CLXI. — VZALI
Nous savons par saint Augustin f^) qu^Uzali était située près de la colonie d'Utique. C'est donc la même que Ptolémée nomme Uzan et qu'il place dans le voisinage d'Utique et d'Hippone-Diarrhyte, dans l'intérieur de la Zeugitane. Pline cite une seule ville latine du nom d'Usali. L'évêque Evode y avait élevé dans sa cathédrale une chapelle à saint Etienne, premier martyr, qui par ses miracles la rendit très célèbre. Outre saint Augustin, Evode, l'auteur même du livre des Miracles de saint Etienne ^^^ en parle longuement. On y trouve la mention de deux anciens martyrs d'Uzali, Félix et Gennade, dont le tombeau était dans le faubourg ^^^ L'Église romaine les honore le 17 des calendes de juin.
Ajoutons que d'après Evode ^*\ Uzali était à douze milles d'Utique, voisine d'Hippone-Diarrhyte, deMemplône, de Pisi, et autres villes, et aussi rapprochée de Carthage; qu'au tombeau des saints martyrs d'Uzali se trouvait un monastère. Toutes ces données suffiraient presque pour déterminer la position d'Uzali et la faire reconnaître dans le bourg d'El-Alia. Mais de plus, une inscription trouvée en cette localité, prouve qu'Uzali avait le titre de colonie. La voici (*^ du moins dans sa partie importante :
(1) Civ. Dei, lib. XXII, cap. vin. n. 21.
(2) Ajnid Auç,
(3) Lib. I, cap. xil.
(4) Pasêim,
(5) Corpusj n. 1024.
TV. CVR. REIPVBLICAE SPLENDI
DISSIMAE COL. VZALITANAE
VALERIVS lANVARIVS, etc.
Saint Augustin, du reste, lui décernait le même titre. Un fragment publié par Gniter^'^^ fait mention des Usallitanorum avant les Teudalensium.
SATVRNIN. Cet évéque florissait vers l'an 388. Il est appelé homme saint et de bienheureuse mém^oire par saint Augustin (^) qui, dans sa jeunesse, s'était trouvé avec lui à Carthage, chez Innocent, avocat de la vice-préfecture, depuis longtemps malade.
Ils avaient ensemble prié pour lui, lorsque déjà le malade, effrayé par les dangers d'une nouvelle opération, croyait son dernier jour venu. Ce fut le contraire qui arriva, car, par une faveur du ciel et avant même que le médecin n'en eût approché le fer, la fistule qu'il devait opérer s'était cicatrisée et le malade se trouvait le lendemain entièrement guéri, comme saint Augustin le raconte lui-même longuement dans son XXIP livre, chapitre viii°,
de la Cité de Dieu.
EVODE. Il vivait du temps de saint Augustin et ils eurent ensemble des relations et ime correspondance bien suivies. Evode n'est point nommé parmi les évêques catholiques qui assistèrent à la conférence. Il était, sans doute, absent pour une mission particulière. Théasius de Membrone, son voisin, et lui sont, en effet, appelés par Pétilien(^), les précurseurs et les navigateurs des catho-
(1) Insc.j p. 612.
(2) av. Dei.
(3) Cogn., III, n. 141.
liqueSy les délègicés de leur furie, pour réclamer du sang, réclamer des proscriptions , inspirer la terreur, amener les périls et wxLSsacrer dans toutes les provinces. Les Dohatistes étaient très émus de ce que les catholiques avaient demandé contre eux l'appui des empereurs. C'est dans le même but que ces évéques, porteurs d'instructions ^^^ conservées dans le recueil des canons de l'Église d'Afrique, furent députés, en 404, vers Honorius par le concile de Garthage. Du reste, le compétiteur donatiste d'Evode, Félix, ne manqua pas d'assister à la conférence et il est nommé parmi ceux de sa secte. Il répondit à l'appeH^) : J'ai donné mandat et J'ai souscrit.
SACCONrVS. Cet êvêque est le septième sur la liste des évéques de la Proconsulaire que le roi Hunéric après l'assemblée de Carthage, en 482, bannit avec leurs autres collègues. Une note jointe à son nom nous indique qu'il fut déporté dans l'île de Corse. Mais il réussit à s'en échapper et gagna Constantinople, comme le prouve la lettre que lui adressa le pape Félix et dont nous parlerons à l'année 485 des Annales, Il y est appelé un hom/me tout plein des Ecritures et éminent dans la science catholique.
MVSTVLVS. Cet évêque souscrivit au concile que Boniface réunit à Carthage en 525 ^^^
VICTORIEN, n assista, en 649, au concile de Latran tenu par le pape Martin contre les Monothélites. Il y souscrivit le dernier <*) .
(1) Can, 93.
(2) C<pgn., I, n. 204.
(3) Hard., Cone.^ t. II, p. 1082.
(4) IHd,, t. III, p. 933.