RÉGIONS
Voici maintenant quelle est approximativement l’élendue respective des terrains en France ; en centièmes de sa superficie totale d'une part, et en hectares de l’autre, en prenant pour unité de la superficie de la France le nombre rond de 52 millions d'hectares :
hectares,
Terrains d’alluvion, .,..,.... 0,01 520,000 Roches volcaniques. . ..,.,..,.. 0,01 520,000 Terrains tertiaires. . ..,... #.. 0,30 15,600,000 Terrains crétacés.. ..,.,..,... 0,12 6,240,000 Terrains jurassiques. . . ...... (0,20 410,100,000 Terrains triasique et pénéen. ... 0,05 2,600,000 Porphyres et terres carbonifères., . 0,01 520,000 Terrains de transition. ...... 0,10 5,200,000 Terrain primitif... ......,... 0,20 10,400,000
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Déjà la variété de ces terrains fait préjuger celle des substances que l’on doit y recueillir; commençons par les roches employées dans les arts, et recherchées pour l’ornement de nos habitations et de nos monuments. Des graniles gris, roses et verdâtres; des syéniles variées en couleurs et confondues longtemps avec les granites, mais plus utiles dans les arts par le beau poli qu’elles reçoivent ; des porphyres bruns ou d’un beau vert; des variolites tachées de blanc, de brun ou de noirâtre, sur un fond vert ou violet; des serpentines grises, vertes, brunes, jaspées de diverses nuances, se trouvent en assez grande abondance dans le département des Hautes- Alpes. On a reconnu il y a quelques années que les environs de: Fréjus fournissaient aux Romains un beau porphyre bleu, dont plusieurs colonnes, que l’on croyait apportées d'Egypte, ornent la basilique de Saint-Pierre de Rome. Dans la Corse on connaît aussi les mêmes roches, mais avec des variétés plus nombreuses. C’est dans cette île que l’on trouve cette belle diorile, appelée granite orbiculaire, dont on fait des vases précieux. Les Vosges renferment beaucoup de porphyres; d’autres départements, tels que ceux de la Loire-Inférieure, de la Manche et de la Sarthe, fournissent
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Paris; mais depuis quelques années les laves de l'Auvergne sont utilisées pour le même usage. Nous avons longtemps envié à l'Italie la richesse de ses carrières de marbre, tandis que notre sol en possède qui peuvent rivaliser avec les plus renommées. Aujourd’hui l’on compte une quarantaine de départements qui en exploitent : les plus connus sont ceux des Hautes, des Basses-Pyrénées, de la Haute-Garonne et des Pyrénées-Orientales, eurtout ces marbres schisteux de Campan, tantôt rouges, tantôt verts ou d’un rose tendre, et dont Louis XIV fit la réputation en les employant à décorer les chäteaux de Versailles et de Trianon ; celui de Sarancolin, qui a l'apparence d’une brèche ; des marbres statuaires, et vingt autres espèces qu’il serait trop long de citer. Quelques autres ne sont pas moins connus : ce sont les marbres rouge ct blanc de l'Aude, dont on peut prendre une idée par les huit colonnes de l'arc de triomphe de la place du Carrousel, à Paris; le bleu turquin et la brèche violette de l'Ariège; les deux brèches des Bouches-du-Rhône, dont l’une est improprement appelée brèche d'Alep, ct l’autre de Memphis; les marbres blancs et griottes de l'Hérault, qui ornent plusieurs édifices de la capitale; les marbres statuaires, cipolins et autres de la Corse; ceux non moins nombreux de l'Isère et de l'Ardèche; ceux du Jura et du Lot, utilisés dans ces deux départements ; le portor et le jaune isabelle du Var ; les marbres blancs, roses et verts des Hautes-Alpes ; la lumachelle gris-perle du Puy-de-Dôme; le marbre coquillier de la Charente-Taférieure; le blanc à grain fin de la Vienne ; le noir veiné et coquillier de Saône-et-Loire ; les brèches et les marbres variés de la Côte-d'Or et de l'Aube; les gris ou jaunätres de la Haute-Marne; les marbres veinés de Maine-et-Loire et de la Sarthe ; les noirs et les jaspés de la Mayenne; ceux du Finistère, et les marbues variés du Pas-de-Calais, dont lun, exploité près de Boulogne, appelé d’abord marbre-Napoléon, et employé à la confection de la colonne de la Grande Armée, près de cette ville, est reconnaissable à sa couleur café au lait veiné de blanc.
D’autres roches, d’un usage plus modeste, mais aussi plus utile, forment un des produits les plus considérables du territoire français. De vastes ardoisières sont exploitées au pied des Pyrénées et dans les départements de Maine-et-Loire, de la Meuse ct des Ardennes. Ceux de la Dordogne et de l'Hérault, ceux de la Loire, de la Côte-d'Or, de l'Yonne, de la Meuse, de la Moselle, de l'Oise et de la Seine ; ceux de Seine-et-Marne, de Seineet-Oise, du Calvados et de la Manche, renferment les meilleurs calcaires à bâtir ; le calcaire d’eau douce de Château-Landon prend un poli qui lui donne
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EUROPE, == DESCRIPTION DE LA FRANCE. 4h
l'aspect du marbre : c’est de cette pierre que sont construits les quatre piédestaux du pont d’Iéna, et les bords du bassin du château d’eau sur le boulevard Saint-Martin, à Paris. Les environs de Mulhausen, de Belley, de Dijon et de Châteauroux, fournissent aux dessinateurs d'excellentes pierres lithographiques. Les anciennes provinces de la Bourgogne, de la Champagne, de la Flandre et de l'Ile-de-France possèdent la meilleure terre argileuse pour la fabrication des briques et des tuiles ; près de Limoges et de Saint-Yrieix, la décomposition du feldspath contenu dans les roches granitiques fournit cette substance appelée kaolin, si utile à la fabrication de la porcelaine ; dans le département de la Seine-Inférieure, on exploite, près de Forges-les-Eaux, la meilleure argile employée à faire les pipes, et près d’Elbeuf, celle qui passe pour être 1: plus propre au terrage du sucre; celle des environs de Beauvais et de Montereau est employée dans les fabriques de faïence fine; les départements de l'Yonne, du Cher et de la Charente-Inférieure, abondants en silex, exportaient jadis à l'étranger leurs pierres à fusil ; la petite ville de la Ferté-sous-Jouarre envoie dans l’intérieur, et jusque dans le Nouveau-Monde, ses meules formées de silex meulières ; les grès des environs de Versailles et de Fontainebleau sont d’une grande utilité pour le pavage de Paris et des routes qui avoisinent cette capitale; la craie tendre des départements de la Marne, de la Seine et de Seine-et-Oise, est façgonnée en pains, qui s’emploient sous le nom de blanc d’Espagne ; enfin, le gypse des environs de Paris fournit excellent plâtre dont cette capitale consomme une si grande quantité ; et les carrières d’où on le tire en expédient à des distances considérables.
Les produits qui constituent la richesse minérale de la France ont
.éprouvé depuis plusieurs années un accroissement sensible, el laissent
entrevoir dans l'avenir de nouvelles causes d’augmentation, Le fer est le métal qui occupe le plus grand nombre d'usines: en 4846, on en comptait près de 2,500 dont la fabrication donnait une valeur de plus de 450 millions de francs,
Ces usines se divisent en quatre classes. La première, qui se distingue par Pemploi exclusif du charbon de bois, forme sous le point de vue géographique cinq groupes différents,
Celui de l’est comprend toutes les usines des trois départements de l’ancienne Franche-Comté, celles du Haut-Rhin et de Ja Meurthe, ainsi que deux de celles de la Haute-Marne. Le fer qu’on en retire est très-estimé. Le minerai provient de .v flaute-Saône, où il est presque inépuisable, Le
charbon de bois se tire des forêts situées dans le groupe même, YIL, 6
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Le groupe du nord-ouest comprend un grand nombre d'établissements situés dans l'Eure, l'Orne, la Mayenne, le Morbihan, la Sarthe, la Loire-
Inférieure, les Cotes-du-Nord, l'Eure-et-Loir, PEle-et- Vilaine, la Manche, |
le Loir-et-Cher et Je Maine-et-Loire, Les minerais et le charbon de bois proviennent aussi du même groupe.
Le groupe de l'Indre se compose de toutes les usines de ce département, de toutes celles de la Vienne, d'Indre-et-Loire, des Deux-Sèvres et de celles situées au nord de la Haute-Vienne, Le minerai et le charbon se tirent du même groupe.
Le groupe du Périgord comprend un grand nombre d'usines dans la Dordogne, la Charente, Tarn-et-Garonne, la Corrèze, le Lot, enfin dans le sud de la Haute-Vienne, et au nord-est de Lot-et-Garonne, Le mincrai de ce groupe semble inépuisable, et le charbon de bois se tire des forèts qui entourent les usines.
