EUROPE
Description de l'Europe. — Introduction générale, — Considérations sur la géographie physique de cette partie du monde. — Mers, lacs, rivières et montagnes.
La nature n’a donné à l’Europe ni les dimensions imposantes de l’Asie et de l'Amérique, ni la masse compacte de l’Afrique. Simple appendice du vaste continent asiatique, notre péninsule tout cntière n’offrirait pas un bassin assez large au Nil, au Kiang, à l’Amazone; nos montagnes les plus imposantes n’égalent ni en élévation ni en étendue les Cordillèves ou l’Himalaya; toutes nos landes, nos dunes réunies, n’augmenteraient pas sensiblement les immenses mers de sable de l'Afrique, et nos archipels ne seraient remarquables ni par la beauté ni par la grandeur parmi les labyrinthes maritimes de l’Océanie. Les productions des trois règnes offrent en Europe peu d'originalité, et en général peu d'éclat, peu de majesté, Nos mines n’abondent pas en or, et le diamant ne se mêle point parmi nos cailloux. Sur 4,100 à 4,200 espèces de mammifères connues, il en est tout au plus 80 qui nous appartiennent exclusivement ; encore ce sont pour la plupart de petits animaux de peu d’apparence. Notre industrie a singulière. ment perfectionné quelques races animales, telles que le cheval, le bœuf, le mouton et le chien ; mais nos meilleures productions naturelles semblent généralement avoir été importées des autres parties du monde. Le ver à soie nous est arrivé de l'Inde ; la laine fine, de la Mauritanie ; le pêcher, de la Perse ; l’oranger, de la Chine ; la patate, de l'Amérique : nous ne sommes riches que d'emprunt et de conquêtes.
Mais telle est la puissance de l’esprit humain : cette région indigente, âpre et sauvage, que la nature n’avait ornée que de forêts, n’avait enrichie que de fer, s'est complètement métamorphosée par une civilisation d'envi-
ron 4,000 ans, civilisation interrompue plus d’une fois, mais toujours renaissante sous la main de peuples non moins industrieux que belliqueux. La science cherche en vain à y distinguer les bienfaits de l’art, des produits indigènes ; la culture en a changé jusqu’au climat ; la navigation y a apporté les végétaux de toutes ies zones; cette Europe, où le castor bâtissait en paix ses digues et ses cabanes au bord des fleuves solitaires, s’est peuplée d’empires puissants, s’est couverte de moissons et de palais ; cette médiocre péninsule est devenue la métropole du genre humain et la législatrice de l’univers. L'Europe est présente dans toutes les parties du monde; un continent entier n’est peuplé que de nos colonies ; la barbarie, les déserts, les feux du soleil ne soustrairont pas longtemps l'Afrique à nos actives entreprises ; l'Océanie semble appeler nos arts et nos lois ; l'énorme masse de l’Asie est presque traversée par nos conquêtes ; bientôt l’Inde britannique et la Russie asiatique se toucheront, et l'immense, mais faible empire de Ja Chine, ne saurait résister à notre influence s’il échappe à nos armes. L'Océan tout entier est le domaine exclusif des Européens ou des colons de l’Europe; tandis que même les nations les plus policées des autres parties du monde n’osent s’éloigner de leurs rivages, nos hardis navigateurs suivent d’un pôle à l’autre les routes que leur traça du fond de son cabinet un de nos géographes. Seuls nous soumettons à nos volontés les forces même les plus redoutables de la nature; la foudre de la terre est entre les mains de nos guerriers, et celle du ciel tombe enchaïînée aux pieds de nos savants. Nous essayons même la conquête de l'atmosphère, et si nous ne foulons pas encore sous nos pieds les nuages comme les ondes, si nous ne pouvons dégager nos corps des liens qui les altachent à cette planète, du moins notre pensée libre et immortelle embrasse l’immensité de l’espace et l’immensité des siècles. L’arbre de la scicnce est notre patrimoine, et seuls nous possédons et les moyens de le conserver à jamais, et le secret d’en perfectionner les fruits.
L'Europe demande une méthode d: description plus complexe que les parties du monde moins changées par la main de l’homme; les souvenirs historiques nous y poursuivent, les idées morales et politiques nous assiégent: mais c’est néanmoins par un aperçu général de la géographie naturelle que nous devons commencer.
L'Europe n’est point circonscrite dans des limites tracées par la nature : à l’ouest et au sud, l’Atlantique et la Méditerranée la séparent, il est vrai, de l’Amérique et de l'Afrique; ru sud-est, elle est limitée par l’Hellespont, le Bosnhore, la mer Noire et la mer d’Azof; mais sur quelques points de ces
DR
LL = = © 0 nt dt nn ie ble us en jeun
insert
frontières naturelles, il faut encore tracer une ligne imaginaires ainsi, quelques géographes ont voulu que Malte et les petites îles de Gozzo, Comino, Lampedouze et Linoza appartinssent à l'Afrique ; et ce qui prouve combien les notions géologiques qui se rattachent à la géographie physique sont utiles dans la solution des différentes questions de cette nature, c’est que par elles seules on peut décider que ces différentes îles font partie de l'Europe. En effet, comme elles ne sont, à vrai dire, que des plateaux de montagnes, eiles doivent être considérées comme la continuation de celles de la Sicile, puisque le sol bas du nord de l'Afrique ne permet point de les rattacher à cette partie du monde. Il faut suivre aussi à travers l’Archipel grec l’espace où les îles sont moins nombreuses ; celles de Naxos, Stampalie et Scarpanto, doivent être regardées comme européennes, tandis que Ténédos, Mytylène, Scio, Samos, Nicaria, Cos et Rhodes, font nécessairement partie de i’Asic. La Crimée appartient aussi à l'Europe; mais dans la direction de l’ouest à l’est, la ligne de démarcation entre ces deux parties du monde paraît être arbitraire. Le désir de coordonner sur cette question les opinions des anciens et des modernes, avait fait choisir pour limite le plus bas niveau de l’isthme du Caucase ; niveau indiqué par le cours de deux rivières, le Manytch et la Kouma; et comme la première se jetle dans le Don, à 20 lieues au-dessus de l'embouchure de ce fleuve, une partie du Don ou du Tanaïs conservait l’antique prérogative de séparer l’Europe de l'Asie. Mais plusieurs géographes ont choisi une frontière naturelle plus importante, plus facile à déterminer : c’est la ligne de faite de la chaine du Caucase. Ainsi, d’après cette opinion, qui a prévalu, le versant septentrional de cette chaîne est entièrement européen ; en conséquence, les trois provinces russes, le Daghestan, la Circassie et le Caucase, qui, suivant la ligne de démarcation précédente, seraient asiatiques, appartiennent à l’'Europe, et celle-ci tient à l’Asie, au sud, sur une ligne de 950 kilomètres, et, à l’est, sur une de 3,330 kilomètres de longueur, c’est-à-dire qu’en côtoyant la mer Caspienne, depuis le Caucase, on suit les limites de l’'Europe jusqu’au fleuve Oural, qui, avec la chaine dont il porte le nom, et la petite rivière de la Kara, en Russie, forme jusqu’à l'Océan glacial le reste du contour oriental de cette partie du monde.
