,000 bêtes à cornes, 72,000 moutons, 65,000 porcs et 3,000 chevaux... Le montant de ses exportations pour la Grande-Bretagne ne s'élève pas à moins de 161,000,000 de francs, et celui de toutes ses exportations pour les différentes parties du monde dépasse 200,000,000 de francs.

Les cinq royaumes qui partageaient anciennement l'Irlande forment aujourd'hui quatre grandes provinces qui ont conservé les noms de quatre de ces royaumes, savoir : l’Ulsler au nord, le Connaught à l’ouest, le Leinsler à l’est, et le Munsler au sud. Elles forment 32 comtés, dont 9 appartiennent à la première, 5 à la seconde, 42 à la troisième, et 6 à la

dernière. Chaque comté est divisé en baronnies. Nous allons parcourir ces provinces dans l’ordre de leur énumération,

À l'extrémité du lac de Foyle, qui n’est on quelque sorte qu’un golfe qui débouche dans la mer, et qui reçoit les eaux d’une petite rivière du même nom, Londonderry, ou simplement Derry, chef-lieu du comté, est une ville de 42,000 âmes, bâtie avec régularité et entourée de murs bastionnés, On y remarque une belle cathédrale et le palais épiscopal. La situation de son port à l'embouchure de la rivière est avantageuse pour son commerce, alimenté par l'importation des denrées coloniales et par le: expéditions considérables des tissus indigènes pour l'Amérique et les Indes. Cette ville soutint en 4688, contre Jacques IT, un siège célèbre. A 4 kilomètres de l'embouchure du Bann, dans la mer, la jolie petite ville de Coleraine, chef-lieu de baronnie, renferme un château construit en 4213. Sans les difficultés qu'offre la navigation de la rivière, son commerce serait important,

Le comté d'Anfrim ne renferme aucune cité importante. Nous traverserons Ballimoney, village de 2,000 âmes, où tous les mois il se tient un marché pour les loiles, puis Antrim, chef-lieu sans importance, situé à peu de distance du lac Neagh, et de là nous nous rendrons à Carrickfergus. Cette ville occupe l'entrée d’un golfe qui porte le nom du lac de Belfast; elle forme une juridiction particulière, où se tient une cour d’assises indépendante de celles du comté, qui s’y rassemblent aussi ; son port est principalement animé par le mouvement des bateaux pêcheurs. Sa population est d'environ 6,000 habitants. Belfast, au fond du même golfe, est quatre

fois plus peuplée que la précédente, ce qu’il faut attribuer à ses importantes fabriques de toiles ou de cotonnades. On y remarque quelques beaux édifices de construction moderne : tels sont la bourse, le muséum, et l'église Saint.George, Lisburn, autrefois Lifnagarvy, sur la rive gauche du Lagan, rivière qui sort du lac de Neagh pour se jelcr dans la baic de Belfast, est remarquable par ses manufactures, par ses établissements de bienfaisance, par le haut clocher de son église, et par son marché orné d’une coupole : elle est peuplée de 6,000 âmes. L'île de RatAlin, au nord du cap Fair, appartient au comté d’Antrim; le blé n’y réussit pas, mais elle produit ussez d'orge pour l'exportation; ses pâturages nourrissent de nombreux troupeaux de moutons et de chevaux, mais ces animaux sont en général de petite taille. Elle remferme plusieurs petits villages dont la pepulation est de /2à 1,500 habitants, qui ont une physionomie trèsdistincte de celle des Irlandais, dont ils ont conservé la langue primitive,

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La baie de Belfast sépare le comté d'Antrim de celui de Down. Sur la côte orientale de la mer d'Irlande, Donaghadée exporte pour l'Écosse le superflu des subsistances qu’elle tire de son territoire. Près du lac de Stranglord, Down. Patrick, chet-lieu de comté, est, dit-on, le lieu où saint Patrick mourut en 493, Le tombeau de ce patron de l'Irlande est en grande vénération. A 22 kilomètres à l’ouest, Dromore est la résidence d'un évêque catholique et d’un évêque protestant, Newry, près de la jonction d’une rivière du même nom et d'un canal, est la ville la plus commerçante du comté, Elle est située sur une colline très-escarpée, entourée de bois, de vergers et de sites charmants. On y remarque de grandes et belles casernes. Les femmes de New:y sont citées pour leur beauté.