Le groupe du sud-est comprend, outre plusieurs forges dans la Drôme, presque toutes celles de l'Isère. Les procédés employés dans ce groupe le distinguent complétement des quatre autres. La fonte obtenue par le charbon de bois est très-propre à la fabrication de l’acier naturel. On la prépare dans de hauts-fourneaux d'une forme particulière et au moyen de minerai de fer carbonaté spathique. Préalablement grillée, on la transforme en fer malléable. Son principal emploi est la fabrication d’un excellent acier, par un procédé connu sous le nom de méthode de Rivet. Le minerai se tire du groupe même, ainsi que le charbon de bois, Cependant une partie de la fonte provient des hauts-fourneaux de la Savoie.
La seconde classe d'usines est caractérisée par l'emploi simultané ou alternatif de combustibles divers. Elle se divise en quatre groupes. *
Celui du nord-est, qui est très-important, se compose d’une centaine d'établissements dans les Ardennes, la Moselle, le Bas-Rhin, l'Aisne, et des usines situées au nord du départemement de la Meuse et au sud de celui du Nord. La proximité du combustible minéral y a introduit une grande variété de procédés. La diversité des minerais et des fontes fait qu’il s’y fabrique toutes sortes de fee, Une partie des fontes et du charbon de bois se tire de Belgique; toutes les houilles viennent de ce pays ou de la Prusse rhénane.
Le groupe de Champagne et de Bourgogne comprend toutes les usines de la Haute-Marne, à l'exception de deux ou trois; celles situées au nord= ouest de la Côte-d'Or, dans le bassin de la Seine et de ses affluents; toutes celles de l'Yonne, de la Marne et du sud de la Meuse, Les minerais y sont
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innombrables, mais de qualités fort diverses. Le charbon de bois se tire du pays même, et la nouille de la Loire et de Saône-et-Loire, La fonte y est exclusivement fabriquée au charbon de bois, mais l'affinage à la houille y prend tous les jours plus d'extension.
Le groupe central comprend des établissements, dont plusieurs sont très- considérables, dans Sadne-et-Loire, la Nièvre, le Cher et Allier, On y fait la fonte, soit au charbon de bois, soit en mêlant ce combustible avec le coke, soit enfin au moyen du coke seul. La conversion en fer y emploie le charbon de bois, ainsi que la houille par l'affinage anglais, Les deux sortes de combustibles y abondent et les grandes rivières en facilitent la circulation, Mais ce groupe ne possédant point de minerais aussi abondants que les autres, est obligé d’en tirer de loin une assez grande quan. tité, ainsi qu’une partie des fontes qu’il emploie.
Le groupe du sud-ouest est le moins fourni d'usines : elles sont situées dans les Landes, lu Gironde, à l’ouest de Lot-et-Garonne et au sud-ouest des Basses-Pyrénées, La fusion se fait au charbon de bois, J'affinage de même ou au moyen du bois en nature et de la tourbe. La fabrication s'y trouve restreinte par le défaut de minerais, S'il pouvait recevoir par mer ceux de la Biscaye, les abondantes forêts de pins qu’il possède lui procurant le combustible à un prix de moitié au-dessous de celui des autres forges de France, il trouverait dans cette industrie une source de richesses.
La (roisième classe d'usines, caractérisée par l'emploi exclusif des combustibles minéraux, se divise en deux groupes.
Celui des houillères du Nord comprend un petit nombre d’établissements dans les dépagtements du Nord, du Pas-de-Calais et de l'Oise. La fonte s’y l'ait exelwsiwement au moyen du coke, et om la convertit en fer par la méthode amgluise; mais on laffine également à la houille, au marteau ou au lamimair, soit des fontes tirées des hauts-fourneaux exploités au charbon de bois, soit de vicilles fontes de toute origine. Des gites de minerais nouvellement découverts accroissent les ressources de ces usines. La houille y vient du bassin houiller francais ou de la Belgique.
Le groupe des houillères du sud comprewd toutes les grandes forges à Pangiaise de l'Aveyron, du Gard, de l'Ardèche, de la Loire, et même une de l’Isère, La fusion du minerai s’y fait à la houille ou au coke. Les usines de l'Aveyron et du Gard tirent de leur sol même le minerai et le combustible; dans l'Ardèche les forges ont beaucoup de minerai sur place, mais elles tirent leur houille de la Loire. Dans ce département, au contraire, le combustible abonde, mais le mincrai manque. Aussi ces forges tirent-elles
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souvent des hauts-fourneaux de la Franche-Comté ou de la Bourgogne de Ja fonte obtenue au charbon de bois, qu’elles affinent au coke, et dont
elles font un fer d’une bonne qualité.
La quatrième classe d’usines, c’est-à-dire de celles où le minerai est converti directement en fer ou en acier au moyen du seul charbon de bois, ne forme qu’un seul groupe que l’on pourrait appeler groupe des Pyrénées, et qui se compose de toutes les forges de l'Ariège, des Pyrénées-Orientales, des Hautes-Pyrénées, du Tarn, de l'Aude et de la Haute-Garonne, ainsi que de celles qui sont situées à la limite orientale des Basses-Pyrénées. Ces usines ont un caractère spécial et uniforme qui les distingue de toutes celles des autres parties de la France : c’est la fabrication directe du fer, dans des fourneaux de petite dimension, sans qu’il soit nécessaire d'obtenir d’abord de la fonte. En un mot, on y pratique exclusivement la méthode dite catalane. Mais le minerai, pour être soumis à celte méthode, doit être d’une grande pureté. Il est en général fourni par les célèbres mines de l'Ariège. Les produits de ces usines sont de très-bonne qualité,
Les usines de la Corse appartiennent à la quatrième classe. Elles sont alimentées var les minerais de l’île d’Elbe; mais la méthode catalane y est beaucoup moins perfectionnée que dans l'Ariége et les Pyrénées.
Le territoire français est assez riche en minerais de plomb. Ce sont les mines de plomb argentifère que l’on exploite dans les départements du Finistère, de la Lozère et des Vosges, qui produisent la quantité d’argent que l’on recueille en France. Il en existe de semblables, mais qui ne sont
point encore exploitées, dans l'Ariège, le Puy-de-Dôme, la Haute-Vienne,
les Deux-Sèvres, la Manche et le Bas-Rhin, Des montagnards de l'Isère qui vendent souvent aux orfèvres de Grenoble des morceaux de minerai d’argent, donnent lieu de présumer que la mine de Chalanche, et probablement d’autres des environs, seraient d’un produit important. La manganèse est tellement abondante en France, qu’elle pourrait en approvisionner toute l'Europe. Les alluvions de plusieurs cours d’eau renferment des parcelles d’or : le Salat, qui sort des Pyrénées, la Cèze et le Gardon, qui prennent leur source dans les Cévennes, l’Ariége et la Garonne, auprès de Toulouse, le Rhône à la limite du département de l'Ain, et le Khin audessous de Strasbourg, voyaient jadis sur leurs rives un grand nombre d'individus qui faisaient métier de recueillir ce métal; mais aujourd’hui le bénéfice d’un orpailleur surpasse à peine ce qu’il gagnerait à un travail plus utile; et sur les bords du Rhin, où l’on en compte le plus, la récolle du précieux métal, depuis Bâle jusqu'aux environs de Mayence, ne
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EUROPE, — DESCRIPTION DE LA FRANCE. &i
produit pas, année commune, plus de 15,000 fr. Les mines d’or de la Gardette dans le département de l'Isère, paraissent devoir donner d’importants résultats, quoique les travaux en aient été abandonnés.
Voici, d’après la moyenne de ces dernières années, la récapitulation de la quantités moyenne annuelle de métaux que la France a retirée de ses mines.
quintaux quintaux Fonte... ............ 3,589,996| Argent, .......,..,.,.. 1,908 Gros fer, ..........,92,444,197| Cuivre. ..... PRÉ ANTN 900 ACISE. «ee see + ++ + 69,000! Antimoine. ..... ARRETE ‘617 Plomb. ........,.... 2,628| Sulf. d'antimoine. . .,... 973 Litharge. ......,...,.. 3,397| Manganèse. ., ..,..., .<. 65,757 Alquifoux, .,...,.,.+.. 516
Les autres substances minérales exploitées en France forment une par. tie considérable de sa richesse territoriale : 32 départements possèdent des houillères; quelques-uns renferment un autre combustible appelé lignile*, du sulfate de fer, de l’alun, de la poix minérale et du pétrole. Un seul, celui de la Meurthe, possède des sources salées et une mine de sel gemme, découverte en 1819, dont l'étendue, que l’on évalue 30 lieues carrées, sur une épaisseur d'environ 460 mètres, pourrait être exploitée pendant 96,000 ans, à raison d’un million de quintaux par année. L’extraction en est réglée aujourd’hui à 450,000 quintaux.
