‹ G�eographie de l'Afrique chr�etienne (volume 3)Chapitre 157 sur 198 · CXL. — TIGIMMA · texte numérisé non relu

CXL. — TIGIMMA

Les anciens géographes ne disent rien de cette ville, mais un monument funéraire trouvé à Henchir-el-Hammam, non loin de Souk-el-Gemma, paraît mentionner Tigimma. Parlant d'im citoyen appelé Sabinus, le texte dit^'^ :

TiQIMMA TE QENVIT TENET /// TIHGIBBA SEPVLTVM

D'où on pourrait conclure que Souk-el-(jemma représente la cité de Tigimma.

A Henchir-Hammam-Zouakra, situé à l'ouest de Mactaris, au confluent de l'oued El-Hammam et de l'oued Aïn-Fras, sur une terrasse encadrée de montagnes, on remarque les restes d'une citadelle byzantine, des mausolées, des thermes, un pont, plusieurs portes et un arc de triomphe. Ce point se trouvait aux frontières de la Proconsulaire.

(1) Cogn,^ I, n. 120,

(2) lUd,, n. 201.

(3) Hphem., t. V, n. 1176.

R06ATIEN. Il se trouva parmi les évèques catholiques qui se réunirent, en 411, pour la conférence de Carthage. A la lecture de sa souscription, il dit (^^ : J'ai pour compétiteur Victorien. Celui-ci dit alors : Je le connais. Puis à l'appel de son nom parmi les siens, il ajouta <^^ : J'ai dcmné mandat etfai souscrit.

NAVI6IVS. Il signa un des derniers la lettre du concile de la Proconsulaire adressée, en 646, à Paul, patriarche de Gonstantinople, contre les Monothélites<*>.

CXLL — TINISA.

Tinisa, que Ptolémée nomme Thinissa et la Notice Tinnisa, est placée par la Table de Peutinger entre Utique et Hippone-Diarrhyte, à vingt milles de cette dernière ville et à onze milles de Memhrone. ^Itinéraire la place à dix milles de Memhrone, soit à seize milles d'Utique. D'après ces données, il est évident que c'est l'Henchir-Tindja, autrement Henchir-Sidi-Hassan, qui représente la cité de Tinisa, dont le nom varie extrêmement sous la plume des copistes. L'Henchir-Tindja se trouve entre les deux lacs qui s'écoulent à travers la ville de Bizerte. Le géographe arahe Edrisi nous apprend que Tindja existait encore au

(2) Cogn^y I, n. 196.

(3) Hard., Cono.^ t. III, p. 762.

XII' siècle et que le lac nommé aujourd'hui Garat-el- Iskeul portait le nom de Tindja. Il cite dans Tordre suivant les villes de Tunis, de Membrone, de Tinisa et d'Hippone- Diarrhyte, telles que les Arabes avaient transcrit leurs noms. Pline cite la ville de Tunica entre Tiphica et Teuda, mais ce peut être une ville différente de Tinisa. Le Martyrologe romain honore le 3 des ides de novembre liùi martyr de Tinisa, nommé Félix, dont saint Augustin fait réloge dans son homélie sur le psaume GXXVII, mais il ne dit rien de Tannée où il fut mis à mort. Il nous apprend seulement que sa fin ne fut pas la mort ordinaire des martyrs. En effet, il confessa la foi; son supplice fut différé; le lendemain on trouva son corps sans vie^^\

VENANT. Il donna son sentiment le quarante-neuvième au concile de Carthage de 255, le troisième de ceux que tint saint Cyprien sur la question du baptême. Certains manuscrits lui donnent le titre glorieux de confesseur.

DALMAGE. La Notice le porte le trente-deuxième parmi les évoques de la province Proconsulaire qui, sur la convocation du roi Hunéric, se rendirent, en 482, à la réunion de Carthage et furent, par ordre du même prince, condamnés à Texil. Dalmace fut du nombre de ceux que Ton rélégua dans Tîle de Corse.

CXLIL — TISILI

Tisili ou Tisila est probablement la même ville que Tichilla ou Ticila. Celle-ci était située entre Membressa et Thignica. Ce serait la ville actuelle de Testour dont nous avons déjà parlé et qui est assise sur la rive droite du Bagradas. Une inscription qu'on y a découverte lui donne le titre de municipe^^^ Une autre, gravée sur un pavé de la cour de la grande mosquée mentionne les trois saintes, martyres de Thuburbo^^^ :

SANTAE TRES

MAXIMA

DONATILLA

ET SECVNDA

BONA PVELLA

STEFANVS

Étant donnée Tétonnante variation des noms dans les manuscrits, la variante Tichilla, Ticilla, Tisila, n'a rien qui puisse surprendre.