Lorsque l’Islande, dépendance naturelle du Groenland, fut découverte. le nouveau continent n’était pas encore connu ; on crut alors devoir placer ces terres parmi les îles voisines de l’Europe. Les liaisons historiques ct politiques ont longtemps conservé cette classification; mais aujourd’hui un coup d’œil sur le globe ne suffit-il pas pour montrer que l’Europe se termine
au nord-ouest avec les îles Fœrû ? Séparées de nous par l'Océan, les terres arctiques, qu'elles se composent d’ies ou de presqu’îles, doivent être considérées comme un appendice de l'Amérique septentrionale.
Renfermée dans les limites que nous venons de tracer, l’Europe doit avoir au moins une superficie de 485,000 licues carrées (de 25 au degré équatorial), et une population actuelle de 230 à 240 millions d'habitants. Dans les incertitudes que nos descriptions spéciales feront connaître à l'égard des mesures et des dénombrements, il'serait inutile de vouloir fixer autrement qu'en chiffres ronds les sommes totales. L’accroissement annuel de la population est, d’après les estimations les moins favorables, d’un million.
De tous les caps de notre continent, il en g est cinq qui méritent spécialement d’être velatés ici : tels sont le cap Nord à l'extrémité septentrionale de la Norvège, le cap Matapan qui termine la Morée au sud ; c’est le Tenarium promonlorium des anciens, le point le plus méridional de l’Europe ; le cap Saint-Vincent, qui forme le point sud-ouest du Portugal; le cap Finistère, l'ancien Arlabrum promontorium, le point de l'Espagne le plus avancé au nord-ouest dans l'Océan atlantique; enfin le cap de Leuca, Tapygium promontorium, à l'extrémité sud-est de l'Italie, formant la séparation entre la mer fonienne et le canal d'Olrante,
Voici les dimensions de l'Europe les plus remarquables :
Licucs, Kilom.
Enlongueur. DucapSt- -Vincent aux monts Ouralsprès d’Iékaterinbourg. 1,215 5,400
— De Brest à Astrakhan..,. . . +. + + 860 3,820 En largeur. Du cap Gata au cap Ortegal (péninsule hisp: nique). . . 210 930 — Du Port Vendres à Bayonne (isthme des Pyrénées, premier resserrement de l'Europe). . . 95 420 — Dela mer Adriatique à La mer du Nord (deuxième à resserrene ent. 210 930 — Du cap Matapan au cap Nord (plus grande largeur de l'Europe). 870 3,870 — Dela mer Noire à la mer Baltique (troisième resserrement).. « 268 1,190 — De la mer Caspienne à la mer Blanche (quatrième et dernier pessorrement, + + + + + + + + + + + + + + + + 485 92,160
Les mers et les golfes nombreux qui baignent la péninsule européenne sont un des traits caractéristiques de notre partie du monde; ces grandes masses d’eau, interposées parmi les terres, manquent à l’Asie, à l'Afrique, à Ja Nouvelle-Hollande, et même à la majeure partie de l'Amérique; elles influent sur la température, qu’elles rendent humide et variable : sur le commerce, dont elles multiplient les communications, et sur la liberté des nalions, auxquelles, conjointement avec les chaines de montagnes, elles offrent des remparts naturels trop souvent négligés.
SOS PRES SU tam vo TS
de du No tri
it
ee
ÉLUS ce cité En 2
pr
L'Océan occidental ou atlantique baigne notre partie du monde du côté de l’ouest, et même, dans le langage rigoureusement géographique, du côté du nord ; car la mer au nord des îles Britanniques, entre le Groenland et la Norvége, ne mérite pas d’être distinguée sous lé nom d'Océan septentrional, dont quelques navigateurs l’ont décorée. Quant à la dénomination de mer Glaciale, quoique reçue, elle ne convient peut-être à aucune partie des mers européennes, puisqu'il y en a aucune, pas même celle entre le cap Nord et le détroit de Vaïgateh, qui habituellement se couvre de champs de glace étendus. L’agitation constante de ces mers ouvertes leur assure cet avantage sur celles qui baignent la Sibérie et l'Amérique. Les eaux qui entourent le nard de l'Europejusqu’à la Nouvelle-Zemble ou Nouvelle Terre (Novaïa Zemlia), apputiennent évidemmentà l'Océan glacial arciique.
