‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 92 sur 203 · RE EE ES · texte numérisé non relu

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Louis. On y distingue aussi l'épée de Duguesclin, le casque du grand Condé, le casque ct l’épée de Henri IV. Sur un cheval coüvert d’une bril= Jante armure on reconnait François ler armé de toutes pièces.

Paris renferme une trentaine de socictés académiques ou savantes, à la tête desquelles se place l’Institut de France, divisé en académics française, des sciences, des inscriptions ct belles-lctires, des scicnces morales et politiques et des beaux-arts. Les principales de ces sociétés sant la société des antiquaires de France, celles de géologie, de géographie, asiatique, de l’histoire de France, d'encouragement, de médecine et d'agriculture. La plupart de ces sociétés publicnt des mémoires ou le résumé de leurs travaux, ce qui contribue à porter à environ 460 le nombre des recueils périodiques et des journaux quotidiens que l’on publie à Paris. On y compte encore un grand nombre de sociétés philanthropiques, et de sociélés de sccours mutuels entre les ouvriers, ainsi qu’un grand nombre d'établissements de bienfaisance f#n/rd et eætrà muros, savoir: 43 hôpitaux civils, dont les plus importants et les plus considérables sont l'Hôtel- Dieu et l’hôpital de la Riboissière, commencé sous le règne du roi Louis- Philippe; 43 hospices, parmi lesquels nous citerons celui des Quinze- Vingts où 300 aveugles sont entretenus; et 5 hôpitaux militaires dont le plus considérable est celui des Invalides, qui sert d'asile à plus de 6,000 militaires. Les hôpitaux et hospices civils renferment plus de 48,000 lits. Leurs revenus s'élèvent à 42 millions de francs. Ajoutons que 43 bureaux de charité établis dans les 42 arrondissements de Paris distribuent des secours à domicile.

Ces enceintes ouvertes pour répandre les lumières et les sciences, ces nobles aliments de l'esprit, ces touchantes associations qui érigent en vertu le devoir si doux de soulager l’indigence ct le malheur, ne sont point à Paris des institutions fondées par ostentation et négligées par insouciance : les écoles, les bibliothèques, les collections, les sociétés savantes, les réunions formées pour remédier aux maux de l'humanité, sont fréquentées avec un zèle qui place celte ville au premier rang parmi les cilés éclairées, et qui atteste l’amélioration croissante de la génération, que de nos jours que'ques esprits étroits et rétrogrades ont vainement essayé de calomnier.

On a dit depuis longtemps que les imnôts prélevés sur les habitants de Paris formeraient le revenu d'un État importants il suffira, pour justifier cette opinion de dire que cette ville paie annuellement plus de 420 millions: ce qui se conçoit lorsqu'on ajoute qu'il s’y dépenseenviron 4 milliard

EUROPE, —= DESCRIPTION DE LA FRANCE. 346 AMAAU-TONIY-HATAUO TAAI Yu dt de francs; que le loyer de toutes les maisons y est évalué à 400 millions,

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si6 LIVRE CENT QUATRE-VINGT-UNIÈME:

imposante, dont la façade présente trois portes en ogive, profondément énfoncées dans l’épaisseur des murs, ct deux rungs de galeries surmontées par deux tours carrées. L'intérieur a 430 mètres de longueur sur 488 de largeur et 35 de hauteur; les deux tours ont 66 mètres d’élévation. C'est ‘du sommet de l'une d'elles que nous pouvons embrasser dans toute son étendue le panorama de Paris.

Cetimmense amas de maisons, dont le nombre s'élève à plus de 35,000, forme 1,250 rues, 429 ruelles, 425 impasses ou culs-de-sacs, 438 passages et 90 places publiques ; on y compte 44,000 boutiques, 800 hôtels garnis, 42 palais, 560 hôtels particuliers, 8 halles, 35 marchés, 400 fonfaines et 600 bornes-fontaines ; n°-mi les édifices qui s'élèvent çà et là du ilieu des habitations, on remarque 30 théâtres, 42 prisons ct 45 casernes. Sur les boulevards neufs, qui forment l'enceinte extérieure de Paris, on âperçoit 55 barrières (38 sur la rive droite, 47 sur la rive gauche), qui toutés sont construites sur un modèle différent, et dont plusieurs ne sont point achevées, Dans l’intérieur règne, depuis l’ancien fossé de la Bastille jusqu’au temple de la Madeleine, une suite de 49 boulevards qui, par leur largeur et l'élégance des habitations, qui les bordent, font l’admiration des étrangers. Le fleuve, qui, traversant la ville de l’orient à l’occident, la partage en deux portions inégales, est bordé par 36 quais et 18 ports, et traversé pat 22 ponts, dont les plus remarquables sont le pont d’Austerlitz, le Pont-Neuf, admirablement restauré, le pont des Saints-Pères, et le pont d'Iéna.

L'étranger qui arrive à Paris prend une idée plus ou moins favorable selon le côté par lequel il se présente. Si l’on y entre par l’avenue de Nouïlly, le gigantesque arc de triomphe, érigé à la gloire des armées francaises et inauguré en 1836, frappe d’abord les regards et attire l’attention par la beauté des sculptures. Ses dimensions dépassent toutes celles dés monuments anciens et modernes du même genre : sa hauteur est de 49 m, 48, sa largeur de 44 », 82, son épaisseur de 22 m, 21 ; la grande arcade a 29 », 42 hauteur sur 44 », 62 de largeur, et les deux arcades latérales 18 », 68 de hauteur sur 8 w, &4 de largeur.