Armagh, chef-lieu de comté, était jadis une vile considérable et la capitale d’un royaume; son université était célèbre; on y compta jusqu’à 7,000 étudiants. Tombée en décadence, elle s’est relevée par la muniflcence d’un de ses archevêques, Richard Robinson, qui répara la cathédrale, rebâtit presque toute la ville, fit construire un superbe palais, un bel observatoire, et enrichit son école et sa biliothèque. Sur une hauteur voisine on voyait autrefois le château qu'habitaient les rois d’Ulster, Le bourg de Zlackwater, sur la rive droite d'une rivière du même nom, tient un marché aux toiles assez fréquenté.

À Monaghan, chef-lieu peu important, nous verrons un château fort, bâti sous le règne d’Élisabelh sur l'emplacement d’une ancienne abbaye. Le comlé de Monaghan, couvert, principalement dans le nord, de monlagnes peu élevées, d’un aspect monotone, est entrecoupé de marais, de fondrières et d’une multitude de petits lacs. Les vents du nord-ouest, en traversant la baie de Donegal et le lac Erne, y entretiennent une grande humidité et nuisent à la culiure du froment, Le bois y est rare, mais les marais y fournissent de la tourbe cn abondance. C'est une des coulrées les plus pauvres de l'Irlande; les grandes propriétés sont mal cultivées, et les plus petites fournissent à peine à la subsistance de ceux qui les possèdent. On y trouve un grand nombre de moulins à blanchir les toiles : la fabrication de ces tissus est la seule branche d’industrie un peu importante.

Nous traverserons rapidement le comté de Cavan, dont les cinq sixièmes des terres sont propres à la culture, et qui ne produit pas cepeudant de quoi nourrir ses habitants, tant l’agriculture y est negligée. Cavan, le chef-lieu, est une petite ville qui n'offre rien d'intéressant; Bellurbet, que nous verrons ensuite, renferme des casernes de cavalerie.

Nous retrouverons dans le comté de Fermanagh la même ignorance des procédés agricoles, une industrie aussi arriérée, un commerce lout aussi peu productif, Il est traversé dans toute sa longueur par le luc et la rivière d’Erne. Sur la rive occidentale d’un canal qui unit le lac Erne septentrional au lac Erne méridional, s'élève le chef-lieu, Ænniskillens défendu par des forts que dominent des collines. Dans le com'é de Tyrone, le bourg de Clogher cst le siège d’un évêché suffragant d’Armagh; Omagh, le chef-lieu, est pauvre ct peu peuplé ; Dungannon renferme un collêége richement doté, des casernes de cavalerie, des fabriques de toiles et 4 à 5,000 habitants. S/rabane est plutôt un bourg qu’une ville. Le comlé de Donegal comprend la partie occidentale de la province d'Ulster, depuis le lac Foyle jusqu'à la baie de Donegal. Lellerkenny, sur la Swilly; Aaphoe, simple village, siège d’un évêque suffragant de l'archevêque d’Armagh, et dont la cathédrale date du onzième siècle; et Donegal, chef-lieu, dont la principale industrie est ia pêche du hareng, sont les seuls lieux que nous ayons à citer.

Le Connaught, la plus petite province de l’Irlande, est un pays entrecoupé de lacs, de marais et de montagnes; l’agriculture y est peu florissante, et la population, plus misérable que dans les autres provinces, y est aussi moins considérable. On ÿ remarque cependant quatre capitales de comtés assez importantes. Le chef-lieu de comté, Sligo, au fond d’un golfe, possède un port qui reçoit des navires de 200 tonneaux. C’est une ville assez bien bâtie, siége d’une cour de justice, et possédant! une pri son, une caserne, un hôpital ct une école dotée par la famille Winne. Il s’y fait de grandes exportations de grains. Elle doit son origine à un chàteau et à une abbaye fondés vers la fin du treizième siècle. Le village de Leilrim, autrefois ville importante, donne son nom à un comté dont le chef-lieu est la petite ville de Carrick-sur-Shannon.

Dans la partie septentrionale du comté de Roscommon, la ville la plus florissante est Boyle, peuplée de 3,000 âmes. Le bourg d’Ælphin était autrefois une ville, siége d’un des évêchés que fonda, dit-on, saint Patrick. Au centre du comié, Hoscommon, le chef-lieu, est une misérable cité dont le château date de 1268. Afhlone, bourg situé sur le Shannon, au point où ce fleuve sort du lac Rée, qu'il forme du superflu de ses eaux, n’est remarquable que par ses fortilications, qui défentent les parties guéables du Shannon.