La mer Blanche, golfe aui reçoit les eaux douces de trois rivières considérables, a le plus de disposition à se geler, surtout dans la partie occidentale, semée d'ilots et d’écueils. Ses rivages, généralement peu élevés, présentent presque partout de rochers inhospitaliers on des marais tourbeux. La mer Blanche est, comme la mer de la Nouvelle-Zemble, exposée à des tempêtes épouvantables qui, venant du nord-est, poussent contre les extrémités septentrionales de l’Europe la masse entière des mers inconnues au nord de la Sibérie,
Après avoir doublé le cap Stat, pointe occidentale de la Norvége, nous voyons un golfe, nommé la mer du Nord ou d'Allemagne, s'étendre depuis les îles Shetland jusqu’au détroit de Calais, et des côtes d'Angleterre jusqu’à l'entrée du canal de Jutland. Ses rivages, formés d’abord par les rochers norvégiens et écossais, deviennent ensuite des plages très-basses, sablonnenses, et quelquefois limoncuses, exnosées à des inondations et à des aflaissements. La côte de la basse Écosse et de l’Yorkshire présente encore aux flots la barrière de leurs collines; dans le petit golfe nommé le Wash, la mer roule souvent ses caux agitées par-dessus les terres pendant un espace de plus d’un mille, où elle laisse des traces de ses ravages. Le Nore, ou l'embouchure de la Tamise, a éprouvé ces dévastations dans un moindre degré; mais tontes les côtes des Pays-Bas en portent les traces, ct pe se maintiennent que par les digues que l’industrie a élevées partout où les flots eux-mêmes n'ont pas entassé des dunes. Dans le treizième siècle, une effroyable irruption changea le lac Flévo, uni à la mer par des fleuves, en ce golfe ouvert qui s'appelle le Zuyder-zée. Le petit golfe le Dollart, près l'embouchure de l’Ems, ne s’est pas non plus formé sans la coopération de la mer. Les côtes du Ho'stein et du Sleswig ont été plus d’une fois déchi-
rées par les flots; les débris de l’ile de Nordstrand, engloutie en 1634, attestent ces révolutions qui ont également réduit la terre sainte d'Héligoland à un seul rocher. Mais dans cette partie de la mer nommée par les marins le golfe d'Hambourg, le limon fécond, déposé sur les rivages, accroît de nouveau la terre. Plus au nord, un double rempart de bancs et de collines sablonneuses défend aujourd’hui le Jutland, qui jadis peut être avait des côtes plus dentelées. Nous avons souvent vu des brouillards épais s’élever du sein de cette mer, s’amonceler en formes bizarres, s'étendre sur les rivages, et tomber, comme une rosée saline, sur les arbres, dont elle arrête la croissance, tandis que les herbes semblent en tirer une verdure plus éclatante.
La portion de la mer comprise entre la Norvége et le Jutland porte chez les navigateurs anglais et hollandais le nom fhe Sleeve. C’est à tort qu’on lui applique la dénomination de Skager-rack, qui dénote seulement le passage de Skagen : on pourrait mieux la désigner sous le nom de canal de Norvége ou de Jutland. Très-profond près de ses rivages septentrionaux, ce canal est vesserré au midi par le grand promontoire sablonneux du Jutland, qu'environnent des bancs de gravier et des rochers très-dangereux, même pour les navigateurs indigènes.
Au sud de la pointe extrême du Jutland, le cap Skagen, un second cana! plus resserré, rempli d’ilots et de rochers, sépare le Fntland de la Suède. C'est le Æattegat, qui se termine par les trois détroits, le Sund, le Grand et le Petit Bell, dont les nombreux embranchements baignent l'archipel danois.
Tous ces détroits conduisent dans la petite méditerranée du nord, nommée généralement mer Ballique, mais qui, chez les nations scandinaves ct germaniques, porte le nom de mer Orientale, et que l’on pourrait appeler Méditerranée scandinave. Le bassin de la mer Baltique est dans sa partie méridionale environné de plaines sablonneuses ou de falaises de craie peu élevées; la côte orientale de la Suède et ja côte méridionale de la Finlande présentent une ceinture de rochers et d’écueils ; mais nulle montagne tant soit peu considérable n’est »aignée par ces eaux peu profondes, peu salées, et souvent couvertes de glaces. Cette mer reçoit le superflu de tous les lacs dont la Finlande, l’Ingrie et la Livonie sont remplies ; c’est dans son sein que s’écoulent la moit.é des rivières de la Pologne et de l’Allemagne orientale ; enfin, le: nombreux fleuves du nord de la Suède y portent les eaux fournies par les neiges des monis Dofrines. Aucune mer ne reçoit, proportion gardée, un si grand nombre d’affluents d’eau douce ; aussi la Baltique participe-t-elle de la nature d’un lac : la fonte des neiges y détermine dans
attesoland arins ît de lines t des lever ir les irrête plus
chez qu’on pasnl de aux, Juteux,
anai ède.
d et lois.
omes ct eler artie peu de tant des, lacs sein en aux )Orque ans
l'été un courant qui se verse dans la mer du Nord par le Sund et les Belts, tandis qu’aux autres époques de l’année les courants ordinaires entrent ct sortent selon les vents dominants. Le golfe de Bothnie, qui forme comme un lac à part, et le golfe de Finlande, qui ressemble un peu à un fleuve, et qui de jour en jour s’encombre des sables de la Néva, envoient presque toute l’année des courants dans le grand bassin de la Baltique. Entrainées par cette direction générale des eaux, les glaces de l’intéricur de la Baltique viennent souvent se joindre et s'arrêler dans les détroits du Danemark comme dans le débouché d’un lac.
En retournant dans la mer du Nord, nous voyoïs le détroit de Douvres ou Pas-de-Calais nous ouvrir le bras de mer connu sous le nom de canal Britannique ou de la Manche. Peu profond, étroit, mais ouvert à tous les grands mouvements de l'Océan atlantique, il éprouve des marées montantes très-considérables, qui produisent à l'embouchure de la Seine ces barres si redoutables, à l'approche des équinoxes.
Le yolfe de Gascogne ou de Biscaye ne se distingue guère du reste de l'Atlantique dont il fait partie, On peut seulement remarquer le contraste entre ce golfe et les parages de Terre-Neuve, situês exactement sous le même parallèle : là, les glaces polaires, en s’arrêtant par suite de la direction des courants, répandent, même dans l'été, des brumes éternelles ; ici, la configuration des côtes exclut même les glaçons flottants, tandis que le mouvement continuel de l'atmosphère modère même l’humidité naturelle à un climat maritime.