La houille est obtenue en France de 46 bassins houillers, dont les plus considérables sont, suivant l’importance de leurs produits, ceux de la Loire, où il y a 59 mines concédées; c’est le plus abondant de tous, et qui fournit la meilleure qualité connue de houille collante: de Valenciennes, 43 mines concédées : du Creuzot et de Blanzy, 43 mines concédées ; d’Alais, 22 mines concédées; d'Aubin, 41 mines concédées; d’Epinac, 4 mines concédées ; de Branac, 8 mines concédées ; de Littry, une mine concédée; de la Basse-Loire, 8 mines concédées; etc. ete. En 4839, lo nombre des mines de houille était de 471, oceupant 24,376 ouvriers, 561 machines à vapeur de 8,330 chevaux et 422 machines à molettes, et produisant 48,122,566 quintaux métriques de houille, d’une valeur de 26,777,970 francs. La lignite est obtenue de 20 bassins, dont les principaux sont ceux d'Aix, de Bouxwiller, de la Tour-du Pin, de Bagnols, Orange, etc., ete. Ils produisent 993,654 quintaux métriques de charbon. L’anthrac’ie est obtenue dans 5 bassins : le Maine, le Drac, Briançon, Sincey, Oysans; le nombre des mines exploitées était, en 4840, de 27, et elles produisaient
ë Végétal fossile qui a conservé son tissu ligneux et qui est d'une formation moins ancienne que la houille,
832,396 quintaux métriques de charbon. Les tourbières sont très-nombreuses, on en compte 3,027, principalement dans les départements de la Somme, de la Loire-Inférieure, du Pas-de-Calais, de l'Oise, de Seine-et- Oise, de l’Aisne, du Nord, de la Marne, etc., etc.; elles produisent 4,184,585 quintaux métriques de tourbe.
La valeur des substances minérales nor mélalliques, estimées à leur prix moyen, s’élève à plus de 43 millions. L'exploitation de ces substances comprend plus Àe 2,270 mines ou minières, et plus de 76,700 ouvricrs.
Si nous ajoulons aux produits des substances métalliques et non métalliques ceux des diverses carrières exploitées en France, nous y trouverons encore ur élément de richesse d’une grande importance, car ils dépassent aujourd’hui 60 millions de francs.
Pour compléter le tableau des diverses branches d’industrie qu'alimentent les substances minérales du sol français, il faut ajouter une production de 200 millions provenant des diflérentes fabrications dont les matières premières sont d’origine minérale.
En considérant l’ensemble de toutes les industries dont nous venons de présenter le tableau, on voit qu’elies constituent plus de 60,000 établissements, qu’elles emploient plus de 300,000 ouvriers, et qu’elles livrent au commerce une valeur de près de 400 millions.
Pour préciser davantage l'importance des ressources minérales de la France, nous dirons que la valeur de cette industrie a été en 1839 de 365,411,510 francs, dont 32,823,055 francs d'exploitation des combustibles minéraux et de la tourbe; 127,484,726 francs de fabrication et élaboration principale de la fonte, du fer et de Pacier; 143,715,061 francs d'exploitation des métaux autres que le fer, des bitumes minéraux et des . sels ; 40,348,419 francs d’exploitation des carrières, et 151,260,249 francs d’élaboration principale des substances d’origine minérale,
La France est plus riche à elle seule en eaux minérales que tout le continent européen. La valeur créée aujourd'hui par leur exploitation dépasse dix millions. La France en dehors du groupe de PAlgérie ne compte pas moins de 955 sources minérales, réparties en 8 groupes naturels et exploitées en bains, douches ou boissons, sur 331 points de notre territoire, dans 217 établissements. Le seul groupe des Pyrénées renferme 426 sources utilisées dans 93 établissements, On compte au delà de 4,000 sources inutilisées. Nous donnerons à la fin de ce livre un tableau des eaux minérales de la France,
Examinons les principaux phénomènes atmosphériques, Cette partie de
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la physique nous conduira naturellement aux intéressantes questions relatives à la végétation. La latitude de la France, et surtout le peu d’élévation de son sol, la placent dans la zone tempérée; cependant clle présente des nuances de température assez tranchées pour influer sur la végétation. Les vapeurs humides qui s'élèvent de la surface des mers qui la baignenr au couchant; les chaînes de montagnes qui la bordent au levant et au midi, produisent les modifications, quelquefois subites, qu’éprouve son atmosphère. Les vents, selon la direction qu'ils suivent, transportent dans les différents bassins la pluie, la grêle ou laridité. Dans Ja vallée de la Durance, celui du nord, qui ne traverse que des montagnes d’une médiocre houteur, tempérant la chaleur du climat, est favorable à la végétation; dans les bassins de la Seine et de la Loire, le même vent est redouté. La vallée de la Durance est désolée par le souffle du vent d’est, qui traverse les sommets glacés des Alpes, tandis que dans le bassin de la Seine, il es le signe et l’avant-coureur des beaux jours. Sur toutes nos côtes de la Méditerranée, les vents du sud, sortis des déserts brù!ants de l’Afriquez répandent la désolation; refroidis en passant sur les cimes neigeuses des PF us, ils se montrent toujours accompagnés par la grêle dans le bassin
Garonne. Les départements du Var et des Bouches-du-Rhône sont quelquefois ravagés par le souffle de Pimpétueux mistral, qui suit la direction du nord-ouest; sous le nom de galerne, vers l'embouchure de la Loire, le même vent est redouté du laboureur; dans la Bretagne, au contraire, il se joint à ceux de l’ouest et du sud-ouest pour entretenir la pluie. Enfin, c’est celui du nord-est, qui, dans les Vosges et les Ardennes, répand le froid et l'humidité.
La France, divisée en deux grandes régions par le 46e parallèle, offre, au nord et au sud de cette ligne qui coupe le versant septentrional du groupe du Mont-Dore, des différences sensibles, sous le rapport du nombre moyen de jours pluvieux : au midi, ilest de 134, et à la latitude de Paris, il est de 405. Les observations faites dans le but de connaître la quantité moyenne d’eau qui tombe annuellement dans quelques parties de la France, donnent ies résultats suivants :
Départements Départements
De l'Hérault. — Montpellier. 770 millim.| De la Seine. — Paris. . . .. 530 millim, De l'Isère. . ....,.. .. 866 » Du Nord. — Lille..,.,...,.730 » Du Rhône. — Lyon, .,..785 p» De la Moselle. — Metz . .. 670 » De la Haute-Vienne. ..,. 676 » Du JIlaut-Rhin (dans les D'le-et-Vilainne. .,...668 » plaines), ...,,.,,759 »
De l'Orne. , .,,.,,,,,.650 » Id. (dans les montagnes... . 812 De l'Eure, .,,,,,,,.,., 550 »
Les matériaux que fournit la météoroiagie sont trop incomplets pour qu’il soit possible d'expliquer les phénomènes atmosphériques et ceux relatifs au climat; nous nous contenterons de rclater la température moyenne que l’on a constatée sur différents points de la France, quoique plusieurs de ces résultats suient encore doulcux.
