‹ Géographie d'Hérodote, prise dans les textes grecs de l'auteur et appuyée sur un examen grammatical et critique; avec Atlas contenant la géographie des trois grands historiens de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites, et avec trois index (volume 2)Chapitre 4 sur 178 · AVERTISSEMENT. V · texte numérisé non relu

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doivent être plutôt attribuées à ses traducteurs qu'à cet historien. On lit, en eftet, dans l'édition russe de son ouvrage, pages 7 et 8, Thyssaghes et non Thersagetes ; et à la page 9 , Tyras , Tyrhes, Porata et Ordessus j au lieu de Torys , Tirhes , Porara et Ordenus. Ces erreurs peuvent être en partie causées par l'orthographe russe, sans avoir égard à la manière dont ces noms s'écrivent en grec. Il est vrai que M. Karamsin , pag. 8 , écrit Agrippéens ( et non Agrûppécns) : il devroit écrire, d'après Hérodote, Arg'ippéens ; mais je pense qu'il y a ici faute d'impression.

« Pag. 21. Je suis parfaitement de l'avis de l'auteur, que ÏAraxe d'Hérodote est le Wolga d'aujourd'hui. Les quarante embouchures , les îles nombreuses qui y sont situées , et l'abondance des poissons qu'on y péchoit, ne con\iennent qu'à ce fleuve. Ce qui doit confirmer cette supposition, c'est le récit qu'Hérodote fait de l'expédition des Scythes nomades contre lesCimmériens. Chassés de l'Asie par les Massagètes, ils passent \'Araxej et viennent fondre sur \qs Cimmériens, établis sur les bords du Tyras et en Tauride; ils mettent en fuite ce peuple, et, en le poursuivant, traversent le Caucase et pénètrent dans la Médie. Si l'on vouloit supposer que , sous le nom à^Araxe, Hérodote a voulu désigner ici le fleuve connu aujourd'hui sous ce même nom, et qui coule

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entre la mer Caspienne et la mer Noire , il en résulteroit que les Cimmériens, pour s'enfuir , auroient pris le même chemin par lequel étoient venus ceux qui les avoient expulsés de leurs demeures , et que les Scythes, pour fondre sur la Médie, auroient repassé par le pays même d'où, peu auparavant, ils avoient été chassés par les Massagètes ; ce qui n'est point admissible. Il est d'ailleurs constant que les Massagètes habitoient à l'est de la mer Caspienne , dans une plaine immense (Hérod. i, io4)j qui est celle des Kirpàsses d'aujourd'hui. UAraxe d'Hérodote n'est donc point le vcr'itahle Araxe, connu jusqu'à ce jour sous ce nom , et ne peut être que le W'^olga. Strabon même , en parlant de ï Araxe du pa)s des Massagètes ( liv. II , pag. 512), semble désigner le Wolga, et critique fort nial-à-propos Hérodote. En adoptant cette supposition, on explique parfaitement l'expédition des Scythes : on les voit arriver par le nord de la mer Caspienne et du Pont- Euxin (route qu'ont prise dans la suite tant de peuples barbares pour envahir l'Europe), et les Cimmériens se replier sur la Tauride , traverser le Bosphore (Strab. liv. II, pag. 494)» et s'enfuir par le Caucase en Asie.

» II paroît, au reste, que le père de l'Histoire confond, sous le nom S Araxe, et le véritable Araxe, et le Wolga, et l'Oxus ou le Jaxarte. Nous avons vu

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les conditions qui peuvent se rapporter au Wotga: ce qu'Hérodote raconte de l'Araxe relativement à la guerre de Cyrus contre les Massagètes ( i, 205 ) paroît convenir plutôt à VOxus, ou au Jaxarte. Ce qu'il dit enfin sur sa source ( i , 202 ) et sur son cours au nord de la Perse, vers le soleil levant (4, 4o), semble désigner le véritable Araxe. C'est un point de la géographie ancienne qu'il seroit important d'éclaircir. (Nous nous en sommes occupés. G.)