Le détroit de Gibrallar, moins large de moitié que celui de Calais, mais conservant les caractères d’une rupture qu:, en séparant l’Europe de l'Afrique, détruisit l’une des plus grandes Caspiennes qui aient existé sur notre globe, nous conduit dans la Méditerranée, grande série de mers intérieures, que leur situation, leur caractère physique et leur célébrité historique rendent également intéressantes. Le premier bassin de la Méditerranée se termine au cap Bon et au détroit de Messine; il est lui-même partagé en deux parties inégales par les îles de Corse et de Sardaigne ; mais on ne désigne guère aujourd’hui sous des dénominations particulières que le golfe de Génes, et quelquefois celui du Lion (sinus Leonis). La profondeur de ce bassin va jusqu’à 4,000 et même jusqu’à 1,500 brasses, dans leS parages où les eaux baignent les pieds des Pyrénées, des Alpes et des Apennins. La partie orientale, qu’on peut nommer la mer d'Italie, est semée d'îles volcaniques, telles que celles de Lipari, l’île Ponce et autres, sans doute liées au même foyer qui nourrit les feux du Vésuve et de l’Etna.
Le deuxième bassin de la Méditerranée, d’une étendue presque double, et généralement dépourvu d'îles, de rochers, d'écueils, se prolonge sans inter. ruption des côtes de Sicile et de Tunis jusqu’à celles de Syrie et d'Égypte. Il forme au nord deux bassins particuliers, aussi célèbres dans l’histoire que remarquab'es en géographie; celui de la mer Adrialique, dont le fond, examiné soin, a paru n'offrir qu’un lit calcaire et de coquillages, et celui de l’Archipel ou de la mer Blanche des Turcs, où des îles nombreuses, pittoresquement groupées, couvrent un vaste foyer volcanique. Le premier de ces bassins n’élant pas d’un tiers plus considérable que le golfe de Bothnie, mérite-t-il bien le nom de mer? Au midi, le golfe de la Grande Syrte pénètre en Afrique; c’est presque la seule cète sablonneuse et plate qui baigne la Méditerranée ; il paraît méme que de vastes lagunes, en changeant souvent d’étendue au milieu des sables mobiles, confondent ici en quelque sorte les limités de la terre et de la mer. Mais le plus remarquable des bassins dépendants de la Méditerranée, c'est sous contredit celui de là mer Noire, dont le détroit des Dardanelles, la petite mer de Marmara où la Propontide, et l’étroit canal de Constantinople ou le Bosphore, forment le magnifique vestibule. Cette mer, nourrie par les plus grands fleuves de l'Europe centrale, reçoit encore, par le détroit de Caffa où Kefa, jadis le Bosphore Cimmérien, les eaux limoneuses de ce Palus-Méotides, si ridiculement qualifié de mer d’Azof par les modernes. Tel est à présent le terme de cette série de mers intérieures qui, en séparant l’Europe de lAsi: et de l'Afrique, servent de route de communication à une grande partie de ces trois sections de l’ancien continent, Peut-être un antique détroit, successivement encombré de gravier par les iorrents du Caucase, liait-1}, même longtemps après les dernières grandes calastrophes du globe, la mer d'Azof, et par conséquent la mer Noire, à la mer Caspienne.
Les eaux très-saltes et très-profondes de la Méditerranée proviennent du Nil, du Danube, du Dnieper et d’autres fleuves de la mer Noire, du Po, du Rhône et de l’Ebre ; de sorte que les neiges de l’Abyssinie, de la Suisse et du Caucase y contribuent également. Malgré celte abondance d’eaux affluentes, on a cru généralement que la Méditerranée recevait plus d’ean de POcéan atlantique qu elle n’y en envoyeit; on a donné comme preuve l’existence d'un grand courant perpétuel qui entre par le milieu du détroit de Gibraltar, tandis qu’il n’en sort, du moins à la surface, que deux faibles courants latéraux. Mais ect influx apparent de l’Océan dans la Méditerranée n’est que l’effet de la pression d’une masse fluide plus grande sur une masse plus petite, pression qui déplace nécessairement les couches
ri dar PR
mai cou cou anci disti rem
de de} pée nive sur que pou pôle part ren nou qui ent
de |
La .
top LR | y }
PR 0 ce ds
FE D 21154 ere srl
supérieures de la petite masse, comme ayant la moindre force d’impulsion collective. Un courant inférieur qui se fait sentir aux vaisseaux dès qu’ils laissent tomber une ancre, emporte vers l’Océan le superflu des eaux de la mer intéricure.
Le mouvement général de la Méditerranée se dirige de l’est à l’ouest, mais la réaction des eaux contre les côtes fait naître plusieurs remous ou courants latéraux contraires. Les détroits donnent aussi naissance à des courants locaux très-variables ; le Phare de Messine ou la Charybdis des anciens, et l’Euripe entre le continent et l'île de Négrepont, méritent d'être distingués. Les marées ne se font sentir que très-légèrement; on a cru les remarquer dans la mer Adriatique et le golfe des Syrtes.
La mer Caspienne baigne l'Europe depuis l'extrémité du Caucase près de Derbent, jusqu’à l'embouchure de l'Oural; mais les trois autres quarts de la circonférence de cette mer appartiennent à l'Asie. C’est du côté européen que la mer Caspienne reçoit la plus grande quantité de ses eaux. Son niveau est inférieur de 31 mètres à celui de l'Océan,
Les mers que nous venons de parcourir bordent le continent de l’Europe sur une ligne de 5,645 lieues, tandis qu’il ne tient au continent de l'Asie me sur une ligne de 800 lieues. Ces mers sont d’une haute importance pour les Européens ; au nord, elles nous séparent des terres glaciales du pôle arctique ; au midi, elles nous garantissent des chaleurs de l'Afrique : partout elles ouvrent un aecès au commerce, à la navigation ; elles nous rendent voisins de toutes les parties du monde , en même temps qu’elles nous fournissent une variété de poissons suffisante pour nourrir la cinquième partie de la population européenne. La superficie totale des mers cptourées par des terres est d'environ 243,750 lieues carrées. On a estimé de la manière suivante la masse de chacune d'elles:
Lieucs carrées Myriam.
