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dont une paraît s'élever au-dessus du niveau de la mer à plus de 2,598 mètres. Les oiseaux, entre autres le casoar, fourmillent dans les profondes forêts de l’île.
Parmi les habitants de Céram, les indigènes ou les Alforèses méritent le plus d’attention. Les hommes ne se couvrent que d’une ceinture roulée autour des reins ; mais sur la tête, les épaules et les genoux, ils attachent des bouquets de feuilles de palmier et de fleurs ; leur bouclier carré est orné avec beaucoup de goût. La faveur des jeunes filles coûte ici cinq ou six têtes d’ennemnis que l’amant doit apporter aux pieds de sa belle. Pour surprendre les victimes, les jeunes gens se placent en embuscade dans les bois, se couvrent de mousse, et prennent dans les mains des branches d’arbres qu’ils agitent d’une manière si naturelle, qu’on croirait voir des arbres véritables ; ils laissent passer l’ennemi, l’assassinent par-derrière et s’enfuient rapidement en emportant les têtes coupées. Leur village les reçoit avec tout l’éclat d’un triomphe barbare. Ils ont la vue singulièrement perçante, et prennent le cochon sauvage à la course. Les rats et les serpents font partie de leur nourriture ; ils ne prennent qu’une femme, et ignorent les désordres du libertinage. Plusieurs princes gouvernent cette nation, qui occupe tout l'intérieur de l’île.
Les côtes sont habitées par des Malais. Le sultan qui gouverne une grande partie de l'ile est vassal des Hollandais, qui, pour faire cesser la piraterie des habitants de la côte, ont, en 1825, accordé une pension au sultan de Céram, et ont placé une redoute près de sa nouvelle résidence, située sur la côte septentrionale. Plusieurs autres princes indigènes dépendent de la résidence d’Amboine ou de celle de Banda. Sawai et Warou paraissent être les ports principaux de l’île. Près du premier de ces ports, à Atiling, les Hollandais ont établi un poste.
Au sud de Céram, la petite mais importante île d’Amboine, appelée aussi
Amboun, réclame toute notre attention. Elle a 20 lieues de long, et l’on évalue sa population, en 1849, à 277,508 habitants. Une très-grande baie la divise en deux péninsules et lui donne presque la figure d’un fer à cheval. Des montagnes de moyenne élévatio: couvrent l’île, principalement dans sa partie orientale ; différents ruisseaux arrosent sès campagnes, animées par de nowbreux hameaux et embellies par de précieuses cultures. Dans les champs, ie sol est d’une argile rougeàtre, quelquefois noirâtre et sablonneuse, surtout dans les vallées. Plusieurs roches de l’île sont composées de schistes fort tencres, et tout près on trouve de l’asbeste très-dur. Un beau granit d’un grain très-fin f5; me la base de plusieurs collines. À 300 mètres
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des Moluques, est située à l’extrémité sud-ouest. Les rues régulières, larges et propres, les canaux et les ponts donnent à celte ville le caractère national de la Hollande. La citadelle est forte, C’est, après Batavia, la plus importante place des Hollunduis dans cette partie du monde. On y compte un millier de maisons et 15,000 habitants. Les b- -ars, l'hôtel de-ville, l'hôpital et deux églises sont ses principaux édifices. L'une de ces églises est réservée pour les Malais, L'office s’y fait duns leur langue,
Un mandarin, qui prend le titre de sapilaine, préside à Amboine au commerce de la colonie chinoise.
Les indigènes, qui descendent d’une même souche avec les Malais et les Javanais, ont adopté l’usage de porter des gilets et des culottes. Ils aiment le bain et se frottent le corps d'huiles odorantes, Les femmes se chargent d’un très-grand nombre de bracelets d'or, ornés de cristaux, et taillés dans des formes singulièrement variées. A la couleur près, leurs charmes personnels, l'élégance de leurs manières, et l'éclat de leurs vêtements flottants, rappellent les anciennes Grecques. Leurs danses sont animées par des chants qui retracent quelquefois les événements historiques de leur pays. Souvent ces chants sont par demandes et réponses, comm l’Ambæbéon des anciens. Un Amboinois, nommé Ridjali, a écrit en malaïou l’histoire d'un canton de l'ile. Mais beaucoup d’usages anciens ont été abolis par le rigorisme des calvinistes et la susceptibilité religivuse des ministres hoilandais.
