‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 28 sur 169 · OCÉANIE, = TERRES ANTARCTIQUES OU AUSTRALES · texte numérisé non relu

OCÉANIE, = TERRES ANTARCTIQUES OU AUSTRALES

pour y parvenir; et dans son second voyage, en 1776, il atteignit le 74° A5! sans le découvrir, 11 avait vu seulement, vers le 59° parallèle, une terre qu’il appela la Terre-Sandwich.

On se hâta de conclure que le continent austral était une chimère;' cependant des découvertes postérieures, et dont la première date de 4819, devaient établir le contraire, et nous avons vu, dans notre Histoire de la Géographie, comment des intrépides navigateurs, tels que Bellingshausen, Smith, Biscoë, Weddel, James Ross et Dumont d'Urville, avaient étendu vers le pôle austral le domaine de la science qui nous occupe.

Les limites des terres qui composent ce que nous appellerons les Terres antarcliques australes, n'ont jamais été déterminées d’une manière précise, peut-être conviendrait-il de les fixer au 54° parallèle; prenant la Géorgice-Australe pour extrémité du rayon du cercle à décrire autour du pôle, et embrassant ainsi un espace d’enviroi 8 millions de lieues carrées. Visitons successivement chacune des terres comprises dans ces limites, en nous dirigeant à l’orient du méridien de Paris.

La Terre d'Enderby, entrevue par le capitaine Biscoé, se prés:utera la première ; elle est située au sud de Madagascar, vers le 66e para luie et le &be degré de longitude orientale : elle paraît montagneuse, couverte de neige et d’une étendue considérable, et, peut-être, se lierait-elle avec la Terre de Kemp.

A peu près à la même latitude, et vers le 446e degré, se trouverait la Terre Sabrina, dont l'existence n’est que conjecturale, car le capitaine Balleny, qui lui donna ce nom en 4839, fut arrêté par les glaces complètement fixes, qu’il présuma appuyées sur une terre placée derrière. Peut-être la Terre Sabrina serait-elle la même que celle qui fut entrevue par le capitaine américain Wilkes, et dont l’existence est aujourd’hui contestée,

La côte Clarie et la Terre Adélie se présentent ensuite; elles furent découvertes en janvier 4840 par Dumont d'Urville. La première, située sous le 130e degré de longitude orients'e, ae parut au célèbre voyageur qu’enveloppée d’une croûte épaisse de glace. La seconde, située sous le 138 degré, quoique présentant généralement le mème caractère, offrait

cependant quelques pointes où le rec se montrait à nu. Il fut possible d'y aborder ; le règne animal n’y était représenté que par des pingoins ; on n’y trouvait aucune coquille. La roche, entièrement nue et de nature granitique, n’offrait pas même la moindre trace de lichens. La côte, trés-élevée et d’un accès difficile, présente plusieurs caps qui ont reçu les noms de: ® Tome I+', Liv. xx1v, page 405. — Liv. xxv, page 420,

Cap de la Découverte,, c’est le premier point de la Terre Adélie qui fat aperçu ; Pointe Géologie, c’est le nom qui fut donné au cap près de l'ilot sur lequel on aborda ; enfin, le cap Pepin et lc cap Robert.

La Terre Adélie se prolonge sans doute à l’est jusque vers le 480 degré, et ce serait à cette côte qu’il faudrait rattacher les terres entrevues par le navigateur américain Wiikes. A la hauteur du 162 degré de longitude orientale, se trouvent les {les Balleny, découvertes en 4839 par le capitaine anglais de ce nom. Ces îles, au nombre de trois, présentent de très-hautes falaises ; elles sont d’origine volcanique, et les explorateurs virent même distinctement de le fumée s’élever du sommet des montagnes de la plus petite. Ainsi que sur la Terre Adélie, les seuls habitants de ces glaciales contrées étaient les pingoins.

En prolongeant seulement de quelques degrés vers le sud, on atteint la Terre Victoria ; c’est la terre, aujourd'hui connue, qui s’approche le plus du pôle austral. Découverte par le capitaine James Ross, en 18414, elle s'étend de 70 à 79 degrés de latitude sud, entre163et470 degrés de longitude orientale, Elle est presque inabordable, couverte d'énormes montagnes de 3 à 4,000 mètres, enveloppées de glace. Sur ses côtes, il y a des îles volcaniques, et dans l’une d’elles, à la hauteur du 77° 32’ parallèle, s’élève le majestueux Érébus, auquel on accorde 4,130 mètres d'altitude, et qui, lorsque le capitaine anglais le découvrit, jetait une masse considérable de feu et de fumée.

A l’est dela Terre Victoria, se trouve un vaste espacede plus de 400 degrés (du 170e degré de longitude orientale au 94e degré de longitude occidentale) dans l’étendue duquel les marins n’ont jusqu’à présent découvert aucun indice de terre, et qui reste vide sur nos cartes. Les premières terres australes que l’on rencontre, sont les deux îles Pierre et Alexandre I”, découvertes en 4821 par le capitaine russe Bellingshausen ; elles ont été longtemps les terres les plus méridionales connues; elles sont situées à 15 degrés de longitude lune de l’autre et presque sur le même parallèle (690 30’). Entre ces deux îles, l’eau se montre décolorée, et le navigateur russe aperçut plusieurs indices de terre; en sorte qu’on peut croire, sur l'autorité du savant amiral Krusenstern, que ces îles se rattachent à une grande terre continue qui peut-être se prolonge assez loin pour rejoindre au nord-ouest celle que l'américain Palmer avait entrevue.

La Terre Palmer ou Terre dela Trinité etla Terre de Graham sont situées sous le méridien du cap Horn; elles forment une côte élevée et presque inabordable ; cependant le capitaine Biscoë y attérit en 4832, et détermina

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