de 25 aidegré carrés,
La Méditerranée dans son entier. . . « ,. . . … «+ + 131,980 26,070 1° Partie d'ouest jusqu’eu cap Bon et au détroit 2 Messine. 42,680 8,431 2 L’Adriatique. . . . où + + + + 1080 1,616 3° L’Archipei avec la Propontide. ae à à © 6. n° M 1,999 ‘* Partie d'est ou grand bassin, 4 . , . ,. . . . . 71,000 13,024 La mer Noire avec la mer d’Azof, , , , . , . . , . . . 23,750 4,691 La mer Caspienne. . . . . . . . à . . . . à « « . . 48,600 3,64: La mer Baltique. . . . es à « « «+ 20,300 4,010 La mer Blanche ou d Arkhangel et de Laponie Vus +. Ni 462 La mer d'Allemagne où du nord. . + , RU NN se SU 6,321 Le canal d'Irlande. . . . UT VEN NNE SN, 672 La Manche ou le canal Britannique. Vr uv Ut NN AN. 734
L'Europe renferme quelques régiens remarquables par l’abondance
d’eaux douces réunies en grands et petits lacs , trait que la géographie physique doit remarquer avec soin ; toutefois ces amas d’eau n’égalent pas ceux de l'Amérique septentrionale.
La première”"de ces régions est celle qui a les sources du Volga au sud. la mer Baltique à l’ouest , et la mer Blanche au nord-eit ; elle présente en totalité une masse d’eau de 3,580 lieues géographiques carrées, c’est-àdire qu’elle égale presque la Manche; les principaux lacs sont : le Ladoga , 830 lieues géographiques carrées ; l’'Onéga (Olonetz), 480 ; l'Z{men, 60 ; le Peïpous, 450; la Saima (Finlande, 210 ; le Xuopio, 80 ; le Pajjæne, 120 ; le Toposero, (Arkhangel) 400 ; l’Imandra, 100; le Pianovero, 90; et le Xordozero, 90.
La Scandinavie est remplie de lacs, moins cependant que la région précédente. Celui de Véner a 280 lieues carrées; celui de Vefter, 110; celui de Maælar, 100; et tous les lacs de la presqu'île de Scandinavie, 700 à 800 lieues carrées. Ils sont, à un ou deux près, tous placés sur le penchant méridional et oriental de la chaine de montagnes qui parcourt cette contrée. Tous ceux de la Russie septentrionale sont, au contraire, sur les penchants occidentaux de ce pays. Ces lacs s’écoulent donc, les uns et les autres, dans la Baltique; ils peuvent étre regardés comme les sources de cette mer intérieure.
Les plaines au sud de la mer Baltique offrent deux ou trois contrées qui sont comme semées de petits lacs. Dans le Mecklenbourg, dans l’ancienne Marche de Brandebourg, dans l’intérieur de la Poméranie et de la Prusse orientale, on compte au delà de quatre cents lacs, dont une partie n’ont point d’écoulement vers la mer. Ce sont plutôt des étangs que des lacs. Ils occupent pour la plupart des creux formés par l'éboulement des terres argileuses ou sablonneuses.
La chaine des Alpes est accompagnée de moins de lacs que celle des Monts Scendinaves ; ceux qu'on trouve sur le versant méridional sont les suivants :
Le lac Majeur, 20 lieues carrées ; le Lugano, 10; le Côme, 13; le Garda, 20 ; l’Iéso, 13 ; avec quelques petits lacs ils présentent une superficie générale de 80 lieues géographiques carrées. Le versant septentrional des Alpes offre beaucoup plus de lacs que le versant opposé ; le lac de Constance, 30 lieues carrées ; de Zurich, 13; de Wallenstadt, k; de Lucerne ou des Quatre-Cuntons, 13; de Zug. ‘ ; de Bienne, 3 ; de Than, 5 ; de Neuchâtel, 45; d'Ammer, en Bavière, 4; do Chiem, 6; d’Atler, en Autriche, 4. Si nous y ajoutons quelques autres lacs plus petits en Suisse, en Bavière et en
Autriche, la surface de tous les lacs appartenant au versant septentrional des Alpes pourra être évaluée à 120 lieues carrées.
Le versant oriental des Alpes ne présente que deux lacs considérables, le lac Neusiedl, 18 lieues carrées, et le lac Balaton , 26 ; si nous ajoutons différents lacs des Alpessiyriennes, carniques et juliennes, dont on peut évaluer la surface à 16 lieues carrées, nous aurons pour le total du versant oriental des Alpes 60 lieues carrées.
Les pentes du versant occidental sont les moins fournies d’eau rassemblée en lacs, nous ne citerons que le lac de Genève, k4 lieues carrées; celui d'Annecy, et celui du Bourget.
La presqu’ile italique ne renferme que quatre ou cinq lacs un peu considérables; ils se trouvent tous ensemble vers le milieu de la chaine des Apennins. Ils sont tous d’une forme circulaire, et entourés de falaises considérables, Des géologues italiens les ont regardés comme des monuments d’une révolution volcanique, qui aurait surtout affecté le centre de la presqu'ile.
Dans toute l’Europe occidentale, nommémentdansle Portugal, l'Espagne, la France et l'Angleterre, on trouve extrêmement peu de lacs. En passant en frlande on voit le contraste le plus frappant : quatre ou cinq lacs, dont un égale celui de Zurich, unedizaine de plus petits, peut-être un centième du
terrain occupé par des amas d’eau douce, sans même y comprendre les bogs ou terrains spongieux dont nous parlerons dans la description particulière. Les fleuves de l’Europe, dont le cours est évalué et comparé dans un tableau joint à ce livre, présentent quelques résultats généraux dignes d’atntion.