Trois ilots peu élevés, situés à l’extrémité occidentale d’Amboine, sont counus des navigateurs sous le nom des Trois-Frères.
Parmi les iles voisines de Céram et d’Amboine, nous devons encore distinguer les suivantes : Voessa Laout, dont les habitants, encore en 1708, étaient anthropophages, et recherchaient surtout les joues et les paumes des mains comme les morceaux les plus délicats; //onimoa, appelée aussi Honima, Ouléastre et Saparoa , avec un fort hollandais, île très-fertile, ainsi qu'Oma ou /aurauca, riche en sources chaudes; ces trois iles sont à l’est d'Amboine, On trouve à l’ouest de Céram celle de Manipa, montagneuse, fertile et populeuse; et celles de Æélang et de Bonoa, couvertes de cocotiers, d’ébéniers et de rizières, Bonoa est proprement un groupe de plusieurs ilots, autour d'un bon port. À Manipa, la fontaine des serments (Ager Sampou) est censée donner la gule aux parjures qui oseraient boire de son eau.
Au nord-est et près de Kélang, Bubi est un ilot peu élevé, où la végétation est néanmoins comme à Bonoo, Kélang et Manipa, extrêmement forte et abondante,
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Dans les parages de ces iles, on voit souvent le véritable animal du nautile flambé qui, forsqu’il est déployé, recouvre en partie sa coquille,
Au sud-est € "ile d’Amboine, s’élève isolément un petit groupe volcanique qui porte ,: nom de Banda, d’après l’île principale, laquelle s’appelle aussi Lantoir ou Lonthoir. On cultive principalement le muscadier dans Neïra, Gounoung-Api, Ay ou Way, et Lantoir. Le muscadier prospère non-seulement dans un terreau noir, mais encore au milieu des laves de Gounoung-Api, qui est l’île la plus élevée, son sommet étant de 650 mètres au-dessus de la mer, C’est une montagne ignivome d'une grande activité : le nom de Gounoung-Api signifie en effet montagne de feu. Aujourd’hui on récolte dans ces îles 250,000 kilogrammes de noix muscades, et 75,000 kilogrammes de macis. Il est peut-être bon de faire remarquer que l’on nomme macis l’enveloppe interne qui se trouve entre la noix et l’écorce verte extérieure. Cette colonie est la seule où les Européens aient exclusivement la propriété des terres. La Compagnie hollandaise, trouvant les habitants de Banda trop impatients du joug qu’elle imposait, prit le parti de les exterminer.
À Banda-Neira, la petite ville de Vassau est la résidence du gouverneur hollandais. Lonthoir est défendu par les trois forts Belgica, Nassau et Iollandia.
Sur l’île de Poulo-Ay, il tombe souvent de aérolithes.
Après avoir ainsi décrit les Îles remarquables de cet intéressant archipel des Épices, jetons un regard sur la mer des Moluques. Comme toutes les parties de l'Océan voisines de l’équaleur, elle est peuplée de zoaphytes, semée de récifs de corail, soumise aux vents périodiques et constants; elle ressemble encore aux autres mers voisines par le grand nombre de volcans qui en hérissent et en bouleversent le bassin, Mais un phénomène particulier à cette mer, c’est l’arrivée périodique d’un courant d’eau blanche comme du lait, et qui vient régulièrement, au mois de juin et aux mois d'août et de septembre, couvrir la surface du bassin où les îles de Banda sont situées, Cette eau se montre d’abord du côté des iles Key et Timor- Laout, se répand ensuite jusqu’aux rivages d’Amboine et de Céram au nord, et jusqu’à ceux de Timor et d’Ombo à l’ouest ; plus loin, elle se perd entre Florès et Célèbes. Cette eau répand la nuit une clarté qui la fait confondre avec l’horizon; elle est dangereuse pour les vaisseaux, car la mer semble bouillonner et éprouver une agitation intérieure partout où elle passe; les poissons disparaissent tant que dure ce phénomène. Cette eau ! Valentyn, Banda. — Description d'Amboine et des îles de l’Archipel indien.
blanche semble venir des rivages de la Nouvelle-Guinée et du golfe de Carpentarie.
TaBLeaux statistiques de la Malaisie.
SUPERFICIÉ EN LIEUES CARRÉES POPULATION ABSOLUE, POPULATION PAR LIEUE CARNÉE,
21,000,00. so. |
POPU- LATION,