Le comté de Mayo renferme un gfänd nombre de tours rondes ou carrées, presque toutes délabrées, ainsi que des monastères en ruine, Les

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villes y offrent peu d'intérêt : Killala, qui donne son nom à une baie, est le siége d’un évêché; Ballina ou Belleck, assez bien bâtie, sur la rive gauche du Moy, se soutient par l'importance de sa pêche du saumon ; Newport-pratt, au fond de la baie de Clew, possède un port qui peut recevoir de gros navires ; Ballaghy est encore au-dessous des villes que nous venons de mentionner ; il en est de même de Ballinrobe, près du lac Mask, ct de West-Port, sur la côte méridionale de la baie de Clew. Castlebar, où se tiennent les assises, est arrosée par une petite rivière, et fait un grand commerce de toiles; c’est une longue ville qui ne consiste presque qu’en une seule rue; les Français s’en emparèrent en 1798, ainsi que de Killala et de Ballina.

Galway, que l’on croit ètre sur l’emplacement de l’antique et chétive cité d'Ausoba, occupe le fond d’une baie à laquelle elle donne son nom. Elle est entourée de remparts en ruine, et formée de vieilles constructions qui, depuis plusieurs années, se remplacent par des habitations nouvelles. Sa cathédrale est belle et son collège est magnifique. Ville de 34,000 âmes, importante par son commerce et ses manufactures, elle possède une bourse, renferme des casernes et plusieurs beaux établissements ; son port, sûr et commode, est défendu par une forteresse, Dans le comité de Galway, Dunmore, où l’on fabrique de la toile; Tuam et Athenry, qui avaient autrefois rang de villes; Aghrim, célèbre dans Phistoire par la bataille que gagnèrent dans ses environs, en 4691, les Anglais sur les partisans de Jacques Il; Clonfert, siége d’un évéché catholique, ne sont que des villages qui méritent à peine d’être nommés.

C’est par Dublin, la capitale de l'Irlande, que nous commencerons la description des principales cités de la province de Leinster. Que l’on se représente, à l’extrémité d'une baie que l’on pourrait comparer à celle de Naples, si le ciel de l’rlande ressemblait à celui de l'Italie, une grande | cité divisée en deux parties égales par la rivière du Liffey ; que l’on élève par la pensée, au nord et à l’ouest de celte capitale, un terrain en pente douce, et que l’on imagine au sud la vue délicieuse des montagnes de Wicklow, on aura une idée de la beauté de sa situation. Sa forme quadrangulaire occupe sur chaque face une longueur de 4 kilomètres; plus de 17,000 maisons en remplissent l'enceinte. Elle renferme deux cathédrales et vingt paroisses du culte anglican, seize chapelles catholiques, y compris la chapéile métropolitaine, un temple réformé français, une église hollandaise et une danoise, enfin une synagogue et de nombreuses maisons d’assemblées religieuses. La plupart des rues ont été embellies par

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des élargissements successifs; elles sont pavées et éclairées avec soin. Cette capitale. est décorée de belles constructions parmi lesquelles nous citerons : ia douane, bâtiment magnifique à quatre façades; la bourse, ouverte en 1779; le palais de justice, appelé les quatre cours, d’une étendue et d’une architecture majestueuses, et dont le dôme domine toute la ville. Le palais du lord lieutenant ne répond pas à la beauté de ces édifices : on voit que c'est une vieille forteresse dont on a changé la destination ; mais l’intérieur est d’une grande magnificence. D’autres constructions sont encore remarquables sous divers rapports; la cathédrale de Saint-Patrick est un des plus anciens monuments de cette villes elle date de 4490.

Le gazon de Saint-Étienne, Saint Stephen’s Green, est la plus grande place de Dublin : elle a plus d’un kilomètre de circonférence; c’est une belle promenade, environnée d’une grille en fer, et composée d’une pelouse entourée d’un double rang d’arbres, dont le centre est orné d’une statue équestre de Georges II, Nous ne passerons pas sous silence le vaste domaine royal appelé le parc du Phénix, nom qu’il prend d’une colonne de marbre surmontée de l’image de cet oiseau fabuleux : ce parc est une des promenades les plus fréquentées de Dublin ; on y a élevé en l’honneur du duc de Wellington une colonne de 64 mètres de hauteur, Dans la même enceinte, mais sur la rive droite du Liffey, on a construit un hôpital militaire; nous mentionnerons aussi la colonne de 39m,60 de hauteur, érigée à la gloire de Nelson, devant le bel hôtel des postes. Dublin, avec une population d'environ 265,000 âmes, renferme plus d'institutions publiques destinées à l'instruction et plus d’établissements de bienfaisance que plusieurs capitales plus peuplées. Le nombre de ces instilutions s'élève à 250.

