IMPRIMERIE ITOTRB-DAME DES PRÉS
Sa Grandeur
Monseigneur Prosper-Auguste DUSSERRE
Archevêque d'Alger
Hommage respectueux
DE
MAVRÉTANIES
La Maurétanîe fut la dernière partie de l'Afrique du Nord à subir le joug des Romains vainqueurs. En Tan 40 de notre ère, Caligula en fit une province romaine. Jusquelà, les rois de Maurétanie furent les vassaux de TEmpire. L'occupation romaine fut pour la Maurétanie le point de départ d'une ère dite Maurétanienne qui fut usitée jusqu'à l'époque de l'invasion arabe. Il y eut tout d'abord deux provinces Maurétaniennes, celles de Césarée et de Tingis. Leurs limites étaient à peu près celles qui séparent actuellement l'Algérie du Maroc. Du côté de la Numidie, la limite partait de l'embouchure de l'Ampsaga, touchait au
• iku ^'v i^'îwt aboutir dans la région de Elgara et Mesad, :t^^ r^ct^rent î\ la Numidie.
%K: i'.vtsion fut maintenue jusqu'au temps de Tex-
wUivM .vîtn'P'"*^^ P^^ Tempereur Maximien contre les
Uiiia^t^^ttliens, tribus kabyles, qui furent soumises
>i*. l a si^paration de la Sititienne d'avec la (Césarienne
..\ xCa'î ot^rtainement pas en 288, car une dédicace de
vMc ,iuiuv% trouvée à Sitifis, porte que Flavius Pecuarius
.^Hiî kV*v^t« ^*® i^ Maurétanie Césarienne à cette date.
V»u>i savons que, dès le début, les gouverneurs des deux VauivUnios furent des procurateurs. Le texte signalé civlvN^sus» montre que, avant la séparation de la Sitifienne, A> ^vuivorneur de la Césarienne avait déjà un titre plus
l>u roste, ce sont les listes ('piscopalcs qui déterminent le uùoux rétendue des provinces et, sous ce rapport, la notice vlo iS*J est infiniment précieuse.
A partir de Dioclétien, la Tingitanc est rattachée au \Uooi\^o d'Espagne. Elle ne semble pas, d'ailleurs, au point vit* vue ecclésiastique, avoir jamais eu de rapports ni avec t'arthage, ni avec Césarée. Nous devons dire, en toute «kiiioéritë, que nous ne connaissons aucun évèque de Tinjjllane qui appartienne à l'époque romaine.
A partir de la réorganisation Dioclétienne, les trois Maurétanies eurent chacune son Praeses, qui avait le titre do *'«*r perfectissimus. De même que les Procurateurs uvaient eu souvent, sinon toujours, les pouvoirs civil et militaire, de même les Praesides de la Césarienne eurent souvent le titre de Cornes ou de Dux et réunirent entre leurs mains les deux pouvoirs. Nous en voyons aussi qui administrent en même temps deux provinces Maurétaniennes.
Il est vrai, nous trouvons, depuis Gordien jusqu'à Gallus, des légats propréteurs des deux Maurétanies, qui commandent les troupes, et au quatrième siècle, c'est le cornes Africœ et le duœ Mauretaniœ qui se partagent le pouvoir militaire. Nous avons signalé cet état de choses dans le volume consacré à la Byzacène. Les gouverneurs de Maurétanie eurent plus tard le titre de clarissimes et de spectables. Quand Justinien eut reconquis l'Afrique, la Sitifienne et la Césarienne redevinrent présidiales, mais la Tingitane fut rattachée forcément à la Césarienne. Le duc de Maurétanie eut le commandement militaire et le Praeses conserva l'administration civile.
La Maurétanie sitifienne parait avoir été, à cette époque, appelée première Maurétanie, ou Maurétanie de Zabi, tandis que la Césarienne aurait été nommée la seconde Maurétanie. Celle-ci, du reste, est appelée par Victor de Vite ^ la Maurétanie majeure ou la Grande.
Nous voyons le patrice Salomon gouverner toute l'Afrique avec le titre de Préfet du Prétoire d'Afrique ou de Lybie et de Maître de la milice. Plus tard encore, il y eut des exarques qui eurent le pouvoir suprême en Afrique au nom des Empereurs.
Il convient d'observer que la Maurétanie n'eut jamais de troupes légionnaires. Elle fut toujours défendue par des corps auxiliaires. Il faut en excepter la période qui s'étend de 238 à 253, quand la troisième légion fut licenciée pour avoir proclamé Gordien empereur. Il semble que, pendant cette période, la vingt-deuxième légion eut ses quartiers en Maurétanie. Les monuments épigraphiques confirment ces diverses données. Ainsi des bornes mil-
1 Pers. vand. 4. 6.
liaires, près d'Altava dans la Césarienne et d'Aras dans la Sitifienne, mentionnent T. Aelius Decerianus, Procurateur de Tempereur Marc Aurèle Antonin * .
Le gouverneur P. Aelius Peregrinus a le titre de Praeses et de vir perfectissimus, comme le montre une inscription de Césarée ' :
p. AELIO. FKRKGUI
NO. PRAESIDI PROV. MAVRET
CAES. PERFKC TISSIMO. VIRO A COGNITIONIB AVGgG. TIB. CL
LICINIVS. EX
pRAEF. COH. I FL. HISP.
Ailleurs, il a simplement le titre de Procurateur. Après lui, vers Tan 227, nous trouvons le gouverneur L. Licinius Hierocles, avec le titre de Procurateur et de Praeses de la province ^ et jouissant du jus gladii^. C'est ce que nous lisons encore dans le texte suivant *'
gNEAE. SEIAE. HERENNIAE. SALLVSTIAE bARBIAE. ORBIANAE. SANCTISSIMAE. AVGVSTA^E
CONIVGI. AVG. NOSTRI
EQQ. SINGVLARES. DEVOTI
nVMINI. MAIESTATIQVE. EIVS. CURANTE
IICINIO. HIEROCLETE. PROC. AVG
PRAESIDE. PROVINCIAE
» Corpus. 10432 et 10461 « Corpus. 9360.
8 Ibid. 9354.
4 Ibid. 9367.
» Ibid. 9355.
On y voit que ce Procurateur commandait les troupes de la Province.
Voici le nom d'un Procurateur de la Tingitane sur un monument de Tingis * :
p. BESIO. P. F. QVIR. BETVINIANO