:lant l'été, Pendant l'hiver. Pendant l’été, Pendant l'hiver, Clermont... . :- 18,0 deg. + 1,4 deg. cent. | Marseille... + 22,5 deg. + 7,5 deg. cent. Dunkerque.. + 17,8 + 3,7 Montpellier. + 24,3 + 6,7 Paris. . . . . + 18,1 + 3,7 Toulon, .,. +923,9 + 9,1 Saint-Malo. . + 18,9 + 5,6 Nîmes. ..,. + 23,0 + 9,0 Nantes. . . . + 20,3 + 4,1 Agen. ..., + 28,7 + 2,5 Bordeaux... + 21,6 + 5,6 Colmar... . + 21,0 + 8,7
Ces divets exemples s'accordent avec ce qui a été dit dans l’un des livres précédents pour prouver que plusieurs circonstances locales, comme l'élévation et l'exposition du sol, le voisinage des mers et des chaines de montagnes, influent puissamment sur la température et l’humidité de l'atmosphère. |
Certains végétaux offrent des bases plus sûres pour caractériser le climat de la France: l'olivier, le maïs et la vigne peuvent servir à déterminer les limites de quatre régions naturelles qui divisent cette contrée. On a figuré sur différentes cartes ces limites par des lignes droites et paralièles, tandis que toujours sinueuses, elles suivent des pentes et les contours que produisent les aspérités du sol, et coupent obliquement les degrés de lati- . tude. La région es oliviers occupe, depuis les bords de la Méditerranée, les pentes orientales de la chaîne des Pyrénées, les pentes méridionales des Cévennes et les pentes occidentales des Basses-Alpes. Elle est limitée au nord par une ligne qui, partant de Bagnères-de-Luchon, se prolonge directement jusqu’à Die, dans le département de la Drôme, et descend à Embrun dans celui des Hautes-Alpes. La région du maïs ne s'étend guère au delà d’une seconde ligne qui commence à l’embouchure de la Gironde, passe au nord de Nevers, et remonte jusqu’à l'extrémité septentrionale de l’AIsace. La vigne qui occupe ces deux régions s’étend au delà de celle du mais, mais ne dépasse pas la ligne que l’on traccrait à quelques licues au nord de l'embouchure de la Loire, prolongée vers le nord-est, en passant an sud des sources de l'Eure, en suivant les contours des plateaux qui bordent la rive droite de l’Oise, en s'étendant au nord de l'Aisne et de Verdun, et vers le nord-est jusqu’au Rhin. Au delà de cette ligne, la vigne est remplacée par le pommier. Cependant ces limites ne sont pas rigoureusement exactes : ainsi, le maïs pourrait être cultivé dans le bas-
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sin de Metz, puisqu'il y réussit dans les jardins; on en récolte une assez grande quantité en Bretagne, sur le versant méridional des montagnes d’Arrée et dans quelques parties de la Flandre française.
On sait que le voisinage de la mer influe sur la végétation en adoucissant la cempérature : le figuier et ie myrte, qui semblent rechercher un climat chaud, réussissent en France à des latitudes très-différentes : le premier, aux environs du Havre et de Cherbourg, donne d'excellents fruits sans avoir besoin d’être abrité; tandis qu’aulour de Paris, où:il demande une exposition favorable, ses fruits sont plus tardifs et moins bons. Le myrte vient en pleine terre dans les environs de Coutances, à Brest, à Belle-ile-en-Mer; tandis qu’à 400 licucs plus au sud, mais loin de l’Océan, il faut les plus grandes précautions pour le faire réussir. Les melons n’exigent presque point de culture sur les côtes de la Basse-Normandie jusqu’à Honfleur, et l’on sait au contraire quels soins ils demandent dans les environs de Paris, où l’on obtient, à la vérité, des espèces qui surpassent en qualité les meilleurs melons d'Italie. Enfin, on voit le châtaignier, profitant de l’abaissement du sol, qui compense souvent la différence de latitude, prospérer depuis les montagnes du Fvrez et de l'Auvergne, jusqu'aux extrémités méridionales de la France, occuper 40,000 hectares dans la Haute-Vienne, etse muitiplier naturellement dans plusieurs bois des environs de Paris.
Les seuls arbres fruitiers importants qui soient réellement indigènes de la France, sont le figuier, le pommier, le poirier, le prunier et le néflier. Parmi les plantes acotylédones ou dépourvues d’embryons visibles, nous ne devaus pas oublier la truffe, qui rend les environs d'Angoulême et de Périgueux chers aux véritables gourmands. -
La culture a naturalisé sur notre sol un grand nombre d'arbres utiles ou de plantes potagères ou d’agrément. Le cerisier apporté d’Asie en Europe par Lucullus, fut acclimaté en Fr 2e par les Romains; l’empereur Probus paraît y avoir introduit une espèce de vigne différente de celle que les l’héniciens avaient naturalisée ; notre sol en nourrit plus de 4,400 variétés, dont les plus connues sont le morillon hâlif, petit raisin noir de peu de goût, mais très précoce ; le chasselas de Fontaincbleau, dont les variétés se distinguent pur leurs couleurs; le chasselas doré, ou raisin de Champagne, dont une variélé est rouge; le verdal, le plus sucré des raisins de dessert, cultivé dans le midi de la France, mais mürissant rarement aux environs de Paris; le muscal bl:nc ou de Frontignan, et le
corinthe blanc, dont les grains très-petits ne renferment pas de pepius, Will. 7
Les anciennes colonies grecques établies sur nos côles méditerranéennes y transportérent l'olivier, originaire du mont Taurus, et le framboisier du mont Ida. La découverte du Nouvcau-Monde nous a valu la capucine du Pérou, la tomate du Mexique, le lopinambour du Brésil, la pomme de terre de la Virginie et le maïs, improprement appelé blé de Turquie, L'humble. persil nous est venu de la Sardaigne, e! le cordon, de la Barbarie. Le grenadier fut aussi transporté de l'Afrique dans nos régions méridionales. L'Asie surto.' contribué à enrichir nos polagers, nos vergers et nos champs:lers ds celte contrée est la patrie de l'épinard. Nous devons Je radis, l’oranger, le citronnier et le mürier blanc à la Chine; le mürier noir à l’Asie-Mineure; l’abricolier à l'Arménie; le pêcher et la fève de marais à la Perse. L’Asie a encore vu naître l’amandier et le noyer, la laitue et les melons les plus succulents. Enfin le haricot, la chicorée blanche et le potiron, qui dans nos jardins élale ses larges feuilles et fait briller l'or üe son énorme fruit, ont passé du climat bràlant des Indes à la douce température de la France et de l’Europe occidentale,
Que de conquêles lointaines n’a point faites l’horliculture { Elle conserve le tournesol du Pérou, le dablia du Mexique, la balsamine de l’Inde, le réséda d'Égypte, l’angélique de la Laponie, l’arum gobe-mouche de Minorque, l’ascépiale incarpat et la lobélie-cardinale de la Virginie, l'astère de la Chine, l'artragule bigarré de Sibérie, la canarine campanulée qui nous vient dos Cauaries, la tubéreuse de Ceylan, le martagon du Canada, la tulipe de Turquie, le lis de la Palestine, et la renonculeinadore, seul souvenir de la pieuse expédition de saint Louis en Syrie. Dans ne< parcs, le saule pleureur, apporté des environs de Babylone, aime le bord des pièceS d’eau, et laisse tomber jusqu’à sa base ses rameaux souples et légers ; l’aristoloche, originaire d'Amérique, s’enlace aux arbres qui l’entourent; l’aylante, connu us le nom de vernis du Japon, élève ses beaux rameaux à la hauteur de 20 mètres; le bignone catalpa, qui nous vient de la Caroline, élale ses larges feuilles et ses belies fleurs blanches tachées de pourpre, en élevant ses tiges à la hauteur de 40 mètres.
Le chêne, le bouleau, l’orme, le charme, le frène et le hêtre de nos forêts, l’aune qui croit dans les lieux humides, voient maintenant s'élever autour de nos habitations le faux acacia ou le robinier, que Robin apporta de la Virginie; différents chônes de l'Amérique, et le marronnier d'Inde, originaire de la Turquie d'Asie. Au sapin, qui couvre les régions élevées de nos montagnes, la culture joint ceux de la Norvêge et du Canada; enfin le peuplier noir, le tremble, et le peuplier blanc, indigènes de la France, ;
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s'unissent à ceux de l'Italie et de l'Amérique pouf orñer nos parcs et border nos prairies. Malgré toutes ces richesses, nos forêts et nos bois n'occupent qu’une superficie qui forme à peine 7,0(0,000 d'hectares, dont 500,000 seulement sont en haute futaye, quantités trop peu considérables pour qu'il ne soit pas à désirer qu’on emploie tous les moyens propres à en assurer la consefvation., Les six départements les plus boisés sont, en les classant d’après leur importänce, sous ce rapport, la Côte-d'Or, la Corsé, là Haute-Marne, lés Vosges, la Nièvre et la Meuse. La partie orientale de là France contineniale est donc la plus garnic de forêts. La partie opposée, et particulièrerient lés cinq départements de l'anricnne Bretagne, sont les pays de France les moins boisés: le sol forestier y forme à pcine le trentième de la superficie, tändis que dans tout l'empire, les forèts occupent environ la huitième partie de l'étendue territoriale. Aussi, est-ce pour améliorer le sort des départements de la Bretagne, qu'une. société s’est proposé d’y convettir en forêts 400,000 hectarcs de terres incultes.
Le climat, l'exposition ét l’indu ‘ia locale ajoutent dans plusieurs de nos départeménts à l’importance de certains végétaux. Des forèts d’arbros résineux bofnent du côté de la mer le département des Landes, sur nno longueur de 30 à 40 lieues ; lé chêne-liége y est cultivé ainsi quedans eclui de Lot-et-Garonne ; les sapins des Vosges et du Jura fournis sent à la menuiserie dés planches qui remplacent souvent colles qui nous viennent des contrées septentrionales ; érable jaspé, cultivé dans le midi, est recherché pour l’ébénisteries le pin donne au pays'n de la
. Bretagne uñ moyen de se passer d'huile et de graisse pour Péclairage.