Le port de Dublin, qui est très-fréquenté, est entretenu avec beaucoup de soin; ses bassins sont spacieux et ses quais très-beaux. La ville fait un grand commerce d'importation, et les marchandises apportées dans son port sont transportées dans l’intérieur de la ville par quatre chemins de fer, qui se "amilient vers les principales viiles des quatre provinces,

On fabrique à Dublin des toiles, de cotonnades, des tissus de laine, des tricots et des soieries; ses importations doivent être très-considérables, puisque les droits de douane s’y élèvent annuellement à environ 20 millions «le francs.

Cette ville a porté différents noîns : Ptolémée lui donne celui d'Eblana Porlus ; elle prit ensuite celui d’Auliana, du nom de la fille d’Alpinus, qui

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Le comlé de Dublin renferme un très-petit nombre de localités intéres-

santes : dans les environs de la Lapitale, nous citerons le bourg de Black- -

Rock, fréquenté pour ses bains de mer.

Après Dublin, les autres villes paraissent bien peu intéressantes. Dans le comté de Louth, Drogheda, la plus importante, est riche et bien bâtie; l'embouchure de la Boyne y forme un assez bon port. On voit près de la ville, sur le bord de cette rivière, l'obélisque d'Olbridge, érigé en mémoire de la victoire que remporta Guillaume II sur Jacques1Il. Dunleer fut autrefois plus important. Dunlack, au fond d’une baic à laquelle elle donne son nom, est le chef-lieu du comté. C’estune ville dans laquelle des Français

établirent, en 4737, la première manufacture de batiste qu’ait possédée ‘

l'Irlande, et qui n’a cessè de fleurir, ainsi que plusieurs autres, depuis celte époque. Aussi Dunlack renferme-t-il 10,000 habitants.

Dans le comté de Meath, au sud du précédent, Æells, sur la rive droite du Blackwater, était jadis entouré de murailles; Naul se fait remarquer de loin par un ancien château ; Trim, chef-lieu du comté, sur la rive droile de la Boyne, n’offre rien de remarquable; mais dans ses environs se trouvent la belle abbaye de Newtowu, les restes d’autres monastères, et les ruines du château de Scurlacks-lown.

Longford,'qui donne son nom à un comlé dontelle est le chef-lieu, est une petite ville où l’on trouve des manufactures de toile assez considérables, et une caserne de cavalerie. Mullingar, chef-lieu du West- Meath, est bien bâtie, bien peuplée et commerçante; elle renferme de grandes casernes de cavalerie. Le Kings-county ou le comté du Roi, qui lorme la partie la plus occidentale de la province, nous offre dans Philipstown, son chef-lieu, une petite ville mal bâtie qui présente l’aspect d’un village. Le grand canal qui passe auprès y répand quelque activité, Elle a pris son nom de Philippe d'Espagne, époux de la reinc Marie. Birr, ville de 4,506 habitants, est située sur la frontière occidentale du comté.

Maryboroug ou Queens-lown est le chef-lieu de Queens-county, ou du comlé de la Reine; c’est une viile de 2,677 isabilants, qui renferme des

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manufactures de lainages ct de toiles de lin. Elle a reçu le nom qu'elle porte en l'honneur de la reine Marie. Dans le petit village de Burros-in- Ossory il se tient deux foires annuelles.

Kildare, qui donne son nom à un comté, élait autrefois considérable; mais, ruinée par les guerres, elle n’a plus aujourd’hui que 4,516 habitants. Vaus, chef-lieu du comlé de Kildare, fut anciennement la résidence des rois de Leinster. Elle a souffert des mêmes c‘sordres que la précédente.