L'ensemble de toutes les eaux courantes de l’Europe, pris pour unité, . . . 4,000 Celles qui s’écoulent dans la mer Noire sont. . . . . . , ,. . . . . 0,273 Dans la Méditerranée, y r aupris Archipel et l'Adriatique. . . , . . . 0,114 Dans l'Océan. atiantique. . . . . . . . . . , . . , , . . . . 0,181 Dans la mer du Nord. . res El pe re re Veau der 40 ia ANOEMO
Dans la Baltique. . . . RCE ‘ di" ce 53 . + + + « 0,129 Dans l'Océan septentrional. D tue LE dk à dau nd in Lt 604 OI Dans la mer Caspienne. . . . .". . . . ee nee de 0 ce OMGE
Si l’on veut comparer à ja dtian sy sine hyénauplittes on trouve les résultats suivants pour les six grands fleuves de l'Europe :
Les eaux entraînées par le Volga. . . , 0,144 par le Danube.. . . 0,124 par le Dnieper. . . 0,061 par le Don.. . . 0,052 par le Rhin. . . . 0,030 par la Doina. . . . 0,021
Ces évaluations ne sont fondécs que sur la longueur du cours de chaque fleuve avec ses affluents; mais il serait nécessaire d’y joindre l'estimation des lacs qui s’y déchergent. Malgré celte imperfection, nos calculs indiquent assez bien les six grands fleuves de l'Europe, les seuls auquels on ferait attention deus une autre partie du monde, Ceux qui les suivent de plus près, savoir: le Pd, le Rhône, l'Ebre, le Guadalyuivir, le Tage, la Loire, l'Elbe et la Vistule, n'équivalent guère tous enseribie au seul Volga. La barbare et obscure Kama, simple affluent du Volga, surpasse de plus de 20 lieues le Rhin, si cher à l’histoire et à la poésie. La Seine, avec toutes ses rivières secondaires, ne forme que 0,009 de toute la masse d’eau courunte de l'Europe.
Ce sont à présent les chaînes et massifs de montagnes qui demandent notre attention, Un système, celui des monts Ourals, nous est commun avec l'Asie; nous l'avons décrit avec cette partie du monde, Considéré du cé de l'Europe, c’est moins une chaîne qu’un plateau s'élevant insensiblement du milicu de la Russie, dans la direction est et nord-est, mais qui, étars couronné d'une crêle peu marquée, placée sur une bass déjà élevée, parait égaler dans son niveau absolu les montagnes de Silésie et de Saxe. Il n’arrive qu'à 2,300 mètres tout au plus. Aucune des suites de collines ou de rochers qui traversent la Russie ne lie distinctement le système des monts Ouraliens aux autres systèmes européens. Nous avons également décrit le système caucasique qui appartient également plutôt à l'Asie qu'à l'Europe ?.
Les montages ruropéennes forment sept systèmes distincts dont nous allons détersuincr tes limites.
Le platezx de Valdaï, d'où descendent le Volga vers la Caspienne, la Dvina vers la Paitique, et le Dnieper vers la mer Noire, n’est qu'une plaine élevée , couronnée de collines de 400 à 450 mètres d'élévation au-dessus du uiveau de la mer. Ce plateau, qui forme un système particulier, appelé Sarmalique, s'abaisse même (ellement du côté de la Pologne, que les sources de la Bérésina, du Niémen, du Pripeez, se trouvent dans une plaine sans pente sensible, et à peine élevée de 65 mètres au-dessus des mers où s’écouleut les eaux de ces riviè'es. L’escarpement granitique, dépendant des monts Karpathes, et qui coupe le cours du Dnieper, est également d’une élévation à peine sensible, et se perd tout à fait vers les bords de la mer d’Azof,
Les Dofrines, qu’on appelle aussi les Alpes de Scandinavie, présentent
1 Voyez notre vol. IE, page 284.
2 Tome l, page 287.
.! ES Er
aque ation indins on nt de ve, la olga.
plus outes cou-
dent avec cù!6 ment ture arait h'aru de onls it le pe ?,
ous
, la aine ssus pelé
les iine OÙ lant ent © Ja
ent
RE : :-
un système mieux caractérisé que l’Oural, mais aussi parfaitement isolé du reste des montagnes européennes. Il a été désigné sous le nom de Système scandinavique. L'ensemble s’étend depuis le cap Lindesnæs, pointe méridionale de le Norvège, jusqu'au cap Nord dans l’île Margeroe. C'est la partie du milieu, ou les Dofrines propres, qui seule offre le véritable caractère d’une chaîne; la Laponie et le sud-ouest de la Norvège sont deux plateaux couronnés de chaînons isolés. Des rochers sourcilleux, des abîimes taillés à pic, d'immenses chutes d'eau, des glaciers, tout rappelle ici l’aspect des grandes chaînes du globe; c’en est même une des plus riches en beautés pittoresques; mais ses sommets les plus élevés n’atteignent que 2,000 à 2,300 mètres. Une branche inférieure les monts Sèves ou Sevons, après
avoir servi de limite entre la N Suède, entre dans ce dernier royaume et se termine en collin rs à peine sensibles traversent la Laponie et se lient aux colli: es de la Finlande, qui se per-
dent en serpen’ant entre les nombreux lacs de ce pays.
Les monts Grampians où Calédoniens forment, comme ceux du pays de Galles, un groupe isolé de plusieurs petites chaînes parallèles, dont l’élévation ne surpasse guère 4,300 mêtres. Ces chaînes se lient sans doute au-dessous de la mer aux rochers des îles Orcades, des îles Shetland, dirigès généralement du sud-ouest au nord-est, et peut-être aux îles Fœro.
Les montagnes Cambriques, dans la principauté de Galles, et celles du nord-ouest de l'Angleterre, forment un autre groupe. Les petites chaines dont l'Irlande est hérissée en constituent un qui, avec les précédents, compose le Système brilannique.
Le nord et l’est de l'Europe, depuis l'Irlande jusqu’à la mer Caspienne, présentent donc une plaine au-dessus de lagmelle la Calédonie et la Scandinavie s'élèvent comme des groupes de montagnes isolées. Le midi et le centre offrent un caractère tout différent. Depuis les colonnes d’Hercule jusqu’au Bosphore, depuis l'Etna jusqu’au Blocksberg, toutes les monlagnes ne composent au fond qu’un seul et unique système de terres élevées. Plusieurs raisons physiques, d'accord avec l’usage et la commodité, exigent pourtant qu’on y distingue quatre massifs de montagnes.