Le fruit du merisier, qui abonde dans les Vosges, produit, par la distillation, un kirschenwasser qui rivalise avec celui de la Forêl-Noirc, tandis que Son bois rougoâtre est utilisé par les fabricants de meubles. Le châtaignier donne une grande quantité de merrain et fournit un bois de charpente incorruptible. Les départements de l’ancienne Provence voient croître spontanément le caroubier, dont les gousses pulpeuses et douceâtres servent d’aliment aux bestiaux, et quelqufois même aux pauvres dans les temps de disette, et dont le bois connu sous le nom de carouge, est employé avec avantage dans les arts parce qu’il est d’une grande dureté. On y cultive aussi le câprier, arbrisseau sarmenteux dont on cucille les fleurs en boutons, pour les faire éonfire dans le vinaigre. Le mürier est cultivé en grand dans les départements méridionaux; on cotinaît aussi l'avantage que ceux-ci tirent de la culture dé l’oranger, du
citronnier, du pistachier et de l'olivier, dont on distingue 24 variétés. Le fruit du prunier forme une branche de commerce importante dans les départements du Var, de Lot-et-Garonne et d'Indre-et-Loire; le poirier etle pommier, dont les fruits servent à faire une boisson très-répandue, constituent une source de richesses dans les départements de l'Eure, de l'Orne, d’Ille-et-Vilaine, de la Manche, du Calvados, de la Scine-Inféricure et de la Somme, où la culture de la vigne est peu répandue.
Dans les environs de Paris, la pêche de Montreuil et la cerise de Montmorency justifient leur réputation. Diverses plantes potagères ont acquis sur certains sols une qualité supérieure : ainsi, les haricots des environs de Soissons, les carottes d’Amiens, les artichauts de Laon, les navets de Freneuse, aux environs de Mantes, sont recherchés sur nos tables.
Toutes les parties de la France ne sont pas également fertiles, et quelques-uncs attendent encore des effets de l’industrie et d’une administration éclairée le moment où il pourra être utilisé. Une partie de nos Pyrénées et des Vosges, et presque toutes les Alpes dauphinoises, offrent encore l’image de l’aridité, quoique l'exemple des Cévennes, qui renferment des roches de la même nature, prouve ce que peuvent le travail et la patience de l’homme pour faire naître une fécondité factice. On voit dans quelques parties de l'Auvergne, des murs élevés de distance en distance sur le flanc des montagnes, retenir les dépôts d’alluvions que les eaux entraineraient au fond des vallées. La partie méridionale du département de la Gironde et celui des Landes presque en enticr, sont couverts de sables qui sembleraicnt devoir être tout à fait improductifs, si l'habitant n’avait pas le soin d'y cultiver en grand l'un des végétaux qui conviennent le mieux à ce terrain, le pin maritime, qui fournit au commerce une grande quantité de résine ; encore, pour peu que ces sables s’unissent à quelque substance calcaire, comme les coquilles fossiles des environs de Bordeaux, ils forment un sol favorable à la culture de la vigne : on peut même rendre productifs des sables semblables, à force d'engrais, comme la plaine de Boulogne, près de Paris. Ceux de la Sologne, comprise dans le département du Cher, et ceux de la Bretagne, pourraient également être utilisés. Les plaines craycuses de la Champagne sont fécoudes partout où leur superficie est couverte d'un dénôt d’alluvions argileuses ; mais dans les partics les plus arides de la Champagne Pouilleuse, le sol pourrait être occupé par des plantations d’arbres verts. Si, comme nous le pensons, on peut évaluer \a superficie des terrains regardés en France comme improductifs, à près de #,000,000 d'hectares, c’est-à-dire à la treizième partie de tout l’em-
pire, on voit de quelle importance il serait d’en encourager la culture. Une étendue aussi considérable, utilisée, produirait nécessairement une augmentalion sensible dans la population, puisqu'elle accroitrait de plus d’un sixième la totalité des terres arables.
On évaluait le sol productif en France, pour l'année 1839, à 19,314,741 hectares, dont :
En Froment.. . . .., 5,586,786 hectares produisantsemences comprises 69,558,062 hectolit.
Épeautre. ...,.4 4,133 — — en — 136,127 Méteil......,,. 910,933 — — — — 11,829,448 Seigle. .......2,577,953 — — — — 2,184,700 Orge ee ee + 1,188,189 — — 16,661,462 Avoine., . . . . + « 3,000,63%4 — — — — 48,899,785 Maïs. ........ 631,71 — — = ee 7,620,264 Vignes... ,.....1,972,340 — — 36,183,223 Pommes de terre, ,. 921,971 — — — 96,233,905 Sarrazin.. ..., « 651,242 — — — 8,469,788 Légumes secs... . 296,926 — — — 3,460,877 Jardins... ..... 360,696 — — — »
Betteraves.. . ... 57,663 — — — a 15,740,691 Colza. ....... 473,506 — — 2,279,363 Chanvre. . ..... 176,148 — — — — 1,671,641 LiNhcs soso co se a? — — — — 137,394 Tabac. ....... 7,955 — — 88,897 Garance... .... 144,674 — — 160,340 Houblon. ...... 827 — — — — 888,289 Chataigneraies. .,. 455,381 — — — 3,478,582 Cultures diverses. . 226,902 — »
Prairies naturelles. 4,198,198 9% Prair. artificielles. 1,576,547) 47,256,678 BOIS, és + à à à 8,804,550 — 34,570,585 stères.
La valeur totale des produits des cultures est pour une bonne année de 4,526,902,890 francs.
Il résulte de la nature et de la disposition des diverses parties du sol de la France, que 11 départements, la Lozère, la Creuse, le Finistère, les Côtes-du-Nord, la Manche, le Calvados, l'Orne, la Seine-Inféricure, la Somme, le Pas-de-Calais et le Nord sont totalement dépourvus de vignobles; que 40 environ produisent du lin, que 57 cultivent en grand le chanvre, et que 75 possèdent des vignobles.
Les vignes de France sont cultivées sur une superficie d’environ 9,000,000 d’hectares, qui donnent un produit moyen de 35,000,000 d’hectolitres de vin, dont un sixième est converti en eau-de-vie. Leur produit annucl est évalué à 720 millions de francs, sur lesquels 65 millions proviennent des exportations. Les anciennes provinces de la Champagne, de la Bourgogne, du Lyonnais, du Dauphiné et du Bordelais, renferment
les crus les plus estimés ; tandis que ceux du Roussillon, de la Provence ct du Languedoc, trop souvent dépourvus de bouquet, ne sont remarquables que par leur force.
Nous n’essaierons pas d’énumérer les plantes qui composent la Flore française; il nous suflra de dire qu'elles se divisent en plus de 830 genres et de 6,000 espèces, nombre qui surpasse celui de l'Allemagne, dont la superficie est cependant plus considérable que celle de l'empire.
Les animaux qui peuplent nos montagnes, nos bois ct nos guéréts, forment une nomenclature moins détaillée ; leur nombre est moins considérable qu’en Allemagne, parce que nos forêts sont moins étendués et nos montagnes moins importantes, L’ours au pelage noir et l’aurs brun, que nos bateleurs apprivoisent et promènent de ville en ville, vivent dans la partie française des Pyrénées; le lynx, dont la vue perçante a passé en proverbe, habite nos hautes Alpes, où, d’ailleurs, il devient fort rare; lo chamois et le bouquetin ne quittent point les sommités qui forment les limites orientales et méridionales de la France. Les forêts des Vosges et les bois de la Moselle renfcrment l’écureuil au poil roux. Celui d’un brun foncé, piqueté de blanc jaunâtre, ainsi que leepolatouche de Sibérie, espèce d’écureuil volant qui ne sort de sa retraite que la nuit, et qui, à l’aide de ses flancs dilatés, s’élance de branche en branche avec agilité, habitent aussi nos hautes Alpes. Ces montagnes servent également d'asile à la marte au poil jaunâtre. La marmotte, dont le long sommeil est connu sous le nom d’hivernement, habile en société ses vastes terricrs, vers les sommités de nos Alpes et de nos Pyrénées.