Sur les côtes du comté de Wicklow, le village de Bray, où l’on voit un vieux château, possède des bains de mer très-fréquentés ; Wicklow, le chef-lieu, fait avec Dublin un commerce d’objets de consommation ; l’ale que l’on y fabrique a de la réputation. Arklow, près de l'embouchure de l’Avoca, que l’on y passe sur un pont de dix-neuf arches, renferme une école et des casernes. Son port ne peut contenir que de petits navires, Nous passerons près du village de Carnew, où l’on trouve des manufactures de toiles, en nous dirigeunt vers Carlow, autrement Cafherlogh, chef-lieu d’un comté du même nom. Cette ville, de 8,053 habitants, est

‘longue de 3 kilomètres; elle fabrique des draps communs, et fait un commerce considérable de grains, de beurre et de houille. On y voit les restes d’une abbaye qui fut fondée, dit-on, au septième siècle, et sur une hauteur voisine les ruines d’un château fort bâti au temps du roi Jean. A 413 kilomètres au sud-ouest de Carlow, Leïghlin ou Old-Leighlin, est le siége d’un évêché qui comptait douze siècles d’existence.

Le comté de Wexford possède une grande étendue de côtes baignées par les eaux du canal de Saint-George. Son principal port de mer est celui de Wexford, son chef-lieu, ville de 8,236 habitants, A 35 kilomètres au nord de celle-ci, Gorey ou Newborough est situé à 5 kilomètres du rivage : il s'y tient huit foires chaque année. Dans son intérieur nous remarquerons le village de Ferns, siége d’un évêché. On croit qu’il occupe l’emplacement de l'antique Menapia de Ptolémée; il fut pillé et sacccagé par les rebelles en 1798. Sa cathédrale et son palais épiscopal sont bâtis dans le goût moderne, À Enniscorthy on fabrique des étoffes de laine commune et des ouvrages en fer très-estimés. Vew-Ross, sur la gauche du Barrow, fait un important commerce de comestibles. Elle était autrefois entourée de remparts, qui furent détruits en 1798.

Kilkenny, sur la Nore, est lung des plus jolies, des plus agréables et des plus ind'istrieuses villes de l’Irlande : ses portes, ses tours, ses vieux

bastions, ses églises, ses abbayes et d’autres constructions, annoncent

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qu’elle fut jadis plus importante, Elle renferme environ 25,000 habitants, la plupart d'origine française, et d’une politesse remarquable. Ses principaux édifices sont ornés de marbre noir tiré de ses environs ; ses rues mêmes en sont pavées. Dans le comté de Kilkenny nous verrons encore Castle-Comer, qui fut presque entièrement détruite par les insurgés en 1698 ; et Knocklopher, dans une situation agréable,

La province de Munster ne le cède en population qu'à celle de l’Ulster : on y comple beaucoup plus de villes considérables que dans les autres parties de l’frlande. Entrons dans le comié de Tipperary en traversant Carrick-on-Suir ou sur le Suir, ville de garnison et de commerce qui renferme 7,466 babitants; puis, à quelques kilomètres plus haut, le cheflieu Clonmel, ville de 15,590 ämes, bâtie avec élégance sur la rive gauche de la même rivière qui y coule sous un pont composé de vingt arches : c’est la patrie du romancier Sterne. À 17 kilomètres au nord, Felhard, autrefois place de guerre importante, offre maintenant un aspect triste et misérable. Vers le nord-ouest, Cashell, à peu de distance de la rive gauche du Suir, est l'antique cité d’Jernts. À peine peuplée de 6,548 âmes, elle reuferme une belle cathédrale d’architecture gothique, des casernes, des écoles etun grand hôpital. Deux imposantes ruines Jui donuent un aspect lout à fait pittoresque : ce sont celles de l’ancienne cathédrale, sur le haut d’un rocher, et près de là ceies d’une abbaye célèbre, antique résidence des rois de Munster. Tipperary est une petite ville de 6,347 habitants, qui n'offre rien d’intéressant.

Nous traverserons le Shannon sur un pont de dix-neuf arches, à Killaloe, dans le comlé de Clare. Au-dessous de ce pont, une chaîne de rochers empêche la navigation du fleuve : un canal qui borde ses rives a élé creusé pour remédier à cet inconvénient. La ville est fort ancienne; depuis le cinquième siècle elle est le siége d’un évêché; sa cathédrale compte près de sept cents ans d’existence : elle est bâtie sur une hauteur et présénte un aspect imposant, Clare, qui donne son nom au comté, n’est qu’un pauvre village. Ennis, que l’on nomme quelquefois aussi Clare, est une ville assez grande, mais mal bâtie, renfermant 6,701 habitants. Au village de Æilfanora, anciennement le siége d’un évêché réuni aujourd’hui à celui de Killaloe, on voit une belle cathédrale.