Après avoir franchi la barrière, la maguifique avenue qui traverse les Champs-Élysées jusqu'à la place de la Concorde, les beaux édifices du Garde-Meuble et du ministère de la Marine qui garnissent le côté septenirional de cette place, l’obélisque de Louqsor, les deux fontaines circulaires ornées de figures gigantesques en fonte, les huit statucs en pierre représentant Marseille, Lyon, Strasbourg, Lille, Bordeaux, Nantes, Brest,

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et Rouen, les candélabres et les lampadaires en fonte qui décorent l’in« térieur de cette place; la vue du jardin des Tuileries, celle de la belle rue Royale d’un côté et du pont Louis XVI de l’autre, la première laissant voir le portail de l’église de la Madeleine, et l’autre le fronton du palais de la Chambre des députés, dû au ciseau de Cortot ; la magnifique et immense rue de Rivoli que l’on traverse: celles de Castiglione et de la Paix devant lesquelles on passe; la perspective qu'offre la place Vendôme, au milieu de laquelle s'élève la colonne de la Grande-Armée, surmontée de la statue do Napoléon; tout, dans cette traversée qui conduit jusqu’à la belle ruc de Richelieu, donne la plus haute idée de la capitale de la France. Si l’on y arrive par la barrière de la Villette, la belle rotonde qui fait portie de cette barrière, le large bassin qui reçoit les eaux du canal de l’Ourcq, la largeur du faubourg Saint-Martin, que l’90 traverse dans tcute sa longueur jusqu’au boulevard, où il se termine par l'arc de triomphe de la Porte-Saint-Martin, tout y annonce encore une belle cité; il en est de même lorsque l’on entre par la barrière de Vine cennes ; les deux grandes colonnes qui orneat celte barrière, la vaste place du Trône, la place Saint-Antoine à laquelle aboutit le faubourg, le canal qui se jette dans le fossé de la Bastille, les boulevards qui se prolongent à droite et à gauche, et le monument élevé en mémoire du 48 juillet 4789 et des 27, 28 et 29 juillet 4830, sont des objets qui s’accordent avec l’idée qu’on doit se faire de cette noble cité; mais la plupart des entrées qui regardent le sud-est n’offrent que des rues étroites et torlueuses,

Les maisons de Paris sont en général fort élevées, plusieurs ont juse qu’à huit étages, exceplé dans les quartiers nouvellement construits, La plupart des rues ne sont pas régulièrement alignées; mais chaque jour la police municipale veille à leur redressement et à la construction de trottoirs dans celles qui sont susceptibles de recevoir ce £enre d’embellissement, si utile pour favoriser la circulation.

On a calculé que le développement de toutes les rues de Paris forme une longueur de plus de 90 lieues, et leur superficie 3,136 kilomètres, Les rues sont éclairées au gaz. Le système de numérotage auquel les maisons sont soumises est fort ingénieux , c’est à partir de la Seine que commence sur ies deux rives la série des numéros dans les rues transversales, et c’est en suivant son cours qu’ils se succèdent dans les ‘rues longitudinales : les numéros pairs sont sur le côté droit et les impairs sur le côté gauche.

Paris peut rivaliser avec les autres capitales de l’Europe par la magnie

ficence de ses palais; la plupart d’entre eux viennent d’être entièrement restaurés. Vors l'extrémité occidentale de l'ile de la Cité, nous apercovons le Palais-de Justice que décore une belle grille en fer, ct dons lequel on remarque la salle des Pas-Perdus. longue de 72 mètres ct large de 26. Ce majestueux édifice occupe l'emplacement d’un palais qu’habitérent les préfets des Gaules, les rois de la première race ct les comtes de Paris; la Sainte-Chapelle cest du règne de saint Louis; la tour de l’Ilorloge renfermait une cloche qui donna lo‘signal des massacres de la Saint-Barthélemy, ct qui fut brisée pendant la révolution. Sur notre gauche, nous voyons le palais du Luxembourg, dont la principale fagade donne sur le beau jardin.de ce palais : il se termine à une grande avenue qui conduit à l'Observatoire. Près du Poni-Neuf, sur la rive gauche de la Scine, s’étend la façade de l'Hôtel-des-Monnaics dont l'architecture est noble et sévère ; un peu plus loin, l’ancien palais Mazarin consacré aux sciences et aux beaux-arts, avance ses deux pavillons vis-à-vis l’une des portes du Louvre. L’œil suit les quais Malaquais, Voltaire et d'Orsay, bordés de beaux hôtels; à côté de la caserne monumentale, s’élève le palais: du Conseil-d'Elat; au delà de l’élégant palais de la Légion-d'Honneur, on aperçoit le Palais législatif. Plus loin encore s'élève d'abord l'Hôtel de la présidence ; près celui du Ministère des affaires étrangères, enfin, l'Hôtel des-Invalides. Devant sa noble foçade de 204 mètres de largeur, s’élend une esplanade plantée d’arbres qui occupe une superticie d'environ 42 hectares; le majestucux dôme doré de son église est surmonté d’une lanterne sur laquelle s’élève une flèche dont la pointe est à 405 mètres au-dessus du sol, Dans l’intérieur on remarque eutre le tombeau de Turenne ct celui de Vauban, le magnifique tombeau élevé par ordre du roi Louis-Philippe à l'empereur Napoléon ; il cst dù au talent de Visconti. Non loin de cet asile de nos guerricrs mutilés dans les combats, on peut voir le bel édifice de l'École-Militaire qui depuis longtemps sert de caserne, et devant lequel s’étend jusqu’à l'entrée du pont d’Iéna la magnifique plaine du Champ de-Mars, qui forme un parallélogramme de 950 mètres de longueur sur 400 de largeur.