Dans les départements voisins des Vosges, on voit souvent l'ennemi du mulot ct de la souris, cette même hermine dont nous tirois la fourrure des champs glacés de la Sibérie, et l’on rencontre le hamster, qui, célèbre par ses longs voyages, se trouve également dans le nord et le midi de la Russie, en Pologne, en Ukraine, en Hongrie, en Allemagne et dans l’Alsace, où on Pappelle marmotte de Strasbourg. Dévastateur des moissons, chaque hamster entasse dans son terrier depuis 12 jusqu’à 400 livres de grain; ct, féroce autant qu'intrépide, jamais on ne le voit reculer devant son ennémi, ni devant l’homme même qui a tant d'intérêt à le détruire. Le rat appelé surmulot, qui, originaire de l'Inde, ne fut apporté en Europe qu’en 4330 par des vaisseaux anglois, est un des rongeurs Îles plus incommodes que nourrit notre sol, I s’y est tellement multiplié qu’on le retrouve sur tous les points de la France; il y a détruit et remplacé le rat noir, espèce plus petite qui y vivait précédemment. Il se multiplie dans les
Ce
maisons comme dans les lieux les plus infects, tels que les égouts, les voiries et les latrines publiques; dans nos habitations, il devient quelquefois assez robuste pour tenir tête au chat et pour le mettre en fuite; dans nos campagnes il attaque les levrauts, les lapereaux, les jeunes pigeons et les perdrix.
Toutes nos forêts un peu considérables servent de repaire au loup, que l’on peut appeler le plus nuisible de nos animaux carnassiors, et au sanglicr, qui sort quelquefois de sa retraite pour ravager nos champs cullivés. Assez nombreux dans quelques parties de la France, lo putois, la fouine, la belette et le renard répandent trop souvent la terreur dans nos bassescours; le bluireau, solitaire et défiant, creuse son terrier dans les bois les plus écartès; la taupe établit sa demeure duns tous les terrains fertiles; le hérisson se blottit en boule dans les buissons; le rat, le mulot, le loir, la souris et le lérot, habitent les champs et les jardins.
Le campagnol amphibie, appelé vulgairement rat-d’eau, se tient au bord des marais et des cours d’eau peu fréquentés; la loutre, objet des recherches de nos chasseurs, se réfugie dans les lieux les plus cachés, dans les trous qui bordent les étangs et les rivières, et cherche au fond des eaux le poisson dont elle se nourrit. Le castor vit, dit-on, sur les bords du Rhône où il cherche à se mettre à l'abri des poursuites de l’homme; enfin le desman, quadrupède aquatique peu connu, qui détruit les vers et les insectes, se montre quelquefois aux environs de Tarbes.
Ce résumé de la Faune françaïse nous dispense de parler du cerf et ‘2 chevreuil, qui recherchent les bois taillis; du lapin, qui habite les pays boisés ; et du lièvre, plus ou moins nombreux dans nos guérets,
La France possède presque toutes les espèces d’oiseaux de l'Europe. Les rivages de la Méditerranée sont fréquentés par le flamant, né sur les plages africaines; nos départements méridionaux voient souvent le rollier commun, dont le plumage se nuance de bleu, de vert et de violet ; le guépier commun, qui parait venir de l'ile de Candie; le bec-figue, recherché par nos gastronomes pour sa chair grasse et savoureuse, et le pichion ou le grimpereau, qui choisit sa retraite dans les trous des rochers à pic ou dans les murailles des vieux châteaux. De nombreuses espèces visitent tous les ans nos climats à l'approche du printemps, et, suivies de leur lignée, vont à la fin de l’automne se réfugier dans des contrées plus chaudes : ce sont la grive, l’aloucte, le rouge-gorge, la caille ct l’ortolan, qui trouvent place sur nos tables les mieux servies; la huppe, le loriot, la mésange et le marlin-pêcheur, oiseaux dont le plumage brille des plus vives couleurs 3 la
tourterelle, qui semble ne vivre que pour se livrer aux affections amoureuses, et que l’on doit regarder plutèt comme le symbole de l’inconstance que de la fidélité; l’hirondelle, qui recherche nos habitations; et le rossignol, dont les chants prêtent tant de charmes à nos bosquets, lorsqu'ils brillent du vif éclat de la verdure printanière. Le linot, le bouvreuil et le chardonneret sont les ornements de nos volières; le geai, le sansonnet et l'étourneau, par leur facilité à apprendre à parler, pourraient être appelés nos perroquets indigènes,
Quelques gallinacées sauvages affectionnent certaines parties de la France, Au centre et à l’ouest, on trouve fréquemment la perdrix rouge; dans les départements méridionaux, la perdrix grise est plus commune que duns lousles autres; les gélinottes habitent les montagnes; ‘es bécasses et les bécassines fréquentent les bois humides ; les premières sont en grand nombre dans la Picardie, et les secondes en Auvergne; enfin les côtes de Ja Manche et de l'Océan sont peuplées d’oiscaux estimés sur nos tables. Qui ne connait le pluvier, le vanneau, la macreuse, l’alouelte de mer et le canard sauvage, dont les habitants de la Charente-Inférieure font un commerce important?
Deux espèces de vipères, la commune et l’aspic, se trouvent fréquemment dans les cantons montueux, pierreux et boisés des environs de Lyon, de Grenoble et de Poitiers; mais on a remarqué que l’on rencontre ces reptiles venimeux, principalement vers les neuf à dix heures du matin, à l'exposition du levant. Ils vivent d'insectes, de souris et d’autres petits änimaux, La France centrale nourrit la couleuvre vipérine, ainsi que la verle el jaune, que l’on apprivoise facilement. Une espèce particulière, appelée la bordelaise, et la couleuvre masquée, se trouvent aux environs de Bordeaux; celle à qualreraïes, qui atteint deux mètres de longueur, vit dans nos contrées méridionales ; la provencale, longue à peine de 42 à 45 centimètres, indique par son nom le pays qu’elle habite; lacouleuvre lisse se trouve aux environs de Paris ; la fé/ragone est la plus rare. Ces couleuvres ne sont point dangereuses, et plusieurs même, sous le nom d’anguilles de haie, sont, dans quelques cantons, regardées comme un aliment savoureux,
Parmi des sauriens assez nombreux, il faut citer le gecko de Mauritanie, qui vit sur les côtes de la Méditerranée. On conserve à Lyon un crocodile que l’on retira du Rhône il y a plus de deux siècles. Serait-ce le dernier descendant de ces reptiles que l’on retrouve fossiles dans les couches calcaires de notre sol? ou bien fut-il transporté de l’Afrique à l'embouchure du Rhône par des courants?
= Dans lo groupe ou l'ordre des batraciens, plusieurs crapauds méritent CO d'être mentionnés : le crapaud sonnant se trouve en grand nombre au si- centre de la France, où le coassement continuel et désagréable qu'il À ils fait le soir, après la pluie, lui a valu le surnom de pluvial; le crapaud ( Je accoucheur, qui se cache sous les pierres, ct qui débarrasse sa femelle 1 et de ses œufs pour les porter dans quelque mare convenable, habite nos | lés diverses régions; le crapaud vert, qui répand, lorsqu'on le frappe, une | odeur ambrée; et le crapaud épineux, animal hideux, d’une taille quel= il la quefois monstrueuse, vivent dans nos pays de montagnes. il 6; On pêche quelquefois sur nos cèles de la Méditerranée et de l'Océan |: inc celle tortue dont les anciens se servaient pour faire leurs lyres. La torlue 11 ses bourbeuse de nos marais méridionaux se conserve dans les jardins, parce ind qu'elle détruit les insectes et les animaux nuisibies; enfin les salamandres ; de terrestres ct aquatiques habitent, les premières le Midi, et les secondes ‘f Las tous nos départements. il t le La vaste étendue de côtes de la France lui procure les moyens d’occtner | )M- à la pêche un grand nombre de bras, et d’en distribuer les produits jus- | } qu'aux extrémités de son territoire. La Manche et l’Océe : fournissent le a Mm= turbot, la raie, la sole, le cabillaud, le saumon, le merlar!, le mnaquereau, \à on, le mulet, le hareng et la sardine. Cette dernière est tellement abondante, | ces que la pêche qu’on en fait sur les côtes de la Bretagne produit un bénéfice ‘1 1, à annuel de plus de 2 millions. Un seul coup de filet donne souvent de quoi | | lits remplir 40 tonneaux. Le nombre de chaloupes employées à cette pêche la est d'environ 4,400, montées chacune par & hommes d'équipage : ainsi |! re, elle occupe 7,000 rêcheurs. Eile commence en mai, et finit ordinairement ons enoctobre ou novembre, À Douarnenez, elle se prolonge jusqu’en décembre. | vit Plus de 250 ateliers de salaison sont employés à la préparation de ces 1 15 sardines; ils oceupent chaeun un tonnelier: le nombre-de barils confec- | ese tionnés pour en expédier le poisson sur dif#"cnts points est de plus de Û res 80,000, Ces ateliers emploient environ 1,500 femmes que l’on appelle: | de arrimeuses. La dépense de chaque atelier de salaison est évaluée à 4,000 à ux. francs, ce qui présente un total d'environ 4 million, Enfin le nombre de sarie, dines ainsi préparées s’élève, dans certainesannées, à plus de 320,000,000, | dile Les harengs que l’on prend sur les côtes de la Normandie sont une branche | ice de commerce importante pour les petits ports de Dieppe, de Fécamp al- et de Saint- Valery-en-Caux. Le premier en retire annuellement un produit j ure dé 600,000 à 800,000 fr.; mais lorsque les pêcheurs se dirigent vers les | côtes de l'Angleterre, cette somme est augmentée de plus de moitié, A | VIIL 8 f
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Boulogne, la pêche du hareng donne un produit de près d’un million ; celle du maquereau dépasse souvent 400,000 francs.