Le plus célèbre et le plus central de tous est le Système des Alpes, dont la chaîne principale renferme le Mont-Blanc, le sommet de l’Europe. La longueur de la chaine, prise depuis le mont Ventoux, en Dauphiné, jusqu’au mont Kahlenberg, en Autriche, est d’environ 400 myriamètres. L’élévation des sommets est de 3,000 à 5,000 mètres, et celle même des passages à travers les chaînes principales, est généralement de 1,500 à 2,000 mètres.
Vi. 23
TS MS IL Ie.
pa AN Q À : .. AN
Corporation
Mais les p.aines au nord des Alpes, en Bavière, en Suisse, sont élevees de 300 et même 600 mètres, tandis que celles de Lombardie et de Hongrie, qui bordent ce système au sud et à l’est, s’élèvent peu au-dessus du niveau des mers. Les glaces perpétuelles qui commencent entré 2,200 et 2,600 mètres d’élévation, forment dans la partie centrale du système des Alpes, des mers glacées comme celles des pôles. Passé 3,500 mètres, la glace même ne peut plus se former; les vapeurs de l'atmosphère, retombant déjà gelées, couvrent tout de neiges éternelles. L’énorme profondeur des lacs situés dans les hautes Alpes est encore un trait caractéristique de cette chaîne; le lac d’Achen, entre autres, a 585 mètres de profondeur.
Le système alpique peut se diviser en cinq groupes : le central ou helvétique, dont le point culminant est le Mont-Blanc, comprend la chaîne du Jura, dont la cime la pius élevée, le Reculet, ne dépasse guèré 4,680 mètres.
L’occidental ou franco-cellique, comprenant la chaine des Cévennes avec ses dépendances, les monis Dor, les Vosges, les Ardennes et l’'Eifel, est séparé des groupes précédents par l’étroite vallée du Rhône, Au sud il offre des sommets de 4,700 à 4,900 mètres, et au nord plusieurs cimes de 4,200 à 14,400 mètres.
Au sud, l’Apennin, avec ses diverses dépendances que nous appellerons les Sub-Apennins, forme la branche méridionale du système des Alpes, ou système t{alique, système qui s’élève de 4,300 à 2,900 môtres, tandis que les montagnes des îles voisines vont au delà de 3,250. Celles de la Sicile sont visiblement une appendice de la chaine des Apennins.
Une branche orientale des Alpes passe entre les affluents du Danube et la mer Adriatique, en réunissant ainsi sans interruption les Alpes aux monts Hémus. Cette branche, en Carniole et en Dalmatie, est souvent très-étroite; mais elle a des sommets de 2 à 3,000 mètres d’élévation. Les autres branches ou chaînes qui s’y rattachent, et qui, dans la même direction que le Danube, vont se terminer à la mer Noire et à celle de Marmara, ou qui, se dirigeant vers le sud sous les noms poétiques de l’Olympe, le Pinde, ’'Œta, le Parnasse, V'Hélicon et le Lycée, traversent la Grèce, le Pélopoèse, et se propagent dans les îles de l’Archinel, forment avec les précédentes le groupe que nous appelons Oriental ou Slavo-hellénique. Quelques-unes des cimes des monts Helléniques rivalisent en hauteur avec les sommets les plus élevés des Apennins.
Le groupe des monts Karpathes et Hercyniens n’est séparé des Alpes ct des monts Hémus que par le bassin du Danube; et, dans deux endroits,
vees de ongrie, sus du ,200 et me des res, la retome procaractres de
| helvéine du mètres.
es avec fel, est il offre 1,200
llerons Jes, ou dis que à Sicile
eella monts troite; autres bn que u qui, Dinde, loporécé— Quel-
ec les
pes et roils,
savoir en Autriche, ainsi qu’entre la Servie et la Valachie, les branches respectives resserrent le lit du fleuve au point de former de véritables défilès. Ces montagnes ne sont donc que l’avant-terrasse des Alpes : c’est pourquoi nous les considérons, avec leurs ramifications, comme appartenant au système alpique dont elles forment un groupe que nous appelons Septentrional ou Slavo-germanique. Aucun de ses sommets ne dépasse 3,000 mètres, tandis que l’élévation générale est de 4,300 à 1,600 mètres, c’est-à-dire égale aux passages des chaînes alpines; mais ce groupe présente une grande largeur, il renferme de grands plateaux ou bassins élevés et fermés, tels que la Bohème et la Transylvanie. C’est la chaîne européenne la plus riche en or, en argent, en cuivre et ensel gemme. Peu élevées, ces montagnes n’ont pas de glaciers; peu escarpées, elles ne présentent pas ces creux profonds où se forment les lacs des Alpes et des Dofrines, Les principales parties de ce groupe sont les monts de Transylvanie, aujourd’hui sans nom général, mais connus des anciens sous le nom d’Alpes bastarniques ; les monts Krapacks ou Karpathes, entre la Hongrie et la Pologne; les monts Sudèles ou des Géants, entre la Silésie et la Bohème : les monts Mélalliques ou l'Erz-gebirye, entre ce dernier pays er la Saxe; enfin les diverses petites chaînes de l’Allemagne centrale, jadis comprises dans la forét Hercynienne.
Arrivons à la péninsule hispanique, qu’on peut considérer comme formée d’un plateau central, ayant de 300 à 500 mètres d’élévation, et sur lequel sont placées diverses chaînes distinctement marquées, et d’autres qui constituent le système hispanique. Les Pyrénées se présentent au nord, et les Alpujarras ou la Sierra Nevada au sud, comme deux boulevards extérieurs de ce plateau; les premières ayant 2,900 à 3,250 mètres, les secondes de 3,250 à 3,280 mètres d’élévation dans {eur partie centrale, Mais cette élévation ne se soutient pas dans une grande ligne comme dans les Alpes, et la largeur de ces chaînes est aussi beaucoup moins considérable, ce qui diminue ici tous les phénomènes des glaces et des neiges perpétuelles. Les chaînes intermédiaires, telles que la Guadarrama, entreies deux Castilles, la Sierra Morena, au nord de l’Andalousie, et l’£Estrella, dans le Portugal, n’ont guère que la moitié de cette élévation.
