CXIV. — TATILTI
Nous avons ici un exemple frappant des variantes considérables que les manuscrits offrent pour certains noms de villes épiscopales africaines. La notice de 482 qui attribue ce siège à la Maurétanie césarienne le nomme Tifilti, tandis que l'Itinéraire d'Antonin l'appelle Tatilti. Il la place à dix-huit milles d'Aras et à quarante-quatre milles d*Auzia. Que l'Itinéraire ait écrit correctement le nom de Tatilti, c'est ce que prouvent plusieurs bornes milliaires de la route. L'une d'elles porte ce qui suit ' :
CVrANTK SAl
LVSTIO Vie
TORE PROCVR
eIVS AB A ras
TATILTI M p.
La restitution de la dernière partie du texte est certaine, car la borne était en place et elle est complétée par les bornes voisines. De la sorte, nous pouvons retrouver les restes de la ville de Tatilti sur la rive gauche de l'Oued Tarfa, près de Souk el Khemis. On y remarque une basilique de vingt-six mètres de longueur sur quinze mètres de largeur divisée en trois nefs par deux rangs de colonnes et terminée en abside. Elle est remplie de sépultures. Plusieurs inscriptions de Souk el Khemis montrent que Tatilti eut le titre de Colonie-.
i Corpus, 10438.
« Eph. V. n. 1299.
DOMAT. Il figure le quinzième sur la liste des Évêques de la Maurétanie césarienne que le roi Hunéric, après la réunion de Garthage, en 484, condamna à l'exil avec leurs autres collègues.