Dans la Méditerranée , nos pêcheurs prennent d’autres espèces, au nombre desquelles on distingue le thon et l’anchois, qui donnent lieu à un produit annuel de 2 à 3 millions.
Plusieurs cétacés se montrent quelquefois sur nos côtes. En 4741, un cachalot érumpo se fit prendre aux environs de Bayonne; en 1784, à la suite d’une tempête, 31 individus de l’espèce appelée grand cuchalot, échouëèrent avec un fracas épouvantable sur la côte occidentale d’Audierne, en Basse-Bretagne. Le géant des mers boréales, la baleine, fréquentait, au temps de Pline et de Strabon, le golfe de Gascogne et celui du Lion. Vers le douzième siècle, les Basques tiraient un grand avantage de la pêche de ce mammifère; depuis celte époque, les poursuites de l’homme l'ont relégué dans les régions glaciales, et l’on cite comme des événements ses apparitions sur nos côtes. En 1620, une baleine de plus de 35 mètres de longueur échoua dans l’île de Corse; en 1726, une autre de 24 mètres, fut prise dans la baie de la Somme ; en 1826, l’île d’Oléron en vit échouer une de 47 mètres; enfin, dans le mois de novembre 1828, les habitants de la commune de Saint-Cyprien, près de Perpignan, retirèrent de la Méditerranée un de ces animaux, long de 20 mètres, échoué depuis plusieurs jours sur le rivage.
Les poissons de nos rivières et de nos étangs sont trop connus pour que nous les mentionnions ; les mollusques terrestres pourraient être également passés sous silence, si le genre hélice, appelé vulgairement escargot, ne comprenait quelques espèces recherchées comme mets ou comme remède dans les affections pectorales. Les hélices, variable, rhodostome et vermiculée, communes dans les champs de la France méridionale; l’hélice vigneronne, plus commune encore, puisqu'elle se trouve dans les vignobles de toutes nos régions ; l’Aélice chagrinée, qui vit dans les jardins et dans les vignes, ct l'hélice némorale, qui habite les prairies et les champs, sont celles que l’on mange, ou dont on fait des bouillons et des cosmétiques, L’Alsace et la Saintonge en font une grande consommation ; cette derni’re province seule en exporte quelquefois pour plus de 20,000 francs dans unc année ; elle en expédie même jusqu'aux Antilles.
La pêche des mollusques marins constitue une branche d'industrie beaucoup plus importante. L'Auffre pied de cheval, commune dans les parages de Boulogne-sur-Mer, ne jouit pas d’une grande réputation, mais est utile comme comestible; l’huître commune est tellement recherchée,
que Paris seul en consomme annuellement pour plus d’un million et demi de francs. Les départements de la Charente-[nférieure, de la Manche et du Calvados, sont ceux qui fournissent les meilleures espèces, La moule commune est un aliment assez estimé et d’une grande ressource pour la classe indigente de quelques-unes de nos côtes. Les crustacés qui habitent nos rivages sont aussi fort utiles sous le rapport alimentaire. L’étrille et le tourteau forment une partie de la nourriture des habitants de nos portset de nos rivages. L'écrevisse homard et la langouste commune, remarquable par sa grande taille et par ses couleurs brune et jaunâtre, se servent sur les meilleures tables.
La France nourrit plusieurs insectes nuisibles. Quelques-uns sont indigènes, comme le charançon ou la calandre, qui dévore les blés dans nos magasins ; le scorpion roussâtre, et celui d'Europe, qui habitent les départements des bords de la Méditerranée; la lycose mélanogastre, espèce d’araignée tarentule que l’on trouve dans Ja même région, et qui est trèsvoisine de celle sur la quelle on débite tant de fables en Italie. D’autres nous ont été apportés de l'Inde par suite de nosrelations commerciales : tels sont le puceron, qui fait mourir le pommicr'; le lermès lucifuge ct le fermès flavicole, qui vivent dans la Provence et aux environs de Bordeaux, où ils dévorent les bois de charpente des habitations et ceux que l’on tient en réserve dans nos arsenaux maritimes, Quoiqu’en petit nombre, les insectes utiles rendent à la France des services inappréciables. L'éducation des
abeilles, faite en grand dans nos départements méridionaux, permet de
livrer à la consommation une grande quantité de miel, dont le plus célèbre est celui de Narbonne; le ver à soie, acclimaté sur notre sol depuis que Louis XI y planta le mürier, forme par ses produits une partie de la richesse du Dauphiné. La soie qu’il livre annuellement à nos fabriques est évaluée à 5,200,000 kilogrammes, L’insecte ailé qui forme la noix de galle donne une grande valeur aux chènes de nos régions méridionales, La cantharide fournit par sa dépouille un des plus puissants agents employëès dans les officines. On peut se fiszurer de quelle importance doit étre en pharmacie la consommation des sangsues, depuis que la médecine les a mises en crédit, lorsqu'on sait qu’il est peu d‘hôpilaux importants où l'on n’en consomme par an près de 450,000, et qu'elles forment une branche d'exportation considérable pour nos colonies, où chacune d'elles ne so vend pas moins de cinq francs,
Nous terminerons la revue que nous faisons du règne animal en France,
par quelques mots sur les animaux domestiques. Les races de chevaux,
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encore peu perfectionnées, sont susceptiblas de rivaliser un jour avec les’ plus estimées de l’Europe; mais, par suite de l’état arriéré dans lequel se trouve son agriculture, la France ne nourrissant pas un nombre suffisant de ces animaux, puisqu'on ne pouvait en 1839 en évaluer le nombre qu'à 9,818,496, est, pour cette branche importante d'industrie agricole, tributaire de l'étranger. Son sol, dont tout atteste la richesse, devrait, non-sculement fournir la quantité de chevaux dont elle a besoin pour le service des champs, des routes et de l’armée, mais elle devrait même pouvoir en fournir à quelques États voisins. Cependant elle n’a exporté, durant les cinq années de 4823 à 1827, que 15,000 chevaux, et elle en a importé 81,000. Elle en a donc payé à l'étranger 66,000, qui, au terme moyen de 500 fr., lui ont coûté 33 millions. Il faut même faire remarquer que ces importations ont cependant eu lieu à une époque où la France n’avait pour ainsi dire point d'armée. De quelle importance n’ont-elles point dù être en 4848 et 14850, pour donner à notre cavalerie une force non point formidable, mais seulement suffisante!
La France possède 21 haras ou dépôts d’étalons. Mais ces établissements ne doivent contenir, d’après le budget de 4844, que 1,500 chevaux au plus; et, si l’on considère qu’en supposant une moyenne de 30 naissances provenant de chaque étalon, il faudrait pour les besoins de la France 8,000 étalons de choix destinés à la reproduction, il est facile de concevoir combien le gouvernement est encore loin de pouvoir arriver sous ce rapport à un résultat désirable.
On estime qu'il naît annuellement en France 233,000 chevaux ; mais plus des sept huitièmes de ces chevaux proviennent de saillies faites au hasard, et surtout de poulains qui n’ont pas pris tout leur développement. De là, sans aucun doute, les causes auxquelles il faut attribuer la médiocrité des races de chevaux en France. Heureusement que tout fait espérer que les encouragements donnés dans plusieurs départements à laméliora= tion et au croisement des races amèncront tôt ou tard les résultats qu’on a droit d'en attendre.