La faible distance qui sépare la Sardaigne de la Corse, l’analogie qu’offrent leurs montagnes sous le point devue géographique, leur direction dans le même sens, portent à regarder celles-ci comme inséparables; l'impossibilité de les rattacher à aucun système oblige à les considérer comme en formant un séparé, que l’on appelle Sardo-Corse. Les principaux sommets
+ gg en arme nn = DR ET Gr EN EN RE 9 NUE MITA
[LE {Al
De re
de la Sardaigne ne dépassent guère 1,800 mètres, tandis que ceux de la Corse en atteignent 2,700.
L’examen des vallées de l’Europe présente peu de généralités qui soient particulières à cette partie du monde. Elles sont naturellement moins étendues que celles d'Asie, d'Afrique et d'Amérique. La vallée du bas Danube, comprenant les plaines de la Valachie et de Bulgarie, et la vallée du Danube moyen, formant la Hongrie, sont les plus considérables ; la dernière est peut-être, de toutes celles qu’on connait sur le globe, la plus fortement caractérisée, comme ayant été le bassin d’un lac saumâtre desséché. La vallée du PÔ vient en troisième ligne pour la grandeur ; mais rien n’égale ses riches cultures. On peut comparer le bassin circulaire de la Bohème à la fameuse vallée de Cachemire. Toutefois le premier paraît avoir dù former une mer fermée de toutes parts, une Caspienne, avant la dernière retraite des mers. Entre Bâle et Mayence, la vallée du Rhin présente un bassin formé en ovale, d’un aspect assez magnifique. Le Valais ou la vallée du haut Rhône est la plus grande de la chaîne alpine proprement dite; mais la Carinthie, moins vantée, le surpasse peut-être en beautés variées. Ce scrait anticiper sur les descriptions spéciales, que de vouloir énumérer d’autres vallées moins considérables ; mais nous devons remarquer le caractère de celles de Norvège et d'Écosse, dont le bassin long et étroit est d'ordinaire oc5rpé au milieu par un lac de la même forme.
En résumant ces principaux faits de l’orographie européenne, on est conduit à considérer notre partie du monde comme divisée naturellement en deux moités, la haule et la basse Europe. Division non moins importante pour l’histoire de l’homme que pour la géographie physique ! Depuis Paris et Londres, jusqu’à Moscou et Astrakhan, une grande plaine s'ouvre a" invasions des peuples asiatiques, et aux influences alternatives de lat: sphère océanique ; le peu d’élévation de ces terres les rend moins froides et plus habitables que le plateau de la Tartarie, situé sous la même jatitude. De Lisbonne à Constantinople, une suite de terres hautes prsente au contraire une grande variété de coupes et de pentes, les unes exposées aux vents froids du nord, les autres aux tièdes haleines du sud; pariout des obstacles naturels séparent les nations, ce sont des défilés à passer, ce sont des golfes à franchir, ; c’est là surtout que le caractère particulier de cette partie du monde se prononce. Sans des chaussées dispendieuses, les pays au nord et au sud de la chaîne des Alpes n'auraient, dans toutes les saisons, que des communications difficiles. Dans les grandes plaines de la basse Europe, rien n'arrête en hiver la lourde charrette ni le traineau
ix de la
hi soient ns éten- Danube, Danube ière est rtement èché. La n'égale ème à la former retraite n formé u haut mais la e scrait ’autres tère de dinaire
, on est llement Jortante is Paris vre av lai.
oides ut atitude.
\ü concs aux out des ce sont le cetle CS pays les sais de la "aineau
rapide. Aussi les peuples du nord sont-ils voyageurs, et ceux du midi sédentaires. L’une et l’autre parties sont favorisées par la nature; mais la haute Europe réunit naturellement à peu près toutes les productions de ce continent, parce que la pente septentrionale et les points élevés des chaînes centrales reproduisent le climat froid des latitudes plus hautes de la basse Europe, tandis que cette dernière partie, renfermant plus de plaines, présente une culture plus égale, mais plus bornée quant aux espèces.
N’anticipons pas sur ces objets, réservés pour le livre suivant ; n’ajoutons qu’une seule remarque. L'Europe septentrionale serait sous les eaux, si l'Océan s’élevait de 500 à 530 mètres ; le Pont-Euxin et la mer Caspienne joindraient la Baltique et la mer du Nord; mais l’Europe méridionale, dépassant le niveau de ce nouveau déluge, formerait une ou deux grandes îles montagneuses. Il faut toutefois ne pas trop généraliser ce contraste ; car les deux grandes vallées de la Hongrie et de la Lombardie, et les deux pays élevés de la Norvège et de l'Écosse, interrompent l’uniformité de l'une et de l’autre de ces deux moitiés de l’Europe.
Les tableaux suivants exposent avec plus de précision les faits que nous venons de rapprocher.
No
TaBLEau des fleuves et des principales rivières de l’Europe divisés par bassins 1.
Ï. BASSIN DE L'OCÉAN GLACIAL ARCTIQUE. Lon- Lon-
Partie européenne. Versants. Cours d'eau, en S'en Loti e- Los jones kiloy ,. Bueurs gueurs SPA UE ersants. Cours d’eau. ALL x A NEvA, le géogr, mètres Bosphore 1. Versant N. O. 2, Versant S. del de la Lades monts Ou-? PETCHORA. 330 1470 Finlande, O.] doga. ralsé ss e l'Ingrie. L nn 2. Versant septen- assin du golfe } coulement frional dûplac | Dvtea, . . 180 * 670 de Finlande. .} des lacs teaude Valdaï,{ MezEn. . . 460 710 de la Findans la mer)ONEGa. .. 90 400 \ lande.
Blanche. ... 3. Versant O. du{DviNa ou 3. Versant N.E dej Voronia.. 45 200 plateau central{ Duna... 180 800 la Laponie.. .| Tana.... 55 240 de la Russie. . ÜNIÉMEN. . 460 ‘710 IT, BASSIN DE LA MER BALTIQUE. FIRTULSS + 260 4150 TonnéA. . 440 620 | 4. Versant N. as) ge Dog 1 es