- Sur la rive droite de la Scine s'élèvent d'autres palais plus remarquables encore: l'Élysée est une superbe maison de plaisance, dont le jardin touche aux Champs-Élysées et dont l’entréc est rue du faubourg Saint- Honoré. Bâti en 1748 par le comte d’Evreux; occupè successivement par la marquise de Pompadour, le banquier Bcaujon, la duchesse de Bourbon, Joachim Murat, Napoléon, l’empereur Alexandre, le duc et la duchesse de

Berry, Louis Napoléon Bonaparte, alors président de la république : que de souvenirs il offrirait à celui qui saurait les interroger ! Portons nos regards sur la demeure do nos rois : le palais des Tuileries fut commencé en 4564 par Catherine de M&icis sur l'emplacement qu’occupait un petit château appartenant à la duchesse d'Angoulème, mère de François ler, et qu'avait occupé précédemment une tuilerie, d'où il a pris son nom. Philibert Delorme fut le principal architecte du pavillon control et des ailes contiguës ; Henri JV et Louis XIII firent bâtir les outres pavillons, à l’exception de celui du nord qui fut construit sous Louis XIV, Aussi cet édifice présente-til les caractères de ces diverses époques et un mélange des trois principaux ordres d'architecture. Lo jardin, dessiné par Le

‘ Nôtre, est un modèle de noblesse et de grandeur; sa superfcie est d’en-

viron 24 hectares; une belle grille le sépare de la ruo de Rivoli; une longue terrasse règne tout autour ct domine d'un côté la placo Louis XV et de l'autre le bord de la Scine, A l'opposé du jardin, le palais est séparé de la-belle place du Carrousel par une vaste cour fermée d'une grille, Vis-à-vis le pavillon central s'élève un arc de triomphe érigé en 4806 à la gloire des armées françaises et remarquable par la richesse des ornements. Le palais des Tuileries est aujourd’hui uni au Louvre par deux superbes galcries; la plus récente a été construite sur les plans de Visconti, par M. Lefucl. Les ailes laiérales destinées à faire disparaître le défaut de parallélisme des deux:pavillons, sont destinées au ministère d'Etat et aux expositions des beaux-arts. Le Louvre présente des parties qui appartiennent aux règnes de Henri Il, de Charles IX, de Henri HE, de Henri IV, de Louis XIV, de Nopoléon, de Louis XVII et de Napoléon IT. L’étage supérieur de la grande galerie est occupé par une des plus riches collections de tableaux qui existent; les parties du palais qui entourent la grande cour renferment le riche musée des antiques du moyen âge, de la renaissance, les deux musées égyptien et élrnsque, le musée maritime, le musée dit des rois de France, les belles salles qui furent décorées pour y

| placer le Conseil d'Etat.

A peu de distance et au nord du Louvre s'étend le Palais-Royal. Bâti par le cardinal de Richelieu, sur l’emplicement des hôtels de Rambouillet et de Mercœur, on le nomma le Palais Cardinal, ainsi que nous l’avons déjà dit. Considérablement embelli dans ces dernières années, on ne peut s'empêcher de remarquer la galerie d'Orléans qui remplace les anciennes galeries de bois et qui forme un des plus magnifiques passages que l'on puisse voir. Les deux ticrs de ce palais sont occupés par des boutiques

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qui en font un bazar perpétuel. Au miliou règne un jardin de 226 mêtres de long sur 400 de large. Enfin l'un des plus beaux monuments que l’on puisse voir est le palais de la Bourse et du tribunal de commerce. Situé au milieu d’une pluce à l'extrémité de la belle rue Vivienne, il représente un temple de forme carrée, long de 69 mètres et large de 44, on!curé d'un péristyle composé de 66 colonnes d'ordre corinthien. Vis-à-vis de ce majestueux édifice s'élève la façade du théâtre du Vaudeville.

D’autres constructions mériteraient encore d'attirer nos regards, mais la description de toutes les constructions remarquables de Poris nous entrainerait trop loin. Parmi les églises nous citerons Saint-Sulpice avec son superbe portique d'ordre ionique et dorique, chef-d'œuvre de Servandoni; Saint-Roch, remarquable par son portail élevé et la distribution de son intérieur; Saint-Étienne-du-Mont, qui présente toutes les formes délicates et élégantes de l'architecture du seizième siècles Saint-Eustache, dont on admire la hardiesse et la légèreté, mais dont le style, du commenucement de la renaissance, contraste avec le style grec de son lourd portail; Saint-Gervais, remarquable par son portail pyramidal ; la Madeleine, entourée de 52 colonnes corinthiennes; la Sorbonne, dont le portail n’est pas sans élégance; le Val-de-Grâce, avec sa coupole peinte à fresque par Mignard; Saint-Severin, l’une des vieilles églises gothiques des plus curieuses, et l'église de Saint-Germain-des-Prés, la plus ancienne de Poris, comme le prouvent ses arcades à plein cintre. Parmi les églises modernes nous citerons Notre.-Dame-de-Lorette, Saint- Vincent-de-Paul, toutes deux ruisselantes de peintures et de dorures, et l’église Sainte- Clotilde qui n’est pas encore livrée au culte. Parmi les fontaines, nous ne manquerons pas de placer au premier rang celle du marché des Innocents, celle de la rue de Grenelle et celle de la place Louvois. Terminons done par les édifices qu’il est impossible de passer sous silence. L'Hôtel-de- Ville, siége de la préfecture de la Seine, forme le principal côté d’une immense et belle place qui doit être splendidement décorée un jour. Sa façade n’a rien d’imposant, mais son architecture n'es! pas sans intérêt sous le raport de l’histoire de l’art : il fut commencé on 4533 ot terminé en 4606 ; au-dessus de la porte d’entrée, un grani! ba: :eici en bronze représente Henri IV à cheval. Les additions qu’il a reçues en font un palais municipal unique au monde. La façade de l'Ecole de médecine offre une belle colonnade d'ordre dorique de près de 60 mètres de longueur. rrêtone nous enfin à l'aspect de ce bel édifice qui placé sur un des naints ‘33 plus élevés de la capitale, domine tous les autres, le Pane

