‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 148 sur 169 · RE EE VEN · texte numérisé non relu

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le sud; cependant leur taille ne dépasse pas 4 mètre 68 centimètres (5 pieds 2 pouces); leur teint cuivré est plutôt le résultat d’un séjour habituel dans des huttes enfumées qu’un caractère de race. Les Lapons montagnards, qui vivent presque toujours à l'air, ont la peau très-peu basanée ; la plupart de leurs femmes sont même assez blanches ; chez les deux sexes on remarque des figurcs aussi agréables que chez les autres peuples.

Dans :a Westro-Bothnte, disent les voyageurs, la force physique et la beauté: ::.inguent l’un et l’autre sexe; une hospitalité sans bornes envers l'étranger, une humeur gaie, un caractère entreprenant, sont des qualités communes à toute la population qui s’étend jusqu’au cercle polaire.

Le peuple de lu Jemplie a la taille svelte, le corps agile, et la chevelure blonde des Norvégiens.

L’AHelsingien est brave : il attaque l’ours avec autant d’intrépidité que le montagnard de la Norvége; on a même vu souvent la jeune bergère défendie avec succès, contre un de ces animaux, le troupeau confit à sa garde : ilest vrai que, suivant une vieille superstition, l'ours ne peutrien contre une vierge.

Dans les provinces d’Upland, de Wesimannie et de Dalécarlie, la population, renommée par sa bravoure, conserve encore les caractères physiques des habitants les plus septentrionaux : des cheveux noirs, des yeux enfoncés, un regard un peu farouche, quoique rempli d'expression et de vivacité ; des muscles fortement prononcés, des os saillants, une taille presque gigantesque.

C’est en Westro-Gothie, et surtout en Gothie, que l’on voit dominer les cheveux blonds, les yeux bleus, les tailles moyennes, sveltes et élancées. Les habitants des autres provinces participent de ces diverses qualités physiques.

Le climat de la Suède, généralement moins rude que celui de la Norvège, est toujours un sujet d’étonnement pour l'étranger. En Gothie, la douceur de la température et la fertilité du sol ont tellement favorisé la reproduction, que, bien que cette province soit à peine éga'e au quart de tout le royaume, sa population en forme à peu près les deux tiers. À Stockholm, l'Allemand des bords de la Baltique ne retrouve point ces brouillards qui s’étendent sur une grande partie de l’Allemagne ; le Français n’y regrette point le climat du nord de la France, il n’y éprouve même pas ces chancements brusques et fréquent> qui nuisent à l’agrément du séjour de Fi Paris.

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Dans la cupitale du royaume, les plus longs jours et les plus longues nuits sont de 48 heures et demie, et les plus courts de 5 heures 54 minutes; à Lund, le plus long jour est de 47 heures 18 minutes, et le plus court de 6 heures 566 minutes ; à Torneo le plus long jour est de 21 heures et demie, et le plus court de 2 heures et demie; enfin, près d'Ober-Torneo on peut voir le soleil pendant la nuit de la Saint-Jean.

La Laponie suédoise (Lap mark) présente un climat qui étonne le voyageur parti des régions terupérées L’été comprend ce qu’en d’autres pays on nomme le printemps et l’automne ; il se compose de 56 jours qui présenten, les caractères suivants :

Juin, le 23, la neige fond.

Juillet, le 4er, la neige a disparu.

— le9, les champs sont couverts de verdure.

— le47, les plantes naturelles, semées ou cultivées, sont en pleine

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— le 25, elles sont en floraison complète.

Aoùt, le 2, les fruits sont mûrs.

— le10, ‘es plantes laissent échapper leurs graines.

— le18, la neige commence à tomber ; et depuis cette époque jusqu’au 23 juin de l’année suivante, le sol est partout couvert de neige et les eaux de glace.

A OEfver-Ka!ix, près la frontière du norë , l'hiver dure 9 mois, et l’été 3 mois qui se terminent avec celui de septembre; le soleil ne quitte pas l’horizon dans la saison des plus longs jours, et ne se montre point dans celle des pius longues nuits.