Traversons le Shannon et suivons la rive gauche du fleuve jusqu’à Limerick, chef-lieu de comté, ville florissante avec de jolies rues, de beaux quais, une cathédrale curieuse par sa grande antiquité, des édifices publics d’unc belle construction, de grandes casernes d'infanterie et de cavalerie,

et un port commode ouvert aux navires de 300 tonneaux qui peuvent y arriver jusqu'à la douane. Elle est divisée en trois parties : la ville trlanduise (lrish-town), la ville anglaise (English-lown), Newtown-Pery, nouveau quartier construit avec élégance, quoique en briques, et qui porte le nom de celui qui le fit bâtir. La ville anglaise est siluée dans l’île du Roi, formée par le fleuve et jadis bien fortifiée : elle est entourée de quais nouvellement construits, et plusieurs maisons modernes commencent à remplacer ses anciennes masures. Limerick est la seconde ville d'Irlande par son mouvement commercial, et la troisième par sa population : elle a environ 66,554 habitants. Elle communique avec Dublin et Cork par une ligne de chemin de fer. À environ 35 kilomètres vers l’ouest se trouve la * petite ville d’Askealon, autrefois importante.

Killarnay, jolie cité du comté de Kerry, compte dans ses murs 7,014 habitants presque tous catholiques. La beauté du lac près duquel elle s’élève y amène un grand nombre de ces curieux désœuvrés dont l’Angleterre abonde. Ce lac estentouré de monts escarpés dont l’un, le Wangerton, a sur sa cime un lac circulaire d’une immense profondeur, d’où se précipite après de fortes pluies une belle cascade. Les eaux, en s’écoulant avec rapidité, forment à leur sortie du lac inférieur la petite rivière du Lean qui va se jeter dans la baie de Dingle.

Le chef-lieu du comté est Tralée, à 27 kilomètres au nord de Killarney. Cette ville, peu importante, mais bien bâtie, est situte près de l’embouchure d’une petite rivière, au fond d’unc longue baie à laquelle elle donne son nom. Elle doit sa régularité au nialheur qu’elle eut d’être détruite dans la guerre de la rébellion de 4641. Dingle, sur une presqu'île baignée au nord par les deux baies de Balliheigh et de Tralée, et au sud par celle de Dingle, possède un vaste port et renferme 5,000 habitants, Le village de Kenmara donne son nom à une baie de 49 kilomètres de longueur et de 8 de largeur. L'entrée de cette baie est défendue pars batteries dresstes dans l’île de Bear.

Le comlé de Cork est le plus peuplé de l'Irlande : il comprend plus du dixième de toute la population de ce royaume. Nous y mentionnerons un bien plus grand nombre de villes, Bantry possède un petit port au fond de la baie qui porte son nom. Sur la côte occitlentale d’une petite presqu’ile s'élève Ballimore, qui n’a pu recouvrer son ancienne prospérité depuis l'année 1631, que des corsaires alsériens la surprirent pendant la nuit, la pillèrent et emmenèrent en esclavage une partie des habitants. Parmi les iles voisines de cette ville, on distingue celle de Clear, où l’on voit un

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château, et près de la crique de Trakieran, un pilier en pierre surmonté d’une croix grossièrement taillée et que l'on croit être l'ouvrage de saint Kicran, qui vivait au sixième siècle. Clonakilly, qui donue son nom à une baie, n’a pu réparer encore les pertes qu’elle éprouva lorsqu'elle fut ruiuée par la révolte de 4641. Sur le bord du Bandon, le bourg de Dunmanaway fabrique beaucoup de toile; un peu plus bas, sur la même rivière, la ville de Bandonbridge, où se tiennent les assises du comté, compte 40,179 habitants. En nous dirigeant vers le nord, nous traverserons les villages de Millstreel et de Newmarket, pour arriver à la petite cité de Charleville, qui ne présente un peu de mouvement qu'à l'époque de sa foire, au 40 octobre. Revenus sur les bords du Bandon, nous y verrons Mallow, où l'on traverse un beau pont en pierre et où l’on trouve une belle église, un vaste marché, une caserne de cavalerie et un établissement d’eaux thermales.

