‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 73 sur 169 · D CE DS OR A EEE OC · texte numérisé non relu

D CE DS OR A EEE OC

Les Grecs ont ma'heureusement conservé de leurs pères la vanité, l’inconstance, et peut-êlre aussi la mauvaise foi : mais la nature r2 leur refuse pas les dons de l'esprit; ils naissent encore orateurs et poëles ; le défaut seul d'instruction étouffe leurs talents. Le sarcasme et la raillerie sont encore, comme chez les anciens Grecs, les principaux ornements du discours. Au milieu des objets les plus sérieux, un geste, une parole, une frivolité, suffisent pour leur faire oublier les affaires les plus importantes. Les ‘loraïles paraissent moins frivoles que les citadins de la Romélie, et plus faits pour devenir un peuple libre sous une tonne discipline. Les Athéniens ont conservé quelques traces de leur ancienne politesse. L’idiome y est plus doux que partout ailleurs : il y a quelque chose de plus animé dans les sons, de plus précis dans l'expression. Les Athéniennes d'aujourd'hui ne le cèdent en rien à celles d’autrefois : la forme ovale de leur figure, la ligne droite et régulière qui en dessine le profil, la pureté du contour, les yeux à fleur de tête, grands, noirs et vifs, le front petit, les lèvres vermeilles et l’inférieure un peu renflée, les sourcis fins et bien arqués, la gorge ronde, la taille légère, les mains petites ainsi que les pieds; enfin un ensemble qui plait, intéresse et enchante, soit qu’elles se meuvent languissamment dans la mélancolique danse d’Ariadne, soit que la volupté les entraîne dans les tourbillons de la Romeïka. Leur costume a conservé quelques traces de l’antique. La tuuique blanche et transparente qui caresse leur taille, à partir de leur gorge jusqu’en bas, le manteau de drap d’or ou de soie qui couvre leurs bras et tombe avec grâce sur leurs épaules, un mouchoir fin dont elles entourent leur tête négligemment, et sur lequel s’entrelacent en petites tresses leurs beaux cheveux noirs, tout cela fait un effet charmant et admirable. Mais une ceinture grossière et mal placée, mais des culottes d’étoffes rouges, mais un lourd manteau turc, désenchantent notre imagination, et nous rappellent l'empire de la barbarie,

Les Grecs conservent, avec leur foi, leur Église et leur clergé. C’est parmi les moines que s’élisent les évêques, les métropolitains, les archevéques et les patriarches. Les prêtres et autres desservants peuvent se marier, mais seulement avant leur ordination, une seule fois, et à une vierge.

Les Grecs font cinq carêmes tous les ans, pendant lesquels ils ne peuvent prendre d'autre nourriture que des poissons secs ou salés, assaisonnés seulement avec de l’huile d’olive.

Au milieu des montagnes de la Laconie vit la tribu des HMaïnoles, descendants des anciens Spartiates; ils avaient su conserver, même sous le

| joug des Turcs, une ombre de cette liberté si chère à leurs ancêtres. Leur pombre ne dépasse pas 60,000 individus.

Les productions de ce petit pays et les principaux objets de son com- [3

merce, sont l'huile, la vallonte, le seigle, le miel, la cire, la noix de gaile, LS il

le coton, le kermés, les cuirs bruts et les laines. L'agriculture a fait depuis

| quelque temps de très-grands progrès. i

Sobres, courageux et amis de la liberté, les Maïnotes ont puissamment È A

contribué à la conquête de l'indépendance de la Grèce. Les Turcs n’ont ; jamais pénétré dans leurs montagnes,

Les Cacovouniotes, pirates sanguinaires, qui demeurent vers le cap Matapan, ne doivent pas être confondus avec les Haïnotes. Ennemis du s genre humain, ils ne respirent que le pillage et le meurtre. On en dit autant à d des Baniotes qui demeurent dans l'intérieur.