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théon, aujourd’hui rendu au culte de sainte Geneviève. De sa coupole on jouit d’un panorama iminense qui embrasse la grande ville et n’a d'autre horizon que les coteaux lointains de la Normandie, de la Picardie, et les plaines de l'Orléanais et de la Beauce qui vont se perdre dans les vapeurs de l'horizon,

La capitale a donné le jour à nn si grand nombre de personnages célèbres, que nous n’essaierons pas de les nommer tous. Dans les sciences nous citerons d’Alembert, l’infortuné Bailly, Lavoisier, victime non moins illustre de la tourmente révolutionnaire; les géographes d’Anville, Buache, Nicolle de la Croix, Edme Menteile et Robert de Vaugondy; les voyageurs Chardin, La Condamine et Louis-Antoine de Bougainville ; les litté rateurs Bachaumont, Beaumarchais, Caylus, Dorat, La Harpe, Legouvé, Lemaistre de Sacy, Lemierre, Mercier, Picard, Quinault, Regnard, J.-B, Rousseau, Santeuil, auteur de toutes les inscriptions latines gravées sur les fontaines de Paris; l’inimitable Molière, Paul-Louis Courrier, l’un de nos publicistes les plus spirituels, l'un de nos plus savants hellénistes ; les érudits Fréret, Robert et Henri Etienne; les hommes d’Etat et jurisconsultes Achille de Harlay, Hérault de Séchelles, Le Pelletier, Richelieu, Pierre Séguier, Jacques de Thôu et Turgot; les guerriers Catinat, Condé, d'Estaing, d’Estrées et le prince Eugène de Savoie; les artistes Samuel Bernard, Chaudet, Coypel, David, Jean Goujon, Lesueur, Le Nôtre, Mansart, Claude Perrault, Le Kain et Talma ; enfin parmi les femmes célèbres à différents titres nous cilerons mademoiselle Cheron, madame Deshouillères, Ninon de Lenclos et l’infortunée madame Roland,

Paris est en communication avec les autres villes de France par de nombreuses routes impériales qui rayonnent de la bürne kilométrique du Parvis Notre-Dame. Scpt embarcadères de chemins de fer ouvrent leurs gares monumentales dans les faubourgs : ce sont, sur la rive droite, les embarcadères : 4° du Havre et Rouen, Versailles et Saint-Germain ; 2° dn chemin du Nord; 3° du chemin de Strasbourg; 4° du chemin de Lyon; et sur la rive gauche, ceux : 5° du chemin d’Orléans, du Centre, de Nantes et de Bordeaux; 6° du chemin de fer de Sceaux ; 7° du chemin de fer de Versailles et de Rennes. Le chemin de fer de Ceinture qui relie entre eux tous les chemins de fer n’a pas d’embarcadère particulier 1.

Paris est défendu par une enceinte continue de 36 kilomètres de poure tour, composée de fronts bastionnés avec fossés, glacis, elc., etc. Cette

* Voir pour plus de détails sur Paris, le livre: Paris, son histoire et ses monue ments, guide cicérone; librairie Hachette, 4854.

enceinte est elle-même protégée par un cordon de forts détachés au nombre de treize, qui sont: les forts de Vincennes comprenant l’ancien château et le fort neuf, les forts de Nogent, Rosny, Noisy, Romainville, Aubervilliers, Mont-Valérien, Issy, Vanvres, Montrouge, Bicètre, Ivry et Charenton; Saint-Denis est aussi protégé par le fort de la Briche et de la Double-Couronne.

Paris forme un seul arrondissement, et son administration municipale est confiée à douze maires; ses environs appartiennent à deux sous-préfectures : celle de Saint-Denis ct celle de Sceaux. La ville de Saint-Denis, que l'on désignait au moyen âge sous le nom de Saint-Denis en France, pour la distinguer d’une multitude d’autres lieux du même nom, compte 46,000 habitants. Elle était célèbre autrefois par son antique abbaye de bénédictins. L'église, qui fut commencée au septième siècle et achevée en 4481, est ur édifice gothique de la plus grande légèreté. L'intérieur en a été splendidement restauré par ordre du roi Louis-Philippe, et on visite avec recucillement les caveaux où reposent les restes de nos rois; plusieurs des mauso!ées sont de véritables chefs-d'œuvre de l’art. Les bâtiments de l’ancienne abbaye sont occupès par le bel établissement impérial destiné à l'éducation des orphelines de la Légion-d’Honneur. Le commerce de Saint-Denis, dont l’activité est augmentée par le chemin de fer du Nord, qui y a une station, et qui passe sous les mures du fort de la Briche, et par le canal qui passant à l'extrémité de la ville, va rejoindre celui de l'Ourcq, près du village de la Villette, doit son importance aux foires qui s’y tiennent quatre fois par an; la plus importante est celle du Landit, où plus de 90,000 bêtes à laine sont venducs.