En général, on respire en Suède un air pur, et l’on n’y éprouve jamais les ravages des maladies contagieuses. La beauté d’un été chaud et sec, qui, dans sa courte durée, voit les f'imas disparaitre tout à coup, et, presque d’heure en heure, les plantes se parer de feuilles et de fleurs, fait oublier que le printemps y est inconnu. L'Europe méridionale, ainsi qu’on

l’a dit avec justesse, ne connaît pas *"‘te douce clarté d’une matinée ou d’une soirée du Nord, cette lente disparition des rayons du soleil réfléchis dans un océan de nuages pourprés, et ces nuits encore embeilies par la faible lueur du crépuscule, au moment où l’aube matinale se montre à lorient.

Parcourons maintenant la Suède dans toute sa longueur, visitons les villes, esquissons les mœurs des principales provinces, et lorsque nous

serons arrivés à l'extrémité méridionale de la péninsule scandinave, nous

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examinerons son gouvernement, ses institutions, son industrie et son commerce,

La superficie de la Suède est d'environ 22,400 lieues carrées, et sa population s’élève à 3,316,536 habitants. Elle se divise en trois grandes régions : la plus septentrionale est le Nordland, en suédois Norrland, ou Pass du Nord; au centre c'est le Sveuland ou la Suède, et au sud le Gollland ou la Gothie. Mais au point de vue administratif et politique, ces trois régions se partagent en 24 lan ou préfectures, outre la ville de Stockholm ,"" ‘orme un district particulier. ù

Les ville: .édnises sont en général très-peu peuplées; il ne faut point s’en étonner : on ne connaît pas dans ce pays cette foule d'oisifs qui viennent cousommer au sein des cités leurs pensions ou les revenus de leurs terres ; le propriétaire, le noble même, jouissent à la campagne et au sein de leur famille de toutes les douceurs de la vie domestique et des occupations agricoles, laissant aux fabricants et aux négociants à peupler les vil'es et les ports de mer.

Entrons dans la préfecture de Pile, pays couvert de forêts, surtout dans la partie vusine de la mer. Luleä ou Luleo est une petite ville de 1,800 habitants au plus, dont le port, à l'embouchure de la rivière du même nom, fait quelque commerce avec les Lapons. Les alluvions de la rivière ont fait abandonner l’ancienne Luleë, ou Gamla-Luleä, maintenant trop éloignée de la mer. Le bourg de Gellivara, à 43 lieues au nord de Luleä, renferme 4,200 habitants, population occupée dans des forges importantes et dans de riches mines de fer, Quoique cüei-lieu de préfecture, Pile est encore moins importante ; elle occupe une langue de terre qui s’avance dans le golfe de Bothnie.

Chef-licu de la préfecture de Umea, la ville de ce nom, avec 4,500 habitants, entretient une sociél” d’agriculture et une école; elle est, comme les précédentes, à l'embouchure d’une rivière dont elle porte le nom. Celte ville est assez bien bâtie ; sa fondation date de 1620.

Pendant l'été, ces deux provinces, qui formaien! autrefois la Bothnie septentrionale et la Bothnie occidentale, sont exposées à une sorte de fléau ; c’est l’abondance d’une espèce de mouche fort incommode et qui forme des essaims tellement nombreux que l'air en est obscurci. Souvent ces mouches donnent la mort à de chétifs bestiaux en leur suçant le sang jusqu'à la dernière goutte.