Nous allons nous lancer sur cette mer semée d'îles, où mille canaux € 4 resplendissants réfléchissent l’image des rochers blanchatres, des coteaux 1 Î verdoyants, des noirs écueils, et des vignobles qui s'élèvent en terrasses. C’est encore te riant coup d'œil chanté par Virgile; mais Horace aujourd’hui avertirait son vaisseau de craindre piutôt les pirates que les vents ou les écueils,

Ces îles étaient divisées par les anciens en Cyclades et en Sporades. La plus septentrionale des premières est Andros, la plus méridionale Santo-

rin, la plus occidentale Milo, et la plus orientale Naxia. Quant aux Spo- ‘ rades, les principales sont Egine, Paros, Psara, Skyro et Skopelo, ! (

Les Cyclades, comme l’indique leur nom, se groupent en cercle autour de Paros. La plus considérable est Naria, l'antique Naxos, parsemée de montagnes dont la base, granitique et schisteuse, supporte de beaux marbres blancs, et qui donnent naissance à des sources nombreuses rafraichissant un sol fertile. Un bon port faciliterait Pexportation de ses produits, Elie renferme environ 40,000 habitants, et Naxia, sa seule ville, en compte 2,000. Elle est la résidence d’un archevêque catholique et d'un évêque grec, Les produits de l'ile sont les vins, le blé, Porge, huile, les oranges, citrons, pêches et figues, le fromage, qu'elle exporte à ouslantinople, le coton, le miel et la cire.

Eu voguant au sud-est de Naxos, Amorgo, dépourvue de bois, nous montre ses visnobles et son monastère, auquel on ne parvieat qu’au moyen d’échelles ; Stampalia déploie ses riches vergers. Le cèdre, le genévrier et le pistachier lentisque couvrent les rochers de ces deux îles, qui

s. Leur

| comgalle,

depuis

nment a’ont

e cap is du utant

naux Caux sses, Our JS ou

manquent de ports. Namphi ou Anaphi abonde en ognons et en perdrix. On y voit encore les restes d'un temple d'Apollon.

Plus à l'ouest, nous retrouvons San/orin, dont le volcan nous »# déjà occupé. Loin d’être un amas de pierres ponces, l’ancienne Théra est une Île fertile en orge, en vin fort spiritueux, qui a la couleur de celui du Rhin; en coton que l’on ne replante pas tous les ans comme dans les autres îles ; il y croit aussi quelque peu de froment. Les habitants, au nombre de 40,000, sont tous Grecs.

Une excursion au nord nous mène à Paras, célèbre par ses marbres ; elle a 2,000 habitants, un sol aride que la rosée fertilise, mais le meilleur port de l'Archipel, Le marbre sert maintenant à faire des morticrs et des salières. C’est parmi les antiques ruines que renferme cette île qu'ont été découvertes les cé èbres inscriptions dites marbres d'Arundel que l’on conserve aujourd’hui à Oxford, en Angleterre. Mio, Pantique Los, possède des ports commodes et des pilotes habiles. Or croit que c’est sur son sol qu'Homère expira. Shino dore le meilleur froment de lArchipel. Son ancien nom de Sicinos lui vient de ses excellentes figues qu’on y cultive encore.

Nous avons parlé des grottes trop vantées d’Anfiparos, de Polycandro, dont les rochers ont un aspect effrayant, ainsi que des volcans de Hilo, dont un est encore en activité, et qui entourent la base calcaire du mont Saint-Elie, Cette île malsaine abonde en froment, coton, melons et coloquintes ; elle a un excellent port, qui offre à son entrée des rochers basaltiques. Les galeries souterraines de Milo paraissent être, suivant Dumont d'Urville, les restes d’un ancien labyrinthe. Cependant d'autres les regardent comme des catacombes. Cette île est d’ailleurs remplie d’antiquités : on y voit des murailles cyelopéennes, un amphithéâtre qui ne fut jamais achevé, et les restes d’un temple. C'est sur son sol que l’on découvrit la Vénus dite de Milo que lon voit à Paris dans les galeries du Louvre. Milo, dont les bains chauds étaient autrefois fréquentés, renferme 7 à 8,000 habitants; la ville du même nom, située dans sa partie orientale, en a près de 3,000. Æimoli, ou l'antique Cymolos, qui doit le nom de l’Argentière à ses mines d'argent, ne produit qu’une argile particulière appelée cimolithe,