En remontant la rive droite de la Seine, nous passerons devant le village de Saint-Ouen, où l’on remarque un beau bassin servant de port, alimenté par deux puits artésiens, et qui communique avec le fleuve par une écluse de 60 mèires de longueur consiruile pour cn pormettre leutrée aux bateaux de la plus grande dimension. C'est à Saini-Ouen que le 2 mai 4814 Louis XVII donua la célèbre déclaration qui reconnaissait les droits que devait garantir la charte consthutionnelle. Plus haut, Clichy la Garenne renferme une maison écclésiastique d'instruction secondaire, dite de Sainte-Marie; plusicurs établissements indusinelss un vaste et beau lavoir couveri, et une église reconstruite par Vincent de Paul, qui en était le curé. Traversé par la magnifique avenue qui conduit à la barrière de l'Étoile, Neuilly, bourg de 415,897 âmes, nous fait voir son pont, regardé comme un chef-d'œuvre d'élégance et de hardiesse ; son parc et son chà-

teau dévastés en 4848, sont aujourd’hui détruits et morcelés. Le territoire de la commune comprend le village de Sablonville ct le bourg des Ternes, vis-à-vis desquels s'étend le bois de Bouloyne, rendez-vous des promeneurs de Paris, que l’édilité parisienne a transformé en un beau parc anglais, et qui se termine au village de ce nom, peuplé de 3,400 individus. Si nous nous dirigeons vers l’est, nous lraverserons Auleuil, peuplèé de 4,274 hubitants, qui fut le séjour d'hommes célèbres; on y voit encore les maisons de Molière, de Boileau, et les tombeaux d'Heclvétius et de d’Agucsseau. Aux portes de Paris le bourg de Passy, qui compte près de 42,000 âmes, s'étend jusque sur le bord de la Seine; il doit son importance à ses entrepôts de marchandises, son agrément à ses nombreuses maisons de campagne, et une sorte de célébrité à ses deux établissements d'eaux minérales.

Fous entrerons dans l’arrondissement de Sccaux par le bourg de Vaugirard, qui est peuplé de 45,515 habitans, où l’on fabrique des produits chimiques. Le joli village de Fontenay-uux- Roses doit son nom au privilège dont il jouissait autrefois de fournir de roses la cour et le parlement. On y voit un bel établissement d'instruction secondaire, dit de Sainte- Barbe-des-Champs. Le bourg de Sceaux, situé sur la petite rivière 3 Bièvre, prend le titre de ville et conserve comme promenade publique une partie des dépendances de la belle propriété qu'y entrelenait à grands frais la maison de.Penthièvre, et que la révolution a détruite. Sceaux est aujourd’hui unie à Paris par un chemin de fer particulier, que l’on vient de pro'onger jusqu’à Orsay, qui met sa gare à un quart d'heure de distance de celle de la capitale; le système employé permet de parcourir les courbes d’un plus petit rayon, ct des rampes considérables. Entre celte petite ville elle Bourg-la-Reines° ticut tous les lundis un marché de bestiaux qui partage avec Poissy l’avantage de fournir à la consommation de la capitale. Le luxe de Paris exerce malheureusement une telle influence jusque dans les campagnes environnantes, que les jeuncs filles dans leur parure n’ont plus rien qui rappelle le costume villageois : elles ont pris celui des élégantes griseltes parisiennes, ct se mélent aux dames de la ville dans les bals champêtres, qui, les jours de fête, attirent à Sceaux une société nombreuse.

Arcueil est connu par son superbe aqueduc bâti sur ics ruines de celui qu'y fit construire l’empereur Julien, et dont on voii encore des restes imposants. Dans la commune de Gentilly, gros village de 43,877 habitants, presque lous livrés aux travaux des manufactures de produits chi-

miques, des carrières, et de la blanchisserie; celui que n’attriste pas le VUL 4

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tableau de la misère et de la dégradation de l'espèce humaine, peut visiter le vaste établissement de Bicélre, uncien château, transformé en hospice d’indigenis, de vicillurds pauvres et infirmes et d’aliénés : il a conservé cette destination jusqu’à ce jour. À une licuc et demie au sud-est, le bourg do Choisy-le-Roi, station du chemin de fer d'Orléans, ainsi appelé parce que Louis XV y possédait un château, est renommé par ses faicuces et ses produits chimiques. Sur la rive droite du fleuve, une route conduit à Alfort, hameau célèbre par l'école royale vétérinaire qui y fut établie en 4766, Un peu plus loin s'étend sur la rive droite de la Marne Charenton-le-Pont, où l’on voit un pavillon en briques qui fut habité par Gabrielle d’Estrées : ce bourg est contigu au village de Charenton-Saint- Maurice, qui renlerme une maison impériale de santé où l’on traiteenviron 400 aliénès. Un canal de 4,150 mètres de longueur, dont plus de la moitié est voutée et traverse une colline, ubrège d'environ 3 lieues la navigation de la Marne, et porte le nom du village de Saint-Maur, près duquel aboutit une de ses extrémités. ;

Nogent-sur-Marne, appelé dans les anciens monuments historiques Novigentum, est un village dont l'existence remonte au delà des temps qui virent commencer la monarchie française, Chilpéric y avait en 581 une maison de plaisance, que Clovis EF et Childehert HE habitèrent. C’est aujourd'hui un des plus jolis villages des environs de Paris. Il est situé sur une colline qui domine la rive gauche de la Marne. Il est bien bâti, et la plupart des maisons de campagne qui bordent la grande rue ont leurs jardins qui descendent de terrasse en terrasse jusqu’au bord de la rivière. Charles VE y possédait un châleau appelé le manoir de Plaisance ou de Beauté, résidence favorite d’Agnès Sorel, et dont on voit à peine quelques débris de murailles cachés sous des massifs d'arbres et de ronces.

Traversons le bois de Vincennes, el arrivons à ce bourg.