DONAT. Il se rendit, en 411, à la conférence de Carthage où, à Tappel de son nom parmi les catholiques, il répondit qu'il était présent. Puis il ajouta ('\ en parlant de son Eglise : « Je n' ai point contre moi d'autre évêqice. A quoi le donatiste Pétilien repartit : Il est décédé.

(1) Corpus^ n, 1353.

(2) lUd,, n. 1392.

FLORENTIN. Il souscrivit panni les derniers au concile de Garthage que Boniface réunit en 525 (^^ .

GXLIIL — TITVLI.

n y avait en Numidie (était-ce dans la Numidie Proconsulaire?) un Castellum Tituli qui fut un siège épiscopal. Quel rapport a-t-il pu avoir avec Tituli, autre siège épiscopal de la Proconsulaire? Nous Tignorons. Ni les géographes profanes, ni les documents ecclésiastiques ne nous fournissent lumière sur l'emplacement de ces viUes. Les monuments archéologiques sont également muets. Nous trouvons bien une ville ruinée à quatre milles de Thuburbo-la-Grande, viUe qui existait encore au temps de l'empereur Gratien ^2), ville qui porte aujourd'hui le nom de Henchir-Aïn-Tlit ou Tillat. Mais ce nom peut-il être considéré comme un souvenir de Tituli? Contentons-nous donc de faire connaître les évêques qui ont porté ce titre.

GRESGONIVS. Il assista, en 411, avec les évêques catholiques, à la conférence de Garthage, oii, après qu'à l'appel de son nom il eut répondu^*> qu'il était présent, le donatiste Victor s'avançant contre lui du côté opposé dît :

(1) Hard., Qme.j t. II, p. 1082.

(2) Ephem,, t. V, n. 312.

(3) Cogn,, I, n. 126.

Je le connais. Puis, répondant à son appel parmi les siens : J'ai donné mcundat^ dit-il (i), et fai souscrit

GRESGITVRVS. La Notice le nomme le cinquante et unième parmi les évêques de la province Proconsulaire qui se rendirent, en 482, à la conférence générale de Carthage et furent, par Tordre du roi Hunéric, condamnés ensuite à Texil.

GXLIV. — TONNONA.

Une grande obscurité règne sur le nom même de cette ville, rendue du reste illustre par un de ses évêques, Victor de Tonnona.

METTVN assista au concile tenu par Gratus, en 349, à Carthage et il y proposa un canon que nous avons encore. Il défend de prendre des clercs pour intendants et pour comp tables (2>.

GRESGONIVS. Il est le vingt et unième des évêques de la province Proconsulaire qui, après la réunion de Carthage, en 482, furent exUéS avec les autres évêques d'Afrique par le roi Hunéric. La noi^probatm ajoutée à son nom montre qu'il mourut en exil, victime de sa foi catholique.

(1) Cogn., I, n. 202.

(2) Hard., Conc^ t. I, p. 687.

OPTAT. D souscrivit Tun des derniers au concile de Carthage convoqué par Boniface en 525 ^^>.

VICTOR. Voici ce qu'en dit Isidore de Séville(«) : Il a publié une histoire abrégée, commençant à l'origine du monde et allant jusqu'au commencem£nt du règne de Justin le Jeune. Il y relate, soies les consuls de chaque année, les faits de guerre et ceux de V Eglise. Cette histoire est célèbre par les éloges qu'elle a mérités et par les citations qu'on en a faites, et elle est très digne de mémx)ire. Victor fut exilé en Egypte par l'empereur Justinien pour avoir défendu les trois chapitres. De là il fut rappelé à Constantinople ; mais cow.me il résistait encore à l'empereur Justinien et à Eutychius, évêque de la capitale et adversaire des trois chapitres, il fut de nouveau relégué dans un mxmastère de cette ville pour y rester prisonnier, et on dit qu'il y mourut, toujours sous le coup de cette condamr nation.

Quant à ce que dit Isidore, que cette histoire commence à l'origine du monde, c'est par erreur de mémoire ; car le même Victor affirme qu'il commence son histoire là ou l'a laissée Prosper. Il y a consigné la mort de Justinien ; il a donc vécu jusqu'après l'année 565.

(1) Hard., Conc.y t. II, p. 1082.

(2) De vir. ilL, cap. XXXYIII.

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