Les parties de la Suède septentrionale que nous venons de parcourir sont peuplées de Lapons, de Finlandais et de Suédois. On y distingue

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quatre classes ile Lapons : ceux des montagnes, ceux des forèts, les pêcheurs et les prolétaires, Les premiers vivent du produit de leurs troupeaux de rennes; ils se tienaent l'été dans les montagnes et l’hiver dans les plaines; leur vie nomade les oblige à transporter avec eux leurs familles, leurs animaux et leurs cabanes ou leurs tentes lorsque le défaut de pâturages ou la saison les force à changer de demeure. Les seconds sont sédentaires ; leurs troupeaux de rennes sont moins considérables; ils les conduisent daus les forêts ou bien ils les laissent paître en liberté, et s’occupent de la culture de leurs terres. Les Lapons pêcheurs ont encore moins d'animaux que les précédents ; ils les confient à leurs compatriotes des forêts, ou bien, pendant qu’ils exploitent les lacs les uns après les autres, ils envoient leurs femmes et leurs enfants garder les troupeaux dans les montagnes. Les Läpons prolétaires vivent d’aumônes où se mettent au service des paysans suédois; d’autres, après avoir vu périr leurs troupeaux par les altaques des loups ou par quelque autre accident, fabriquent des paniers et des corbeilles en osier, taillent en bois et en corne des plats, des vases et des cuillères. Dans quelques districts ils construisent des bateaux. Les femmes laponnes savent préparer les peaux des reunes et d’autres animaux ; elles fc *t aussi une espèce de matelas de laine et une toile grossière qui sert de dou. ure à l'habit de peau que porte le mari. C’est aux hommes à faire la cuisine, qui est très-simple : elle consiste en lait, fromage, poisson séché avec de l’huile de poisson , et en viandes de rennes assaisonnées de diverses sortes de baics sauvages. Les Lapons sont d’une égalité d'humeur parfaite; jamais leur gaieté ne sc dément; leur probité est à toute épreuve ; le vol et l'assassinat sont presque inconnus parmi eux ; ils sont généralement laborieux et sobres, mais ils résistent difficilement à la tentation de boire des liqueurs fortes. L rigueur du climat, la misère ,ui atteint fréquemment les Lapons, le peu de fécondité de leurs femmes, s'opposent à l’accroissement de leur population. Les Finlandais ont conservé dans la Bothnie septentrionale les mêmes mœurs qu’en Finlande; seulement ils n’observent pas la même tempérance dans leurs repas de fête. Aux noces on invite souvent jusqu’à 200 ou 300 hôtes qui restent réunis pendant huit jours. Les mariés portent en signe d’union une chaine autour du cou. La boisson ordinaire du paysan est de l’eau avec du lait ou du petit-lait. Le Westrobothnien et les autres Suédois habitants des mêmes régions, animés de l’amour du travail, unis par la plus franche cordialité, vivent heureux dans leurs ménages, où règnent l’ordre et la propreté. Leurs femmes relèvent leurs charmes naturels par une sorte

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d'élégance dans leurs vêtements. Ces provinces septentrionales renferment peu de nobles et de négociants; le clergé seul forme l« classe la plus respectée, la plus influente et la plus heureuse, parce qu’elle ne doit sa considération qu'à la reconnaissance que les habitants ont pour ses bienfaits.

Suivant le voyageur Schubert, on peut considérer un voyage dans l’ancienne province d’Angermanie, qui forme aujourd’hui la préfecture de Hernosand, comme unè promenade dans un beau jardin. Ce n’est qu’une variété continuelle de vallées et de bois, de rivières et de lacs, de bocages riants où l’on entend chanter le merle-mauvis ({uraus tliacus) qui a mérité le nom de rossignol du Nord. Sans les golfes qui coupent çà et là ce pays, on se croirait transporté dans les plus belles parties de la Suisse : ce sont des sites aussi pittoresques, d’aussi belles forêts, et jusqu’au bétail qui semble être de la même espèce. C’est ure des parties les mieux cultivées de la Suède, quoiqu'on n’y récolte pas autant de grains que l’exigent les besoins de la population. Les soins de l’agriculture empêchent le paysan de se livrer avec succès au commerce; mais l’habitant des côtes ne néglige pas la pêche. dont les produits considérables consistent principalement en harengs. L’exploitation des forêts présente aussi de grands avantages.