Cork, chef-lieu de comté et capitale de la province, est, après Dublin, la plus importante ville de l'Irlande. Ses édifices publics, simples dans leur architecture, mais vastes et commodes, la placent au rang des belles cités du royaume. Elle a deux théâtres, deux belles places, une bourse, deux sociétés savantes, une bibliothèque publique et plusieurs établissements de charité. Placée à l'embouchure de la Lée, à l'extrémité d’une baie profonde dont les côtés sont découpés par des golfes, et le centre occupé par une grande île, on l’a mise à l’abri de toute insulte par des forts qui défendent cette baie. Son port, renommé pour sa sûreté, a plus de 43 kilomètres de long sur 8 de large. Cork fournit presque seule l'immense quantité de viande salée employée aux approvisionnements de la Grande- Bretagne. Sa population est de 108,000 âmes. Elle communique avec Dublin et Limerik par des lignes de chemin de fer.

Kinsale, au sud de Cork, est dans unc situation tout à fait singulière : bâtie sur une montagne, sa principale rue en fait exactement le tour, et reçoit sur un grand nombre de points l'extrémité de chacune des autres rues. Son port est de forme circulaire et abrité par des collines; il est assez spacieux pour recevoir des flottes considérables. Uu fort, construit par Charles IL, en défend l'entrée ; en temps de guerre, il est fréquenté par les navires qui reviennent de l’Asie et de l'Amérique; mais la prospérité de Cork a porté les plus grands préjudices à son commerce. Elle se soutient principalement par la pèche maritime; dans la belle saison, elle est très-fréquentée par les bains de mer; malgré sa décadence, elle compte environ 7,000 habitants. Ce fut dans cette ville que débarqua Jacques IE à

son retour de France, en 1688. La petite ville de Cloyne est le siége d’un évêché suffragant de l’archevêché de Cashell : son paluis épiscopal et sa cathédraie sont dans le style gothique. Youghall, autre ville maritime, à 4% kilomètres à l’est de Cork, est un peu moins peuplée que la précédente : une barre placée à l'entrée de sa baie empêche les gros vaisseaux d'entrer dans son port.

En remontant le Blackwater, nous entrerons dans le comté de Walerford, où nous verrons d’abord Lismore, dominée par un château qui s’élève sur un rocher taillé à pic. Cette ville, peu importante aujourd’hui, est le siége d’un évêché. Au moyen-âge, elle renfermait vingt églises et une abbaye. Sa fondation paraît remont:1 au septième siècles on croit que le château fut bâti par le roi Jean. La ville maritime de Dungarvan est assez bien bâtie : la place du marché est belle, le bâtiment où se tiennent les assises est vaste. Elle est, pendant la belle saison, le rendez-vous d’un grand nombre de personnes qui vont y prendre les bains de mer. Walerford, au fond d’une baie, à l'endroit où se réunissent les eaux du Suir et celles du Barrow, n’a pas le même inconvénient que Youghall : sa population est considérable; sou port est avantageusement situé pour le commerce; les bâtiments peuvent arriver chargés jusqu’au bord de son long et large quai.

Quoique l'Irlande soit inférieure à l'Angleterre sous le rapport de linstruction, de l’industrie, du commerce, et surtout de l’agriculture, elle possède des germes féconds de prospérité future; mais il faudrait pour cela que l'Angleterre pesât moins sur ce malheureux pays.

On dirait que l’humidité de l’atmosphère, qui entretient en Irlande une végétation si fraîche, y contribue aussi à la beauté du sang : il y a peu de peuples aussi beaux que les Irlandais. Ce n’est pas seulement dans les classes supérieures que l’on fait cette remarque : sous les haillons de la misère, on trouve dans les campagnes des hommes grands et vigoureux, et des femmes dont les traits réguliers, dont les grâces et la fraicheur seraient enviés par plus d’une élégante de Dublin. La noblesse irlandaise, dédaignant généralement les occupations productives, aime le luxe et la dépense; mais ta partic la plus riche de la nation est celle qui se compose des nombreuses familles anglaises et écossaises appartenant principalement à la classe industrielle : elle habite les côtes orientales ct septentrionales de l'ile. La population de l'Irlande se compose donc de la grande masse des prolétaires indigènes, séparés du reste des habitants par leur manière de vivre, leur langage ct leur abrutissement, et façgonmés aux

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