En tournant vers l’Attique, nous laisserons à la droite la salubre Siphno ou Siphanto, qui, riche de ses fruits, néglige ses mines, mais qui fabrique des chapeaux de paille; Seripho, où la tête de Méduse, disait-on, avait détrifié tout, jusqu’aux habitants, et qui ne dément pas la mythologie, puis-

qu’elle est hérissée de rochers, et que les minerais de fer s’y montrent à la surface du sol, Elle est célèbre aussi dans la fable pour avoir été la prison de Dunaé. Thermia, l'ancienne Cylhnos, ne manqu ni de sources chaudes, ni de figues, ni d’orge ; e!'e renferme 6,000 habitants, trois villages et un bourg où réside un évêque grec. Enfin, Zéa, que les anciens nommaient Cea ou Ceos, diminuée par des tremblements de terre, a encore un port excellent. Elle a 34 églises, 5 couvents et 5,000 habitants. Son chef-lieu, du même nom, est bâti sur d'énormes murailles, et compte 3,000 âmes. Cette ile, qui déjà avait fourni à l'histoire la chronique de Paros, a encore offert au voyageur danois Brondsted une ample récolte de monuments intéressants.

C'est sur les côtes mêmes de la Grèce que nous trouvons Colouri, que l'histoire appellera éternellement Salamine. Cette Enghia ou Egines aujourd'hui peuplée de pigeons, et qui jadis faisait ombrage aux Athéniens, est garnie de rochers inaccessibles, dépourvue de bois et de ruisseaux ; mais elle a 2 ou 3,000 habitants, une petite ville du même nom, avec un bon port; on y voit un grand nombre d’antiquités.

Hydra, l'Aristera des anciens, et le Tchamlidjah des Turcs, est la demeure d’une peuplade industrieuse et commerçante. Elle compte environ 48,000 habitants, la plupart réunis dans la ville du même nom, l’une des plus jolies de la Grèce. Spelzia, l'antique Tiparenus, est voisine d'Hydra, dout elle n’est qu’un diminutif. La ville qu'elle renferme est petite et compte environ 7,600 âmes ; mais elle est très-importante à cause de sa nombreuse marine marchande et de la bonté de son mouillage qui en fait une des stations les plus sûres de ces parages.

Si nous partons de Naxe pour aller au nord, nous dérouvrons Wyconi, jadis Wyconos, peuplée de #,000 navigateurs ou pirates, L’humide et froide Syra ne laisse pas d’être fertile en blé, en orge, en figues et en coton, Pendant l'insurrection des Grecs, la stricte neutralité qu'elle observa, porta sa population de 5,000 âmes à 40,000. Æermopolis ou la Nuuvelle- Syra, sa principale ville, renferme encore 25,000 habitants. Bâtie en amphithtâtre, sa partie centrale s’élève en pyramide sur un mamelon couronné par sa cathédrale, Entre ces îles, D4los élance son stérile sommet, couronné du mont Cynthus, qui n’est qu’un bloc de granit. Cette île rassemblait jadis la Grèce aux fêtes brillantes d'Apollou ; elle n’est aujourd’hui habitée que par des lapins et quelques bergers. On y voit encore quelques débris de son temple de Diane et d’Apollon, et du portique de Philippe le Macédouien. Tine, l'antique Tenos, une des îles les plus agréables, produit de la soie, ües figues, des oranges, du vin, mais pas

remis Soins nes Nr 2 RC ES PA

LR RER EL PE ax 52

AE

‘ent à la A prison haudes, es et un ent Cea cellent.

1 même elte ile, ffert au 'ssants,

ri, que Egines éniens,

SCAUX ;

vec un

est la nviron ne des Hydra, ompte nomil une

yConr, froide ’oton, erva, ivelleie en counmet, rasjouricore ie de

plus

pas

RAR EE ne nié Sa :

Et CRE TE LEE re

Page 1