Le chef-lieu de cette préfectureest Fernosand ; c’est la plus considérable des cités du Nord; elle a 2,200 habitants, et elle porte le nom de la petite île d’ÆHerno, sur laquelle elle est située. Sa position à l’entrée d’un golfe donne de l’importance à son port; elle est le siége d’un évêché; sa construction est régulière ; elle renferme plusieurs fabriques d’eau-de-vie de grains, d'huile et de toile, et possède un collége, un jardin botanique et une imprimerie qui publie des ouvrages en langue laponne. La plupart de ses maisons sont en bois, ainsi que l’hôtel-de-ville, qui est cependant d’une très-belle apparence. Les rues, à l'exception de quelques-unes, sont pavécs.

La préfecture de Os/ersund, qui se termine à l’ouest par la chaine de montagnes qui sépare la Suède de la Norvége, est hérissée de sommités couvertes de neiges éternelles et de forêts magnifiques peuplées d’élans, de rennes, d’ours, de lynx, d’écureuils, et même de castors. Le défaut de rivières navigables et de bonnes rouies y est un obstacle à la prospérité du commerce. Son chef-lieu, son plus important marché, est la petite ville d'Oslersund, sur la rive orientale du lac Storsiôn si Pon peut donner le nom de ville à une réunion de quelques habitations qui ne renferment pas

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300 individus. A 30 lieues au sud-ouest, Liusnedahl est une paroisse de 450 habitants.dont la plupart sont employés à une forge qui livre annuellement 1,500 quintaux de fer au commerce.

Les anciennes provinces de Gestricie et d'Æelsingie forment la préfecture de Gefleborg, où l’on trouve sur plusieurs points d'immenses forêts de pins et de sapins, une multitude innombrable de lacs, qui, communiquant entre eux par mille canaux naturels, la rendent en grande partie marécageuse. Bien que le pays soit peuplé, les récoltes en grains ne suffsent pas à la consommation des habitants; mais l’avoine, l’orge et. la pomme de terre y sont cullivées avec succès; le lin y forme aussi une branche importante de culture. Les habitants élèvent avec soin des bêtes à cornes qui donnent un laitage excellent et des chevaux d’une belle espèce. Les forêts renferment des loups, des ours et d’autres animaux sanvages ; les rivières nourrissent des saumons, des esturgeons et d’autres poissons délicats. L’Helsingien, à force de travail et de soins, a su rendrè le pays qu’il habite un des plus heureux de l’Europe. Ses troupeaux lui fournissent en abondance du beurre et des fromages excellents ; ses exportations eu fer et en chanvre sont considérables. Ses habitations sont commodes, solides et garnies de tout ce qui est nécessaire ; chez les riches, une chambre est ordinairement remplie de plus de linge et d'habits que la famille n’en pourrait user dans un siècle. L'ordre et la prévoyance sont les vertus caractéristiques de ce peuple.

Le chef-lieu de la préfecture de Gefleborg est Gefle, ou Gevalie, à l’embouchure d’une petite rivière appelée Gefle-an. Cette ville épiscopale, qui renferme 8,200 habitants, a des maisons proprement bâlies, partie en pierre et partie en bois; des rues irrégulières, mais larges et bien pavées ; un assez bon port, deux chantiers de construction, des manufactures, plusieurs écoles et un gymnase renommé. La rivière dont elle porte le nom est divisée en deux moitiés et y forme de petiles cascades ; près du rivage, sont situés des jardins qui rendent aspect de cette ville charmant. Gefle est une des villes de Suède les mieux situées pour le commerce.

La préfecture de Falun se compose de l’ancienne province de Dalécarlie, pays montagneux, riche en mines de cuivre et de fer, et arrosé par le Dal, qui coule au milieu de cette vaste vallée dans laquelle s’étend le lac Siljan, dont la surface irrégulière est parsemée d’ilots et int les bords sont entourés de prairies et de belles forêts de sapins. À Falun, ou Fahlun, son chet lieu, ville de 4,000 âmes, située dans une vallée et divisée en deux

parties par une petite rivière qui unit le lac Varpan et celui de Rums, on VI. 76

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