» Pag. 8y, On lit : « Les Hellènes des bords de » l'Hypanis les appeloient ( les Scythes géorgiens ) •» Borysthénites ; mais ils se nomment eux-mêmes » Olbiopolïtes. » Cette phrase présente un double sens. Mais, comme il est impossible de supposer que des Scythes, qui n'avoient point de villes, se fussent appelés Olbiopolïtes , et qu'il est clair que ce sont les Grecs qui habitoient la ville A'Olb'ia sur l'Hypanis, qui se donnoient le nom X Olbiopolïtes ^ je crois qu'Hérodote a voulu dire ici « que les Hel- » lènes de l'Hypanis, en se nommant eux-mêmes « Olbiopolïtes , donnoient le nom de Borysthénites aux » Scythes géorgiens , leurs voisins. » Nous savons que les anciens appeloient Borysthénites les habitans mêmes d'Olbia. Hérodote , qui connoissoit bien \t& localités dont il parloit, a sans doute voulu relever cette fausse dénomination , qui ne devoit être appliquée qu'aux Scythes des bords du Borysthène. Aucun

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monument tiré des ruines d'OIbia n'offre le nom de Borysthénites; tous présentent, au contraire, celui diOlbtopolïtes : cette circonstance sert parfaitement à expliquer le passage d'Hérodote , et à rendre justice à son admirable exactitude. Si ensuite Hérodote désigne Olbia sous le nom de ville de Borysthénites, c'est sans doute pour se faire mieux entendre de ceux pour qui il écrivoit (4> i8 et 53).

» Pag. ijj. II faut faire attention qu'il existe en Russie deux \illes du nom de Molnbu : une sur le Dnieper, dans la Russie blanche; l'autre sur le Dniester en Podolie. Le nom de ces deux villes vient probablement des tombeaux qui doivent avoir existé sur leur emplacement ; car mohila, dans les langues slaves , signifie tombeau, ou tenre funéraire.

» Pag. ij6. On y lit les noms de deux villes de Podolie, appelées Tu^^an-Baltan,, et Paliow Je'^toro- Wloxejgirod. Ces noms me sont inconnus, quoique je connoisse bien le pays. Ils sont visiblement corrompus. Vers les limites de la Podolie et du gouvernement de Cherson , on trouve une petite ville qui s'appelle Balta; c'est peut-être celle-là qu'on a voulu désigner; un faubourg de cette ville s'appelle Jcsephgrod.

» Pag. i^y. Hérodote est on ne peut pas plus exact en disant que , près de la mer , « l'Hypanis » (le Bog) mêle ses eaux avec le Borysthène (le

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» Dnieper); » car de l'endroit où le Bog, ou Boug , se décharge dans le L'wian du Dnieper (nom qu'on donne au golfe de ce fleuve), il n'y a tout au plus que vingt-quatre werstes ou six lieues jusqu'à la mer; et l'on peut dire que ces deux grands fleuves ont une embouchure commune dans la mer Noire.

» Pag. i^y et i^S, La rivière de Chesternia , dont il t%X question, s'appelle Ingoulef^; Chesternia est un bourg situé sur ses bords.

" Pag, ijS, lïg. ^. Il faut lire Dnieper au lieu de Dniester. Le Dniester est l'ancien Tyras. Cette faute typographique est répétée p 139, hg. 5 , et p. i4o. lig. 8.

» Pag. 1^0. Je crois que le C." Potocki a tort d'appliquer à la rivière appelée aujourd'hui Konskie- Wody , ce qu'Hérodote rapporte au Panticapès, puisque cette rivière ne sort point d'un lac, et coule de l'est à l'ouest, et non du nord au sud.

» Plus bas , à la même page , il est dit que « I'Hn - » pacyris , comme tous les ruisseaux des steppes , » forme, à son embouchure, un limon considé- » rable. » Il faut lire liman, et non timon. On appelle dans le pays limans (mot évidemment tiré du grec) ces espèces de golfes que presque toutes les rivières qui se jettent dans ces contrées dans la mer Noire, forment à leurs embouchures. On dit liman du Dnieper, liman du Boug , liman du Dniester, &c.

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