Vincennes est remarquable par son donjon. Ses vieilles tours, qui servirent longtemps de prison d'Elut, occupent l'emplacement du manoir royal de Püilippe - Auguste; elles furent commencées par Philippe de Valois, et terminées par Charles V. Le premier de ces rois changea le bois en pare en l’éenlourant d'une muraille; et c’est sous un vieux chêne qui existait encore au seizième siècle, que saint Louis rendait la justice. La jolie chapelle gothique de ce château fut construite par Henri IE. Ce chàteuu fut témoin de plusieurs tristes événements de notre histoire ; nous rappellerons seulement que Daumesnil qui y commandait en 1814 et 1815 ref1sa d'en ouvrir les portes aux Prussicns. Le château et le fort offrent

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aujourd'hui un ensemble de formidable défense. Ils renferment de grands ateliers pour l'artillerie et un bel arsenal, On y remarque une salle d'armes dans laquelle les armes à feu et lès armes blanches so ‘isposées avec tt d'art et de poût qu'elles offrent un magnifique spectause. Sur le bord de là Seine, lé village de Bercy est le principal entrepôt de vins, d’eauxde-vie et d'huiles pour la consommation dé Paris,

Le département dé la Scine, atteñdtt sh faible superficie, ne mérite notre attention sous le rapport de l’agriculturé que pafce qu'il en est peu dont les térres Soient aussi productives; lès jardihs maraîichers sont cultivés avec tant de soins, qu’ils dontient anhiucllefnent quatre, cinq, et jusqu’à six récoltes différentes. Sous le l'apport industriel, ce département doit à Ja capitale presque touté son importance, Ce grand foyet de consommation : entretient dans là banlieue et dans ies deux urrondissements ruraux de Sceaux ét de Saint. Denis, un grand hombre dé manufactures, Celui des ouvriers, dans lout le département, s’élève à 350,000 ; et la valeur des produits, à là Somme de 500 millions de francs.

Nous commenccrons notre exéursion dans l’ancienne province de Nor: mañdie par le département de l'Eure !, qui confie à l'est avec celui de Séineset-Oise. L'agriculture y est parvenue au plis haut dedté de porfec tion. Ses pâlurages et surtoul ses prarriés aïlilicielles nourrissent un grand nombre de chevaux, et les plus braux bœufs que l’on rémarque aux marchès de Sceaux et de Poissy; il exporté une qtantité considérable de céréales; d'importantes usines, des manufactures de drap et des fllatures dé coton prouvent l’activité de son intuistrie, On peut, en y comprenant un grand nombre d'établissements d’une faible importance, porter à plus de 30,000 le nombre d'individus qui peuplent les ateliers de ce département, et qui confeclionhent pour 26 millions de produits, Plusieurs lieux de son terriloire rappellent dés faits historiques d'un grand intérêt : c’est entre Evreux et Vernon, près du village de Cocherel, que Duguesclin défit, en 1364, les troupes du roi dé Navarre, Charles le Mouvuis; près de Verneuil, soixante ans plus tard, l’armée de Charles VII fut baltue pur

i } ances imposables. héétärès CORRE id hectares | Oseraies, aulnaïires, saussales, , , . . 233

Terres labourabiées + 358,86: | Culturés diverses: : 2

Bois, , CE , 111,063 Totrète NBI os jardins, à | à à 34732 Contenänces non imposables, Prés. A 23,210 | Forèts, domaines non productils. . . . 14,249 Laudes, pâtis. bruyères : 18,806 | Routes, chemins, places publiques, rues. 12,314 Propriècès bâties. 3,809 | Rivières, lacs, ruisseaux.

1,677 | Cimelières, églises, presbytères, pate Étangs, abreuv., marés, canaux d'irrigat. 49% | mentspublics, , ,

les Anglais, et en 4590 les plaines d’Zvry furent le théâtre de la victoire de Henri IV sur le duc do Mayenne.

Sur la rive gaucho de la Scine, Vernon, station du chemin de fer de Rouen, est séporé d'un de ses foubourgs par ce fleuve que l'on traverse sur un vieux pont de 22 arches; une tour, où l’on conserve les archives publiques, est tout ce qui reste de ses anciennes fortifications. Dans une fertile et jolie vallée, voisine d'une belle forêt, l'industricuse ville d'Évreux, bâtie en bois, cst arrosée par l'Iton ; elle est fort ancienne, ct l’on ne peut douter qu’elle ne remplace une ville gauloise dont le nom primitif était Mediolanum, qui fut surnommée Æulercorum, et qui sous les Romains prit celui de Mediolanum Eburovicum. Ces deux surnoms rappellent les deux noms de l’ancien peuple de son territoire : on les appelait Aulerci- Eburuvices, Quelques fouilles ont fait découvrir à une grande licuc de son enceinte, dans la commune du Vieil Évreux, les ruines de la ville antique. Parmi les édifices du moderne Evreux, on doit distinguer la cathédrale qui mérite d'être mise au nombre des belles égiises de France ct la tour dite du Gros horloge, bâlie par les Anglais, remarquable par son architecture hardie. Patrie du républicain Buzot, cette ville possède un vaste lycée, une bibliothèque publique de 40,000 volumes, un beau jardin botanique, et plusieurs sociétés savantes; 800 ouvricrs y sont occupés à la fabrication des toiles, ct près de 300 à la bonnetcric. Evreux doit avoir une station sur la ligne de Caen et Cherbourg. À Conches, petite ville de 2,075 habitants, dans une position magnifique, rt qui possède une belle église dont les vitraux sont fort remarquables, on voit une forge importante où les arceaux en fer du pont des Arts et du pont d’Austerlitz ont été fondus. On y a coulé la flèche de la cathédrale de Rouen, qui pèse 900,000 kilogrammes. Au bourg de.Rugles, dans le même arrondissemont, on fabrique des épingles, des clous, des agrafes et divers objets de quincaillerie.

Parcourons le territoire situé au bord de la Seine, nous verrons l’ancien et joli Gisors, pouplé de 8,597 habitants; il possèle une flature de coton qui occupe plus de 800 ouvriers, une fabrique d’indiennes et une blanchisserie de calicots. Son église est fort remarquables on y voit de sunerbes vitraux et de magnifiques bas relicfs. Les archéologues visitent avec intérêt les ruines de son ancien château, converties en promenade publique.

