‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 73 sur 203 · VIIL · texte numérisé non relu

VIIL

Nous sommes dans l’arrondissement de Lorient : visitons ce port bâti en 4719 par la compagnie des Indes, au confluent du Scorff et du Blavet, à peu de distance de l'embouchure de ce dernier, dans la baie de Port- Louis. La ville est grande et bien bâtie, mais ce n’est plus cette place do commerce dont la prospérité excita tellement la jalousie de l'Angleterre, qu'elle tenta de s’en emparer et de la détruire en 4746, lorsqu'un gentil. homme breton, arrivant avec quelques renforts, déploya devant le parlementaire anglais une si grande énergie que la troupe des assiégeants crut qu’il était suivi d’un corps nombreux, et se retira en abandonuant plusieurs canons dont le roi fit présent aux Lorientais, Aujourd’hui son port paraît d'autant moins animé que son étendue avait été proportionnée à l'importance de ses expéditions et des affaires qui s’y traitaient à l’époque où florissait notre compagnie des Indes. Cette ville a un co!lége communal, une école d'enseignement mutuel, et une de géométrie appliquée aux arts. A une licue au sud de Lorient, la petite cité de Port-Louis, bâtie par Louis XIE, et qui reçut, pendant la révolution, le nom de Port-Liberté, est avantageusement placée pour le commerce à l'embouchure du Blavet, sur un terrain baigné presque de tous côtés par la mer, et qui ne tient au continent que par une langue de terre large de 2 à 300 mètres. Des bastions et une citadelle défendent Papproche de la ville et l'entrée de son port. Le produit de ses presses à sardines et Ja culture de ses beaux jardins sont les seules ressources industrielles qu’elle joigne à son commerce. Sur la rive droite du Scorff, on aperçoit le vieux château de Trafaven, que l'imagination des paysans peuple toujours d’esprits follets. Près de la petite ville d’Auray, une chapelle isolée, dédiée à sainte Anne, attire beaucoup de dévots à certains jours de fêtes appelées pardons. La messe s’y célèbre alors en plein air, au milieu d’une affluence immense et sur un autel élevé de trente marches.

Au-delà d’une chaîne de montagnes assez élevées qui traverse le département du nord-ouest au sud-est, Ploërmel, près du confluent de l'Oust et et du Malestroit, parait avoir été, vers le dixième siècle, une ville impor tante. Pendant le siége qu’en fit Henri IV, elle perdit ses principaux monuments ; cependant on y voit encore une église gothique, ornée de beaux vitraux, et les tombeaux des ducs de Bretagne Jean IL et Jean HE, A peu de distance de ce chef: lieu, les eaux qui tombent d’un étang de près de trois lieues de tour forment une jolie cascade. Entre cette ville de 5,635 habitants et celle de Josselin, qui n’en renferme pas davantage, s'étend la lande de Mi-Voic, qui fut, en 1350, le théâtre du combat de

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