Les départements de la Somme, du Pas-de-Calais, des Ardennes, du Haut et du Bas-Rhin, fournissent d'excellents chevaux pour l’agriculture, la guerre et le service des postes. D’autres, tels que ceux de Scine-et-Oise, de l'Aisne et de Seine-et-Marne, en produisent d’assez estimés pour Partillerie et les charrois. Ceux de l'Orne et du Calvados sont connus par leurs chevaux de selle et de carrosse ; ils appartenaient autrefois à cette race que l’on dit avoir été introduite par les peuples danois, qui, sous le
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nom de Normands, s'établirent sur notre territoire. Mais depuis plus de 25 ans que le gouvernement a importé des étalons anglais au haras du Pin, ces étalons ont, par de fréquents croisements, modifié l'ancienne race dans le département de l'Orne. On y élève maintenant des chevaux de selle qui rivalisent en qualité et en beauté avec ceux qui nous viennent de l'Angleterre. Aujourd’hui la race danoise n’existe plus que sur quelques points des départements du Calvados et de la Manche. Ceux de Maine-et- Loire, de la Sarthe, d’Eure-et-Loir, de la Drôme, de l'Isère, des Houtes- Alpes, de la Haute-Saône, du Doubs ct du Jura, élèvent une race propre à la cavalerie légère. Le Morbihan cet la Corse en fournissent une qui n’a point d'élégance, mais qui passe pour être infatigable. Les chevaux des départements de l’Ain, de la Côte-d'Or, de Saône-et-Loire, de l'Allier et de la Nièvre jouissent des mêmes qualités; mais les plus estimés pour leur vigueur et leur légèreté sont ceux de quelques parties de la France méridionale. La race limousine se tirait autrefois des départements de la Corrèze, de la Haute-Vienne, du Cantal, du Puy-de-Dôme et de la Dordogne. Malheureusement cette race, qui tend à disparaitre de jour en jour, n’existe plus que dans les environs de Limoges. Les chevaux qu’on appelle navarrins s'élèvent dans l'Aveyron, le Lot, le Gers, PAriége, et principalement les Pyrénées-Orientales et les Busses-Pyrénées.
L’âne de nos contrées est une espèce dégénérée, si on la compare à celle d'Espagne et de l'Italie; celui du département de la Vienne fait cependant exception par ses longs poils et par sa taille, qui atteint presque celle du mulet. La race du Poitou, qui est vigoureuse, fournit des étalons destinés à saillir les juments que l’on réscrve pour se procurer des mulets. Ces baudets étalons sont tellement estimés, qu'ils se vendent jusqu'à 3 ou 4,000 francs.
On distingue en France douze à quinze races de bœufs. Ceux de la Haute-Vicnne, de la Charente ct de la Charente-Inférieure, peuvent être considérés comme appartenant à la même : leur couleur cst d’un blond roux; leurs cornes sont longues, grosses el pointues; leur poids est d’envirou 300 à 425 kilogrammes. Ceux de la Creuse, de l’Indre et du Cher, ordinairement d’un blond pâle, pèsent de 250 à 350 kilogrammes; ceux de la Gironde, d’un blanc sale, surpassent en poids les deux races précédentes. Dans le Cantal et le Puy-de Dôme, ils sont rouges, ont les cornes courtes et blanches, et pèsent de 275 à #25 kilogrammes: dans le département de Saône-et-Loire, ils égalent en poids ceux de la Haute-Vienne. Ceux de la Loire-Inférieure et de Maine-et-Loire sont gris, noirs, bruns,
marrons, et pèsent jusqu’à 450 kilogrammes. Dans le Morbihan, ils sont petits, variés dans leurs couleurs, et pèsent rarement au-delà de 475 à 250 kilogrammes. La Sarthe nourrit une race peu élevée, mais qui donne une grande quantité de suif. Les autres races ou espèces diffèrent si peu de celles quenous venons de désigner, qu'il faut une grande habitude pour les distinguer. Tous ces animaux ne sont point élevés dans le pays où ils naissent : ainsi, la Basse-Normandie en voit naître très-peu, mais ses riches pâturages en engraissent un grand nombre. On évaluait en 1839 à environ 9,936,538 seulemsnt is nombre de bêtes à cornes nourries sur le territoire français. |
La France nourrit plusieurs races de bêtes à laine, dont quelques-unes ont éprouvé des améliorations tellement sensibles, que nos laines superfines égalent celle des moutons de la Saxe. Cependant le nombre de nos moutons est loin d’être en rapport avec noire population; il va même en diminuant, car, après avoir été en 4827 de 35 millions, il n’était plus en 4839 que de 32,151,430, ce qui ne fait pas un mouton pour un habitant. En Angleterre, par exemple, on compte 1,923 moutons pour 1,000 habitants. La comparaison de ces deux résullats prouve que le paysan français est loin d’être aussi bien nourri que celui de la Grande- Bretagne. Les bêtes à laine sont bien plus nombreuses dans l’ancienne province du Berry que dans toute autre partie de l'empire ; celles des environs de Beauvais ct de quelques cantons de la Normandie sont les plus chargées en suif, On csiime pour leur chair celles de la Bourgogne et des Ardennes; mais les meilleures sont celles des côtes sablonneuses de nos provinces
‘maritimes. Les moutons du Roussillon se rapprochent des mérinos plus que les autres par la finesse de leur laine. Le croisement des espèces espagnoles ct françaises a déjà suffisamment prouvé les avantages que l’on doit en obtenir, et cependant cette branche d'économie rurale est encore entravée dans sa marche par l'ignorance ct les préjugés.
Les porcs qui vivent sur notre sol présentent (rois races distinctes : la race pure, qui existait dans nos contrées du temps des Celtes, et qui se conserve encore en Normandie, notamment dans la vallée d’Auge, a les oreilles étroites, la tête peiite, le poil blanc, et acquiert le poids de 450 à 200 kilogrammes. Celle du Poitou ne devient jamais aussi forte; elle a le poil rude et blanc, la tête grosse, l'oreille large et pendante. Celle du Périgord a le poil noir et rude et le corps ramassé, Ces races produisent par leur croisement plusieurs variétés qui participent plus ou moins de l’une ou de l’autre, mais qui diffèrent principalement par la couleur : ia variété
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noire est très-répandue dans le midi, la blanche vers le nord, et la noire et blanche dans la France centrale. Dans les départements des Basses- Pyrénées, du Haut-Rhin, de la Moselle, de la Meuse, de l'Aube et de la Marne, la charcuterie est une branche d'industrie importante,
Quelques oiseaux de basse cour, de l’ordre des gallinacés et de celui des nageurs, sont d’un grand produit pour plusieurs de nos départements. Le cog et la poule de Caux forment une race particulière qui fournit ces excellentes volailles engraissées dans les environs de Barbezieux, de La Flèche, et surtout du Mans. L’oie cendrée, le type de notre oic domestique, atteint une taille considérable dans le Bas-Languedoc ; on en élève beaucoup dans les départements du Bas-Rhin, de la Haute-Garonne, et dans plusieurs de la France occicentale. Le canard est l’objet de soins particuliers dans la Basse-Normandie, ainsi que dans le Languedoc. La manière dont on cugraisse ces deux oiscaux dans quelques cantons donne à leur foie une ampleur monstreuse et une délicatesse qui les fait rechercher sur nos tables. Il n’est personne qui ne connaisse les pâtés de foie d’oie de Strasbourg et ceux de foie de canard de Toulouse.
On peut estimer que la France fourait à la consommation de ses habitants 483,300 bœufs, 635,600 vaches, 2,250,000 veaux, 4,761,600 moutons, 1,075,500 agneaux, #45,500 chevreaux et 3,870,000 porcs, ainsi que 30 à 36,000,000 de volailles de toute espèce.
Cependant, ce qui prouve combien l’économie rurale a besoin de perfectionnements et d'améliorations en France, c’est que le nombre de ses animaux domestiques n2 suffit pas à ses besoins, ct qu’elle importe, année commune, environ, 34,000 chevaux, 1,800 ânes, 800 mulets, 60,000 bètes à cornes, 450,000 moutons espagnols mélis ou communs, 7,000 chèvres, 203,000 porcs, 5,800,000 peaux brutes de cheval, de bœuf ct de vache, 5,900,000 kilogrammes de laines communes et fines, ainsi qu’une grande quantité de plumes d’oie. Ces importations, dont la valeur s’élève au moins à 45 millions de francs, font honte à notre industrie agricole, qui, loin de s’alimenter au dehors, devrait augmenter la masse de nos exportations. |
Voici, d’ailleurs, le tableau des animaux domestiques qui existent en France (en moyenne) :
Nombre Valeur Nombre Valeur Bétail, . .. 9,936,538 — 876,245,753 fr.|Chevaux, ; 9,818,496 — 417,834,283 fr. Moutons... 32,151,430 — 314,583,257 [Mulets. . ; 373,841 — 64,284,216
Porcs. . .. 4,910,721 — 172,556,008 Anes. ..: 413,519 — 16,217,374 Chèvres.. « 9,64,300 — 8,851,451
Pour nous résumer, nous dirons que le revenu de l’agriculture offre, année commune, le résultat suivant en France :
Culture. ......
Pâturages.. ,..,.
Bois. . . . .. à 7 Animaux. .....
Total, ...
TasLeau de la division du sol de la France, d’après l'emploi au quel chaque
3,479,583,005 fr, 840,713,360 206,600,525
6,837,329,259 fr.