A la sortie de Gisors on traverse un long plateau, en laissant sur 1 gauche le Grand et le Petit Andely, deux petites villes qui sont censécs n’en faire qu’une aujourd’hui, dont la population est de 5,069 habitants;

elles possèdent plusieurs fabriques. Lo célèbre peintre Nicolas Poussin naquit dans un hameau des environs, ainsi que le poëte Chaulieu : un monument élevé à la mémoire du premier se fait remarquer au Petit Andely. Le célèbre aéronaute B'anchard, qui fit en ballon la traversée de France en Angleterre, naquit aussi dans cette ville; Thomas Corncille y est inhumé. Il existo aux Andelys des caux minérales ferrugincuses froides. On aperçoit près de là les ruines du Chdteau-Gaillard, forteresse bâtie par Richurd Cœur de Lion pour défendre le passage de la Seine, ct qui, après avoir été redoutable aux Frunçais, le devint également aux Anglais lorsque Philippe-Auguste s'en fut rendu maitre en 4203.

La route de Roucn descend dans la charmante vallée de l’Andelle dont le village de Fleury occupe le centre. Le cours sinueux de la petite rivière, des fubriques de distance en distance, Charleval d'un côté, la montagne des Deux-Amants de l’autre, les pentes des collines couvertes de prairies, des bois qui couronnent leurs cimes, rendent celte vallée une des plus délicieuses que l’on puisse voir. Charleval porta le nom de Noyon-sur- Andelle jusqu’à l’époque où Char!es IX y posa la prem ère pierre d’une maison de plaisance qui ne fut point achevée. Près de l’embouchure de l'Andelle dans la Seine, la fonderie de Romilly est le principal établissement industriel que ses caux font mouvoir. Si l’on se place sur les hauteurs qui dominent Romilly, on aperçoit, sur la droite de l'Eure, Louviers, , ville de 40,577 labitants, célèbre par ses nombreuses et riches fabriques de draps. C’est à sa richesse et à son industrie que cette ville jadis fortifiée doit ses belles constructions, sa salle de spectacle ot ses jolies promenades.

Plus bas, sur la rive droite de la Scine, Pont-de-l'Arche, bâti por Charles le Chauve, et peuplé de 1,815 habitants, voit la marée se faire sentir | jusque sous son vieux pont de 22 arches. Cette petite ville que défendait jadis un vieux château flanqué de tours, fut la première à reconnaitre l'autorité de Henri IV; c'est une station du chemin de fer de Rouen. Le bourg de Pifres, dans ses environs, occupe les ruines de l'antique Pis/æ. Celui de Gaïllon, à 3 lieues de Louviers, possède une maison centrale de détention renfermant environ 4,400 détenus, établie dans un ancien château des archevêques de Rouen. Un autre bourg appelé Neubourg, à 5 licucs au nord-ouest d’Evreux, conserve les vestiges d’un vaste château. fort dans lequel fut célébré le mariage du fils aîné de Henri IE, roi d’Angleterre, avec Margucrite de France, fille de Louis VII. Ce bourg de 2,344 habitants fut le berceau du grand opéra en France. Sous la mino-

rité de Louis XIV, le marquis de Soudiac de Rieux y it les premigrs essais dé ce genre de spectacle : il y ft représenter un opéra de P, Corneille, intitulé la Toison d'Or, dans lequel on se servit de machines grossières qui rent l'admiration des spectateurs

"embouchure de la Seine, la petite ville de Quillebœuf porte dans les vieux titres les noms de Chilbæ et de Kilebou ; elle était devenue, par les soins de Henri IV, une place forte considérable, ce qui lui valut le nom d'AHenriqueville, mais Louis XIE M raser ses remparts; aujourd'hui elle ne renferme que 4,998 habitants; cependant son port est important pour le commerce, parce que les dangers qu'offrent à la navigation les sables mouvants que la Scine accumule, forcent les gros navires qui ne peuvent remonter jusqu'à Rouen à y décharger leurs marchandises, C’est à Quillebœuf que lu barre se fait sentir avec lo plus de violence, On y entretient un magasin de sauvetage, 99 pilotes lamanceurs et 42 aspirants,

Eloignons-nous de ces rives dangereuses, traversons une contrée fertile où les villages ne sont composés que de maisons entourées do vergers et de prairies, et jetons un coup d'œil sur un chef-lieu d'arrondissement, la jolie ville de Pont-Audemer, située dans une agréable vailée. La date de sa fondation est incertaine ; on croit qu’elle remplace le Breviodurum des unciens, mais celle doit son nom moderne à un scigneur français nommé Aldemar ou Audomer, qui, au treizième siècle, y At bâtir un pont sur la Rille qui Parrose. Elle est ceinte de murailles et de fossés qui se remplissent d'eau à volonté; ses maisons sont bâties en briques avec une sorte d'élégance; ses ruos sont belles, et ses quaire places publiques régulières, Ses nombreuses tanneries jouissent d’une réputation méritée,

Bernay, que son litre de sous-préfecture nous fait un devoir de citer, ést au sud de la précédente, la petite rivière de la Charentonne baigne ses murs. I s’y tient tous les ans une des plus considérables foires de France, qui, pouf la vente des chevaux, y attire plus de 40,000 personnes. Cette ville renferme des fabriques de toiles et de draps.

Le département de l'Orne! que traversent 22 grandes routes, est varié dans sa constitution physique et duns son industrie. Des calcuires crayeux,

! Contenances imposables. hectares hectares | Cultures diverses. . , é à: 8

Liu ROMANE dep care 0110 ÉT Conlenances non imposables. 08 LU 5 D à 2 à à à à 72,006 | Forêts, domaines non productifs. . : , 23,064 Landes. pâtis bruyéres, . , + 18,253 | Routes, chemins, places publiques, tues, 15,010 Vergers, pepiniéres étjardinss 4 + < + 11,121 Rivières, lacs, ruisseaux, , + + . , . 1,480

broprietés bâties. , . , . . + + 3,758! Cimetières, églises, presbytères, bati- Étange, abreut., mates, canaux d'irrig, 1,330 | ments publics: « « 4 4 + 6 + « » 250

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d'autres plus anciens, et des roches granitiques qui forment des collines élevées el des vallées étroites, sont couverts de pâturages et de terres propres à là eulture. L'agriculture n’y a pas atteint encore le degré d’avancement désirable ; les prairies artificielles s'y multiplient avce lenteur, mais la dixième partie du département est occupée par des prairies natu= relles qui fournissent d'excellents pâturages, surtout dans les vallées arrosècs par les deux petites rivières de la Toucques et de la Vie, D'autres rivières plus importantes l’arrosent, telles que lo Sarthe, la Mayenne et celle qui lui donne son nom. On y compte 269 étangs qui couvrent une superficie de 4,300 hectares; 500 hectares de marais pourraient être desséchés et livrés à l'agriculture.

On y récolic peu de céréales, mais on y élève beaucoup de chevaux; on y engraisse un grand nombre de bêtes à cornes; on y entretient des fllatures de coton et d'importantes usines. La fabrication de la toile de cretonne est aussi une de ses bronches d'industrie; c'est elle qui répand l'aisance sur les 4,078 habitants de Vimoutiers, qu'arrose la pelile rivière de la Vie, et qui occupe dans ses environs plus de 15,000 ouvriers des deux sexes. Sur les Lords de l'Orne, Argentan conserve ics ruines d’un château-fort, seuls restes de ses anciennes fortifications, et ses remparts transformés en promenades. On y fabrique cette dentelle célèbre autrefois sous le nom de point d'Alençon. Dans ses environs se trouve le superbe haras du Pin, où les étrangers ne dédaignaicnt pas autrefois de se fournir de chevaux de luxe. À quelques licues à l’ouest, un village appelé Sainte- Honorine-lu-Guillaume, est devenu important par l'exploitation de ses granits : il compte 2,000 habitants. Près d’une belle forêt qui borde le département de l'Eure, la petite rivière de la Rille coule au milieu des murs de la jolie ville de l'Aigle, célèbre par ses épingles et ses aiguilles : une seule fabrique contient les machines nécessaires à la confection de 200,000 aiguilles par jour. Sur la pente orientale d’une colline, Mortagne, chef-lieu d'arrondissement, étend ses rues droites et bien bàlics; elle est le centre d'une fabrication considérable de toiles fortes et de toiles légères dont nos colonies s'approvisionnent. On vante sa charcuicrie et les moutons de ses environs. Au sui de celle-ci, Bellesme où Belléme, sur une éminence, domine une plaine et la forêt qui porte son nom; elle est bâtie avec assez d'élégance, et fabrique des loi'es communes et des colonnades,

En faisant le cableau des provinces romaines de la Gaule, nous avons parlé des anciens Saüi. L’Orne arrose encore leur cité de Saïum, aujourd'hui Séez, qui existait avant la conquête de César. Vers le neuvièmo

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siècle, lorsque les Normands la détruisirent, elle était plus considérable qu'aujourd'hui; au douzième siècle, elle fut brûlée par Louis le Jeune, et au quatorzième par les Anglais, qui en rasèrent les fortifications. Elle renferme 5,000 habitants. Sa cathédrale est un bel édifice gothique qui ne fut achevé qu’en 4426: saint Latinien en fut le premier évêque au commencement du cinquième siècle. C’est dans les environs de Séez que naquit Charlotte Corday. On compte 5 lieues de celte ville à Alençon. I est difficile de ne pas remarquer, en parcourant cette dernière, l’hôtel-deville situé sur une belle place; la préfecture dont l'architecture est noble et simple; la halle ou blé ct la prison Gont les deux tours sont les restes du château des ducs d'Alençon. Du reste, malgré quelques rucs larges, propres et bien pavées, la ville est d’un aspect triste : elle doit cet inconvénient à la couleur grisâtre du granit dont ses maisons sont construites. C’est à peu de distance d’un de ses cinq faubourgs que naquit le maréchal de Matignon qui refusa d’y faire exécuter les horribles massacres de la Saint- Barthélemy : mais c’est dans ses murs que l'historien Mèzeray ct le conventionnel Valazé reçurent le jour. Quoique moins importante qu’elle ne l'était jadis, la fabrication de la dentelle est encore considérable à Alençon: plus de 2,000 personnes y sont occupées à fabriquer et à broder de la mousseline. Cette ville est destinée à devenir unc importante station de l’embranchement de Tours à Cacr.

Dans l’arrondissement de Domfront ct à 4 licues de cette ville, Bagnoles est renommé pour ses caux thermales, Ce n’est ni un bourg ni un village, c’est un simple hameau composé de sept à huit maisons formant l’établissement des bains, [l est situé près de la forêt d’Andennes, dans une jolie vallée entourée de collines de grès feldspathique couvertes de chênes, de frénes et de bouleaux, et arrosée par la petite rivière de la Vée, qui prend sa source dans un étang dont les caux ont même en été une température supérieure à celle de l'atmosphère. Outre les maisons pour es baigneurs aisés, il y a un hôpital pour les artisans et les militaires qui y sont traités aux frais du département et de l’État,

Vers Pextrémité occidentale du département, Domfront n’est qu'une pelite ville sans importance et mal bâtie, remarquable seulement par sa situation au sommet d’un roc escurpé, couronné par les ruines d’un vicux château, et coupé verticalement par une fissure de plus de 75 mètres de p'afonéeur, au fond de laquelle coule la petite rivière de Varennes. Son industrie consiste principolement à fabriquer de grosses toiles et divers tissus ; mais elle est Le chef-lieu d’un arrondissement dont les plus pelits

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